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Full text of "Correspondance de Christophe Plantin"

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University  of  Ottawa 


http://www.arcliive.org/details/correspondancede06plan 


MAATSCHAPPIJ 


DER 


ANTWERPSCHE    BIBLIOPHILEN 


UITGAVE  Nr  31. 


Exemplaar  voor  den  handel 


De  Voorzittkr, 


De  Secretaris, 


Antwerpeii.  Driikk.  J,-E.  Buschmann.  Rijnpoortvest. 


CORRESPONDANCE 


DE 


CHRISTOPHE  PLANTIN 

PUBLIÉE   PAR    J.    DENUCÉ 

CoHservaleiir  du  Musée  Planlin-Moretus. 

—  VI.  — 


DE  NEDERLANDSCHE  BOEKHANDEL 


'S  GRAVENHAGE 
MARTINUS    NIJHOFF 


1916 


^mmmmmmmmu 


PRÉFACE 


^ES  années  15 78-1 581,  auxquelles  se  rapporte  le 
sixième  tome  de  la  Correspondance  de  Plantin, 
comptent  parmi  les  plus  troublées  dans  l'histoire 
politique  de  nos  provinces.  Don  Juan  d'Autriche,  nommé 
gouverneur  des  Pays-Bas  le  lendemain  de  la  Furie  espa- 
gnole, avait  été  déclaré  à  son  tour  traître  à  la  patrie  ;  le 
pouvoir  suprême  est  offert  à  l'archiduc  Mathias,  jeune 
ambitieux  de  vingt  et  un  ans.  En  même  temps  (1578), 
Alexandre  Farnèse,  duc  de  Parme,  est  délégué  par 
l'Espagne  pour  remplacer  don  Juan.  Immédiatement,  il 
engage  la  lutte  contre  Mathias  et  les  Etats  généraux,  lutte 
dans  laquelle,  à  la  longue,  les  Pays-Bas  du  Sud  devaient 
succomber. 

En  1578,  l'archiduc  et  les  États  généraux  étaient  venus 
s'établir  à  Anvers.  Plantin,  par  décision  du  17  mai,  est 
nommé  imprimeur  officiel  des  nouvelles  autorités.  Il  prie 
ses  correspondants  de  ne  plus  l'appeler  «  Architypographe 
de  Philippe  II  »,  tout  en  protestant  de  son  attachement 
personnel  au  roi.  On  devine  la  situation  ambiguë  de 
Plantin  :  il  imprime  l'édit  qui  proclame  Philippe  II 
déchu  de  ses  droits  au  trône  des  Pays-Bas  ;  lui  ou  son 
gendre  Raphelingien,  publie  la  plus  forte  diatribe  de 
l'époque  contre  la  pohtique  espagnole,  Tyrannies  et  cru- 


431140 


VIII    — 

aute^  des  Espagnoles  perpétrées  es  Indes  Occidentales;  d'un 
autre  côté,  par  l'intermédiaire  du  secrétaire  royal,  Gabriel 
deÇayas,  et  du  confesseur  de  Philippe  H,  Arias  Montanus, 
il  déclare  rester  le  serviteur  dévoué  du  roi.  Dans  la 
correspondance  avec  ses  amis  espagnols,  on  voit  alors 
Plantin  déployer  cette  habileté  diplomatique  spéciale  dont 
la  nature  l'avait  doué  et  dont  il  usera  plus  tard  pour  se 
défendre  d'avoir  accepté,  à  Leyde,  des  fonctions  à 
l'université  calviniste.  La  dernière  lettre  du  présent  recueil, 
adressée  à  Matai  Metellus,  est  typique  sous  ce  rapport  : 
c'est  un  véritable  réquisitoire,  non  pas  contre  Philippe  II, 
mais  contre  ses  ministres,  sur  qui  l'imprimeur  rejette  la 
faute  de  ses  malheurs  financiers  et  à  qui  il  reproche  de 
l'avoir  obligé  à  servir  les  États  généraux. 

La  pièce  est  intéressante  à  un  autre  point  de  vue 
encore.  Par  inadvertance,  Plantin  a  laissé  dans  le  brouillon 
de  cette  lettre,  dont  nous  avons  une  copie  au  net,  un 
long  passage  relatif  à  Hubert  Languet,  le  fameux  polé- 
miste français.  Nous  y  apprenons  que  l'imprimeur  avait 
été  son  homme  de  confiance,  chargé  même  de  prendre 
soin  des  dernières  dispositions  du  publiciste  protestant, 
qui  était  venu  mourir  à  Anvers  en  1581. 

De  plusieurs  autres  lettres  reproduites  dans  ce  volume, 
il  ressort  que  l'architypographe  était  aussi  lié  avec  les 
chefs  des  Calvinistes  qu'avec  les  représentants  autorisés 
du  culte  catholique.  En  général,  un  ton  plus  dégagé 
caractérise  la  correspondance  de  ces  années.  Les  États 
généraux,  incontestablement,  avaient  inauguré  un  régime 
de  plus  grande  liberté  d'expression.  «  La  franchise, 
écrit  Plantin  à  l'historien  écossais  Georges  Buchanan 
en  1581,  est  ores  en  ces  pais  icy  propre  a  ne  rien 
obmectre  des  matières  que  durant  le  règne  Espagnol  on 


- —    IX   — 


n'eust  jamais  souffert,  ainsi  que  pouvés  bien  le  scavoir 
et  juger  par  ce  livre  De  la  vérité  de  la  religion  Chrestienne 
que  je  vous  prie  recevoir  en  gré  ».  Cette  nouvelle  publi- 
cation hardie  était  l'œuvre  d'un  écrivain  calviniste 
français,  plus  connu  même  que  Languet  :  son  ami 
Philippe  de  Mornay,  Seigneur  du  Plessis-Marly. 

Honoré  de  la  confiance  de  Languet  et  de  Mornay  en 
France,  de  Daniel  Rogers  et  Buchanan  en  Angleterre, 
de  Dousa  et  de  Lipse  en  Hollande,  de  Metellus  et  Gobe^ 
liusen  Allemagne,  Plantin  préféra  néanmoins  rester  fidèle 
à  l'Église  catholique.  Avec  l'âge,  on  le  voit  s'occuper  de 
plus  en  plus  de  mysticisme  religieux,  s'absorber  surtout 
dans  la  contemplation  de  la  vie  de  Jésus-Christ.  Il  devient 
le  véritable  chef  de  la  secte  anabaptiste  de  Barrefelt,  ou 
de  la  Famille  de  la  Charité.  Dans  ses  lettres  à  ce  dernier 
et  à  Arias  Montanus,  Plantin  ne  désire  plus  que  voir, 
avant  sa  mort,  l'achèvement  du  livre  des  Témoignages  du 
Thrésor  caché,  la  bible  de  la  congrégation  de  Barrefelt. 
Nous  ne  possédons  malheureusement  qu'une  minime 
partie  de  la  correspondance  de  Plantin  avec  les  dissidents 
de  l'ancien  culte  :  pas  un  mot  de  Languet,  de  Mornay, 
de   Dousa,    ni    de  Juste-Lipse    pendant  son   séjour  en 
Hollande,  presque  rien  d^Arias  Montanus,  qui  connaissait 
les  tendances  de  la  Famille  de  la  Charité.  Si  une  partie 
des   lettres    de  Barrefelt    sont   restées   aux  archives   du 
Musée,    c'est  que   les    successeurs  de  l'architypographe 
n'ont  probablement  rien  compris  au  langage  bizarre  et 
symbolique  du  fondateur  de  la  secte.    Nous  en  repro- 
duisons ici  le  commencement. 

Pour  l'étude  de  la  vie  morale  et  intellectuelle  au  XVP 
siècle,  ces  fragments  de  la  correspondance  secrète  de 
Plantin    sont    de   première   importance.   La   plupart  des 


esprits  indépendants,  érudits  et  artistes,  semblent  avoir 
appartenu  à  cette  société  occulte  de  la  fin  du  siècle.  Il  n'y 
a  pas  lieu  de  s'en  étonner,  quand  on  apprend  les  plaintes 
déchirantes  de  l'élite  intellectuelle  sur  la  situation  de 
guerre,  d'anarchie  et  d'intolérance  qui  perdurait  en 
Europe.  Plantin,  dans  ses  lettres,  en  appelle  aussi  aux 
princes  et  aux  hommes  en  général  pour  «  s'ouvrir  à 
des  sentiments  plus  humains,  car  par  les  armes,  les 
perturbations  actuelles  ne  pourront  jamais  finir  ». 

Le  livre  sur  les  sociétés  secrètes  en  Flandre  au  XVP 
siècle  reste  encore  à  faire.  Qu'elles  aient  été  plus  floris- 
santes ici  que  partout  ailleurs,  résulte  de  la  grande  activité 
dans  tous  les  domaines  de  l'art  et  de  la  science,  allant  de 
pair  avec  l'essor  économique  d'Anvers,  jusqu'au  dernier 
quart  du  siècle.  Nulle  part,  le  désir  de  pénétrer  le  mystère 
de  la  vie,  si  caractéristique  pour  l'humanisme,  n'a  été 
plus  intense  qu'ici.  Il  éclate,  sous  un  aspect  nouveau, 
dans  les  Hieroglyphica  de  Goropius  Becanus,  paru  en 
1580  ;  il  continue  à  se  manifester  dans  les  innombrables 
éditions  d'Emblemata  fournies  par  Plantin,  comme,  en 
général,  dans  l'œuvre  de  nos  architectes  et  graveurs  dont 
les  motifs  symboliques,  dits  de  la  Renaissance  flamande, 
ont  eu  une  influence  marquée  bien  loin  au  delà  de  nos 
frontières,  en  Hollande  et  en  Allemagne. 

Parmi  les  publications  plantiniennes  des  années  1578- 
1581,  il  se  trouve  un  nombre  extraordinaire  d'auteurs 
anciens,  commentés  par  Juste-Lipse,  Antoine  Muret, 
Louis  Carrion,  André  Schott,  Guillaume  Canters,  Fulvio 
Orsini,  Rataller,  Viperanus,  Cruquius,  Verrepasus,  etc. 
L'année  1579  vit  paraître  les  œuvres  de  S.  Jérôme,  en 
neuf  tomes  in-folio,  faisant  partie  de  l'imposante  col- 
lection des  Saints  Pères,  promise  par  Plantin;   les  Octo 


— ^    XI 


Missce  de  Georges  De  la  Hèle,  la  plus  considérable  des 
impressions  musicales  de  l'architypographe  ;  la  première 
édition  plantinienne  du  Theairum,  l'atlas  universel  d'Or- 
telius;  \esEntiées  triomphales  de  l'archiduc  Mathias  à 
Bruxelles  et  du  prince  d'Orange  à  Anvers.  L'année 
1580  restera  mémorable  dans  les  annales  de  l'officine 
par  l'édition  des  œuvres  posthumes  de  Goropius  Becanus, 
avec  introduction  du  futur  évêque  d'Anvers  Torrentius, 
dédiée  à  Arias  Montanus.  Des  bibles  hébraïques  et  latines, 
en  formats  in-4"  et  in-8°,  datent  de  la  même  année.  En 
1581,  Plantin  "acheva  d'imprimer  le  grand  Kniydtboeck 
de  Mathias  de  Lobel,  les  Plantarum  seu  stirpium  icônes, 
recueil  de  plus  de  mille  gravures  de  plantes,  dédié  à 
Gobelius,  médecin  du  duc  de  Prusse  ;  enfin  la  première 
édition  plantinienne  de  la  Descrittione  di  tutti  i  Paesi-Bassi 
de  Guichardin,  éloquent  témoignage  de  la  civilisation 
dans  nos  provinces,  à  son  apogée,  mais  dont  plusieurs 
chapitres  ne  correspondaient  déjà  plus  à  la  réalité,  au 
moment   où   l'ouvrage   fut   terminé. 

J.   Dexucé, 


8o3-  —  Michel  Sonnius  à  Plantin. 
{Archives  Plant iniemies,  XCIII,  f"  395), 

30  Juillet  1578. 

Je  Michel  Sonnius  Libraire  juré  a  Paris,  confesse 
avoyr  promijs  et  promez  par  ceste  a  S*"  Cliristophle  Plan- 
tin, en  continuant  l'accord  passé  entre  ledict  S'  Plantin  et 
moy  en  la  ville  d'Anvers  en  Aoust  1577(1)  de  luij 
rebastre  de  tous  et  chascung  de  livres  de  mon  impression 
donq  en  aurai]  quantité  que  luij  plera  me  demander,  a 
raison  de  quarente  pour  cent  en  prenant  des  livres  in 
folio  jusques  au  nombre  de  cinquante  exemplaires,  et 
des  aultres  comme  in  4",  8°  et  16°  et  aultres  jusques  au 
nombre  de  cent  exemplaires.  Le  tout  en  argent  content, 
comme  aussi  ledict  S'  Plantin  m'a  promis  le  semblable 
comme  apert  par  sa  signature.  Faict  ce  30*  Juillet  1578. 

Michel  Sonnius. 

{Au  dos  :)  Promesse  reciprocque  du  Sig"" 
Michel  Sonnius  du  30  Juillet 
1578. 

(i)  Voir  pièce  n"  774. 


804.  — Jacques  Strada  {i)  à  T)odoens  et  à  Plantin. 
{archives  Plantiniennes,  XCIII,  fo  653). 

Vienne,  le  13  août  1578. 

(Strada  espère  que  Dodoens  aura  parlé  à  Plantin  de  ses  proposi- 
tions. II  tient  beaucoup  à  tomber  d'accord  avec  l'architypographe  sur 
l'impression  des  travaux  que  Dodoens  a  vus  chez  lui  et  dont  le  D"" 
Blotius  pourra  donner  d'utiles  références.   Ces  ouvrages  ont  coûté 


des  sommes  importantes  à  Strada,  tant  pour  la  copie  que  pour  la 
gravure  de  nombreuses  planches.  Il  parle  en  premier  lieu  d'une 
description  de  l'Italie,  avec  cartes  et  plans  de  villes,  armoiries,  anti- 
quités, etc.,  le  tout  colorié.  Les  figures  qui  manquent  seraient  gravées 
à  Anvers,  car  à  Vienne,  il  n'y  a  pas  de  maîtres-graveurs.  Le  livre  serait 
imprimé  aux  frais  dePlantin  ;  Strada  toucherait  la  moitié  du  bénéfice. 
Suit  l'énumération  et  la  description  succincte  d'une  foule  de  grands 
travaux  que  l'antiquaire  propose  à  Plantin  d'éditer,  notamment  sept 
tomes  d'inscriptions  anciennes,  un  inventaire  de  toutes  les  médailles 
anciennes  romaines,  les  médailles  des  empereurs  romains,  une  bio- 
graphie de  Charles- Q.uint,  les  antiquités  de  la  ville  de  Rome,  un  dic- 
tionnaire en  seize  volumes  d'auteurs  latins,  grecs,  hébreux  et  chaldéens, 
avec  inscriptions  et  médailles  s'y  rapportant  ;  des  livres  de  magie, 
d'astronomie  et  de  géomancie  traduits  de  l'arabe  ;  une  bible  arabe,  le 
coran,  un  dictionnaire  arabe-turc-persan,  une  chronique  ottomane, 
calendriers  et  astrolabes  arabes,  livres  sur  la  castramétation  chez  les 
Romains  et  chez  le  Grand  Turc,  des  recueils  d'architecture,  les  plus 
beaux  palais  italiens,  les  colonnes  Trajane  et  Antonine  à  Rome,  celle 
de  Théodose  à  Constantinople,  l'art  de  se  vêtir  chez  les  Romains,  le 
palais  del  Te  près  de  Mantoue,  les  loggia  des  papes  à  Rome  décorées 
par  Raphaël,  etc.  etc.). 

Molto  Mag'°  et  Ex"=  Sig°'  Dottor  Car™°. 

L'amorevolezza  delà  S.  V.  Car™"  S°''  Dottore  con  la 
sua  dolce  conversatione  è  rimasta  apresso  di  me  et  rima- 
nara  in  etterno  (2)  ;  Creddo  che  quella  habbia  à  memoria 
[i  libri  scritti  ch'vide  nel  mio  studio  deli  quali  V.  S. 
s'ofFerse  volerne  scrivere  costi  al  S°'  Plantino  stampatore 
Regio  et  volermi  con  esso  lui  far  far  amicitia  &  pratica  ; . 
ma  ji  negotij  de  la  S.  V.  et  li  mei  erano  tali  che  non  vi 
fu  tempo  di  poterci  pensare  como  ora  ô  fatto  et  fo  deli 
continue  ;  et  anche  apresso  alla  S.  V.  costi  ne  potra  à 
bocca  raggionare  con  il  detto  3°"  Plantino  et  vedere  di 
concluderne  il  negotio  ;  è  ben  vero  che  io  creddo  che  lui 
vi  mettra  difficulta  non  vedendo  li  libri.  Impero  io  mi 
sforzero    di  informarlo   l'Indice   meglio   ch'io    potro   et 


3  — 


anche  se  à  lui  pincera  di  scrivere  qui  al  S"'  Dottor  Blo- 
zio  (3)  Bibliothecario  C^esareo  che  vegghi  detti  libri  io 
mené  contentero  ;  ma  non  voglio  gia  che  altri  le  veghino 
per  qualche  respetti. 

Si  debbe  intendere  che  questi  libri  ame  mi  costano 
assai  danari  a  farli  scrivere,  et  metter  insieme  e  a  disseg- 
nare  et  far  dissegnare  li  figure  che  entro  vi  vanno  et  farle 
intagliare  che  in  rame  che  in  legno.  Et  prima  parlaro 
délia  Descritione  délia  Italia,  la  quale  à  spese  mia  o 
mandate  à  far  rittrare  délie  Citta  in  Italia  ch'io  non 
havevo  ;  et  à  caduna  Citta  ô  fatto  ritrarre  tutte  le  Arme 
délia  Nobilta  di  esse  Citta  et  tutte  collorite.  Apresso  ho 
fatto  coppiare  tutte  le  cose  piu  degne  che  sonno  in  esse 
Citta  ;  cioe  Antiquita  di  Edifitij  Antiqui  :  Inscriptioni  et 
Epitavii  antichi  che  stanno  nei  marmi  scritte,  con  le  loro 
figure  delli  ornamenti  ch'sonno  d'intorno  aile  detti  Ins- 
criptioni :  PoiChiesijPalazzi  moderni,et  altre  cose  degne, 
et  à  cadauna  Citta  doppo  la  sua  descritione  nel  fine  neo 
posto  le  figure  sunominate,  con  le  Arme  délia  sua  Citta, 
et  poi  delli  Principi  che  in  essa  sonno  nati  et  quando  sonno 
stati  Imperadori  neo  posto  la  sua  medaglia  ritratta  dal 
antiquo  con  il  suo  roverso,  et  li  Pontifici,  Cardinali, 
Veschovi^  Principi,  Duchi,  Marchesi,  &c.  neo  posto  la 
sua  Arme  collorite,  poi  quelle  délie  Case  111*  et  nobilta 
loro  et  ultimo  neo  posto  li  nomi  di  tutti  gli  huomini 
Dotti  con  li  nomi  délie  opère  loro  stampate,  é  non  state 
stampate,  Questo  ordine  ô  tenuto  in  tutta  l'opéra.  In 
quest'opera,  sonno  intagliate  in  legno,  et  dessign^ate  moite 
Citta  :  &  anche  vene  sonno  alcune  da  intagliare,  che  digia 
son  dessignate  sopra  al  legno  tutte  sonno  di  una  gran- 
dezza  fatta  giusto  come  sonno  le  figure  deli  Paesi  piculi 
che  sonno  nelli  Commentarij    mei    di  Cœsar,   stampnti 


—  4  — 

in  Francoforte  {4).  Le  figure  poi  délie  Région!  délia 
Italia  saranno  di  magior  forma,  perche  sonno  carte  di 
Cosmographia,  queste  si  potriano  far  in  rame.  Le  Arme 
di  tutti  li  Pontefici  et  Cardinali,  sonno  tutti  intagliate  et 
collorite  si  che  questo  libro  tutto  quello  che  attiene  alla 
scrittura  e  tutto  finito  et  si  puol  stampare  ;  solum  vi 
mancha  délie  figure  et  Arme  da  intagliare  et  costi  presto 
si  metteria  alla  fina  perche  vi  sonno  coppia  de  intagliatori, 
et  dissegnatori,  cosa  ch'qui  in  Vienna  non  si  puol  fare 
per  mancamento  di  Maiestri.  Questo  libro  délia  Italia  per 
la  augmentation!  délia  Scrittura  &  figure  che  entro  vi 
andaranno  accresciera  piu  di  altro  tanto  del  testo  latino. 
Il  partito  che  lo  ne  vogUo  fare  sarra  questo  :  lo  daro  il 
libro  con  tutte  le  figure  indissegno  sopra  alla  carta  bian- 
cha  ben  fatti  et  finiti,  io  daro  tutte  le  figure  intagliate  et 
da  intagliare  et  il  stampatore  lui  à  spese  sua  le  fara  intag- 
Hare  facendo  lui  ridurra  li  dissegni  in  minor  forma  sopra 
al  legno  ô  vero  rame  come  piu  a  lui  placera  et  ne  farra 
stampare  mille  o  piu  secondo  ch'alui  placera  et  io  vi 
avero  parte  del  guadagno  per  la  metta  secondo  che  si 
venderanno  et  tutto  sarra  stampato  à  spese  del  stampatore 
non  ne  sentendo  io  gravezza  alcuna  di  spesa  di  niuna 
sorte.  Le  stampe  saranno  comune  fra  dinoi  cioe  la  metta 
per  uno  et  niuno  pottra  vender  la  sua  parte  salvo  che  àl 
compagno  ;  &  dette  stampe  non  si  potranno  adoperare  in 
altri  libri  senza  la  volunta  del  uno  o  vero  del  altro  ;  è 
cetto  quelle  deli  Papi  &  Car''  che  queste  mêle  voglio 
servare  perme  &  non  voglio  chel  stampatore  vi  habbia 
parte  niuna  in  esse  ;  la  dedicatione  del  libro  la  voglio 
rittenere  per  me,  la  mia  marcha  sia  posta  apresso  à  quella 
del  stampatore,  nel  titolo  del  libro  ;  &  voglio  che  vi  sia 
fatta  mentione  che  essie  del  mio  Mus^eo  si  como  sonno 


quelli  che  son  stampati  avanti.  Similmente  voglio  che  sia 
fatta  la  conventioni  di  tutti  gli  altri  libri  che  si  stampe- 
ranno  che  qui  sotto  nominaro  che  questo  ch'io  ô  sopra 
parhito  se  intende  in  générale  per  tutti  li  libri  cioe  che  io 
non  ci  voglio  metter  in  compagnia  danaro  alcuno  salvo 
le  coppie,  le  figure  che  io  mi  trovero  tanto  intalgliate 
quanto  dessignate,  et  quelle  che  non  sarranno  dessignate 
io  le  dissegnaro  di  mia  mane  in  carta. 

VII.  Tomi  de  Inscriptioni  Antique. 
Questa  sia  una  raccolta  di  tutte  le  Inscriptioni  che 
sonno  nel  Mondo  in  tutta  l'Europa,  Asia  et  Egypto  rac- 
colte  con  grandissima  fattica  &  spesa  di  luoche  dove 
sonno  State  coppiate  cioe  Citta  et  altri  sonno  n°  5 140  (?) 
fra  questi  Inscriptioni  venue  sonno  infinité  Grasche  &  vi 
sonno  dessignato,  aie  piu  belle  li  loro  ornamenti  de  intorno 
come  sta  nel  sasso  dove  sonno  intalgliate  et  apresso  vie 
anche  descritto  detto  sasso  molto  dottamente.  Io  parlaro 
ora  il  n°  quante  ne  sonno  per  tomo,  et  sonno  messe 
benissimo  per  ordine  secondo  l'Argomento  che  trattano 
et  sonno  scritte  giusto  et  apunto  come  stanno  intagliate 
cioe  alcune  rigle  grande,  alcune  di  minor  forma,  insuma 
per  dir  tutto  in  una  parola  simile  giuste  come  il  marmo 
instesso. 


Tomo  Primo      contiene  Inscription 
Tomo  Secondo  contiene  Inscription 


Tomo  Terzo      contiene  Inscriptioni  n°     307 


Tomo  Quarto     contiene  Inscription 
Tomo  Q.uinto    contiene  Inscription 


n°     563 
n°     826 


n°  1480 
n°     456 


Tomo  Sexto       contiene  Inscriptioni  n°  2086 
Tutte  insieme  fanno  n°  5718 

Tomo  Septimo  questo  contiene  la  description  di  tutte 


—  6  — 

le  Antiquita  di  Roma,  di  Statue,  Sépulture,  di  Tavole 
historiate  et  altre  cose  degne  fra  li  quali  vi  sonno  anche 
moite  Inscription!  antiche  ch'  non  sonno  nel  numéro  di 
quelle  di  sopra  delli  VI.  Tomi  sunominati. 

La  Descriptione  di  tutte  le  Medaglie  Antiche  di  Roma, 
di  Argento  et  Oro,  che  si  truove  in  tutto  il  Mondo  messe 
insieme  con  grandissima  fatticha  &  spesa  et  oltra  alla 
description,  io  mi  truovo  tutte  le  Medaglie  in  buona 
parte  in  dissegno,  fra  antiche  et  coppie,  &  queste 
Medaglie  sonno  fatte  in  dissegno  12  per  pagina  di  mia 
propria  mane  et  continuo  et  seguitaro  in  sino  alla  fine  se 
al  S"""  Iddio  placera  di  darmi  vita  è  sanita.  Il  n°  di  questi 
Medaglie  descritte  sonno  n°  6579  fraesse  veno  sonno 
oltre  aile  Latine  di  Grseche  di  Arabe  di  Africane  et  altre 
carateri  molto  stravoganti  et  non  plu  viste  vene  sonno 
anche  piu  de  2000  da  aggiungervi  che  doppia  ô  ante  per 
ch'  questo  libro  passa  anni  25  che  io  lo  feci  scrivere  a 
M.  Pietro  Cimitero  Fiamengo  che  in  quel  tempo  era 
mio   servidore. 

Un  libro  di  una  Séries  di  Medaglie  di  tutti  gli  Impera- 
dori,cioe  una  Medaglia  per  sorte  grande  come  unTallero, 
intagliate  in  rame,  la  testa  con  açanto  il  suo  roverso  et 
sotto  ad  essa  medaglia  vie  la  vita  di  esso  Imperadore  bre- 
vemente  descritta  ridotta  in  Epitome  :  In  queste  Medaglie 
vi  sono  le  piu  belle  et  le  piu  esquisite  che  io  mi  truovi, 
comincia  à  C.  Jul.  Cœsare  et  finera  nel  nostro  Imperadore. 
Vi  sonno  anche  apresso  à  essi  Imperadori  le  sue  moglie 
et  figliuoli  et  parenti,  vi  sonno  anche  tutti  li  Tijranni  che 
sonno  stati  sotto  ad  essi  Imperadori  con  le  loro  Medaglie 
la  maggior  parte  (5). 

Un  altra  Séries  pur  di  tutti  gli  Imperadori,  queste 
sonno  teste  con  li  sui  petti  (ô  busti)  parte  armati  et  parte 


nudi  &  vestiti  ritratte  dalle  vere  antiche  di  marmo  che 
sonno  in  Roma  et  altra  Citta  délia  Italia,  et  cadauna  testa 
è  posra  sopra  ad  un  basamento  o  pedestale  et  dentro  ad 
esso  bassamento,  vie  scritto  un  EUogio  délia  vita  di  esso 
Imperadore.  Et  similmente  sonno  anche  aile  Impératrice, 
et  questa  Testa  sta  sopra  al  suo  pedestale  posta  ;  occupa 
una  fuzza  ô  pagina  di  un  folio  reale,  et  vi  avanza  quattro 
dita  di  margine  di  sopra  et  altre  tanto  da  basso.  Questo 
si  potriano  le  teste  intagliare  in  rame  et  il  pedestale  in 
legno,  et  un  pedestale  servirebe  per  tutti,  perch'  dentro 
nel  mezzo  saria  transforato  &  vi  si  componeria  dentro 
l'Ellogio  di  lettere  majuscule  ;  poi  le  teste  in  rame  vi  si 
stampariano  sopra  ;  certo  questa  saria  il  piu  bel  libro  et 
il  piu  singolare  che  mai  fosse  stato  visto  di  tal  génère  ; 
et  anche  di  buona  vendita. 

Un  libro  di  Medaglie  dissegnate  di  mia  mane  dove  XII. 
Medaglie  occupano  una  pagina  cioe  la  testa  con  li  suoi 
roversi.  Queste  Medaglie  cominciano  à  C.  Jul.  C^sare 
et  finiranno  nel  nostro  Imperadore  et  alla  fine  di  cadauno 
Imperadore  vi  sarra  la  descriptione  di  tutte  le  sue  Me- 
daglie. 

Un  libro  scritto  à  mane  délia  vitta  di  Carolo  V.  con  le 
sue  Medaglie  accomodate  di  tempo  in  tempo  immitate  al 
modo  Anticho. 

Un  libro  di  Statue  collorita  di  tutta  la  Casa  d'Austria 
cadauno  con  la  sua  moglie  con  l'Arme  loro,  questo  libro 
mai  è  stato  visto,  et  non  è  simile  à  quelle  stampato  in 
rame  grande  (6). 

La  Descriptione  délia  Citta  di  Roma  con  tutte  le  sue 
antiquita  di  figure  di  marmo,  et  inscriptioni,  con  tutte 
le  Arme  coUorite  di  tutte  le  Casate  nobile  &  antiche  di 
essa  Citta. 


Li  Indici  del  mio  Dicdonario  qualli  sonno  XVI.  volumi, 
nelli  quali  contengano  tutto  quelle  che  si  truova  nelli 
buoni  auihori  Latini  Greci  &  Hebrei  et  Caldei,  con 
tutto  quello  che  si  truova  nei  marmi  antichi  di  figura  et 
de  Inscriptioni  et  di  Medaglie,  et  di  hogni  qualumque 
cosa  che  si  puole  mostrare  à  viva  ô  in  dissegno  ;  questi 
Indici  che  li  stampasse  di  lettera  minuta  in  tre  colonne 
giudico  saria  come  son  le  concordantia  délia  Biblia  del 
Plantino.  Questi  Indici  è  cosa  maravigliosa  à  creddere 
che  non  li  vede  ;  perche  tutto  quello  ch'  l'huomo  si 
puote  immaginare  è  qui  anottato  et  cittato  il  luogo  dove 
si  lege  ô  vero  si  vede  ;  da  tutti  gli  huomini  dotti  che 
rhanno  visto  è  stato  giudicato  ch'  se  mai  si  stampasse 
saria  il  piu  util  libro  che  si  potesse  desiderare. 

Bibliotheca  Phoci  dui  Volumi  scritti  Grasci,  questo 
non  è  mai  stato  visto  alla  stampa. 

Picatrix  latino  tradotto  dal  Arabico,  libro  di  magia.  Un 
gran  tomo  in  folio. 

Annulum  Salomonis  libro  di  Magia.  In  pergameno 
scritto  con  le  sue  figure  in  fol. 

Un  libro  di  Geomantia  antico  tradotto  dal  Arabo  scritto 
in  Pergameno,  in  fol. 

La  Biblia  scritta  a  mano  Arabica,  con  caratteri  Arabi, 
libro  anticho  ;  mio  figliolo  Paulo  mello  compro  à  Con- 
stantinopoli  ;  libro  veremente  raro. 

L'Alchorano  scritto  Arabo  in  XIIII.  questo  è  scritto  à 
mano,  fu  del  fratello  di  questo  Turcho  che  fu  strangulato, 
è  scritto  di  lettere  d'oro,  di  Azureo  oltramarino  et  altri 
coUori  finissimi,  questo  si  puole  paragonare  ad  una  gioia 
che  vaglia  asai  danari. 

Dictionarij  Arabi,  Turchi,  Persiani  scritti  -  à  mane 
ch'  in  fol,  ch'  in  4'°,  ch'  in  8^°. 


—  9  — 

Una  Chronica  délia  Casa  Ottomana  scritta  Araba  in  fol. 

Libro  Arabo  scritto  che  insegna  à  far  Horologij  et 
Calîendarij  con  le  sue  figure  dissegnate  con  entro  li  segni 
del  Zodiaco  et  altre  note  Arabice. 

Un  Calendario  scritto  Arabo  con  moite  altre  cose 
apresso  scritte  apertinenti. 

Un  Astrolabio  Arabo  con  le  sue  Tavole  Arabe  aparti- 
nente  di  Ottone  tutte  intagliate  minutissime  ;  questo 
instrumento  apartiene  al  libro  et  Callendario  sudetto. 

Un  altro  Astrolabio  délia  medema  grandezza  corne  il 
sunominato  di  Ottone,  intagliato  di  lettere  Calde^e  con 
anche  le  sue  Tavole. 

Un  libro  non  mai  stato  visto  délia  Castrametatione 
di  Romani  ;  questo  lo  feci  fare  à  mia  instanza  al  Ser- 
glio  (7)  Architetto  del  Re  Francesco  in  Lione  &  io  neo  le 
stampe  intagliate  in  legno,  sarra  un  libro  délia  grandezza 
del  suo  settimo  chio  ô  fatto  stampare  à  Francoforte. 

Poi  varii  libri  di  dissegni  per  intaliare  in  rame.  Prima 
di  cose  di  Architetura  (délia  quale  sempre  mi  son  delet- 
tato  e  deletto),  cose  messe  insieme  et  ritratte  dal  Anticho, 
che  vernmente  che  le  stampasse  sariano  di  grande  Utilita 
al  mondo. 

Un  libro  di  tutti  li  piu  belli  Palazzi  et  fabriche  che  sia 
in  Roma  et  altre  Citta  délia  Italia  cioe  Fiorenze,  Mantua 
et  Vinetia. 

Un  libro  dove  sonno  ritratte  tutte  le  statue  et  Tavole 
et  Sepolture  antiche  che  sonno  m  Roma,  Neapoli, 
Fiorenze,  Vinetia,  Mantova  et  altri  luochi. 

Un  libro  dove  sta  ritratta  tutta  la  colonna  Trajana  che 
in  Roma  p'  tutta  la  forma  délia  colonna  di  fuori  et  di 
dentro  et  poi  le  historié  in  un  libro  sonno  foli.  150.  In 
questo  libro  sonno  tutte  li  vestimenti  Civili  et  milittari 


lO    — 

si  de  Romani  corne  anche  di  altre  natione  Barbari  dove 
Traiano  Imperadore  combatette. 

Un  libre  di  tutti  li  Vestimenti  antiche  di  Romani  et 
anche  délie  donn'e  Romane  dove  si  vede  tutto  quello  chel 
huomo  si  puol  imaginare  di  simil  materia. 

Una  Castrametationi  anzi  dua  corne  il  Gran  Turcho 
sta  in  Campagna  con  un  libro  dove  sta  in  dissegno  come 
marchiano  in  Campagna. 

La  Colonna  Antonina  di  Roma  ridotta  in  un  libro 
simile  alla  Traiana  sunominata  ;  questa  fu  dessignata  ad 
instanzia  mia  in  Roma. 

La  colonna  di  Theodosio  Imperadore  che  sta  in  Con- 
stantinopoli  ridotta  in  un  libro  passa  loo  fol.  reali 
aperti  ;  questa  lo  fatta  dessignare  à  spesa  mia  in  Con- 
stantinopoli. 

Un  libro  dove  sta  tutto  il  Palazzo  del  Thi  (cossi  chia- 
mato)  che  fuori  di  Mantua  un  tiro  d'Archibugio  (8); 
questo  sia  tenuto  il  piu  bel  palazzo  che  hoggidi  sia  sopra 
alla  Terra  si  de  Architetura  come  anche  délie  pitture.  Di 
questo  Palazzo  io  ad  instantia  mia  lo  fatto  dissegnare  in 
questo  modo.  Prima  la  planta  con  li  suoi  proffili  di  fuori 
&  di  dentro  tutti  posto  minutamente  le  suoi  misure  ; 
Poi  li  giardini  con  li  sui  abitationi  anche  misurati,  Poi  le 
Camere  ad  una  peruna  con  li  sui  compartiment!  &  figure 
&  Historié  che  vi  stanno  dentro,  hogni  cosa  dissegnata 
benissimo  et  ben  intessc  di  questo  senne  faria  un  belis- 
simo  libro  con  scrivervi  anche  le  cose  particolare  che 
saria  un  libro  scritto  et  dissegnato. 

Un  libro  dove  sonno  tutti  li  dissegni  délia  loggia  del 
Papa  in  Roma  che  chiamano  la  loggia  delli  Groteschi  ; 
questa  anche  tutta  la  feci  à  mie  spese  dissegnare  passano 
100  fol.  In  questa  loggia  vi  sonno  tutte  le  Historié  délia 


—  II   — 


Biblia  di  mane  di  Raphaël  d'Urbino  et  vi  sonno  li  piu 
belli  stucchi  &  Groteschi  che  sia  in  tutto  il  mondo  ; 
questi  di  bellezza  avanzano  &  superano  gli  Antichi. 

Infinité  cose  mi  truovo  messe  insieme  con  grande 
spesa  di  Medaglie  Antiche  et  altre  belle  cose  antiche  ch' 
qui  non  accade  tutte  nominare,  li  qualli  stanno  nel  mio 
Studio  et  libraria.  Questa  lettera  V.  S.  la  tenghi  apresso 
di  lei  che  non  mi  euro  che  vedia  in  molti  mani,  solum 
ch'  r  S"""  Plantino  la  vegghia  et  sel  vie  cosa  secondo  il  suo 
gusto  che  mené  scrivi  per  tempo,  et  quando  lui  non  voglia 
far  partito  alcuno  con  esso  meco  V.  S.  ne  potra  trattare 
con  qualche  altro  Stampatore  et  la  S.  V.  sempre  da  me 
sarra  salutata  delli  mei  libri  che  si  stamparano  di  mano 
in  mano,  ô  vero  di  altra  cosa  se  quella  si  degnara  di 
commendarmi  alla  qualle  con  tutto  il  cuore  megli  ofForo 
et  arricomando  il  S°'  Iddio  dia  hogni  fellicita  et  longa 
vitta.  V.  S.  potra  mandare  la  risposta  di  quello  che  ella 
bavera  fatto  sotto  aile  lettere  del  Krai  qui  mercante  Fia- 
mengo  in  Vienna  che  lui  mella  dara  sicura.  Di  Vienna 
li  XV.  Agosto  1578. 

D.  V^  S^  Sempre  Efitionatiss°. 
Jacopo  Strada  Servidore 
&  Antiquario  délia  S.  G.  M.  del  Imp.  mio  S°^ 
{Adresse  au  verso  :)  AU'  Molto  Mag^"  et  Ex*"  Dottore, 
Il  S"""  Ramberto  Dodoneo, 
Medico  délia  M^^  Gassarea  ;  mio 
Semp°  oss'"" 
Anversa  ôvero 
dove  si  vitruova. 

(i)  Jacques  Strada  de  Rosberg,  antiquaire  des  empereurs  Ferdinand, 
Maximilien  et  Rodolplie  II,  né  à  Mantoue,  mort  à  Prague  en  1588. 
Il  fit  le  trafic  d'objets  d'art  au  dépens  de  l'Italie,  notamment  de  ma- 


12 


nuscrits  et  de  médailles,  comme  le  fait  soupçonner  la  présente  pièce. 
Dès  1553,  il  publia,  non  sans  mérite,  quelques  ouvrages  de  numisma- 
tique. Dix  volumes  manuscrits  in-folio  se  rapportant  aux  médailles 
anciennes,  sont  encore  conservés  à  la  bibliothèque  impériale  de  Vienne, 
trente-et-un  autres  in-folio  du  même  genre,  se  trouveraient  à  la 
bibliothèque  de  Gotha. 

(2)  Dodoens  habita  Vienne  dès  le  mois  d'octobre  1574. 

(3)  Hugo  Blotius,  de  Delft,  premier  bibliothécaire  impérial  à 
Vienne  depuis  1575.  Appelé  par  erreur  Blatius  au  tome  III  de  cette 
Correspondance,  pp.  10  et  12. 

(4)  C.  Iulius  Casaris  reruni  gestartim  commentarii  XIV ..  Cumdoctiss. 
Annotationibus  :  Henrici  Ghreani,  Francisci  Holomani,  1.  C.,  Fulvii 
Ursini  Romani,  Aïdi  Mantttii,  P.  F.  Ex  Musao  &  impensis  lacobi  Stra- 
dce  Mantuani.  Francofurti  ad  Moenum,  1575.  in-fo  (apud  Georgium 
Corvinum). 

(5)  De  Vilis  impcraiorum  et  cœsartim  romanorum  . .  à  C.  Julio  Casare.. 
ad  T>.N.  Iniperatorem,  Casareni  Maitbiain.,  Francfort,  Joh.  Bringerus, 
161 5,  info,  et  en  allemand  en  1618,  1629,  avec  les  médailles  des 
empereurs.  Publié  par  son  petit-fils  Octavien  Strada. 

(6)  Parut  en  1629,  également  parles  soins  d'Octavien  Strada  :  Ge- 
nealogia  et  séries  Austriœ  duciim,  archiduciim,  reguin,  et  iviperalorum^  à 
Rudolpho  1°,  ad  Ferdinandum  II.  Francfort,  in-f°. 

(7)  Sébastien  Serlio,  architecte,  né  à  Bologne  (1475-15 52),  Fran- 
çois I,  roi  de  France,  l'appela  auprès  de  lui,  le  nomma  architecte 
de  Fontainebleau  et  surintendant  des  bâtiments  de  la  couronne. 
Tombé  dans  la  détresse  à  la  mort  du  roi,  il  se  retira  à  Lyon,  où 
Strada  lui  acheta  ses  manuscrits.  Celui-ci  en  fil  imprimer  une  partie 
à  Francfort. 

(8)  Le  Palazzo  del  Te,  à  Mantoue,  construction  remarquable  de 
Jules  Romain,  avec  fresques  de  ce  maître. 


805 .   —  Plantin  à  de  Çayas. 

{Archives  Plantiniennes ,  \^lll,  f»  236). 

Paris,  le  19  août   1578. 

(Plantin  remercie  de  Çayas  du  soin  qu'il  prend  de  ses  intérêts.  Il 
hâtera  son  retour  à  Anvers  afin  d'exécuter  plus  facilement  les 
ordres  du  secrétaire  royal.  Pour  deux  autres  motifs  encore,  il  voudrait 


13 


rentrer  à  Anvers  :  d'abord  pour  échapper  aux  sollicitations  de  plus  en 
plus  pressantes  du  roi  de  France  qui  le  veut  retenir  en  qualité  d'impri- 
meur attitré;  ensuite  pour  dresser  l'inventaire  de  ses  biens,  car  ses 
créanciers  pensent  qu'il  veut  se  dérober  aux  obligations  contractées 
envers  eux.  Plantin  rappelle  de  nouveau  les  énormes  dépenses  faites 
pour  l'impression  des  50.000  Bréviaires  et  Missels.  Le  papier  et  le 
matériel  réunis  en  vue  de  ces  éditions,  représentent  la  somme  de 
50.000  florins,  capital  sans  rapport  parce  que  Plantin  n'a  pas  dû 
continuer  l'impression.  Il  faut  y  ajouter  les  frais  de  l'Antiphonaire, 
s'élevant  à  20.000  florins.  L'architypographe  s'est  vu  forcé  à  vendre 
déjà  cinq  de  ses  presses  et  des  caractères  pour  une  somme  de  3000 
florins.  Les  oeuvres  de  S.  Jérôme  ne  sont  pas  expédiées  parce  qu'elles 
se  trouvent  en  partie  à  Louvain,  d'où  il  est  difficile  de  les  faire  venir 
en  ce  moment.  Si  Plantin  trouve  encore  un  exemplaire  du  Bréviaire 
grand  format,  il  l'enverra  à  Maldonado,  qui  a  pris  connaissance  égale- 
ment des  pièces,  invitant  l'architypographe  à  s'établir  en  France). 

111'  Viro  Dno  Gabrieli  Zaj'ie. 

Litteris  tuis  4.  hujus  Madriti  datis  ut  paucis  respon- 
deam,  Viradmodum  Illustris  et  Patrone  colendiss.,  gratias 
in  primis  habeo  tibi  maximas  quod  res  nostras  tibi  sunt 
cordi,  properabo  itaque  de  omnibus  qu^e  jubés  singulatim 
te  certiorem  facere.  Id  quod  cum  hic  nequeam  exequar 
ubi  primum  Antverpiam  rediero  quo  mihi  duplici  de 
causa  redeundum  est,  prima  ut  effugiam  importunitatem 
eorum  qui  ante  jam  annum  etïecerunt  ut  diplomate  Regio 
nominarer  et  retinerer  generalis  linguarum  typographus 
regius  (i)  cum  privilegiis  et  stipendiis  haud  vulgaribus. 
Ipsi  etenim  non  cessarunt  a  me  toto  hoc  anno  suis  litteris, 
maxime  vero  ex  quo  hue  appuli  propriis  verbis  efflagitare 
ut  hanc  provinciam  ultro  mihi  oblatam  suscipiam  adeo 
ut  tamen  nullam  aliam  excusationem  obtrudere  potuerim 
quam  quod  necessario  deberem  prius  iterum  Antverpiam 
redire  quam  quid  certo  poUicerer;  altéra  est  ut  rerum 
nostrarum  Indicem  seu  quod  vocant  Inventarium  faciam 


—  H  — 

creditoribus  meis  ostendendura  qui  propter  nosiram  ab- 
sentiam  incipiunt  (uti  ad  me  scriptum  est)  de  fide  nostra 
dubitare  quasi  illinc  nostra  movere  velim  et  foro  cedere, 
numquam  vero  in  animum  habui  nec  uti  spero  habebo 
illos  vel  minima  re  defraudare,  uti  neque  Dominum  uUo 
modo  mutare  si  tandem  ab  £ere  alieno  quo  nimium  cre- 
dulus  ad  illis  parendum  qui  nomine  Regio  ad  illum  con- 
trahendum  me  impullerunt  onerer  liberari  queam.  Qiiod 
ne  brevi  fiât  cogar  unam  ex  conditionibus  quie  mihi  a 
Catholicis  aliis  Principibus  prêter  Ch"""™  offeruntur  acci- 
pere  (2). 

Ex  Impressionibus  a  me  factis  et  datis  nihil  mihi  debe- 
tur,  sed  postquam  mihi  scriptum  fuit  et  a  Dno  Soto  verbis 
confirmatum  ut  ego  me  pararem  ad  imprimenda  quin- 
quaginta  milia  Breviariorum  et  totidem  Missaiium  variis 
formis,  tantam  multitudinem  typorum  curavi  fundi  ut  ex 
singulis  fere  20.  generibus  typorum  ad  ea  necessariorum 
potuissem  12.  pr^la  eodem  tempore  exercere  qu^  si 
simul  omnia  uno  et  eodem  tempore  exercerentur  suffice- 
rent  ad  240.  prasla  exercenda  et  tantam  molem  Papyri 
comparavi  ut  me  foenus  exederit. 

Il!i  siquidem  apparatus  typorum  ut  papyri  ascenderunt 
ut  minimum  ad  quinquaginta  milia  florenorum  qu^e  mihi 
ab  eo  tempore  inutilia  fore  extiterunt,  postquam  jussus 
sum  ab  illis  libris  imprimendis  cessare.  Accesserunt 
sumptus  facti  ad  Impressionem  Antiphonariorum  quorum 
Indicem  nescio  quoties  istuc  misi  mittamque  rursus 
statim  ubi  Antverpiam  Deo  favente  reversus  fuero.  Hic 
namque  libros  rationum  non  habeo.  Memini  vero  illa 
ascendisse  ad  nescio  quot  ultra  viginti  milia  florenorum. 
Vendidi  autem  quinque  pr^la  et  typos  fusos  varios  ut 
me  juvarem  ad  summamcirciter  trium  milium  florenorum. 


Qux  jubés  mittam  quamprimum  potero.  Scribis  Ma- 
jestatem  Regiam  petere  ut  mittantur  6  Opéra  Augustin!, 
existimo  autem  amanuensem  Augustin!  nomen  scripsisse 
pro  Hieronymi.  Illico  namque  subjunctum  est  de  scri- 
bendo  ad  Universitatem  Lovaniensem  pro  Indice.  Diu 
siquidem  est  quod  Indicem  cum  operibus  S.  Augustin! 
impressimus  et  istuc  misimus.  Hieronymi  vero  necdum, 
eo  quod  pars  operum  ejus  sit  Lovanij  unde  nobis  nunc 
est  impossible  propter  bellum  evocare,  ad  quod  Univer- 
sitas  nos'juvare  non  potest  sine  gratia  III""  Austriaci.  Imo 
ut  nunc  res  se  se  habent  non  video  qui  propter  milites 
utrimque  vagantes  fier!  possit.  Breviarium  magna  forma 
si  aliquod  exemplar  nobis  restet  Antverpi^  eo  appulsus 
mittam  ilico  ad  D.  Maldonatum  eu!  Diploma  Régis  Ch""' 
quo  me  constituit  suum  typographum  ostendi  et  causam 
profectionis  mea;  declaravi  etiam  antequam  tuas  legissem 
quibus  magis  confirmatus  fui  ut  tu^  voluntat!  satisfacere 
queam.  Ceterum  non  est  quod  de  nostra  fide  umquam 
dubites  qu^e  per  De!  gratiam  semper  (etiams!  quid  contra 
voluntatem  nomen  nostrum  patiatur)  (3)  impolluta  ma- 
nebit.  Dus  noster  Jésus  Christus  te  Reipub.  Christianas, 
Régi  nostro  opt.  et  nobis  diu  conservet  incolumem.  Pari- 
siis  19.  Augusti  1578  (4). 

(i)  Henri  III  lui  avait  offert  le  titre  d'imprimeur  royal  pour  dix 
langues  avec  un  traitement  de  200  écus  d'or. 

(2)  Peu  après,  des  ouvertures  avaient  été  faites  à  Plantin  par  le 
duc  de  Savoie  qui,  au  mois  de  décembre  1581,  invita  l'architypo- 
graphe  à  s'établir  à  Turin. 

(3)  Allusion  sans  doute  aux  édils  et  pamphlets  dirigés  contre  le 
roi  d'Espagne,  qui  sortirent  des  presses  de  Plantin  par  ordre  des 
Etats  généraux. 

(4)  Suit  un  fragment  de  lettre,  sans  date  ni  nom  de  destinataire,  qui 
se  rattache,  croyons-nous,  à  la  pièce  ci-dessus  :  Conjunctas  litteras 
rogo  ut  D.  A.  Montano  transmittere  digneris  meque  excusare  de  duplici 


—  i6  — 

hac  mea  in  hisce  litteris  barbarie.  Festinanter  admodum  scripsi  nec 
relec^endi  datum  est  tempus  eo  quod  cum  aliquot  comitibus  ulterius 
per  Gallias  esset  mihi  faciendum  iter,  interea  dum  quid  a  te  et  a 
nostris  litterarum  expectabo  antequam  quid  de  habitatione  vel  reditu 
statuam.  Interea  vero  dum  typographiam  nostram  Antverpia  movere 
non  licet  coguntur  nostri  ea  uti  ad  illa  imprimenda  quas  superiores 
jubent;  omnium  vero  librorum  exemplar  unum  aut  alterum  ut  olim 
tibi  curarem  transmitti  si  tutum  esset  et  vos  id  cupere  intelligerem. 
Amicus  siquidem  semper  idem  qui  olim  manet  etiam  si  vires  et 
facultates  corporis  et  bonorum  externorunt  attenuatas  sint  et  prorsus 
debilitatas... 


8oé.  —  Georges  De  la  Hèle  à  Plantin. 

{archives  Plantiniennes,  LXXXV,  fo  349  et  copie  par  Plantin  f°  35 1). 

21   Août  1578. 

Je  soubsigné  cognois  et  confesse  avoir  faict  accordt  et 
convention  avec  Christophle  Plantin  Imprimeur  du  Roi) 
telle  comme  s'ensuit. 

C'est  ascavoir  que  je  prometz  estant  achevé  d'imprimer 
mon  livre  de  Messes  (i)  lequel  j'ay  baillé  a  imprimer  au- 
dit Plantin,  d'en  achepter  quarante  exemplaires  au  prix 
que  ledit  Plantin  les  tauxera  aux  libraires  en  me  rabatant 
encores  oultre  ledit  prix  quelque  gracieusité  telle  qu'il 
luy  plaira  me  ottroijer. 

Et  ledit  Plantin  me  livrera  desdits  exemplaires  par 
demi  douzaine  a  la  fois,  et  incontinent  que  je  auray  faict 
distribution  de  laditte  demi  douzaine  receue  je  payerai) 
ce  qu'elle  montera  devant  que  recepvoir  aultres  exem- 
plaires promettant  de  recepvoir  lesdits  quarante  exem- 
plaires et  les  payer  devant  le  terme  de  ung  an  en  comp- 
tant de  la  date  de  cestes.  Le  tout  sans  fraude  et  mal 
engin,  faict  en  Anvers  ce  21'  de  Augst  1578. 

George  De  la  Hele. 


—  17  — 

(i)  Il  s'agit  du  recueil  de  messes,  véritable  monument  de  la  typo- 
graphie musicale,  que  Plantin  fit  paraître  en  1578  :  VIII  Missa 
quinque,  sex  et  septem  vocuni,  in-folio  maximo,  orné  de  lettrines  des- 
sinées par  Pierre  Van  der  Borcht  et  gravées  par  Antoine  Van  Leest. 
L'énorme  volume  contient  quatre  messes  à  cinq  voix,  sur  des  motifs 
d'Orlando  di  Lassus,  Cyprianus  de  Rore  et  Thomas  Crequillon  ; 
deux  à  six  voix  sur  des  motifs  d'Orlando  di  Lassus,  et  deux  à  sept 
voix  sur  des  motifs  de  Josquin  des  Frets.  Voir  A.  Goovaerts,  His- 
toire et  bibliographie  de  la  typographie  musicale  dans  les  Pays-Bas.  Anvers, 
1880,  p.  253,  où  le  contrat  ci-dessus  se  trouve  reproduit. 


807.  —  Jean  Moretus  à  Camerarius  (?) 
[archives  Planiiniennes,  IX,  {°  73^). 

(Avant  !e  18  septembre)  1578. 

(Le  quinze  de  ce  mois,  Moretus  a  confié  au  porteur  un  ballot  de 
livres,  contenant  les  deux  Bibles  royales  et  deux  exemplaires  des 
Comtes  de  Hollande  et  de  Zélande,  qui  ne  manqueront  pas  d'inté- 
resser Camerarius.  Le  Corpus  Civile  se  vend  à  18  fl.,  le  Corpus  Cano- 
nicum  à  10  fl.  Plantin,  jusqu'ici,  n'a  pas  édité  de  Bible  avec  gravures  ; 
les  Bibles  plantiniennes  de  petit  format  se  vendent  à  20  stuv.). 

S.  P.  Décima  quinta  hujus  tradidimus  conductori  nobis 
probe  noto  sarcinam  librorum  quas  cominet  Bibliorum 
Regiorum  exemplaria  duo,  eo  precio  ijsdenique  condi- 
tionibus  persolvenda  in  nundinis  sequentibus  quibus 
pr^scripsisti,  qu£e  via  comodior  erit  utrisque  nostrum. 
Addidimus  libelles  Comitum  Hollandi^  et  Selandise  (i), 
binos  quos  non  displicituros  cogitamus  ob  ipsam  Anti- 
quitatem  cujus  te  studiosum  semper  fuisse  cognovimus. 
Libellos  reliquos  socer  meus  tamquam  nundinales  tibique 
debitos  mittit,  accipe  tu  humanissime  Dne  eosdem  eo 
quo  mittit  animo. 

Corpus  civile  cum  glossis  in  f°  venditur  decem  et  octo 
florenis,   Canonicum  vero   cum   ylossis    decem   florenis 


—  i; 


incompactum  utrumque.  Biblia  vero  cum  figuris  hactenus 
non  impressimus.  Qu^  ex  typographia  nostra  prodierunt 
in  forma  minori  (2)  xx  stuferis  venduntur;  tamen  quinam 
apud  nos  nunc  venduntur  libri  dicere  nequ^o,  tam  sunt 
omnia  mutata..  nosti  nihil  Musis  cum  Marte.  Deus  sit 
protector  noster  detque  nostris  temporibus  pacem  (3). 

(  I  )  Priticipes  Hollandia  et  Zelandia,  Domini  Frisia  :  Auctore  Micbaële 
Vosmero.  Antverpiae  Excudebat  Christophorus  Plantinus  Philippe 
Gallaeo,  1578,  iti-40.  Recueil  de  36  figures  en  pied,  gravées  par 
Philippe  Galle,  dont  le  nom  se  trouve  au  frontispice. 

(2)  Allusion  sans  doute  à  la  Biblia  Sacra,  édition  in-8°,  parue  chez 
Plantin  en  1578. 

(3)  Minute  de  la  main  de  Jean  Moretus,  sans  date  ni  nom  de  des- 
tinataire, comme  la  plupart  des  lettres  écrites  par  le  gendre  de 
Plantin. 


808.  —  Jean  Moretus  à  Michel  Scrinius  (i). 
{^Archives  Plantiniennes ,  IX,  fo  74"^). 

18  Septembre  1578. 

(Jean  Moretus  est  toujours  heureux  de  recevoir  des  nouvelles  de 
Scrinius.  Les  envois  seront  faits  à  l'avenir  par  l'intermédiaire  de  Jean 
Van  Achelen,  qui  fait  le  commerce  aussi  dans  ces  provinces.  Parmi 
les  livres  récemment  expédiés  se  trouvent  les  Bibles  royales.  Un  de 
ses  amis  remettra  à  Scrinius  le  relevé  des  livres  commandés.  Après  la 
foire  de  Francfort  d'autres  pourront  suivre). 

S.  P.  Quid  dicam  ?  Litterag  tuas  indicant  animi  tui 
candorem,  molestiam  ne  nobis  parare  potest  qui  tam 
humaniter  libres  evocat,  ultro  offerri  hujusmodi  viris 
omnino  debemus.  Quidem  de  fide  quid  metuendum  ? 

Sed  commoditas  illa  transmittendi  déficit  nobis.  Com- 
modissima  tameh  via  est  per  D.  Van  Achelen,  qui  libros 
omnes  transmisses  tibi  affirmât.  Is  etiam  nobis  persolvit 


—   19  — 

quas  admodum  jam  ternis  meis  indicavimus.  Age  igitur, 
hanc  viam  sequamur.  Libros  tibi  mittendos  semper  Dno 
Johanni  VanAchelen  trademus.  Is  solutionem,  sive  para- 
tam  sive  quam  tu  prescribes  faciet.  Solet  enim  et  adhuc 
nunc  hisce  in  regionibus  negotiari.  Inter  novissime 
misses  sunt  Regia  Biblia  ;  si  aliud  exemplar  mitti  cupis, 
indica.  Nunc  amico  tuo  Viro  humano  (2)  tradidi  fasci- 
culum  librorum  infrascriptorum  quem  redigam  in  novas 
rationes.  Si  plures  conferre  potuisset  a  nobis  accepisset. 
Speramus  finitis  Francofordiensibus  nundinis  plures  nos 
missuros.  Interea  si  quid  occurret  indica,  imo  Catalogum 
semper  adde  si  placet  illorum  qui  desiderantur  etiam  si 
prius  miserim  Solet  enim  hoc  in  memoriam  nobis  redu- 
cere  quas  oblivioni  quandoque  tradideramus. 

(i)  Lettre  de  la  main  de  Jean  Moretus,  de  nouveau  sans  date  ni 
nom  de  destinataire.  Le  Grand  Livre  de  cette  année  (XVIII,  fo  285-6) 
mentionne  que  Jehan  Van  Achelen  envoya  le  18  septembre  1578  à 
Michael  Scrinius  Dantiscanus,  bibliothécaire  du  duc  de  Prusse  «  Zu 
Koningsberghen  op  den  Dom  by  den  CoUegio  »,  un  ballot  de  livres, 
comprenant  une  Bible  royale, 

(2)  Ibidem  (XVIII,  fo  285)  :  Michael  Scrinius  doibt  pour  divers 
lesquels  luy  ont  esté  envoyez  adi  130  Augti  anno  1578  par  ung  sien 
amy  qui  a  apporté  salectre  logé  au  Bierhooft  (in  St  Jan  bijt  Bierhooft). 


809.  —  Plantin  à  de  Çayas. 
[Archives  Tlantiniennes,  VIII,  fo  188). 

Septembre   1578. 

(A  son  retour  de  Paris,  Plantin  a  envoyé  à  de  Çayas  la  copie  de  sa  lettre 
de  février  1576,  relative  à  l'Antiphonaire.  L'architypographe  recon- 
naît être  rentré  à  Anvers  pour  mieux  servir  de  Çayas  et  pour  soigner 
ses  affaires  personnelles.  Il  rappelle  les  dépenses  faites  pour  l'Anti- 
phonaire et  les  50.000  Missels.  Ayant  déjà  vendu  sept  de  ses  pres- 
ses, il  lui  en  reste  encore  seize,  avec  un  matériel  considérable.  Le 


20    

Bréviaire  in-i6°,  l'Index  des  œuvres  de  S.  Jérôme  et  des  Heures 
in-i20  et  in-240  seront  bientôt  achevés.  Plantin  non  seulement  ne 
sait  plus  rien  imprimer  à  ses  frais,  il  doit  vendre  ses  presses  l'une 
après  l'autre  afin  de  payer  ses  nombreux  créanciers,  notamment 
ceux  qui  lui  ont  sauvé  la  vie  et  celle  de  ses  gendres  lors  de  la  Furie 
espagnole.  Durant  quinze  jours,  il  a  dû  héberger  en  outre  29  soldats 
et  19  chevaux.  Somme  toute,  il  aurait  mieux  valu  que  son  officine 
eût  brûlé,  puisqu'il  doit  la  racheter  maintenant  à  un  prix  exorbi- 
tant. L'imprimeur  supplie  de  Çayas  d'insister  auprès  du  roi  pour 
qu'on  lui  paie  au  moins  les  préparatifs  faits  pour  l'Antiphonaire  et  les 
intérêts.  Suit  la  récapitulation  de  ses  dépenses  en  fait  de  papier, 
pour  l'impression  des  Missels  et  Bréviaires  de  différent  format,  et 
pour  les  caractères  spéciaux  du  grand  Antiphonaire). 

(In  Septembri  1578.  Reversas  Lutetia  descripsi  rursus 
ea  quas  folio  ante  hoc  11.  scripseram  anno  1576.  in 
Februario  (i)  ad  preparationem  Antiphonarij  magni  et 
ad  Çayam  misi  cum  illis  quse  post  copiam  hujus  epistol^ 
adnotantur). 

Postquam  tuas,  vir  admodum  illustris,  4.  AugustiMa- 
driti  datas  Lutetise  a  D.  Jacobo  Maldonato  accepissem 
eique  responsum  ut  tum  poteram  meum  tibi  mittendum 
tradidissem,  liuc  tandem  redij  partim  ut  ea  qu£e  illic  non 
poteram  tibi  quemadmodum  petebas  et  in  ipso  meo 
responso  promittebam  ex  libris  nostrarum  rationum  des- 
cripta  mitterem,  partim  ut  alia  curandapro  virili  curarem. 

Primo  itaque  rationes  sumptuum  quos  pro  Antipho- 
nariis  imprimendis  feceram  ante  annum  157e.  tum  etiam 
missas  ad  111.  D.  T.,  ad  Rev'"  Segobiensem,  ad  D.  Vir- 
biescam  etRev.  P.  Villalbam  nunc  iterum  descripsi  quibus 
subjunxi  eos  sumptus  quos  feci  in  illis  prasparandis  qu« 
necessaria  fuissent  ad  inchoandas  impressiones  quinqua- 
ginta  milium  Missalium  uti  ad  me  scriptum  fuerat  et  a 
Dno  Hieronymo  de  Soto  tum  in  hac  re  Institori  Regio 
verbis  confirmatum  necessario  imprimenda  esse. 


21 


Ex  prœlis  nostris  vendidi  jam  septem  e  quibus  accepi 
plus  minus  500  fl.  Restant  mihi  16.  optima  praîla  cum 
omnibus  punsionibus,  matricibus,  figuris  asneis  et  ligneis 
atque  fusionibus  quic  omnia  toto  mense  integro  dinume- 
rare  qu^e  numeranda  et  appendere  quas  penderanda  essent 
aliquot  viri  nequirent,  tanta  est  eorum  copia  quas  nunc 
fera  sunt  ociosa. 

Breviarium  in  lé.  majuscuiis  typis  eleganter  a  me 
inchoatum  ante  quindecim  menses  (tam  lente  facultatibus 
destitutus  nunc  incedunt  nostra  prasla)  quod  speraveram 
mense  Augusto  absolvendum  necdum  absolutum  reperi 
neque  toto  trimestri  absolvendum  erat  a  nostris  nisi 
adpulissem.  Nunc  autem  spero  me  infra  unicum  mensem 
me  absoluturum  et  eodem  fere  tempore  Indicem  operum 
S.  Hieronymi,  nos  siquidem  folia  qu£e  Lovanij  impressa 
uti  significaveram  desiderabamus  tandem  nudiustertius 
Colonia  recepimus.  Horas  in  12.  eleganter  nunc  recu- 
simus.  Jam  habemus  sub  prselo  in  24.  etiam  eleganter 
et  cum  figuris  asneis  uti  et  superiores.  Meis  sumptibus 
vix  jam  quicquid  imprimere  queo.  Ego  vero  ne  vel  cogar 
prorsus  fere  otiari  vel  suspectus  habear  ab  illis  quibus 
sum  obîeratus  aliquos  semper  quasro  quibus  meam  operam 
locare  possim  in  exercendis  aliquot  pr^lis.  Hinc  factum 
est  Dei  et  amicorum  beneficio  ut  ex  22.  pr^lis  qua;  ante 
nostram  spolationem  Antverpiensem  exercebam  nonnum- 
quam  duo  alias  tria  nonnumquam  quatuor  vel  quinque 
exercuerim  interea  dum  paullatim  ea  vendo  quas  possum 
ad  satisfaciendum  creditoribus,  maxime  vero  illis  qui  in 
dicta  spoliatione  nostram  vitam  semel  generorum  meorum 
ter  et  reliquarum  facultatum  typographias  et  librorum 
septies  redemerunt.  Quicquid  namque  prassentis  pecunias 
habuimus  vel  supellectilum  quod  placeret  militibus  quos 


—    22    ^ 

29.  numéro  cum  16.  equis  per  15.  dies  tum  in  domo 
nostra  libraria  tum  in  ea  quam  (ut  commodius  Regi^ 
Ma"^  desiderio  in  imprimendo  tanto  numéro  Missalium 
et  Antiplîonario  illo  magno  satisfaceremus)  amplissimam 
sex  mensibus  ante  quam  illud  infortunium  nobis  accideret 
conduxeramus,  in  illis  redemptionibus  non  fuit  compu- 
tandum,  adeo  ut  maiuissem  omnia  nostra  combusta  uti 
ter  igné  accenso  voluerunt  quam  ex  arbitrio  redemptio- 
nem  pollicere  cum  vita  nostrorum  salva  nudi  aufugere 
potuissemus.  Id  quod  jam  non  commemoro  alicujus 
iracundise  aut  privati  affectus  causa  sed  ut  indicem  qu« 
res  me  impulerunt  et  etiamnum  compellunt  ad  ea  quovis 
modo  vendenda  quas  possideo  ut  me  ab  ^re  alieno 
liberem,  alioqui  (Deum  testor)  me  animo  îequissimo 
tulisse  et  ferre  omnia  quas  acciderunt  idemque  pef  Dei 
gratiam  me  facturum  spero  de  omnibus  eventuris  quœ 
haud  dubie  hic  et  alibi  majora  adhuc  futura  video  nisi 
resipiscat  hominum  quisque  et  ad  Deum  opt.  max.  toto 
corde  convertatur  ut  ejus  voluntati  subserviat  aliosque 
relinquat  ipsius  supremi  judicio  vero.  Interea  etenim 
dum  vel  privatas  scientiae  vel  sanctitatis  opinione  persuasi 
homines  fratres  suos  hoc  est  seque  ab  ipso  Dno  Deo 
procreatos  etiamsi  non  ita  prudentes  aut  sapientes  judi- 
cant  affligandos,  prosequendos,  puniendos  et  damnados 
de  seipsis  pronuntiantes  sese  ad  suplicium  averso  vuhu 
ignoranter  ducunt,  protrudunt  et  précipitant. 

Sed  quo  feror  hase  ipsi  scribendo  tanto  viro.  I^nosce 
quasso  nostrosolito  huic  ergaDeum  et  proximum  afFectui, 
atque  uti  facile  potes  tuum  Plantinum  juva  impetrando 
a  Regia  Majestate  ut  ea  mandet  saltem  persolvi  quas  ad 
imprimenda  Antiphonaria  impendimus  una  cum  interesse 
quod  aiunt  et   de  gratia  spcciali    nos  absolvat  a  debito 


—  23   — 

quodam  antiquo  nescio  quot  milium  florenorum  (17. 
Septemb.  1574.  florenorum  3404.5  pat.)  quod  ex  restante 
summa  pro  impressione  Bibliorum  accepta  relictum  fuit 
pro  arrabone  impressionum  faciendorum  uti  patet  ex 
copia  obligationis  nostrae  quam  a  notarié  habuit  supra 
memoratus  Hieronymus  de  Soto  cui  bene  quocumque 
loco  fuerit  precor  ex  animo. 

Recepi  post  ea  quam  scripsissem  ad  Rev'"'^  D.  Segor- 
biensem  ea  quas  patent  folio  ante  hoc  11.  Rismas  papyri 
300  quc^  quoniam  facta  erant  priusquam  renuntiaram 
oportuit  me  recipere  ascendet  ad  3000  fl.  Impressi  folia 
Antiphonarij..  ad  numerum  millenorum  uti  aussus  eram 
facere... 

Emeram  ad  prasparationem  impressionum  Missalium 
juxta  mandatum  ab  Hispania  missum  et  verbis  D.  Hiero- 
nymi  a  Soto  confirmatum  sequentia  : 
2500  Rismas  Papyri  regalis  pro  Missali  in  magno  4'°  una- 

queque  risma  4  fl 10.000 

3500  Rismas  pro  Missali  in  folio  2  fl.  Risma  .  7.000 
1500  Rismas  pro  Missali  in  parvo  4*°  32  pat.    .  900 

Fusio   typorum  ut  ex  speciminibus  patet  con- 

stitet  ultra  florenorum 5 -300 

Figurae  tum  lignes  tum  cupreas  ascendunt  ad  fl.     3.000 

Summa     26.200 

Typi  fusi  pro    Antiphonario  magno  uti  ante   dictum 

est  reperiuntur  folio  ab  hoc. 

Ad  imprimenda  Breviaria  et  Missalia  majora  curavimus 
fundi  typos  pro  decem  aut  duodecem  prselis  qui 
ascendunt  ad  plus  minus fl.     700 

Ad  eadem  magna  pro  10  aut  12  praslis     .      .     fl.     700 

Ad  eadem  folia  commun!  et  4.  magno  pro  10 


—   24   — 

aut  12  praslis fl.  800 

Ad  Brcviaria  et  Missalia  in  4*°  commun!  pro 

prœlis  8°      ........  fl.  600 

Ad  Breviaria  et  Miss,  4'°  parvo  praelis  8°  .     .  fl.  éoo 

Ad  eadem  8°  pro  pr^lis  8° fl.  600 

Breviarium  in  8°  mediocri  papyro  ad  longum 

pr^lis  3 fl.  350 

Br.  16°,  2  tomis  pro  4  prselis fl.  400 

Br.  ié°  magna  papyro  uno  volumine  2.  pr^lis  fl.  250 

Br.  mediocri  papyro  unico  volumine  2.  pr^elis  fl.  300 

5300 
Missa  fuerunt  mense  Septembri  semel. 

Mense  Octobri  secundo. 

Mense  Decembri  tertio  (2). 

(i)  Dix  â  onze  feuillets  avant  cette  minute,  on  trouve  en  effet 
l'aperçu  des  préparatifs  faits  pour  le  grand  Antiphonaire,  adressé  à 
l'évêque  de  Segorbe,  le  21  janvier  1 576,  et  la  lettre  à  de  Çayas  du  mois 
de  février,  concernant  les  éditions  liturgiques  pour  l'Espagne. 

(2)  Voir  plus  loin  la  lettre  à  de  Çayas  du  24  décembre  1578,  où 
Plantin  reproduit  en  grande  partie  la  note  ci-dessus. 


8ro.  —  Plantin  au  cardinal  Madrutius. 

[Archives  Tlantinimnes ,  VIII,  f»  189"). 

Septembre  (?)  1 578. 

Au  tresillustre  Cardinal  Madruci. 

Monsigneur  tresillustre.  A  mon  retour  de  Paris  ou 
i'ay  séjourné  environ  trois  mois,  j'ay  trouvé  les  lectres 
de  V.  111'"'  Signeurie  du  xx  Janvier  (délivrées  8  mois 
après  ladicte  datte)  et  partie  des  annotations  du  Signeur 
Fulvius  Ursinus  sur  les  oeuvres  de  Cicero  (i),  lesquelles 


—  ^5   - 

je  seray  prest  de  commencer  a  mectre  soubs  la  presse 
incontinent  que  j'auray  receu  le  reste.  Car  j'ay  le  papier 
prest  et  le  loisir  d'y  bcsongner  par  Tassistence  que  j'ay 
prinse  de  quelques  libraires  de  Paris  pour  soustenir  et 
retenir  cncores  quelque  peu  de  temps  nostre  imprimerie 
laquelle  il  me  seroit  impossible  autrement  d'exercer  veu 
les  grandes  charges  qu'il  m'a  convenu  porter  par  le 
commandement  de  ceux  qui  nous  ont  commandé  parcy 
devant  et  depuis  au  sac  de  ceste  ville  ou  je  fus  ransonné 
neuf  fois.  De  sorte  qu'il  m'eust  esté  plus  profitable  de 
quicter  et  laisser  brusler  tout  que  d'estre  ainsi  traicté  si 
par  cela  j'eusse  peu  retenir  la  vie  et  celles  de  ma  femme, 
enfants  et  famille  et  satisfaire  a  mes  créditeurs. 

Orsuis-je  en  délibération  si  après  lesdictes  oeuvres  de 
Cicero  et  autres  entreprinses  avant  le  saccagement  de  nos 
biens  en  ceste  ville,  je  me  retireray  ailleurs  veu  que  plu- 
sieurs Princes  me  requièrent  avec  belles  offres  de  logis, 
d'exemptions  de  toutes  charges  et  gages  honnestes.  Ce 
que  je  ne  ferois  volontiers  en  mes  vieux  jours  et  avec  une 
telle  masse  d'imprimerie  estimée  de  tous  ceux  qui  l'ont 
veue  et  s'y  entendent  la  mieux  fournie  de  toutes  choses 
nécessaires  et  utiles  pour  l'usage  et  Tornement  d'icelle 
qui  soit  ou  ait  jamais  esté  en  toute  l'Europe.  Mais  les 
officiers  royaux  m'ayants  faict  faire  les  apprestes  pour 
imprimer  cinquante  mille  Bréviaires  et  cinquante  mille 
Missels  et  outre  cela  les  Antiphonaires  et  autres  livres 
d'Eglise,  de  notes  et  papiers  la  moictié  justement  plus 
grands  que  ceux  que  je  fiz  passé  quelques  années  a 
l'ordonnance  et  aide  de  V.  111'"'  S''^  de  quoy  les  despen- 
ses se  sont  montés  a  plus  de  25.  mille  escus,  après  quoy 
ils  m'ont  délaissé  plat  soubs  le  faiz,  puis  c'est  ensuivi  le 
sac  et  les  troubles  dont  je»  suis  reduict  en   tels   termes 


—    26    — 

qu'impossible  m'est  de  plus  payer  le  louage  des  maysons 
qu'il  me  faut  tenir  pour  loger  vingt  et  deux  presses, 
lectres  et  autres  ustensiles  de  nostredicte  Imprimerie. 
Parquoy  si  autre  moyen  ne  m'est  donné  pardeça  je  suis 
contrainct  de  la  vendre  ou  transporter  aux  despens  de 
ceux  qui  m'en  requièrent. 

(i)  Fulvii  Ursini  in  onuiia  opéra  Ciceronis,  Notic.  Antverpias  Ex 
officina  Christophori  Plantini,  Architypographi  Regij.  m.d.lxxxi. 
In-8o. 


8 II.   —  Michel  Sonnius  à  Plant  in. 
{^jirchives  Plantiniennes ,  XCIII,  f"  397). 

Paris,  le  3  octobre  1578. 

Mons""  mon  compère.  J'ay  receu  la  vostre  datée  du 
20'  septembre,  et  pour  responce  saches  que  j'aij  achepté 
de  grand  carré  lequel  vous  envoyeraij  par  le  premier 
voicturier  eydanr  Dieu,  pour  l'employer  en  diligence 
tant  pour  le  breviere  que  Cicero  (i).  Touchant  la  forme, 
me  rapporte  de  tout  a  vostre  bon  jugement.  Il  me  semble 
que  ne  fériés  mal  d'adjouster  les  corrections  de  Brutus  (2), 
ensemble  d'Ursinus  (3),  je  suys  asseuré  que  n'oblierés 
rien,  de  debvoyr,  si  tant  vos  prie  que  soyent  correctz  et 
bien  imprimés.  Nostre  compte  trouvères  cy  après, 
comme  encor  unefois  aij  envoijé,  touchant  la  grande 
bible  est  entre  les  mains  de  mon  compère  M''  Pierre 
Foret,  et  n'a  faulte  faire  compte  de  ceste  la,  jusques  a  ce 
que  soyt  parfaicte,  car  il  default  deux  ou  troijs  vollumes, 
et  quelques  aultres  sont  deux  ou  3  foijs  avecque  beau- 
coup de  feuilles  et  parties,  donq  aij  faict  faire  ung  pasquet, 


—    27    — 

et  ay  faict  mestre  le  tout  ensemble.  J'avois  mandé  194. 
Annotationes  in  Horatium  (4)  que  m'ont  esté  trouvés  a 
l'inventaire,  lesquelz  vous  prie  m'envoijer,  aussi  de  cinq 
Lexicon  pro  biblijs  qui  sont  audict  inventaire  a  7  fl.  n'ay 
receu  que  Lexicon  grecum,  desquelz  avoijs  vendu  ung 
ses  jours  passés  bien  relié,  pensant  que  tout  y  fut  mais 
m'a  esté  rapporté,  a  cause  que  son  compagnon  avoijt 
achepté  ung  aultre  entier  de  Compère  Gilles  Beijs.  Pour- 
quoy  vous  prie  n'oblier  a  m'envoyer  le  reste,  qui  est  le 
tout  excepté  le  grec,  aussi  avons  trouvé  des  Lexicon 
grecum  d'avantaige  apart  quy  sont  avecque  vostre  bible. 
Je  vous  envoije  les  lectres  de  nostre  homme,  il  m'a  dict 
avoyr  escript  par  S""  Corderius  (5)  passé  5.  ou  6  jours.  Je 
vous  remercie  des  accordz  que  vous  a  pieu  m'envoyer. 
J'en  ay  faict  présent  aux  amijs,  entre  aultres  a  Mons' 
Brisson  auquel  ensemble  vos  recommendations,  lequel 
aussy  se  recommande  bien  fort  a  vostre  bonne  grâce. 
Dieu  par  sa  sainte  grâce  veuUe  que  tout  finisse  a  son 
honneur  et  a  nostre  salut.  Je  crains  sédition,  si  n'est  le 
bon  ordre,  j'ay  prefferé  mestre  les  deux  aultres  adjoustez 
ay  délivré  a  mon  compère  Poret.  J'aij  receu  lectres  de 
vostre  homme  de  Francfort,  ensemble  le  catalogue  des 
livres  que  m'envoye  et  comme  il  a  payé  a  Frobenius  en 
mon  nom  la  somme  186  fl.  2  -|-  2,  donq  vous  remercie 
bien  humblement.  J'espère  vos  faire  tenir  argent  en 
breff".  J'attens  les  livres  que  vous  aij  mandé  comme  50 
Vergilius  f°,  4  Grecia  Goltzij  f°,  4  Œuvres  de  Grenade, 
50  Sinonimia  4°,  etc.  ausquelz  vos  prie  adjouster 

50  De  Conditione  religiosorum,   25  Dicti  Pagnini  8°, 

25  Ovidius  16°  complet,  4  Biblia  Pagnini  f", 

50  Noveau  test,  en  f.  que  vous  ay  mandé  par  cy  devant, 

5  Reste  de  Lexicon  pro  bibliis,  comme  cy  dessus, 


—     28    — 

194  Annotât,  in  Horatium  i6°, 
2)  Commentaria  in  Suetonium  8°. 
Manuale  Navarrœ,  et  Conciones  Granatensis  vos  prie 
haster  en  toute  diligence,  et  par  course. 

Les  deux  edictz  des  marchandises  qui  sortent  et 
entrent  (é)  ont  este  obliés  a  mestre  dedans  le  pacquet, 
rien  aultre  pour  le  présent  si  non  prieray  le  bon  Dieu 
vous  donner  (avecque  la  dame  de  vos  biens  et  toute  vostre 
famille)  en  bonne  santé,  bonne  et  heureuse  vie  longue, 
me  recommandant  a  vos  bonnes  grâces  et  a  tous  les  bons 
amijs.  De  Paris  ce  3*  Octobre  1578,  par  le  tout  entière- 
ment 

Vostre  serviteur  Compère  et  Amij 
Michel  Sonnius. 

(Au  dos  :)  A  S'  Christophel  Plantin 
Marchant  Libraire 
A  Anvers. 

(i)  Nous  ne  connaissons  de  ces  années  de  Cicéron  que  l'édition 
plantinienne  in-4"  :  M.  Ttill.  Ciceronis  De  officiis  liber  primus  ad  Mar- 
cumfilium,  suivi  du  Liber  secundus  et  du  Liber  tertius,  parus  en  1580, 
puis  les  éditions  mentionnées  ci-après. 

(2)  Oraiioniim  M.  Tiillii  Ciceronis  Volumen  I  {II  &  III).  ^  loan. 
Micbaële  Bruto  emendattim.  Plantin,    1584-5,  in-80. 

(3)  Fulvii  Ursini  in  omnia  opéra  Ciceronis,  Notœ.  Plantin,  1581, 
in-80. 

(4)  Theodori  'Puhnanni  Craneburgii  ^nnotationes  in  Q.  Horatium 
Flaccum...   Plantin,   1577,  in-ié». 

(5)  Probablement  Jean  Cordier  ou  Corderius,  libraire  à  Anvers. 

(6)  Ordonnance  nouvelle  sur  les  marchandises  entrantes  et  sortantes,  du 
25  août  1578.  k  Anvers,  De  l'Imprimerie  de  Christofle  Plantin, 
Imprimeur  du  Roy.  1578.  In-40,  17  feuillets. 


—   29    — 
8 12.  —  PJantin  aux  Etats  généraux. 

{archives  Plantiniennes^  IX,  fos  74  et  75). 

10  Octobre  1578. 

A  Messeigneurs  Messieurs  des  Estatz  Generaulx. 

Remonstre  en  toute  humilité  Christophle  Plantin,  Ty- 
pographe et  treshumble  serviteur  de  Vos  Seigneuries, 
comme  suivant  l'ordonnance  receue  d'icelles,il  a  en  toute 
diligence  a  luy  possible,  imprimé  les  Placats  des  moyens 
generaulx  (i)  et  aultres  a  luy  délivrez  (desquelz  oultre  le 
certain  nombre  qu'il  a  livré  et  qu'il  ne  compte  a  rien)  il 
a  forni  les  parties  contenues  au  compte  ensuivant  com- 
me appert  es  billets  icy  attachez  montants  a  la  somme 
de  florins  312  et  st.  18  —  dont  ledit  Remonstrant  sup- 
plie treshumblement  a  vosdittes  S""  qu'il  leur  plaise  de 
luy  faire  dresser  ordonnance  pour  en  recepvoir  son  paye- 
ment a  ce  que  tant  mieulx  il  puisse  aller  entretenant  les 
ouvriers  de  son  Imprimerie  et  continuer  de  les  tenir  prestz 
au  commandement  et  service  d'icelles  et  du  bien  publicq 
de  la  patrie,  pour  la  prospérité  de  laquelle  et  la  bonne 
santé  et  la  bonne  et  longue  vie  de  vosdittes  Seig""  ledit 
Suppliant  sera  tenu  a  tout  jamais  de  prier  Dieu  (2). 

(i)  Ordonnance  du  i=r  mai  1578,  en  français  et  en  flamand  :  Listes 
des  moyens  généraux,  résolus  par  son  xAlte^e,  Monseigneur  le  Prince 
d'Oranges,  le  conseil  d'Estal,  &  les  Estati  généraux.  Plantin,  1578,  13  ft. 
in-40. 

(2)  Écriture  et  rédaction  de  Jean  Moretus. 


—  30  — 
813.  —  Plantin  à  Jacques  Strada. 

{Archives  Plantiniennes,  IX,  foyô^). 

(Après  le  10)  Octobre  1578. 

(Plantin  répond  à  Strada  qu'il  n'a  pas  l'habitude  d'acheter  les 
ouvrages  aux  auteurs.  Ceux-ci,  d'ordinaire,  viennent  les  offrir  à 
l'imprimeur.  Plantin,  en  général,  ne  peut  faire  paraître  que  la  moitié 
des  livres  qui  lui  sont  ainsi  présentés.  Si  l'ouvrage  est  accepté,  l'au- 
teur en  reçoit  une  ou  deux  douzaines  d'exemplaires.  Quelquefois, 
l'architypographe  fait  des  accords  spéciaux.  Plantin  entre  dans  des 
détails  concernant  la  vente  des  livres,  les  spéculations  de  libraires, 
etc.  Quant  à  imprimer  la  Description  de  l'Italie,  Plantin  déclare 
que  les  conditions  de  Strada  sont  inadmissibles.  La  plupart  des  impri- 
meurs, soucieux  de  leur  art,  n'ont  pas  à  leur  disposition  les  sommes 
considérables  que  nécessiterait  la  publication  de  pareils  travaux. 
L'idée  cependant  de  publier  la  Description  de  l'Italie,  sourit  au  typo- 
graphe. S'il  pouvait  examiner  l'ouvrage  personnellement,  il  consen- 
tirait peut-être  à  l'imprimer.  Strada,  en  tout  cas,  devrait  payer  les 
graveurs.  Le  livre  de  la  Castramétation  chez  les  Romains  pourrait 
former  un  seul  volume  avec  celui  qui  traite  des  Costumes  romains). 

Molto  Mao*""  S"""  obs"'°.  Ho  visto  la  vostra  scritta  al 
S"'  Dottor  Dodoneo,  et  perche  non  fa  di  bisogno  di 
preambuli  longi  faro  risposta  brève  sopra  li  articuli  prin- 
cipal! de  la  ditta  vostra  lettera. 

Per  l'Indice  delli  libri  che  ha  mandato  la  S.  V.  io 
cognosco  che  non  sensa  spese  grande  ha  posto  insieme 
et  collecti  detti  libri.  Pero  perche  io  son  sempre  stato 
curioso  in  far  spese  grandissime  et  anche  extraordinarie 
lequali  fano  l'ornamento  de  la  stampa,  non  ho  mai  pigliato 
l'usansa  di  comprar  alcuni  libri  d'authore  alcuno  per 
stamparlo  sperandone  guadagno,  essendomi  offerti  de 
diverse  parti  tanti  che  non  me  saria  possibile  di  poter 
metter  in  luce  la  mita  dessi,  havendone  stampato  per 
assai  piu  per  gratificar  alli  S"  liquali  me  hano  mandato 


31 


detti  libri  et  potevano  commandare  l'utilita,  laquai  me 
poteria  seguire. 

Vero  e  che  l'ordinario  mio  e  di  servire  et  di  dar  qualche 
donzena  o  doi  d'exemplari  alli  Authori  subito  che  il  libro 
e  stampato. 

Ho  fatto  con  alcuni  patto,  stampando  li  libri,  che 
cominciando  la  opera^  mi  dessero  a  bon  conto  qualche 
doi  o  3  centos  exemplari,  liquali  havevano  di  comprar 
(a  qualche  avantagio  di  piu  che  l'ordinario)  essendo 
stampati  li  libri,  pagando  poi  il  resto  di  quello  che  mon- 
tavano  piu  che  il  anticipato. 

Altre  volte  ho  fatto  conveniione  di  stampar  il  libro 
loro  aile  spese  del  authore,  pagandomi  il  detto  il  3° 
de  contado,  comminciada  la  opéra,  il  3**  essendo  perve- 
nuto  a  la  mita  de  la  opéra  et  l'altro  3°  finita  la  opéra 
et  consignando  li  libri  intieri. 

Essendo  il  precio  constituto  di  quello  che  havevano  di 
pagar,  inansi  che  l'opéra  fusse  comminciata,  dicendo  a 
la  V.  S.  per  una  regola  générale  esser  verissime,  primo 
che  li  stampatori  liquali  comprano  li  exemplari  dalli 
authori  sono  la  maior  parte  o  nescij,  o  neggligenti,  o 
avari,  cercando  in  la  compra  delli  libri  che  fano,  piu 
l'utilita  loro  che  non  il  honore  del  authore  et  il  bene  de 
la  Republica,  non  cognoscendo  buona  parte  d'alcuni  che 
libro  che  sia  che  hano  di  stampare,  o  veramente  si  lo 
cognoscono  condutti  per  la  avaritia  per  aver  subito  stam- 
pato quello  che  hano  comprato  sotto  speranza  di  buona 
vendita,  cascuno  in  queste  errore  di  negligentia  non 
curando  si  venga  in  luce  ben  correctamente  stampato  o 
non.  Et  di  questo  non  desidero  altro  indice  che  la  V.  S. 
istessa.  Laquai  potera  anche  sapere  in  quante  longhesse 
di  vendita  vano  li  libri  nuovi  che  si  stampano,  quanto 


tempo  bisogna  a  farli  cognoscere,  che  tra  cento  huomini 
dico  mille  non  si  trovan  che  un  dotto  et  amatore  di 
scientia. 

Similmente  havendo  pratticato  la  S.  V.  li  stampatori 
cognosce  quante  difficulta  et  spese  che  occorrono  inansi 
che  ung  libro  puol  esser  stampato  bene  al  pAposito  et 
dellizia  (?)  de  l'authore. 

Cognoscere  anche  como  questa  marchantia  di  libri  va 
a  la  longa  con  la  vendita,  havendo  disborsato  una  summa 
grandissima  di  denari  sotto  una  spernnsa  fallace  délia 
vendita  laquai  non  rende  sinon  poco  a  poco  quello  che 
e  stato  disborsato  insieme. 

Similmente  che  conti  et  imbarraszi  di  Compagnie 
essendo  sforzato,  il  libraro  di  barrattar  il  suo  libro,  pigli- 
ando  altri  in  cambio  parte  per  far  cognoscer  il  suo  Jibro 
parte  per  non  tenerli  per  anni  XXX  in  casa,  non  po- 
tendo  venire  mai  a  bona  conclusione  di  queste  conti  di 
libraria  a  laquai  bisogno  trovare  marchante,  volendola 
ben  dar  por  la  mita  del  valore. 

Pero  aviso  la  S.  V.  che  non  ho  mai  volisto  intrare  in 
questo  fastidio  di  conti  di  compagnia,  che  non  fano  ni 
per  l'authore  ni  per  il  stampatore.  La  S.  V.  scrive  de  la 
sua  descriptione  d'Italia  (i)  che  ha  buona  parte  de  le 
figure  intagliate  et  altre  di  intagliare  etc.  Desidera  che  il 
stampatore  facia  la  spesa  di  far  il  disegno  sopre  al  legno, 
lo  faria  poi  intagliare,  stampi  poi  il  libro  todo  a  le  sue 
spese,  sensa  che  la  S.  V.  ne  senti  gravezza  alcuna  di  niuna 
parte,  desiderando  anche  che  le  stnmpe  siano  communi 
(retinendo  la  dedicatione  laquai  meritamente  si  lassa  al 
authore),  talmente  che  il  stampatore  disborsara  todo  et 
non  havera  sinon  la  mita  delli  libri  stampati,  liquali  non 
montarono  forsi  tanto  tuto  stampati  como  le  spese  sole 


33 


délie  figure  che  bavera-  fatto  lequali  non  li  restariano 
libre  in  cbe  mi  pare  cbc  la  S.  V.  non  babia  bene 
considerato   il  grande  interresse  cbe  poterebbe  il  stam- 

patore. 

lo  considero  cbe  la  S.  V.  ba  fatto  grande  spesa  per 
baver  insieme  tuto  quello  cbe  dice  entrara  nel  dito  libro. 
Credendo  pero  cbe  babia  usata  piu  di  diligentia  di  giuntar 
tuto  questo  insieme  sotto  speransa  di  farli  sortire  in  luce 
a  l'utilita  commune  cbe  non  di  la  sua,  percbe  si  lei 
verria  baver  consideratione  a  le  sue  faticbe  et  spese,  io 
confessaro  cbe  non  sono  di  pagare  per  qualcbe  ricbissimo 
manco  et  curioso  stampatore,  il  quai  veramente  deveria 
baver  piu  di  piacere  a  veder  le  sue  cassitine  ben  fornite 
di  cbarateri,  cbe  la  cassa  con  denari,  bavendo  per  setti- 
mana  ranto  cbe  possi  dare  alli  suoi  officiali. 

.Questo  scrivo  a  la  S.  V.  percbe  son  certo  cbe  non 
ignori  cbe  quelli  cbi  fano  professione  di  esser  stampatori 
la  maior  parte  si  ritrovano  sensa  dinari,  principalmente 
quelli  cbe  sono  un  poco  piu  curiosi,  disborsando  ogni 
bora  spese  per  mille  occurrentie  cbe  sopra  vengono  in 
una  stamperia  ben  fornita. 

Io  scrivo  liberamente  a  la  S.  V.  percbe  so  cbe  babia 
notitia  délie  cosse  délia  stampa.  In  quanto  a  me  como 
bo  detto  non  bo  fatto  usanza  di  comprar  libro  alcuno 
novo  de  qualcbuno  Autbore  per  stamparlo,  et  mi  pare 
cbe  veramente  non  si  doveria  fare,  percbe  si  l'intentione 
di  la  dilegentia  de  l'autbore  e  di  metter  in  luce  il  suo 
libro  non  guardara  a  la  vendita  del  detto,  sapendo  per 
inansi  cbe  li  suoi  travagli  non  sarano  pagati,  percbe 
bavendo  rispetto  a  nuHi,  guardara  il  suo  libro  per  un 
tresoro  per  li  suoi  posteri.  Io  son  prompto  di  servir  la 
S.  V.  cummandandomi  cioe  di  far  qui  intagliare  a  le  sue 


—   34  — 

spese,  le  figure  lequali  mi  mandara,  anche  di  stampar 
tal  libro  che  desidera. 

Il  concepto  delà  sua  descriptione  d'Italia  mi  place 
anchi.  Si  desidera  farlo  metter  in  luce  poi  che  scrive  de 
hayer  la  major  parte  délie  figure  intagliate,  io  faro  qui 
fare  a  mie  o  sue  spese  il  opéra  per  poter  servire  a  la 
Republica,  mandando  le  figure  intagliate  et  da  intagliare 
con  il  libro  in  mani  di  qualche  marchante  il  quai  habia 
commissione  plenissima  di  contrattare,  o  di  rimandare 
detto  libro  perche  como  scrive  la  S.  V.  non  si  puol  far 
judicio  ni  conventione  di  cossa  laquai  non  si  ha  visto. 
Havendo  pero  visto  detto  libro,  et  cognoscendo  che  figure 
sono  intagliate  et  lequali  sono  d'intagliare,  la  resolutione 
poteria  esser  presa  subito  o  di  farlo  a  le  mie  speze,  o 
aquelle  di  V.  S.  sensa  utile  mio  sinon  simplice  pagamento 
delli  travagliatori.  Del  tuto  avisara  V.  S.  quello  che  tro- 
vara  commodo. 

La  Castrametatione  delli  Romani  f;Uta  per  il  Ser- 
glio  (2)  et  l'altro  libro  di  vestimenti  Antichi  di  Romani 
etc.  poteriano  esser  posti  insieme  in  uno  libro,  che  certo 
questo  tempo  non  e  etc.  (3) 

(i)  Voir  lettre  n"  804,  du  mois  d'août  1578,  à  propos  de  cette 
Description  de  l'Italie  par  Strada. 

(2)  Sébastien.  Serlio  ou  Serlius,  voir  note  7  de  la  lettre  précitée. 
Le  Musée  Plantin  possède  de  Serlio  la  traduction  flamande  de  son 
grand  traité  d'architecture,  en  5  livres  in-fo,  faite  par  PeeterCoecke  van 
Aelst,  parue  à  Anvers  en  1553,  chez  Mayken  Verhuist,  veuve  du  tra- 
ducteur. Le  3"=  livre  porte  la  date  de  1546  et  l'adresse  de  Gillis  van 
Diest  ;  le  4^  est  daté  de  1549. 

(j)  Rédaction  et  écriture  de  Jean  Moretus,  sans  date. 


—  35  — 

8 14-  —  Plantin  au  Magistrat  d'Anvers  (?) 
[Archives  Tlaiiliniennes,  IX,  f»  7S^). 

(Octobre  ?)  1578. 

R(emonstre)  en  toute  humilité  Christophle  Plantin 
Imprimeur,  comment  passé  trente  deux  ans  ausquelz  a 
demeuré  en  ce  pais  de  Brabant,  il  a  avec  la  grâce  de  Dieu 
et  son  labeur  assidu  faict  faire  et  ramasser  de  toute  pars 
en  ceste  noble  ville  d'Anvers  tant  de  belles  sortes  de 
poinsons,  matrices  a  lectres,  sortes,  presses,  figures  et 
aultres  choses  nécessaires,  propices  et  servantes  a  l'Impri- 
merie et  ornement  d'Icelle  pour  diverses  langues  et  toutes 
sortes  de  livres  que  (sans  jactance)  touts  les  Imprimeurs 
de  l'Europe  confessent  n'avoir  jamais  esté  pareillement 
instruicte  que  n'est  celle  dudit  remonstrant,  aynsi  que 
l'effect  et  les  oeuvres  qu'il  a  imprimées  en  hebrieu, 
syrien,  grecq,  latin,  françois,  italien,  flamand  et  aultres 
langues  le  demonstrent.  Entre  aultres  ce  grand  oeuvre  de 
la  Bible  en  cinc  langues  dont  il  en  ofi're  treshumblement 
ung  exemplaire  compris  en  8  voUumes  a  Vos  111"''^^ 
Seig''",  lequel  oeuvre  (dont  il  loue  Dieu)  a  esté  tellement 
receu  de  touts  gens  doctes  et  des  grands  Seigneurs  et 
potentats  (comme  aussi  de  touts  Imprimeurs)  qu'ilz 
publient  et  confessent  par  tout  jamais  ne  avoir  esté  veu 
nij  faict  le  semblable.  Ce  que  considérant  aussi  Nostre 
Roy  estant  laditte  Bible  achevée  et  veu  les  diligences 
d'imprimer  et  travaulx  que  ledit  Remonstrant  ij  avoit 
faict  et  usé  en  l'impression  d'icelle,  Il  ordonnoit  audit 
suppliant  une  certaine  pension  de  quatre  cents  florins 
annuelle  en  recompense  de  sesdits  travaulx  a  recepvoir 
sur  le  comte  de   Hoochstrate  (i)    suivant  la  copie   des 


-  3é  - 

lectres  cij  attachées.  Mais  tant  s'en  fault  que  le  dit 
Remonstrant  aije  jouij  de  saditte  pension  car  depuis 
plusieurs*  années  n'a  rien  receu  (et  est  hors  d'espoir  d'ij 
rien  recepvoir)  ains  en  ce  dernier  pillage  et  saccagement 
de  ceste  ville  d'Anvers  par  la  furie  des  soldats  espagnols 
il  a  esté  mis  si  a  l'extrême  et  en  debte  par  les  pillages 
qu'il  a  enduré  et  ransonnements  qu'il  luy  a  convenu 
faire  qu'il  ne  voit  moijen  de  pouvoir  tenir  son  Imprimerie 
comme  il  avoit  tousjours  bien  proposé  et  résolu,  l'ayant 
comme  vouée  au  service  de  Vos  Illus"  Seig""  et  de  ceste 
tant  Noble  patrie,  mais  sera  contreint  de  la  vendre  et 
séparer  bien  contre  son  gré  et  bonne  volonté  ne  pouvant 
plus  supporter  les  grands  frais  de  louage  ou  saditte  Im- 
primerie est  pour  le  présent  assise  et  ou  il  avoit  espéré 
qu'il  l'eust  continué  de  augmenter  de  jours  en  aultre, 
n'eust  esté  les  raysons  sudites.  Par  quoy  il  supplie  tres- 
humblement  a  Vos  dittes  Segneuries  qu'il  leur  plaise 
avoir  esgard  a  la  bonne  volonté  et  dessein  dudit  remons- 
trant, désireux  de  leur  faire  tout  humble  service  et 
l'assistant  de  ce  qu'il  fault  qu'il  paye  annuellement  de 
louage  (qui  sont  400  fî.  par  an)  de  la  place  ou  il  tient 
sa  ditte  Imprimerie,  l'oster  hors  de  la  paine  et  travvaulx 
ausquels  il  se  retrouve  par  le  présent.  Et  ledit  Remons- 
trant sera  tant  plus  affectioné  de  continuer  d'orner  saditte 
Imprimerie  de  toutes  choses  rares  comme  il  a  faict  jusques 
a  présent,  vouant  et  dédiant  aussi  a  icelles  ung  exemplaire 
de  tout  ce  que  doresenavant  pourra  sortir  de  saditte 
Imprimerie  sa  vie  durant,  et  se  trouvera  tousjours  prest 
au  commandement  et  service  d'icelles,  priant  Dieu  de  les 
maintenir  en  bonne  union  et  paix  et  les  augmenter  en 
toute  prospérité,  en  longue  et  heureuse  vie  (2). 


—  37  — 

(i)  Le  28  mai  1573,  à  la  recommandation  d'Arias  Montanuset  pour 
indc-mniser  Planiin  de  l'impression  de  la  Bible  royale,  Philippe  II  avait 
accordé  à  l'architypographe  une  pension  de  400  florins,  à  Raphe- 
lingien  une  de  200  florins,  à  relever  sur  les  biens  confisqués  du 
comte  de  Hoochstraten.  Or,  à  la  Pacification  de  Gand,  celui-ci  avait 
été  restitué  dans  la  possession  de  ses  biens,  de  sorte  que  la  pension 
de  Plantin  et  de  son  gendre  ne  fut  plus  payée.  Jusqu'en  1588, 
l'imprimeur  fit  des  instances  pour  en  toucher  une  partie.  Le  3  mars 
de  cette  année,  Jaspar  Waichmans  et  Georges  Meyvisch,  échevins  de 
la  Seigneurie  de  Hoochstraten,  répondirent  à  la  réclamation  du  duc 
de  Parme  concernant  cette  pension  :  depuis  la  prise  du  château  en 
1583,  la  commune  avait  été  rançonnée  et  pillée  si  souvent  qu'aucun 
impôt  n'avait  même  pu  être  levé  ! 

(2)  Ecriture  et  rédaction  de  Jean  Moretus,  sans  date  ni  nom  de 
destinataire. 


815.  —  Plantin  au  Seigneur  de  Bissy  Q). 

{Archives  Tlanlinieiines,  VIII,  f"  238). 

24  Décembre  1578, 

Monsigneur,  la  grande  humanité  et  hospitalité  que  j'ay 
expérimentées  en  vous  me  forcent  a  tousjours  m'en 
souvenir  et  cercher  les  moyens  de  monstrer  que  je  ne 
désire  estre  trouvé  ingrat  de  tels  bénéfices  receus  de  vous. 
Et  n'ayant  eu  autre  moyen  j'ay  prins  la  hardiesse  d'or- 
donner par  cy  devant  a  mon  Compère  et  amy  Sonnius  de 
vous  présenter  de  ma  part  de  tous  les  livres  nouveaux 
que  je  luy  ai  envoyé  de  nostre  impression,  ce  que  je  fay 
maintenant  et  feray  doresenavant  par  mon  frère  M'  Pierre 
Porret  apothicaire,  auquel  j'envoye  la  présente  avec 
quelques  livrets  pour  les  vous  présenter  de  ma  part,  vous 
suppliant  les  recevoir  d'aussi  bon  cueur  que  je  vous 
supplie  avoir  ledict  mien  frère  pour  recommandé  et  que 
je  désire  demourer  en  vostre  bonne  grâce,   priant  Dieu 


431140 


>8 


vous  augmenter  les  siennes  en  tout  heur  et  prospérité 
avec  ma  dame  vostre  compagne  et  tant  honneste  famille. 
D'Anvers  ce  24  Décembre  1578  (i). 

(i)  Nous  présumons  que  cette  lettre,  sans  nom  de  destinataire, 
s'adresse  à  Pontus  de  Tyard,  Seigneur  de  Bissy,  qui  servit  d'inter- 
médiaire entre  l'architypograplie  et  le  roi  de  France,  lors  des  négo- 
ciations tendant  à  retenir  Plantin  à  Paris.  Ces  pourparlers  avaient 
échoué,  probablement  grâce  à  de  Çayas,  secrétaire  du  roi  d'Espagne. 
Voir  plus  loin  la  lettre  n»  817. 


816.  —  Plantin  à  l'archiduc  Mathias. 
{Archives  Plantiniennes,  VIII,  fo  243). 

Fin  1578. 

(Après  avoir  rappelé  le  but  de  la  typographie  et  les  services  rendus 
par  elle  aux  arts  libéraux,  Plantin  déclare  qu'un  véritable  instinct 
l'avait  poussé  à  cette  profession.  Dans  la  mesure  de  ses  facultés,  il  a 
toujours  cherché  à  mériter  les  bonnes  grâces  du  roi  et  de  l'Eglise. 
Quoique  des  offres  honorables  lui  aient  été  faites  par  plusieurs  autres 
princes,  il  avait  préféré  s'installer  aux  Pays-Bas,  notamment  à  Anvers. 
Quelle  somme  de  travail  il  a  fournie,  ses  publications  et  les  érudits 
peuvent  en  témoigner.  Les  calamités  de  l'époque  le  firent  de  nouveau 
songer  à  transporter  son  imprimerie  ailleurs  ou  à  abandonner  son  art. 
Aux  instances  du  magistrat  d'Anvers  et  de  ses  amis,  il  a  décidé  de 
reprendre  ici  ses  occupations.  Parmi  les  diverses  éditions  commencées 
depuis  longtemps,  il  a  tenu  à  achever  les  œuvres  de  S.  Jérôme,  sous 
le  patronage  de  l'archiduc  Mathias.) 

Serenissimo  Principi  Matthi^  Archiduci  Austri^, 
Duci  Burgundias,  &  Gubernatori  Belgicae,  ejus- 
demque  Universis  Ordinibus  (i). 

Quanti  sit  momenti  recte  instructa  atque  ut  decet 
administrata  typographia,  liberalium  omnium  artium 
propagatrix;  quantumque  ea  utilitatis,  commoditatis,  & 


—  39    - 

omamenti  urbi  &  regionibus   in   quibus  accurate  exer- 
cetur,    adferat  ;  satis  exploratum   habet,   cum   omnibus 
alijs  qui  literas  profitentur,  reique  publiccT  clavum  tenent, 
tua  Celsitudo,  Serenissime  Princeps,  vosque  prudentis- 
simi  Belgicc-e  totius  Ordines.  Ad  eam  autem  artem  cum 
initio,  ex  quodam  naturœ  instinctu,  animum  appellerem, 
eamque  exercendam  susciperem,  nihil  prius  antiquius- 
que  habui,  quam  ut  studium,   conatum,  sumptum,  cu- 
ram,  &  operam  omnem  in  Régis  &  rei  publ.  ChristiancC 
obsequium    ministeriumque    pro   ingenioli    ac    tali   mei 
tenuitate  conferrem  &  impenderem.   Atque  ad  eam  rem 
etsi  majores  utilioresque  mihi  alijs  in  regionibus  &  urbi- 
bus   sese    offerent  commoditates,  una  h^c   pr^   ceteris 
arrisit   Belgica   regio,  at   adeo   haec   urbs  Antverpia,  ut 
firmam  in  ea  sedem  fîgere   omnino   statuerem.  Q.uantis 
vero  impensis  &  laboribus  ea  comparaver  qu^  ad  hanc 
artem    excolendam   suisque   numeris  absolvendam  sunt 
et    utilia  et  necessaria,    facile    testari    potest    omnibus, 
przesertim   ijs  qui  officinam   nostram    aliquando    oculis 
perlustrarunt,  moles  illa  &  ingens  pr^elorum,  typorum, 
fiourarum,   instrumentorumque    necessariorum  acervus. 
Quid  denique  prasstiterim,   testantur  Opéra  quc^  variis 
linguis   hactenus  ex   eadem  nostra  officina  prodierunt. 
Nec  leva  etiam  testimonium  prasbere  queunt  viri  docti 
omnes  qui  nostra    opérée   ac  diligenti^e  subinde  pericu- 
lum  fecerunt.  Neque  etenim  unquam  mihi  defuit  animus 
ad  ea  porro  typis  evulganda  quc-e  etiamnum  in  manibus 
habeo,  viris  eruditione  pr^estantibus  gratae,  &  quc-e  post- 
hac    mihi   ab   eis   poterunt   offerri.     Verum    communes 
miseriae   atque  calamitates  privatae  nuper  eo  me  angus- 
tiae  redegerant,  ut  nihil  prius   mihi  cogitandum   crede- 
rem  quam  vel  de  mutanda  sede,  vel   typographia    dese- 


—  40  — 

renda.  Quod  quidem  jam  effectum  reddidissem,  nisi 
amplissimae  hujus  urbis  Magistratus  de  sua  erga  nos 
benevolentia  ac  liberalitate  bene  sperare  me  jussisset  : 
nonnuUique  praeterea  graves,  docti  ac  pij  viri,  mihi 
perculso  fereque  prostrato  subsidium  attulissent,  atque 
spem  fecissent  aliam  brevi  futurain  rerum  faciem,  neque 
T.  Celsitudinem,  vestramque  omnium  ad  bonas  artes 
promovendas  propensionem  passuram,  ut,  vobis,  sub 
Catholici  Régis  nomine,  has  provincias  gubernantibus, 
tanta  hîec  ars,  suis  destituta  prœsidijs,  procul  hinc  exsu- 
lare  cogatis.  Ejusmodi  itaque  argumentis,  auxilijs  &  spe 
fretus,  animum  resumpsi.  Cumque  inter  alla  prius  a 
nobis  inchoata,  Opéra  D.  Hieronymi  absolvere  statuis- 
sem,  Vobis  hanc  nostram  editionem  dicandam  esse  judi- 
cavi,  ut  tempore  difficillimo  illa  sub  tantorum  patrono- 
rum  &  liberalium  artium  maeçenatum  nomine  tutius  in 
publicum  prodirent. 

Quod  quidem  officium  meum  &:  conatum  in  typogra- 
phia  nostra  hic  retinenda,  &,  ut  vires  dabuntur,  exer- 
cenda,  ubi  vestrae  humanitati  gratum  esse  intellexero, 
&  percepero,  efficiam,  Deo  bene  propitio,  ut  de  pristina 
nostra  sinceritate,  fidelitate  &  vigilantia,  non  solum  niliil 
diminutum  fuisse,  verura  etiam  accensio  illi  facta  esse 
intelligatur.  Intérim  Deum  Opt.  max.  rogo,  ut  animum 
vestrum  ac  Christian^  religionis  ac  quarumvis  bonarum 
artium  propagationem  propensum  confirmet,  ac  Vosque 
omnes  ad  id  sedulo  pr.-estandum  quam  diutissime  servet 
incolumes  (2). 

(i)  C'est  le  premier  projet  de  dédicace  pour  les  œuvres  de  S.  Jérôme. 
La  rédaction  définitive,  en  tête  du  i=f  volume  des  Opéra,  en  diffère 
considérablement.  Elle  n'a  pas  le  cachet  personnel,  quoique  la  rédac- 
tion soit  de  François  Raphelingien,  de  la  pièce  que  nous  reprodui- 


—  41   — 

sons.  Voici  le  titre  complet  des  œuvres  de  S.  Jérôme,  une  des  princi- 
pales publications  plantiniennes  :  Opéra  divi  Hieronymi  Slridotnensis, 
Ecdesia  doctoris  :  per  Marianuw  Victoritim  Reatimim  ex  manuscriptis 
codicibus  multo  labore  emendata,  &  ab  innumeris  erroribus  vindi- 
cata.  Cum  Indice  copiosissimo.  M.D.LXXIX.  Neuf  tomes  in-f". 

(2)  La  dédicace  imprimée  porte  la  date  :  Calend.  lan.  M.D.LXXIX. 
La  version  publiée  ci-dessus  est  plus  ancienne. 


817.  —  Plantin  à  de  Çayas. 

(Archivo  gral  de  Simancas,  Sria  de  Estado,  Leg»  385. 
Minute  partielle  aux  Archives  Tlantinieiines,  VIII,  f''  190). 

20  Décembre  1378— 4  Janvier  1379. 

111-  Seigneur. 

Ayant  receu  les  vostres  du  xv.  d'octobre  je  me  suis 
esmerveillé  de  ce  qu'elles  ne  facent  mention  d'avoir 
receu  aucunnes  des  miennes  trois  précédentes  respon- 
sives  aux  siennes  du  4  d'Aougst  par  lesquelles  il  pleut 
a  V.  S.  me  mander  que  je  luy  escrivisse  les  fraiz  que 
j'avois  faicts  par  ordonnance  des  Seigneurs  de  par  delà 
au  nom  de  sa  Majesté  pour  l'appareil  des  impressions 
tant  des  Antiphonaires  que  des  Missels  et  autres  choses 
et  aussi  quelles  parties  de  mon  imprimerie  j'avois  ven- 
dues et  quelles  me  restoyent  et  que  c'est  aussi  que  je 
desirerois  obtenir  par  grâce  de  sa  Majesté  au-dessus  des 
payements  raisonnables  des  préparations  faictes  et  finable- 
ment  me  mandoit  vostredict  S.  que  je  n'acceptasse  aucun- 
nement  le  service  du  Roy  treschrestien  (i)  a  moy  offert 
et  ce  pour  causes  qu'icelle  m'escriroit  plus  amplement 
en  bref  temps,  ausquels  poincts  je  respond(is)  en  partie 
estant  encores  a  Paris  et  depuis  y  ay  respondu  par  deux 
fois  d'une  mesme  teneur  dont  j'envoye  derechef  icy  la 


—  42  — 

copie  avec  les  monstres  de  l'Antiphonaire  commencé  et 
certaines  feuilles  pour  monstre  des  characteres  que  j'avois 
faict  fondre  en  très  grands  nombres  pour  diligenter  l'im- 
pression des  cinquante  mil  missels  enchargés. 

Je  viens  maintenant  respondre  aux  susdictes  de  V.  S. 
dudict  XV  Octobre  et  premièrement  je  remercie  grande- 
ment V.  S.  de  la  bonne  affection  qu'il  luy  plaist  me  por- 
ter et  continuer  envers  ma  personne  et  ma  famille,  estants 
tous  joyeux  que  ce  nostre  second  Patron  A.  Montanus, 
personnage  excellent  en  bonnes  meurs  et  aux  lectres  soit 
en  repos  en  sa  saincte  rusticité. 

Q.uant  au  mémoire  joinct  ausdictes  lectres  touchant 
l'histoire  naturelle  des  animaux,  oyseaux,  reptiles,  insec- 
tes, herbes,  arbres  et  autres  simples  des  Isles  Occidentales 
en  langue  latine  et  castillane  (2)  d'autant  que  pour  les 
causes  touchées  en  mes  autres  lectres,  les  moyens  me 
sont  défaillis,  il  me  seroit  impossible  de  faire  les  fraiz 
nécessaires  pour  la  taille  des  figures.  Pour  ceste  cause  en 
ay-je  communiqué  a  quelques  uns  de  ceux  mesmes  qui 
m'entretiennent  en  la  besongne  mais  je  n'ay  trouvé  aucun 
qui  veueille  rien  promectre  que  premièrement  il  n'eust 
luy  mesmes  veu  l'oeuvre,  outre  cela  je  ne  trouve  personne 
qui  soit  enclin  de  faire  autre  parti  a  l'autheur  que  de  luy 
faire  présent  de  quelque  vingt  et  cinq  exemplaires  de  son 
livre  lorsqu'il  seroit  achevé  d'imprimer  pour  en  faire 
présent  a  ses  amis.  Je  ne  scay  si  a  Paris  ou  a  Lion  en 
France  il  se  pourroit  trouver  milleur  parti. 

J'envoye  a  V.  S.  le  petit  Bréviaire  que  nous  avons 
achevé  en  deux  temps  désirant  qu'il  luy  soit  aggreable. 

Nous  avons  aussi  achevé  Opéra  Hieronymi  desquelles 
nous  envoyerons  les  exemplaires  demandés  a  la  première 
oportunité. 


—  43   — 

Cependant  je  prie  Dieu- nous  conserver  V.  S.  en  bonne 
prospérité  et  santé.  d'Anvers  ce  XX  Décembre   1578  de 

V.  m.  S. 

Le  treshumble  et  tresaffectionné  serviteur 
C.  Plantin. 

La  teneur  cy  dessus  escritte  fut  envoyée  a  Paris  le  XX 
Décembre  et  ceste  ay-je  copié  ce  4  Janvier  si  d'adventure 
l'autre  ne  fust  addressee,  suppliant  d'estre  adverti  de  la 
réception  et  de  ce  que  je  doibs  attendre  pour  me  mate- 
nuer  (?)  davantage  a  retenir  si  grands  fardeaux  en  cas 
qu'asseurement  je  n'en  fusse  deschargé  bien  bref,  comme 
il  est  nécessaire  soit  par  l'aide  de  V.  S.  ou  de  conti- 
nuer de  faire  vente  de  appareils  a  quelque  perte  que  ce 
soit. 

[Unidos  a  la  carta  anterior  hay  los  documentes  si- 
guientes]  (3) 

A  principio  del  ano  de  1573  determino  su  M''  de  man- 
dar  imprimir  en  Anvers,  un  Antiphonario  grande  y 
diversas  suertes  de  Missales,  y  ordeno  al  Obispo  de 
Segorbe,  y  a  Çayas,  que  escribiessen  â  Christophoro 
Plantino  su  Prototypographo,  que  se  proveyese  de  una 
buena  quantidad  de  papel  y  de  las  letras,  punto  y  todo.  Lo 
demas  necessario  para  la  impression,  como  lo  hizo  hasta 
enquantitad  de  quarenta  y  seis  mill  florines,  mas  aviendo 
sucedido  en  este  medio  el  saco  de  Anvers  y  fiillecido  el 
dicho  obispo  parô  el  negocio,  hasta  que  por  el  mes  de 
Agosto  de  setenta  y  ocho  torno  su  M'^  amandar  d  Çayas 
que  lo  comunicasse  con  el  Marques  de  los  Vêlez,  y  su- 
piesse  de  Plantino  el  estado  en  questo  se  hallara,  y  la 
quantitad  de  papel  y  apparatos  que  ténia  y  la  parta  que 
avia  vendido  de  su  emprenta  y  la  que  le  quedara,  y  la 


44 


merced  que  desseava  le  hiziesse  su  M**  de  mas  de  pagarle 
sus  obras  razonablemente,  a  lo  quai  responde  en  carta  de 
20  de  Enero  lo  que  se  sigue. 

Que  por  lo  mucho  que  avia  perdido  en  el  saco  de 
Anvers,  y  los  grandes  intereses  que  le  corrian  de  los 
dichos,  —  florines  y  el  alquiler  que  pagara  de  la  casa 
que  havia  tomado,  y  los  grandes  gastos  que  havia  hecho 
por  orden  de  Hieronymo  de  Soto  en  el  apparato  desta 
impression  se  hallara  tan  empenado  y  alcançado  que  le 
havia  sido  fuerza  vender  la  tienda  y  libros  que  ténia  en 
Paris,  por  menos  de  la  mitad  del  justo  precio  (4)  con 
cargo  de  que  no  pudiesse  embiar  ningunos  desde  Anvers 
â  aquella  Ciudad,  sino  al  que  se  los  compro  (que  no  le 
séria  poca  perdida). 

Que  de  23  prèles  que  ténia  avia  vendido  assimismo 
los  sieie  y  le  quedavan  los  16  mejores,  y  todos  los  pun- 
zones,  matrices,  letras  majusculas,  y  minusculas,  y  figuras 
de  Bronce  y  de  madera  3'  todas  las  demas  cosas  (que  son 
innumerables)  que  avia  preparado  para  la  impression  de 
los  dichos  Antiphonarios.  Que  para  la  de  los  dichos 
Antiphonarios  y  cincuenta  mill  Missales  de  diversas  for- 
mas conforme  d  la  orden  del  dicho  Obispo  y  Soto  se 
halla  con  la  quantidad  y  suertes  de  papel  contenidas  en 
una  relacion  que  embia  aparté. 

Que  por  causa  de  la  misma  necessidad  avia  gastado, 
obra  de  200  resmas  del  papel  real  reforçado  para  la  im- 
pression de  certas  missas  que  el  maestro  de  Capilla  de  la 
yglesia  de  Tornay  (5)  avia  dedicado  a  su  M''.  Que  en 
quanto  à  la  remuneracion  que  prétende  de  su  M''  de  mas 
de  la  razonnable  paga  de  sus  obras  le  era  tan  agradescido 
â  la  que  le  ha  hecho  y  desseaba  tan  de  veras  acertar  â 
servirle,   que   (aunque    hasta    aqui    ni    el  ni    su   hierno 


45 


havian  gozado  de  la  pension  que  Su  M*^  les  havia  dado) 

lo  dejara  todo  en  sus  manos  y  solo  supplicara  le  diesse 

por  libre  del  concierto  que  hizo  con  Hieronynio  de  Soto 

cl  ano  de  74. 

Remite   muestras  del  grande  Antiphonario   y    de   la 

forma  y  letras  que  avia  hecho  tundir  para  la  impression 

de  los  r-  Missales, 
00 

Pide  con  toda  instancia  se  le  avise  luego  loque  su  M'' 
es  servido  que  haga  de  todos  estos  aparejos  por  que  su 
necessidad  y  las  deudas  que  ha  contrahido  por  hazellos 
son  tan  grandes  que  si  su  M''  no  se  sirve  dellos  3'  le 
manda  proveer,  los  havra  de  acabar  de  vender. 

Copia  :  Respuesta  a  los  Puntos  contenidos  en  una  carta 
del  Reverendissimo  de  Segorbe  e  21  de  Enero  1576. 

Christoval  Plantino  tiene  en  casa  mil  y  quinientas  Res- 
mas  de  Papel  fino  reforçado  para  la  impression  del  Anti- 
phonario  grande   las   quales   costan  quinze  mil    florines 

Val fl.        15000 

Los  Punzones  y  Matrices  del  escrito  grande  para 

el  dicho  Antiphonario  costan      .      .      .      .     fl.  1800 

Los  P'imzones,  Matrices,  Moldes  y  puntos  hon- 

didos  para  las  notas  y  reglas  grandes  montan 

mil  trescientos  florines fl.  1300 

Los  Punzones,  Matrices,  Moldes  y  letras  fundi- 
das  del  escrito  menor  para  el  dicho  Antiphona- 
rio montan  a  seiscientos  florines      .      .      .     fl.  600 
Las  letras  hondidas  para  los  grandes  titulos  del 

dicho  Antiphonario  montan fl.  80 

Las  grandissimas  lettras  para  el  principio  de  las 

grandes  fiestas fl,  60 

Las  otras  letras  y  casos  costan     .     .      .      .     fl.  70 


-  46  - 

Los  Punzones,  Matrices,  Moldes  y  puntos  hon- 
didos  de  las  notas  y  reglas  medianas  que  se 
mandaron  tambien  hazer  para  imprimir  otros 
Antiphonarios  con  sus  casos  y  otros  aparejos  de 
marca  menor  costaron,  dos  mil  ciento  y  cin- 
quenta  florines fl.  2150 

Suma  fl.       21060 


Ad    prc'eparationem    impressionum    Missalium     juxta 
Mandatum  ab  Hispania  missum  et  verbis  D.  Hieronymi 
de  Soto  conlïrmatum  quas  sequuntur  emeram  : 
2500  Rismas  Papyri  Regalis  pro  Missali  in  magno   4*° 

unaqua^que  Risma  quatuor  fl fl.        loooo 

3500  Rismas  pro  Missali  in  folio  2  fl  :  .      .     fl.        70000 
1500  Rismas  pro  Missali  in  parvo  4°    .     .     fl.  900 

fusiones  Typorum    variorum  omnis  generis  in 

copia fl.  5000 

figurie  lignes  et  cupreaj  circiter     .      .     .     fl.  3000 

Suma  fl.       25900 
Pro  Antiphonario  magno  fl.       21060 

Suma  fl.       46960 

Summa   florines   quaranta   seis   mil   nueve  cientos  y 
scsanta  florines. 

(i)  Le  roi  de  France,  Henri  III. 

(2)  Probablement  les  deux  premiers  livres  de  la  Hîstoria  médicinal 
de  las  cosas  que  se  traen  de  niiestras  Indias  occidentales..,  par  Nie.  Mo- 
nardes,  traduits  par  Clusius  et  publiés  chez  Plantin  en  1579  •  Situpli- 
cium  Medicamentorum  ex  novo  orbe  delatorum,  quorum  in  medicina  usus 
est,  historia,  Hispanico  sermone  descripta  à  T).  Nicolao  Monardis...  Al- 
téra editio.  In-80,  avec  gravures  sur  bois.  La  première  édition  plan- 
tinienne  est  de  1574;  le  troisième  livre,  également  traduit  par 
Clusius,  ne  parut  qu'en  1582  chez  Plantin. 

(3)  «A  la  lettre  précédente  se  trouvent  jointes  les  pièces  qui  sui- 


4' 


vent  ».  Celles-ci  répètent  en  somme  les  réclamations  de  Plantin  au 
sujet  du  grand  Antiphonaire  et  d'autres  livres  liturgiques  pour 
l'Espagne,  plaintes  que  nous  connaissons  par  plus  d'une  longue  épître 
de  Plantin,  notamment  par  sa  lettre  à  de  Çayas  de  septembre  1578. 

(4)  La  vente  de  la  boutique  de  Paris,  à  Michel  Sonnius,  avait  eu 
lieu  le  22  août  1577. 

(5)  Georges  de  la  Hele,  Octo  Missai',  quinque,  sex  cl  septem  vocum. 
Voir  lettres  précédentes. 


S 18.  —  Jean  Moretus  h  Plantin. 

[Archives  Plantiniennes,  IX,  fo  79'') 

I  Janvier  1)79. 

(Jean  Moretus  se  permet  d'offrir  à  son  beau-père,  pour  ses  étrennes, 
le  catalogue  des  impressions  sorties  des  presses  plantiniennes  jus- 
qu'ici. Il  y  a  travaillé  dans  ses  moments  perdus;  aussi  l'inventaire  est 
loin  d'être  complet.  Cependant,  en  dehors  de  ce  qui  a  été  détruit  à  la 
Furie  espagnole,  Moretus  y  a  signalé  ce  qui  est  venu  à  sa  connais- 
sance). 

Q.uod  strenilam  quamcumque  alias  tibi  oblatam,  Chai"''= 
Socer,  gratissime  semper  acceptam  tibi  fuisse  cognosco 
(ausus  sum)  et  hanc  etiam  tibi  offerre.  Accipe  ç\ux.  tua 
sunt  e  Filioli  mai7u,  bonique  consule  dispositionem  hanc 
Catalogi  tui  (i),  quem  pro  judicio  et  arbitrio  mutare, 
invertere  ac  disponere  placebit,  si  typis  mandes  tuis. 
Leviter  h^ec  liisce  Natalitiis  festis,  aliquot  Vespertinis 
horis  transcripsi.  Cumque  absolvisse  me  existimassem 
incepisse  tantum  inveni  tôt  tamque  varia  iteratim  occur- 
renda  semper  quae  annotari  debebam,  prêter  ea  quiE 
hoc  Panicu  Tumultu  (2)  etc.  fuere  fortassis  obUvioni 
tradita,  ni  fallor  cognovi  quid  hactenus  pr^estiteris.  Cum 
viderem    tamen    indicem   a    me    scriptum,    verissimam 


—  4»  — 

comperi  Doctissimi  illius  Basiliensis  in  Theatro  suo  hanc 
de  te  sententiam  :  (3) 

Antwerpi^e  gloriam  typis  suis  Christophorus  Plantinus 
unicè  extollit,  Oporini  copiam,  Roberti  elegantem  dili- 
gentiam  pro  virili  exprimere  studens. 

Vale,  Char""'  Socer.  Deumque  precor,  felices  omncs 
tibi  det  annos,  vitamque  iongevam.  P^  Jan.  m.d.lxxix. 

(i)  Le  Musée  possède  un  catalogue  manuscrit  (exposé  à  la  Salle  xvi), 
provenant  de  Jean  Moretus  et  offert  par  lui  à  Plantin  pour  ses  étrennes, 
le  lei"  janvier  1580.  C'est  probablement  le  même  dont  il  est  question 
dans  la  présente  pièce,  la  date  m.d.lxxx  montrant  des  traces  de  ra- 
tures apportées  ultérieurement.  Ce  catalogue  original  forme  un  ta- 
bleau de  181  X  47  cm  ,  composé  de  12  feuilles  portant  en  grandes 
majuscules  :  Catalo^us  libroriim  typographiae  Platitini,  et  un  avis  au 
lecteur  à  la  fin.  Les  livres  y  sont  classés  par  matière  et  alphabétique- 
ment. 

(2)  C'est-à-dire  la  Furie  espagnole. 

(3)  Ligne  laissée  en  blanc.  Nous  avons  reproduit  le  passage  omis, 
auquel  Moretus  fait  allusion,  et  qui  se  trouve  dans  Thealrum  Vila  hu- 
mana,  vol.  xix,  par  Théod.  Zuiiigerus  (Bâle,  S.  Henricpetrus,  in-fo). 


819.  —  Plantin  à  Canierarius. 
{archives  Plantinieniies,  IX,  f°  80). 

(Commencement  de)  1579. 

(Les  temps  calamiteux  ont  empêché  Moretus  de  se  rendre  à  la  der- 
nière foire  de  Francfort.  Il  ne  pourra  probablement  non  plus  aller  à 
la  foire  de  carême.  Canierarius  arrangera  ses  comptes  avec  Plantin 
comme  bon  lui  semblera.  Ortelius  a  fait  joindre  un  pli  à  la  présente. 
Il  n'y  a  pas  eu  des  nouvelles  de  Mathias  de  Lobel.  Juste-Lipse  est  à 
Leyde  en  ce  moment). 

Dno  Joachimo  Camerario. 
S.  P.  Hjcc   teniporis  iniquitas  non   permisit   me,  Vir 


—  49  — 

Clarissime,  ad  elapsas  nundinas  profiscisci.  Si  sequenti- 
bus  Quadragesimalibus  présentes  etiam  non  fuerimus, 
non  miraveris.  Credas  cum  quocumque  te  vertas  non  sis 
ab  hoste  tutus.  Videtur  etiam  Pacis  loco  velle  crudelius 
succedere  bellum.  Hoc  tamen  cito  mutaverit  ille  qui  verus 
est  pacis  Author.  Interea  id  quod  possumus  prestamus, 
cujus  indicium  faciet  qui  novi  ex  Typographia  nostra 
favente  Deo  adferuntur  liac  quadragesima.  Tuum  erit, 
Vir  Doctissime,  semper  eligere  quem  tibi  a  Plantino  do- 
nari  cupis,  precium,  ubi  persolveris,  detrahere.  Rem  gra- 
tissimam  facturas,  si  tam  libère  cum  Plantino  tuo  agas. 
Habes  hisce  inclusas  Ortelij  litteras  quibus  ad  tuas  res- 
pondet  (i).  Lobelius  liactenus  nullas  dédit.  Fideliter 
transferentur  Francofurtum  a  nostris  si  quas...  J.  Lipsius 
Leijdîe  vel  Lugduni  Batavorum  (2)  vivit.  Salutavimus 
eundem  tuo  nomine  postremis  nieis.  Vale,  Vir  Doctis- 
sime, nosque  amare  perge. 

(i)  Ortelius  était  rentré  à  Anvers  de  son  voyage  d'Italie  au  com- 
mencement de  1579. 

(2)  Le  5  avril  1578,  Juste-Lipse  avait  été  nommé  professeur  d'his- 
toire et  de  droit  à  l'université  de  Leyde. 


820.  —  Plant  in  à  Arias  Montanus. 

{archives  Tlaiitiniennes,  X,  f°  i). 

4  Février  1579. 

Le  31  janvier,  Plantin  avait  reçu  la  lettre  d'Arias,  datée  du  7 
décembre.  Ainsi  que  Parez,  l'imprimeur  est  toujours  de  cœur  avec 
son  ami,  dont  ils  regrettent  vivement  l'absence.  Ils  feront  leur  possible 
pour  communiquer  le  plus  souvent  avec  lui.  Cornélius  Valerius  et 
Harlemius  sont  également  partis.  Au  nom  de  sa  femme  et  des  siens, 
Plantin  prie  Arias  de  ne  plus  s'inquiéter  de  leur  sort  et  de  ne  pas  trop 


—  50  — 

insister  sur  le  payement  des  grands  Antiphonaires.  L'atchitypographe 
en  a  d'ailleurs  déjà  écrit  trois  fois  à  de  Çayas.  Planiin  voudrait 
que  son  ami  intervienne  pour  faire  remetre  par  Osorius  à  Moflin  la 
somme  de  loo  écus  qui  lui  sont  dus  pour  fourniture  de  livres.  Les 
meilleurs  souhaits  de  toute  la  famille,  ainsi  que  de  Rasius  et  des  amis 
parisien  !  Ferez  enverra,  au  nom  de  Plantin,  plusieurs  livres  et  des 
instruments  astronomiques.  Les  commentaires  sur  les  Prophètes  par 
Arias  seront  imprimés  aussitôt  qu'on  aura  reçu  les  corrections  de 
l'auteur.  Laevinus  Torrentius,  dont  le  Suétone  a  paru  chez  Plantin 
l'année  dernière,  prépare  un  commentaire  d'Horace.  L'imprimeur  finit 
par  des  réflexions  sur  les  embarras  inextricables  dans  lesquels  le  pays 
se  trouve  encore  toujours]. 

IIP  Viro  D.  B.  Arias  Montano. 

Desideratiss.  tuis  nonis  Decembribiis  in  secessu  tuo 
datis  quas  postrema  Januarij  accepi  respondebo  paucis. 
E^o  certe  et  Perezius  semper  lecuni  animo  sumus  et  cor- 
pore  libentiss.  conversaremur  nisi  aliter  Dec  placeret 
cujus  voluntatis  sapiens  est  qui  nullo  modo  resistit  cum 
velit  qnis  nolit  tandem  vel  slio  malo  parère  debeat.  Beati 
crgo  qui  neglecta  imo  abjecta  propria  sapientia,  pruden- 
tia,  sagacitate  et  omni  industria  vita;  humanas  eo  intantias 
pervenerunt  ut  Patris  celestis  providenti^e  sese  conjunxe- 
rint  totos  ad  sanctificationetn  ejus  nominis  efficacissimi 
quo  in  seipsis  regnando  voluntas  ipsius  sicut  desiderio 
celesti  ita  reipsa  et  certo  fiât.  Ipsi  etenim  tum  vere  et 
essentialiter  toto  animi  desiderio  appetunt  vesci  pane  illo 
celesti  et  diurno  ac  tum  vere  precantur  sibi  débita  igno- 
rantia  et  pervicacitatis  dimitti  sicut  ex  agnitione  justitiae 
divine,  ipsi  dimittunt  illis  qui  sibi  debent  ac  sic  tandem 
in  obedientia  et  humilitate  fundati  rogant  paternitatem 
divinam  ne  illos  tentationi  cupiditatum  et  afFectionum 
suarum  deserat  umquam  ut  pote  qui  se  suamque  debilita- 
tem  agnoscunt   ac  proinde  merito  ne  amplius    serviant 


51 


peccato  rogant  obnixe  libertate  donari  a  Pâtre  celesti  cu- 
jus  est  rcgnum,  potestas  et  gloria,  haec  omnia  qu£e  in 
cœlo  et  in  terra  illi  namque  servunt  quas  recto  judicio 
siio  ad  suam  uniuscujusque  naturam  recolligit  et  reverti 
jubet. 

Utinam  vero  hec  et  talia  nostra  suspiria  coram  com- 
municare  possem  et  tiiis  frui,  sed  quod  corporaliter  non 
datur,  céleste  val  spiritualiter  facere  non  desinamus  et 
Deum  precari  ut  juxta  suam  voluntatem  nos  sibi  con- 
junctos  perpétue  retineat  ne  quid  possint  contra  nos  qui 
ut  animo  satisfaciant  suo,  qu^erunt  occasiones  calumniandi 
illo  namque  modo  sibi  ipsis  nocumento  sunt  et  erunt  non 
autem  nobis. 

Inter  eos  quos  adliuc  (plures  quam  tbrtasse  tibi  signi- 
ficatum  sit)  desidcramus  annumero  inprimis  Corn.  Vale- 
rium,  Harlemium  et  alios  plurimos  quos  longum  esset 
recensere  et  nullus  fructus.  Rogo  autem,  obsecro  et  si 
permittas  postulo  ut  nostra,  uxoris  vel  nostrorum  causa 
desinas  solicitum  esse  sed  curam  relinquas  et  commen- 
des  Dno  Deo^  neque  posthac  Za3\am  nostrum  nec  quem- 
quem  alium  ob  rerum  nostrarum  privatarum  jacturam 
solicites  aut  moestum  reddas.  Satis  erit  si  se  se  occasio 
offerat  ultro  consilio  juvare  vel  rationem  suppeditare  qua 
ea  qu3d  istorum  Dominorum  jussu  prasparaveram  pro 
impressione  Antiphonariorum  utraque  forma  maxinia 
ncmpe  et  magna  nobis  persolvantur,  qua  de  re  ter  jam 
ad  ipsum  D.  Zayam  respondendo  ipsius  litteris  scripsi  et 
misi  rationes  atque  specimina.  Hic  etiam  D,  Osorio  (i) 
libros  optime  compactes  et  bono  pretio  tradideram  ad 
sumniam  usque  centum  scutorum  de  qua  summa  obliga- 
tionem  mihi  tradiderat  quam  D.  Moflino  tradidi  cum 
hinc  abirer.  Ipse  autem  Moflinus  scribit  se  non  posse  pe- 


52 


cuniam  extorquere,  consilium  vero  dat  ut  scribatur  ad  D. 
Elemosinarium  D.  Lud.  Manriquez  ut  suam  authoritatem 
interponere  dignetur  erga  dictum  Osorium  ut  post  tan- 
tum  temporis  tandem  solvere  velit  et  suuni  chirographum 
uti  decet  verum  nobilem  redimere  ab  homine  spoliato 
etc.  Si  quid  hac  in  re  potes  adjuva  modo  id  facile  et  sine 
molestia  vel  anxietate  aut  contentione  animi,  alias  nolim 
ut  vel  verbum  scribas.  Ad  quid  enim  meliora  deteriori-- 
bus  prasponeres. 

Uxor  mea,  generi,  filias  et  alii  amici  tibi  felicia  optant 
omnia.  Idem  facere  fratrem,  Rasium  et  alios  amicos 
Parisienses  non  dubito.  lUis  autem  scribam.  Ac  jamdiu 
vero  significavit  frater  se  tibi  descripsisse  et  misisse  des- 
criptionem  duarum  illarum  compositionum  (2).  Miror 
itaque  eas  te  non  accepisse.  Rursus  scribo  ut  iterum  mit- 
tat.  Rasio  ipsi  ego  capsulam  hue  delatam  per  Gerardum 
comitem  in  Junio  postremo  reddidi,  de  qua  multas  tibi 
agebat  gratias  et  se  tibi  scripturum  poUicebatur.  Monebo 
rursus  per  litteras. 

Novum  testamentum  Grœca  et  Syriaca  lingua  com- 
pactum  una  cum  Bibliis  in  8°,  Breviario  in  8°  et  mecha- 
nicis  instrumentis  aliisque  nonnullis  a  nobis  recenter 
impressis  D.  Perezio  tradidimus  ad  te  transmittenda. 

Commentaria  tua  in  Prophetas  libentiss.  recudam  ubi 
emendationes  abs  te  recepero  (3).  Roma  siquidem  nihil 
accepi.  Exemplar  quoque  dicto  Dno  Perezio  tibi  mitten- 
dum  tradidimus.  Lsevinus  Torrentius  valet,  superiori 
asstate  commentarium  ejus  in  Suetonium  impressi  (4), 
pollicetur  se  mihi  commentaria  in  Horatium  missu- 
rum  (5)  qu3e  asserit  se  parata  habere  sed  cupere  Crucquij 
in  eundem  auctorem  quae  nuper  etiam  e  nostro  pr^lo 
prodierunt  prius   légère  (6).   Dolet  ipse  ut  plurimi   alii 


—  5^  — 

harum  provinciarum  calainitatem.  Interea  vero  paucos 
videas  qui  sciant  quod  sit  remedium  adhibendum,  pau- 
ciores  vero  qui  propriaruin  affectionum  dispendio  copiant 
ut  falsas  taceam  cupiditates  et  commoditates  quas  dum 
mordicus  retinere  tentant  perdunt  et  tamquam  phanatici 
ab  una  fantasia  in  aliam  dclabuntur  misère.  Dns  Deus  pro 
sua  clementia  nobis  largiatur  liberationem  a  desideriis 
nostris  per  Jesum  Christum  Dnm  nostrum  in  unione 
spiritus  sancti.  Vale  raptim  Antverpia:  4.  feb,  1579. 

(i)  Juan  Osorio  ab  Ulloa,  marchand  espagnol  dont  il  a  été  ques- 
tion antérieurement.  Voir  les  deux  lettres  suivantes. 

(2)  Les  lettres  précédentes  à  Arias  ne  disent  rien  de  ces  «  compo- 
sitions ». 

(3)  Benedicti  Ariae  Diiontani  Hispaleiisis  Commentaria  in  duodecim 
prophetas  :  'K.unc  tandem  ab  ipso  aitc tore  recognita.  Plantin,  1583,  in-4**. 

(4)  Lavini  Torrentii  in  C.  Suetonii  Jranqinlli  xii.  Casares  Com- 
tnentarii.  Plantin,  1578,  in-S". 

(5)  Ne  fut  publié  qu'après  la  mort  de  l'auteur  :  Q.  Horatius  Flaccus, 
Cum  eriiditû  Laevini  Torrentii  Commentaria,  nunc  primum  in  lucem 
edito.  Plantin,  1608,  in-40. 

(6)  Q.  Horatius  Flaccus,  ex  antiquissimis  tindecim  lib.  MS.  et  schedis 
aliquot  emendatiis,  et  plurimis  locis  cum  Comtnentariis  antiquis  expurgatus 
et  éditas,  opéra  Jacobi  Cruquii  Messenij.  Plantin,  1579,  in-4°. 


821.  —  Plantin  à  Jean  Mofiin. 

(archives  Tlantiniennes,  X,  i°  n). 

4  Février  1579. 

A  Monsieur  Mouflin  Chappelain  de  sa  Majesté. 

Monsieur  Mouflin.  Par  ung  article  de  vos  lectres  du  21. 
Novembre  dernier  escrittes  a  Monsieur  Hierosme  Sclio- 
liers  (i)  j'ay  entendu  la  peine  qu'avés  prins  et  voulés 
prendre  pour  me  faire  payer  des  cent  escus  que  me  doibt 


54 


Monsieur  Osorio  et  le  conseil  que  donnés  d'escrire  a 
Monsieur  l'Ausmonnier  (2),  ce  que  je  faybien  que  contre 
mon  affection  qui  de  tout  temps  a}^  esté  honteux  d'es- 
crire a  personnes  de  grande  auctorité  si  ce  n'est  pour 
leur  respondre.  Si  est-ce  que  la  nécessité  d'argent  m'a 
pressé  de  suivre  vostre  conseil  parquoy  je  vous  prie  tres- 
affectueusement  de  m'excuser  envers  mondict  Signeur 
en  luy  présentant  mon  treshumble  service  en  tout  ce  qu'il 
pensera  que  je  luy  en  puisse  faire.  QjLiant  a  ce  que  me 
debvés  je  vous  donne  commission  plainiere  de  vous  soli- 
citer vousmesmes  selon  la  commodité  que  vous  aurés  de 
soulager  ma  nécessité  :  qui  est  plus  grande  que  je  ne  le 
voudrois  manifester  :  nonobstant  quoy  Dieu  par  sa  grâce 
m'entretient  le  courage  tel  que  l'avés  veu,  voire  me 
l'augmente  en  pacience  a  la  mesure  que  les  urgentes 
nécessités  croissent.  Au  reste  je  me  tiens  tousjours  prest 
a  vous  faire  tous  les  services  qui  jamais  me  seront  possi- 
bles et  ce  d'aussi  bon  cueur  qu'en  me  recommandant  a 
vostre  bonne  grâce  je  prie  Dieu  vous  augmenter  les  sien- 
nes. d'Anvers  ce  4.  Febvrier  1579. 

(i)  L'artisie-peintre  et  littérateur  anversois  dont  il  a  été  question 
précédemment. 

(2)  Ludovicus  Manriquez  ;  voir  lettre  suivante. 


822.  —  Plantin  à  Lud.  Manriquez. 

(Archives  Plantiniennes,  X,  f»  2), 

4  Février  1579. 

(Plantin,  enhardi  par  les  paroles  élogieuses  d'Arias  sur  Manriquez, 
ose  s'adresser  à  lui  pour  qu'il  intervienne  auprès  d'Osorius  d'Ulloa 
qui  refuse  de  payer  à  Moflin  une  somme  assez  considérable.  L'impri- 


—  55  — 

tueur  voudrait  vider  le  différend  à  l'amiable,  plutôt  que  de  confier 
l'affaire  aux  avocats.  Les  temps  calamiteux  le  forcent  à.  réclamer  de 
ses  nombreux  débiteurs  l'argent  qui  lui  est  dû  :  il  tient  en  eflet  à  con- 
tinuer sa  profession  et  à  rendre  service  au  roi  et  à  l'église). 

Illustri  admoduni  Viro  Dno  Ludovico  Manriquez. 

Duplici  nomine  ego  ignotus  et  indoctus  III.  D.  V. 
verecundise  leges  transgrediens  pauca  hase  verba  scribere 
sum  ausus.  Primum  est  quod  Benedictus  Arias  Montanus 
humanitatem  tuam  et  animi  promptitudinem  pietati  con- 
junctain  ad  juvandum  eos  qui  eain  appellant  numquam 
non  nobis  predicaverit.  Alterum  nécessitas  pr^eter  con- 
suetudinem  nostram  me  facere  coegit.  Eo  namque  loci 
redactîe  sunt  res  nostrje  domesticas  ut  cogar  eos  urgere 
qui  nobis  debent.  Inter  eos  autem  est  D.  Johannes  Oso- 
rius  ab  Ulloa  cujus  chirographum  a  me  istic  liabet  vir 
candidus  D.  Mouflinus  qui  quantum  ex  ejus  litteris  in- 
telligo  hactenus  solutionem  extorquere  non  potuit.  In 
jus  autem  hactenus  neminem  vocare  jussi  neque  cupio 
ut  quis  meo  nomine  faciat,  modo  aliqua  ratione  alia 
meliorem  debiti  partem  impetrare  queam  ut  qui  malim 
debitores  a  parte  debiti  absolvere  quam  advocatis  ansam 
protrahendîe  litis  et  solutionis  dare  cum  id  vel  umquam 
fiât  sine  unius  et  nonnumquam  utriusque  partis  detri- 
mento.  Rogo  itaque  et  obsecro  111.  D.  V.  ut  authorita- 
tem  suam  quam  facile  credo  mihi  maximo  adjumento  in 
hac  re  futuram  interponere  dignetur.  Maxitnopere  siqui- 
dem  mea  nunc  et  forte  reipub.  Christianas  interest  ut 
undique  a  meis  debitoribus  corradam  quas  possum  alioqui 
jam  post  tôt  calamitates  a  me  perpessas  a  typographia 
excercenda  prorsus  cessandum  esset,  quod  non  libenter 
faciam    donec   vires  suppeditabit    Doininus   Deus   cujus 


-  56  - 

servitio  uti  et  Cath.  Majestati  atque  reipub.  Christianae 
me  meaque  omnia  vovi  et  in  eo  (quamvis  multa  s^epe 
cogar  pati  adversa)  permanere  ad  extremum  usque  hujns 
vitas  naturalis  halitum  statui.  Ipse  Deus  opt.  max  111.  D. 
V.  Régi  nostro,  reipub.  et  nobis  diu  conservet  incolu- 
mem.  Antverpiœ  raptim  4.  februarij  1579  (i). 

(i)  Il  faut  croire  que  les  démarches  du  grand  aumônier  aient  été 
heureuses  :  dans  la  lettre  de  Piantin  du  25  août  de  cette  année,  l'im- 
primeur donne  à  Moflin  ample  procuration  pour  traiter  en  son  nom 
toutes  les  affaires  pendantes  de  l'officine. 


823.  —  Henri  du  Tour  à  Piantin. 
(Archives  Plantinieimes,  LXXXl,  fo  455). 

Gand,  le  13  février  1579. 

Seigneur  Piantin,  toutes  recommandations  premises, 
j'ay  receu  voz  lectres  avec  les  espreuves,  et  touchant  la 
Philosophie  Romaine,  soyez  adverty  corne  j'espère  de 
commencer  a  y  justifier  encore  de  ceste  sepmaine,  car 
i'espere  de  frapper  demain  les  ligatures  de  ma  Nonpareille 
flamande,  et  pour  vous  faire  plaisir,  je  laisseray  ladicte 
Nonpareille  jusques  a  tant  que  la  Philosophie  soit  justi- 
fiée et  preste  a  fondre,  ce  qui  pourra  estre  d'icy  à  3. 
sepmaines  ou  environ.  Puis  après  quant  a  la  fonte  pour 
3.  fourmes,  vouz  la  pourrez  avoir  dedens  3.  ou  4.  sep- 
maines suyvantes,  et  selon  cela  vous  vous  pourrez  rigler. 
Nous  prendrons  garde  a  l'estofFe,  et  n'en  avons  non  plus. 
Car  la  med.  Cursive  est  a  peu  près  achevée  et  l'estoff^e 
toute  refondue  (i).  Il  n'y  a  point  de  nouvelles  pardeça 
pour  le  présent.  Parquoy  avec  la  haste,   je  feray  fin  a  la 


—  57  — 

présente  en  me  recommandant  a  vostre  bonne  grâce.  De 
Gand  ce  13.  febvrier  1579,  par 

Le  tout  vostre  a  commandement  serviteur 
et  amy  H.  du  Tour  le  Jeune. 

{Adresse  au  verso  :)  Au  Sire  Christoffle  Plantin 
Chef  Imprimeur  du  Roy,  en 
son(imp)rimerye  derrière  le 
Marché  (du)  Vendredy 

,A  Anvers. 

(i)  Ces  caractères  ne  sont  pas  tous  mentionnés  dans  le  court 
aperçu  des  articles,  fournis  par  Henri  du  Tour  à  Plantin,  dans  Max 
RoosES,  Christophe  Planlin,  imprimeur  anversois,  p.  236  (2=  édition). 


824.  —  Louis  Carrion  à  Plantin. 

(In  :  C.  SaUustii  Crispi  operum,  qiue  exslant,  Nova  editio.  Edente  et 
recensente  Liidovico  Carrione,   1579,  f°  A  2). 

Bonn,  le  f  mars  1579. 

(Carrion  fait  parvenir  à  l'imprimeur  son  édition  corrigée  de  Sal- 
luste.  Il  n'y  a  pas  joint  de  commentaire,  ses  papiers  et  grand  nombre 
de  ses  livres  ayant  été  détruits  au  sac  de  Louvain.  Il  se  prépare  en 
outre  pour  aller  en  France.  Toutefois,  il  promet  d'envoyer  plus  tard  à 
Plantin  ses  études  sur  le  même  auteur  classique). 

Lud.  Carrio  Christoph.  Plantino  Suo  S.  D. 

Sallustium  Crispum  multis  millibus  opéra  mea  me- 
liorem,  nunc  ad  te  mitto  (i).  Castigationes  non  mitto  : 
nam  &  ilL-e,  quas  ex  libris  membranaceis  &  aliis  hujus- 
cemodi,  ante  annos  duodeviginti,  cum  cura  digessimus, 
ad  manum  non  fuere  ;  neque  mihi  novas  scribere  totque 


5B 


&  tantis  auxiliis,  clade  Lovaniensi,  spoliato  (2),  quodque 
in  Galliam  versus  iter  pararem  (3),  nunc  erat  volenti. 
igitur  vicem  illarum,  Criticum  meum  emendationum 
Sallustianarum,  dis  juvantibus,  in  tempore  dabo  (4). 
Vale.  Bonna,  non  procul  a  Corneliana  Ubiorum  ara. 
Matronalibus.  cid.  id.  lxxix. 

(i)  En  1573  déjà,  Plantin  avait  imprimé  de  Carrion  ses  C.  Sallustii 
Crispi  Historiarum  lihri  sex,  in-8°. 

(2)  Les  troupes  espagnoles,  sous  don  Juan  d'Autriche,  étaient 
entrées  en  la  ville  de  Louvain  au  mois  de  février  1578  et  y  avaient 
commis  toutes  sortes  d'excès. 

(3  )  Carrion  se  rendit  en  1 579  à  Paris,  de  là  à  Bourges  et  à  Orléans. 

(4)  La  même  année  1579,  Plantin  publia  de  Carrion  un  volume  de 
scolies  sur  Salluste. 


825.  —  Plantin  à  Buyssetius. 

[archives  Plantitiieiities,  X,  i"  2"). 

14  Mars  1579. 

(Depuis  sa  réponse  au  père  Buyssetius  à  propos  du  Missel  romain, 
Plantin  n'a  plus  eu  de  ses  nouvelles.  L'imprimeur  voudrait  surtout 
savoir  où  en  est  l'édition  du  Droit  Canon,  car  il  a  décidé  de  la  publier 
en  un  seul  volume.  Les  œuvres  de  S.  Jérôme  sont  enfin  achevées. 
Plantin  lui  enverra  aussi  un  exemplaire  de  ses  autres  éditions,  si 
Buyssetius  lui  indique  à  qui  il  doit  les  adresser.  Parmi  ses  publi- 
cations les  plus  récentes  se  trouvent  le  Bréviaire  romain  en  deux 
volumes  in-ié»,  Conciones  Granatensis,  le  Diurnal  in-ié».  Un  Diurnal 
en  caractères  très  petits  est  sous  presse,  ainsi  qu'une  nouvelle  édition 
des  Heures  in-240.  L'architypographe  s'informe  du  Dr.  Navarro  et 
des  ajoutes  éventuelles  à  son  Manuale  Confessariorum]. 

D.  Joh.  Buyssetio  Societatis  Jesu  Sacerdoti. 

mense tuis  respondi  (i)  rogavique  ut  Missale 

Romanum   quod   nuper   recognitum  Romas    impressum 
indicabas    ad    me   mitteretur.    An  vero   meas   receperis 


)9 


ignoro.  Nunc  autem  abs  te  vehementer  peio  ut  nobis 
significare  digneris  quo  in  loco  sit  Corpus  Canonicum 
quod  ab  hinc  annis  aliquot  audio  istic  emendari.  Ab  eo 
namque  tempore  quo  id  mihi  fuit  indicatum,  distuli  illud 
unico  volumine  in  folio  (uti  feceram  Corpus  Civile) 
imprimere  (2).  Nunc  autem  etsi  sperem  contra  spem 
statui  eam  conceptionem  nostram  emitti.  Quod  si  quid 
esset  jam  ex  eo  impressum  cuperem  duplicato  triplicato 
vel  quovis  pretio  folia  transmitti  nobis.  Vix  enim  credas 
quantopere  opus  illud  sit  jam  necessarium  et  a  multis 
expectatum  etiam  si  tempestas  contra  videatur  impetum 
facere  in  hisce  regionibus. 

Absolvimus  opéra  Hieronymi  ad  castigationem  Rea- 
tini  (3)  pro  usu  harum  regionum  in  quibus  Romana 
exemplaria  cariora  forent.  Quasdam  alia  quoque  im- 
pressi  de  quibus  tibi  aliquot  exemplaria  libentiss.  mit- 
tam  si  scribas  cui  ea  tradi  possint  per  te  amicis  dis- 
tribuenda.  Inter  ea  est  Breviarium  Romanum  2.  tomis 
in  16°  non  ineleganter,  Conciones  Granatensis  (4), 
Diurnnle  16°  eisdem  typis  quibus  Breviarium  supra- 
dictum.  Idem  Diurnale  in  24°  sum  aggressus  minimis 
typis.  Horas  eadem  forma  superiori  anno  impressi 
eaque  jam  recudo.  Si  quid  istic  mutatur  in  talibus  fac 
me  quieso  participem.  Si  quid  autem  hic  vel  alibi  tuo 
nomine  queam  impera,  obsequar  libentiss.  Cupio  scire 
qui  valeat  D.  Navarrus  et  an  aliquid  suo  Manuali  confes- 
sariorum  addiderit.  14.  Martij  1579. 

(i)  La  dernière  lettre  de  Plaïuin  à  Buyssetius  dont  nous  ayons 
connaissance,  est  la  minute  du  1 5  juin  1577  (lettre  n»  765). 

(2)  Voir  la  lettre  de  Plantin  à  Copus  (n°  571),  du  20  octobre  1574, 
note  3. 

(3)  Opéra  divi  Hieronymi  Stridoniensis,  eccîesia  doctoris  :  per  Maria- 
iium  Vicioriuni  Reatinum  ex  tnanuscriptis  codicibus...  5  vol.  ic-f". 


—  6o   — 

(4)  Concionum  qiicc  de  pracipuis  Sanctortim  festis  in  ecdesia  hahentur, 
A  festo  sancti  Andréa,  usqut  ad  festiim  B.  Maria  Magdalena.  Auctore 
R.  P.  F.  Liidovico  Granatensi...  Plantin,  1580,  in-80.  Le  privilège  est 
daté  du  20  mai  1576. 


826.   —  Joannes  Nuno  à  Plantin. 

[Archives  Tlanliniennes,  LXXXVIII,  f°  419). 

Milan,  le  30  mars  1579. 

fNuno  dit  avoir  laissé  chez  Plantin  la  Somme  du  père  Molina  et 
n'en  avoir  plus  rien  appris.  Si  l'architypographe  n'entend  pas  l'im- 
primer, il  est  prié  de  la  remettre  au  père  Vincentius  pour  que 
l'ouvrage  soit  publié  à  Rome). 

Mag"  0'"=  S. 

Quia  apud  te  R.  P.  Moliiic^  (i)  Summam  reliqui,  et 
hactenus  de  ea  nihil  intellexi,  à  te  scire  opto,  si  hoc 
opus  imprimere  vis  (2),  aut  ubi  est;  et  de  hoc  me  cer- 
tiorem  facere  poteris  per  R.  P.  fratrem  Vincencium  Pro^e 
Romane  custodem  ;  et  si  eam  imprimere  non  curas,  in 
manibus  istius  Patris  rehnquere  te  deprecor  ut  Romam 
ad  imprimendum  afFerat,  et  ut  hoc  facias  te  oro,  et 
obsecro  ;  tui  sum;  si  aliquid  possum,  jubé,  et  quod  vires 
me^  poterint  exequentur.  Datum  Mediohini  tertio  Idus 
ApriHs  M.D.LXXIX  (3). 

M.  D.  S.    Servus 

J.  Joannes  fr.  Nuno 
patris  MoliniE  confFessarius 
Magni  Commendatarii  Castelle 
(Adresse  au  verso  :)  difuntis  Socius. 

Mag"  domino  Christophoro 
Plantino  architipographo 
regio  domino  meo  S.  observando. 


—  6i  — 

(i)  Etienne  Molina,  de  l'ordre  des  frères  Mineurs,  confesseur  du 
Commendador  mayor  de  Caslille,  en  rapport  avec  Plantin  depuis 
1574. 

(2)  Nous  ne  connaissons  pas  d'édition  plantinienne  de  la  Somme, 
fournie  par  Molina.  En  1575,  Plantin  avait  fait  paraître  la  2=  édition 
de  la  Somme  de  S.  Thomas,  revue  par  les  théologiens  de  Louvain, 
surtout  par  Hunnaaus.  La  troisième  parut  en   1585. 

(3)  Plantin  ne  reçut  cette  lettre  que  le  10  décembre  de  l'année 
suivante,  c'est-à-dire  21  mois  plus  tard.  Voir  sa  réponse  à  la  date  de 
ce  jour. 


S27.   —  Plantin  à  Stadius. 
{■archives  Plantiniennes,  X,  fo  2^). 

10  Avril  1579. 

(Plantin  avait  renoncé  à  demander  à  Stadius  le  payement  de  l'im- 
pression de  son  Florus.  Or,  il  vient  d'apprendre  qu'une  édition  muti- 
lée de  cet  auteur  est  projetée.  Carrion,  en  effet,  lui  a  apporté  la  nouvelle 
qu'à  Cologne,  Gymnicus  aurait  accepté  cette  tâche  peu  honorable. 
Plantin  se  hâte  donc  de  prier  Stadius  ou  bien  de  déclarer  à  quel  impri- 
meur il  veut  confier  son  Florus  ou  bien  d'autoriser  l'architypographe 
à  réimprimer  la  première  édition,  avant  que  ce  mauvais  tirage  ne  sorte 
des  presses  de  Gymnicus). 

10.   Aprilis   1579. 
Clariss,  doctissimoque  Viro  D,  Stadio  (i). 

Jam  ab  aliquot  annis  tories  scripto  te  monui  et  niense 
Augusto  superioris  anni  pr^sens  verbis  postulavi  solu- 
tionem  eorum  quas  nobis  ex  liberali  promisse  debes  ad 
Florum  tuum  (2)  denuo  recudendum  ut  plane  desperans 
totum  debitum  remittendum  judicarem  nisi  tuam  edi- 
tionem  ab  aliis  mutilari  prorsus  intelligerem. 

Lud.  siquidem  Carrion  (3)  nuper  Colonia  reversus 
narravit  nobis  se  vidisse  eum  auctoreni  cum  ti^s  com- 


—    62    — 

mcntariis  recusum,  sed  prêter  tuam  sententiam  in 
omnibus  locis  quas  non  assequebatur  Gymnicus  impres- 
sor  (4),  prorsus  depravatum  et  mutatum.  Q.ua  de  re  cum 
expostularet  Carion  cum  impressore  hoc  responsi  se  acce- 
pisse  dicit  quod  alioqui  qu^  mutaverat  non  assequeretur 
se  autem  nolle  quicquam  imprimere  quod  non  inteliigeret 
et  probaret.  Vide  qu^eso  audaciam  depravandi  auctores 
ad  voluntatem  imperitorum.  Huic  autem  malo  ut  staiim 
occurratur,  rogo  abs  te  et  si  patiaris  postulo  promissi  tui 
solutionem  quam  si  privatim  nobis  denegare  cupis  publica 
saltem,  vel  nominis  tui  causa  cui  voles  impressori  tradi 
statim  recudendum  Florum  antequam  illa  depravata 
spargatur  editio,  quod  si  neutrum  placet  indica  num  tibi 
sit  ingratum  futurum,  si  juxta  priorem  nostram  impres- 
sionem  recudam  (5),  et  si  quid  vicissim  tuo  vel  tuorum 
nomine  potero,  indica,  me  habebis  perpétue  quantum 
in  me  est  vel  erit  tuis  votis  obsequentissimum.  Vale 
Antverpiae  raptim. 

(i)  Sur  Jean  Stadius,  voir  lettres  nos  50  et  55. 

(2)  L.  Iiilil  Fîori  de  gestis  romanortun,  hisloriariim  lib.  IIII.  Et 
seorsuin  in  eos  commentarius  loannis  Sladii  Historia  &  Matheseos  Lovanii 
professoris  primi...  Planiin,  1567,  in-S". 

(3)  Louis  Carrion,  philologue  et  professeur  de  droit  à  Louvain, 
mort  en  1595,  Voir  lettre  no  824.  Il  écrivit  la  longue  épigramme  qui 
précède  l'édition  de  Flortis  de  1584. 

(4)  Johann  Gymnicus  ou  Gymnich,  imprimeur  à  Cologne.  Dans 
la  préface  de  la  2^  édition  de  son  Florus,  le  fils  de  Stadius  rappelle 
en  termes  non  moins  énergiques  le  procédé  de  Gymnicus  :  u  Sed  dum 
alteram  editionem  meditatur,  ecce  tibi  Colonias  Agrippinre  nescio  qui 
Gymnicus  audacia  &  temeritate  incredibili  libellum  recudit  etiam,  si 
diis  placet,  emendaiiones  ementitus.  quod  fortasse  ferendum  aut  dis- 
simulandum  fuerat,  si  in  transscribendo  fide  aut  diligentia  usus  esset. 
verum  tam  viiiosa  tam  mendosa  &  perversa  ejus  est  expressio,  ut 
praeter  culpam  mendacij,  iniurias  &  falsi  merito  condemnari-  possit  ». 

(5)  PUpiin  obtint  aussitôt  de  Stadius  l'autorisation  de  publier  la 


-  63   - 

nouvelle  édiiion.  La  préface,  par  Hieronymus  loannis  F.  Stadius,  est 
datée  du  26  septembre  1579,  mais  l'ouvrage  ne  parut  qu'en  1584: 
I.  luUi  Flori  rniim  a  Romanis  gestarum  îibri  IlIL  A  loanne  Stadio 
emendaii.  AUera  editio  aucia  &  correcta.  In-S». 


328.   —  Charles  Pesnot  à  Plantin. 

{Archives  Plantinicnnes,  XCI,  f°  5). 

Lyon,  le  28  mai  1579. 

Au  non  de  Dieu  a  Lyon  ce  28  de  may  1579. 

Seit^neur  Plantin.  J'ay  receu  vostre  lectre  du  23    de 
mars  d'Anvers.  Je  suys  mary  que  Bonvisi  (l)  ne  receut 
mes  lectres  plustost  pour  vous  payer  les  50  fl.  Je  rescrips 
audict   Bonvisi   qu'ils  vous  payent  100  escus  et  quiles 
prenent  sur  Pierre  Landry  (2).  S'il  ne  leur  playst  de  le 
fayre  prenés  les  de  qui  vous  playra  sur  ledict  Landry  et 
je  ne  faudray  vous  les  %re  payer  au  temps  que  aurés 
promis,  vous  prians  les  prendre  au  plus  grand  avantage 
que  pourrés  et  m'en  bailler  advys.  Je  vous  envoyé  ung 
noveau  memoyre  lequel  je  vous  prie  bien  assortyr  et  me 
les  envoyer  par  Parys  ou  aultre  voye  que  estimerés  la 
plus  seure,  puys  qu'il  en  fault  payer  la  sortie  soit  a  la  bon 
heure,  faictes  en  le  mieulx  que  pourrés.  Si  envoyés  les- 
dicts  livres  a  Parys  les  faudra  adresser  a  ce  Guillaume  le 
Noyr  librayre  en  Rue  Sainct  Jaques.  Je  croy  qu'ils  vien- 
dront mieulx  conditionés  en  toneaulx  ou  bien  vous  playra 
les  mètre  dans  ung  coffre  ou  deulx  qui  soint  beaulx  affin- 
que  on  en  puysse  retyrer  le  port.  Mes  gens  ont  baillé  peu 
d'argent  a  vostre  serviteur  et  pource  je  vous  faicts  bailler 
lesdicts  100  escus.  Vray  est  qu'il  ont  baillé  pour  126  fl. 
de  livres  et  n'en  ont  receu  que  pour  24  fl.  Je  ne  veulx 


-  64  - 

point  avoyr  de  dispute  avecques  vous  du  payemant.  De 
ce  que  je  vous  paieray  contant  vous  me  rabatrés  corne 
faictes  aulx  aultres.  Je  ne  veulx  pas  mieulx  et  deceque 
me  presterés  a  terme  ung  an  ou  six  moys,  si  ne  prenés 
des  livres  de  moy,  je  me  oblige  a  vous  peyer  en  argent  et 
vous  le  promets  par  la  présente,  pource  je  vous  prie  ne 
doubtés  de  me  bien  assortyr  et  principallement  de  rouge 
et  noyr  et  je  vous  asseure  que  vous  feray  toucher  argent 
souvent  et  si  je  puys  quelque  chose  pour  vous,  commandés 
et  serés  obey  de  bon  coeur,  prians  nostre  Seigneur  vous 
avoyr  en  sa  garde  me  recommandans  a  vostre  bonne  grâce. 

Vostre  Amy  et  Serviteur 
Charles  Pesnot  (3). 

Je  vous  prie  me  adviser  si  prétendes  imprimer  bientost 
les  Concordantias  biblias  4°  (4)  ou  non.  Les  livres  que 
je  demande  j'entens  qui  soint  d'impression  d'Anvers, 
Lovain  et  Collogne  ou  Brucelles  et  non  d'aile.  Je  vous 
prie  de  mander  a  ce  Pierre  Bellere  i  Cours  Civil  rouge- 
noyr  f°  grand  et  ung  Cours  Canon  aussi  rouge-noyr 
grand  dont  vous  servirés  si  en  avés  afFayre,  sinon  me  les 
garderés  et  donnés  advys.  Lesdicts  Cours  Civil  ce  metent 
a  présent  icy  25  fl.  (?)  les  Cours  Canon  20  fl.  (?)  argent 
contant.  Dernièrement  ung  portugoys  nommé  Andres 
Ximenes  bailla  230  fl.  au  S' Arnold  Mileus  (5)  qui  lui  fit 
payer  100  fl.  a  prendre  (sur)  Landry.  Vous  vous  pourrés 
adresser  a  luy  pour  fayre  de  mesnies  si  d'aultre  costé  ne 
povés  mieulx. 

(Adresse  au  verso  :) 
A  Sire  Christofle 
Plantin  librayre  A 
Anvers 
payés  le  port. 


6s 


(i)  Les  Bûiivisi,  niarchatids  de  Lucques,  établis  depuis  longtemps 
à  Anvers.  Le  billet  suivant  de  Pesnot  aux  Bonvisi  accompagne  la 
présente  pièce  :  Al  nome  di  Dio  adi  28  Magio  15 79  I"  L(io)°^ 

Mag"  e  honor.  S.  Ho  bisogno  di  libri  di  M.  Plantino  et  per  questo  li 
scrivo^che  pigli  Cento  scudi  (?)  esii  sopra  Pedro  Landri  mio  nepote 
di  M^  del  Campo.  Se  vipiace  darceli  et  pigliarli  sopra  il  detto  Landry 
al  tempo  che  vedereti  conveniente  me  fareti  apiacere,  non  mancara 
il  detto  Landri  di  farne  bono  pag°.  Per  questo  me  obligo  apagarveli 
con  li  damni  e  interessi  mancando  il  detto  Landri  et  essendo  bono 
afarvi  servicio  vipiac«  commandare  pregando  Iddio  che  per  sempre 
vi  guarde.  (Signé  :)  V^e^  Carlo  Pesnot. 

(adresse  :)  Mag<:i  Dus  Reddi  di  L^°  e  Benedetto  Bonvisi  In  Anversa. 

(2)  Ou  Pierre  Landri,  neveu  de  Pesnot,  libraire  à  Liège. 

(3)  Voir  lettres  précédentes  relatives  à  cet  imprimeur  de  Lyon,  en 
rapport  avec  Plantin  à  partir  de  1567  au  moins.  11  possédait  le  privi- 
\èoe  de  la  vente  de  plusieurs  livres  plantiniens  en  France. 

°(4)  Plantin  publia  une  édition  in-80  des  Concordantiae  hibliorum,  en 
1581,  une  édition  in-40  en  1585, 
(5)  Arnold  Mylius,  ou  Muller, 


829.  —  Plantin  à  Cuypres  et  Pierre  Heyns. 

(In  :  Louis  Vives.   L'instilulion  de  lafeinuu'  chrestienne, 
Plantin,  1579,  in-8",  p.  5). 

I  Juin  1579. 

A  Sébastian  Cuypres  et  Pierre  Heins  prudens  et  bien 
exercités  maisires  d'escoles  de  jeunes  filles  en  la  ville 
d'Anvers  (i). 

(^uand,  selon  vostre  louable  coustume  de  proposer  à 
ce  grand  nombre  d'honestes  jeunes  filles  (qui  journelle- 
ment vous  sont  commises  par  leurs  Parens  ou  Tuteurs, 
pour  leur  enseigner  choses  qui  leur  soyent  tousjours 
utiles)  vous  m'incitâtes  premièrement  d'imprimer  le 
livre  de  l'Institution  de  la  femme  Chrestienne,  à  cause 
que  souvent  n'en  trouviez  pas  suffisance  d'exemplaires,  je 


—  G6  — 

promis  facilement  de  le  faire  pour  deux  causes.  La  pre- 
mière, pour  le  devoir  de  mon  office  ;  l'autre,  pour  la  faci- 
lité que  i'estimois  en  l'aquict  de  ma  promesse.   Car  pour 
le  premier,  je  confesse  que  celuy  qui  faict  Testât  d'impri- 
merie est  tenu  d'imprimer  les  livres  que  les  prudents  & 
sages  précepteurs  luy  déclarent  estre  utiles  &  propres  à 
instruire  &  conduire  la  jeunesse  à  la  vertu  :   ainsi  que 
tous  vos  semblables  ;   personnages  expérimentés  en  tel 
art  &  de  bonne  conscience  ;  jugent  avec  vous  de  cestuy-ci. 
Et   quant  à  l'autre,   je  ne  pensay  oncques;   promettant 
(comme  dict  est)  de  l'imprimer;  que  je  deusse  faire  autre 
labeur,  que  de  suivre  la  copie  tant  de  fois  imprimée  : 
mais  lisant  quelques  premières  pages  dudict  livre  je  me 
trouvay  fort  esbahi,  d'y  rencontrer  une  infinité  de  mots 
&  manières  de  parler  estranges  &  difficiles;  voire  pres- 
que impossibles  à  entendre,   à  qui  n'entend   moyenne- 
ment   le    langage    Latin.     Pourquoy    m'estant    délibéré 
d'employer,  selon  ma  petite  capacité,   quelques  heures 
pour  y  remédier,  avant  que  de  bailler  la  copie   à   nos 
ouvriers,  je  prins  le  Latin  en  main  pour  le  conférer  au 
François;  &  parainsi  m'acquiter  plus  fidèlement  &  facile- 
ment (ce  me  sembloit)  de  ma  promesse.   En  quoy  je  fu 
grandement  abusé.  Car  j'aperceu  incontinent  que  le  tra- 
ducteur n'avoit  suivi  le   Latin,    sinon    autant   qu'il  luy 
avoit  pieu  :  &  que  ledict  livre  ainsi  reduict  estoit  plus 
tost  ung  abrégé,  ramas,  ou  changement;  que  traduction 
dudict  Latin  de  Louis  Vives.  Ce  qui  me  fit  de  prime  face 
grandement  douter,  si   je  devois  vous  requérir  de   me 
quicter  ma  promesse  que  je  vous  avois  si  promptement 
faicte  de  l'imprimer;  ou  bien  si  je  devois  cercher  quel- 
qu'un qui  le  peust,  &  voulust  traduire  derechef.  Car  l'un 
des  deux  m'estoit  nécessaire,  veu  que  d'une  part  je  me 


-  67  - 

sentois  obligé,  &  d'autre  part  insuffisant,  outre  le  soing 
de  nostre  imprimerie  qui  me  donne  peu  de  loisir  de  faire 
autre  chose,  de  le  faire  moymesmes  :  &  aussi  que  je  ne 
voulu  oncques,  ny  ne  voudrois  jamais  entreprendre  d'im- 
primer aucun  livre  sous  le  nom  d'un  auteur,  sans  le  sceu 
&  adveu  duquel  je  trouverois,  ou  entendrois  quelque 
chose  avoir  esté  changée,  ou  ajoutée  contre  son  inten- 
tion. Finalement  je  prins  resolution  alors  de  bailler 
l'exemplaire  Latin  à  maistre  Antoine  Tyron  (2),  pour  le 
traduire  tout  de  nouveau.  En  quoy;  comme  il  est  assés 
bien  accoustumé  &  propre  en  teles  choses;  il  a  faict  son 
devoir  de  tele  propriété  &  fidélité  que  pouvez  juger;  & 
selon  le  jugement  qu'en  ferez,  le  mettre  entre  les  mains 
de  tant  d'honnêtes  filles  qui  vous  sont  baillées  à  garder, 
gouverner,  façonner  &  instruire  en  toutes  bonnes  meurs 
sous  la  craincte,  révérence  &  amour  de  Dieu  :  auquel  je 
prie  faire  prospérer  vos  diligences,  efforts,  &  désirs  ver- 
tueusement employés  à  l'acquict  de  vostre  charge  &  office 
non  moins  honorable  que  utile,  voire  &  nécessaire  à  la 
chose  publicque,  pour  le  bien  de  laquelle  désirant  de 
continuer  le  deu  de  mon  estât;  j'imprime  aussi  mainte- 
nant en  François  le  livret  de  la  Leçon  Chrestienne  de  ce 
grand  Docteur  Benoist  Arias  Montan  (2)  :  livret  propre, 
utile  &  nécessaire  à  toutes  personnes  de  quelque  sexe, 
aage,  estât,  office,  condition,  qualité,  &  auctorité  qu'elles 
puissent  estre  :  car  il  contient  en  brief  le  devoir  d'un 
chacun  Chrestien  en  quelque  lieu  &  temps  que  ce  soit,  & 
en  quelque. degré  qu'il  puisse  estre.  d'Anvers  en  nostre 
imprimerie,  ce  premier  de  Juin,  M.D.LXXIX. 

Le  tout  vostre  à  vous  faire  service  en 
amitié 

Plantin. 


—  68  — 

(i)  Pierre  Heyiis,  maître  d'école,  géographe  et  littérateur,  ami 
de  Plantin,  cité  plusieurs  fois  ailleurs. 

(2)  Antoine  Tiron,  correcteur  chez  Plantin  de  1564  à  1566,  en 
même  temps  que  précepteur  de  ses  filles.  Outre  le  livret  de  Vives, 
Tiron  traduisit  encore  pour  Plantin  la  Magia  Natnrdis  de  ].-B.  Porta 
(1560,  1561,  1564,  1566,  1567,  1576,  1585)  et  les  Dialogues  àQ?\c- 
torius, 

(3  )  Leçon  chres tienne,  ou  les  offices  et  devoirs  convenables  à  tous  disciples 
de  Christ,  tirés  des  préceptes  et  institutions  du  souverain  ministre  et  col- 
Jigés  en  un  bref  sommaire  pour  V instruction  du  petit  troupeau,  par  Benoit 
Arias  Moiitan,  traduicts  du  latin  en  français.  Anvers,  Chr.  Plantin, 
1579,  in-80. 


830.  —  Plantin  à  Aide  Maniice  et  Manassi. 

{archives  Tlautiniennes,  X,  (°  3). 

25  Juin    1579. 

Aux  tnagnificques  Signeurs  Aldus  Manutius  et 
H'°  Manassi  (i). 

Magnificques  Signeurs,  pour  response  aux  vostres  du 
31.  du  mois  passé  que  j'ay  receues  le  ..  du  présent  et 
les  teilles  des  Espistres  de  Cicero  avec  les  Commentaires 
de  feu  de  bonne  menioire  messire  Paulo  Maïuuio  (2)  : 
je  suis  bien  délibéré  de  vous  faire  tout  humble  service  et 
correspondence  telle  qu'il  me  sera  possible  voire  et 
d'impeirer  les  Piivileges  par  deçà  :  mais  de  pa3^er  200. 
en  livres  ce  me  seroit  trop  de  la  moictié  :  car  asseurés 
vous  que  je  ne  mects  pas  le  prix  de  mes  livres  a  la 
moictié  outre  le  coust  et  aussi  que  les  païs  de  pardeça 
ne  sont  de  si  grand  estendue  ne  si  peuplés  de  gens 
curieux  de  teles  oeuvres  qu'il  s'en  puisse  vendre  cent 
exemplaires  ;  païquoy  il  nous  convient  les  envoyer  a 
Francfort  ou  nous  tenons  bouticque  toutes  les  foires  et 
le  lieu  de  la  plus  grande  distribution  de  nos  sortes  est 


_  69  - 

Paris  auquel  lieu  puisque  le  Signeur  Pesnot  a  le  Privilège 
pour  la  France  ne  les  pourrions  vendre.  Et  pourtant  je 
vous  envoyé  icy  ung  mémoire  des  sortes  desquelles  si 
le  trouves  bon  je  vous  envoyeray  pour  la  valeur  de  cent 
escus  aux   conditions   par  vous   spécifiées   ascavoir  que 
m'envoyerés  le  reste  des  feilles  par  la  poste  et  que  m'oc- 
troyrés  et  envoyerés  le  transport  et  le  double  de  vostre 
Privilège   pour  les  Païs  d'Allemagne   auquel   païs  aussi 
comme  en  ceux  icy  et  tous  autres  je  suis  content  que  les 
exemplaires    par   vous   imprimés    et   non    autrement   se 
puissent  vendre  et  que  les  miens  ne  se  puissent  vendre 
en  Italie  ainsi  que  le  spécifiés  en  vosdictes  lectres  :  Car 
je  ne  cerche  pas  tant  mon  particulier  profict  que  celui 
des  estudiants  et  l'amitié  de  tels  nobles  personnages  que 
vous  estes,  ce  qui  m'a  tousjours  faict  contenir  de  n'impri- 
mer pas  incontinent  les  oeuvres  d'aucun  sans  son  congé  : 
de  quoy  plusieurs  se  soucient  peu,  tant  ailleurs  qu'es  pays 
de  pardeça  et  mesmes  ne  font  aucuns  qu'espier  et  aguetter 
s'il  sortira  rien  de  nouveau  pour  incontinent  le  contre- 
faire et  bien  souvent  si  misérablement  qu'ils  font  honte 
aux  autheurs  et  premiers  imprimeurs  (3).  Ce  que  j'estime 
bien  que  vous  apercevés  et  scavés  trop  mieux  que  ne  le 
vous  scaurés  escrire  et  aussi  qu'aurés  peut  estre  veu  que 
vos  Commentaires  in  Orationes  Cic.  sont  imprimés  in  8° 
a  Cologne.   25.  Junij  1579. 

(i)  Aide  Manuce,  le  jeune,  fils  aîné  de  Paul.  Il  négligea  les  affaires 
de  l'imprimerie,  étant  nommé  professeur  de  belles-leures  aux  écoles 
de  la  chancellerie  (1576),  et  finit  par  abandonner  son  otîficine  à  Nicol, 
Manassi,  l'un'de  ses  ouvriers, 

(2)  Paul  Manuce  était  mort  le  6  avril  1574.  Nous  n'avons  pas 
trouvé  trace  (en  1 579-1  580)  d'une  édition  plantinienne  des  Commen- 
taires de  Tatil  Mamice  sur  les  lettres  de  Cicéron,  parus  plusieurs  fois  à 
Venise  et  à  Anvers. 


—    70    — 


(3)  Allusion  à  l'imprimeur  Gymnicus,  de  Cologne,  qu'il  accuse  de 
ce  fait  dans  une  lettre  à  Stadius  du  lo  avril  1579  (n"  827). 


831.   —  Plantin  h  de  Çayas. 

{Archiva  General  de  S imancas,  Sria  de  Estado,  Leg.  583  ;  minute  aux 
Archives  Plantiniennes,  X,  f"  ^). 

22  Août   1579. 

(Moflin  ayant  écrit  que  de  Çayas  s'intéresse  toujours  à  l'imprimeur, 
celui-ci  se  permet  de  rappeler  que  la  pension,  promise  autrefois  par 
le  roi  à  Plantin  et  à  son  gendre  Raphelingien,  n'a  jamais  été  payée. 
Les  mois  précédents,  l'architypographe  a  fait  parvenir  à  de  Çayas, 
jusqu'à  trois  reprises,  les  épreuves  et  les  comptes  des  livres  litur- 
giques, commandés  en  Espagne., Plantin  en  enverra,  si  c'est  néces- 
saire, une  quatrième  copie.  Dans  le  cas  où  aucun  secours  ne  peut 
lui  être  donné,  il  solliciterait  auprès  du  roi  une  attestation,  l'acquittant 
de  toutes  charges  précédentes,  afin  d'éviter  à  ses  successeurs  des 
réclamations  ultérieures). 

111'  admodum  Domine. 

D.  Joliannes  Moflinus  suis  litteris  mihi  nuper  confir- 
mavit  quanto  amore  et  benevolentia  me  prosequatur  111'^ 
D.  V.  et  quantum  res  me^  sint  ipsi  cordi  ac  proinde 
cupere  certo  intelligere  num  ego  et  gêner  meus  Raphlen- 
gius  ea  pensione  fruamur  quam  nobis  a  Regia  M'"  ultro 
et  liberaliter  impetraverat  et  quid  prasterea  exoptem. 
Paucis  itaque  dict^  111.  D.  V.  significandum  putavi  nos 
nihil  prorsus  ex  illis  (pensionibus)  recipere  neque  quic- 
quam  récépissé  ab  eo  tempôre  quo  (i)  hic  tumultus  in- 
cho.arunt  neque  spes  est  aliquid  recipiendi  eo  quod  dict^ 
pensiones  essent  assignatae  supra  reditus  Hogiistratanos 
qui  hieredibus  liberi  sunt  ab  eo  tempore  redditi-(2). 


Superioribus  autem  mensibus  Septembris,  Octobns  et 
Decembris  (3)  misi  111.  D.  V.  specimina  et  rationes  eorum 
qu^jussu  Dominorum  nomine  Catholicc^  Regias  Ma)es- 
tatis  apparaveram  ad  imprimendos  libres  Ecclesiasticos 
et  rogabam  ut  nisi  ratio  haberetur  imo  reipublicœ  Chris- 
tian^" habeatur  ratio  cui  mecum  omnia  mea  dedicari. 

auod  si  nulla  exemplaria  litterarum  mearum  existi- 
marem  ad  manus  vestras  pervenisse  rursus  ea  descripta 
quarto  mitterem,  si  autem  pervenerint  et  nihil  inde  mihi 
sperandum  sit  auxilii,  saltem  hoc  cuperem  maxime  ut 
mihi   m.    D.   V.    diploma   Regium    impetraret    quo   ab 
omnibus  ante  factis  et  susceptis  operibus  nomine  regio 
absolverer  ne  mihi  posthac  vel  h.xredibus  meis  negocium 
quis  ex  datis  vel  acceptis  nomine  regio  facessere  queat, 
hoc  si  beneficiis  a  se  mihi  prœstitis  addiderit  111.  D.  V. 
efficiam  ne  ingrati  animi  nota  nobis  nec  postens  nostris 
umquam  inuratur  Deo  favente,  quem  rogo  ut  reipubliCT 
christian.-e,  Régi  nostro  optimo  et  nobis  111.  D.  V.  dm 
conservet  incolumem.  Antverpi^  xxii  Augusti  mdlxxix. 
111.  D.  V.  cliens  addictissimus 
Christophorus  Plantinus. 

(1)  Dans  la  minute  :  ab  eo  tempore  quo  e  vivis  Bruxellis  decessit 
D    Commendator  maximus. 

(2)  \  propos  de  cette  pension,  promise  en  i573,  ^  prélever  sur  les 
biens  du  comte  de  Hoogstraten,  voir  la  pièce  n»  815  et  notammem 
la  lettre  suivante. 

(j)  Voir  lettres  n°s  809  et  817. 


—  72  — 

832.   —  Plantin  à  Mojiin, 
{Archives  Plantiniennes,  X,  fo  3^'). 

22  Août   1579. 

A  Monsigneur  Monsieur  Moflin. 

Monsigneur  pour  respondre  aux  vostres  du  27.  de  May 
que  i'ay  receues  le  25.  Juin,  je  n^^y  pas  veu  les  lectres 
qu'escrivés  m'avoir  envoyées  le  Caresme  passé.  Mainte- 
nant j'envoye  icy  ample  procuration  pour  traicter  toutes 
choses  en  mon  nom  tant  par  Monsigneur  le  grand 
Aumosnierque  par  vous  et  autres  que  voudrés  constituer. 
Je  vous  remercie  grandement  de  tant  de  peines  qu'avés 
prins  pour  moy  envers  ledict  Signeur,  Monsieur  Çayas 
et  autres  que  pour  les  cent  florins  (i)  délivrés  pardela 
pour  me  les  faire  payer  icy.  Il  me  reste  maintenant  de 
vostre  compte  la  somme  de  huictante  neuf  florins  sept 
pat.  et  demy. 

Quant  a  Monsigneur  Çayas  je  n'ay  pas  receu  lectres  de 
luy  depuis  que  par  trois  fois,  la  première  en  Septembre, 
l'autre  en  Octobre  et  dernièrement  en  Décembre  (2),  je 
luy  ay  envoyé  les  comptes  qu'il  m'avoit  demandé  par  ses 
lectres  de  ce  que  j'avois  avancé  pour  les  preparements  né- 
cessaires a  l'impression  des  grands  livres  Ecclesiasticques, 
de  quoy  je  desirois  estrc  dressé,  parquoy  je  ne  puis 
comprendre  ce  qu'il  a  dict  a  V.  S.  qu'il  ne  scavoit 
entendre  ce  que  je  pretendois.  Quant  a  la  pension  qu'il 
m'avoit  faict  avoir  et  a  mon  beau  fils  nous  n'en  recevons 
rien  qui  soit  :  car  elles  nous  estoyent  assignées  sur  la 
comté  de  Hoogstraete  comme  revenus  confisqués  au 
profict  de  sa  Majesté  :  et  depuis  la  Pacification  de  Gand 


■3 


tous  biens  confisqués  sont  retournés  a  leurs  anciens 
Signeurs  et  miiistres  sans  aucunnes  charges  nouvellement 
imposées,  ainsi  que  je  luy  escris  succinctement  luy  priant 
que  pour  le  moins  (s'il  ne  se  peut  impetrer  autre  chose 
en  ma  faveur)  qu'il  luy  plaise  au  moins  me  procurer  et 
envoyer  une  quictance  générale  de  toutes  et  quelconques 
impressions  que  j'aye  entreprinses  et  argent  que  j'aye 
receu  pour  icelles  ou  autrement  au  nom  de  sa  Majesté 
afin  pour  le  moins  que  (au  lieu  de  payement  d'environ 
trente  mille  florins  que  j'ay  advancé  pour  les  préparations 
de  l'impression  des  livres  ecclesiasticques  et  autres  trais 
et  travaux  par  moy  faicts  au  nom  de  sa  Majesté)  nulluy 
ne  me  peust  molester  ou  bien  mes  héritiers  a  cause  de 
quelques  parties  d'argent  receues  a  diverses  tant  sur 
Timpression  de  la  Bible  que  diverses  sortes  de  Missels  et 
Bréviaires.  Car  j'entends  qu'il  advient  aucunnesfois  que 
les  officiers  royaux  trouvants  quelques  parties  escrittes 
sur  quelqu'un  les  viennent  demander  sans  prendre  garde 
aux  parties  livrées  a  l'encontre  desdictes  parties.  Et  pour- 
tant je  vous  supplie  que  l'occasion  s'ofTrant  il  vous  plaise 
soliciter  ledict  Signeur  en  mon  nom  et  faveur  pour 
obtenir  pour  le  moins  telle  quictance  et  descharge  de 
toutes  et  quelconques  choses  qui  m'ayent  esté  délivrées 
ou  commises  au  nom  de  sadicte  Majesté. 

Au  reste  le  Signeur  Abraham  Ortelius  m'a  monstre 
vos  lectres  esquelles  l'advertissés  des  livres  achaptés  pour 
nous,  de  quoy  je  vous  remercie  grandement  et  prie  d'en 
retenir  le  payement  et  de  m'employer  familièrement  en 
ce  que  penserés  que  je  vous  puisse  ou  aux  vostres  faire 
quelque  service,  vous  promectant  que  je  m'y  employeray 
d'aussi  bon  cueur  que  je  prie  Dieu  vous  augmenter  ses 
sainctes  grâces,  me  recommandant  treshumblement  a  la 


—  74  — 

vostre  comme  font  aussi  ma  femme,  gendres  et  filles. 
d'Anvers  ce  23.  Aougst  1579. 

(i)  Ou  cent  écus,  que  Osorio  de  Ulloa  devait  à  Plantin.  Voir  plu- 
sieurs lettres  du  4  février  1579  à  Moflin,  à  Arias  Montanus  et  au 
grand  aumônier  Ludov.  Manriquez. 

(2)  Voir  la  lettre  précédente,  adressée  à  de  Çayas. 


833.  — Plantin  à  Arias  Montanus. 
[Archives  Plantinimnes,  X,  f"  4). 

22  Août  1579. 

(Ferez  communique  régulièrement  à  Plantin  les  nouvelles  d'Arias 
qui  peuvent  l'intéresser  ;  il  n'est  donc  pas  nécessaire  que  son  ami  les 
répète  dans  ses  lettres  à  l'imprimeur.  Les  commentaires  d'Arias  se- 
ront mis  sous  presse  avec  les  ajoutes,  aussitôt  qu'arrivés.  Ortelius  et 
Plantin  désirent  vivement  que  Montanus  envoie  les  cartes  de  l'Amé- 
rique et  de  la  Chine  en  question.  V Additamentum  du  Théâtre  d'Orte- 
lius  comprend  23  cartes  nouvelles  et  sera  expédié  à  la  première 
occasion.  Salutations  de  Lasvinus,  de  Prunius  et  de  toute  la  famille 
de  Plantin). 

Ill'  admodum  Viro  D.  Ben.  Arias  Montano. 

Res  ita  se  habet  ut  scribis,  Patrone  colendiss.  Perezius 
noster  mecum  communia  semper  communicat.  Quare 
non  est  quod  in  tuis  ad  me  litteris  répétas  quae  illi 
scripseris.  Eadem  certe  quœ  tu  maxime  desideras  eadem 
nos  quoque  avemus  summopere,  sed  quoniam  elementa- 
liter  ut  ita  dicam  non  datur,  id  spiritualiter  videor  me 
amplecti  et  efficaciter  eo  frui^  quare  non  illibentcr  vale- 
tudinem  ut  jubés  euro  diligenter,  ad  quam  item  nihil 
mihi  crede  aptius  et  convenientius  deprehendo  quam  ut 
cogitationes  et  affectus  nostros   omnes  committamus  vo- 


—  75 


luntati  divin.^,  ita  ut  par.ti   sumus  ad   omnia  qu^  Deo 
placent  et  ea  libenter  feramus  qu^  accidunt  m  dies. 

Commentada  tua  (aut  separatim  notas  et  emendationes 
tuas  ad  folia  nostr^  editionis  signatas)  ubi  ad  nos  misens 
statim  recudam  quam  diligenter  et  emendate  poterimus. 
Mosis(2)  ^gyptij  et  Zohar  curavimus  Venetiis  evocan 
de  illis  statim  acturi  qua.  jubés.  Scripsi  quoque  _nd 
fratrem  (quem  cum  Rasio  et  aliis  amicis  tuo  nomme 
salutavi)  ut  ad  me  mittit  receptam  olei  cerae  de  Balsami 
artificialis  ad  te  etiam  ilico  mittendam. 

Tabulas  illas  America  et  Sinarum  (3)  cupmius  ego  et 
Ortelius  (qui  te  peramanter  salutat)  ad  nos  quampnmum 
transmitti  et  si  quas  pr^terea  habere  potens.  Addita- 
mentum  Theatri  ejusdem  Ortelij  in  quo  23.  tabula  nov^ 
sunt  impress^  prima  opportunitate  tibi  transmittam  cum 
aliquot  aliis  libellis  (4).  L^vinus  valet  Leodij  quemad- 
modum  nobis  refert  Corn.  Pruynius  (5)  qui  te  plurn.um 
jubet  salutare.  Idem  faciunt  Raphelengius,  Moreu  ambo 
cum  uxore  mea  et  reliqua  familia.  Dns  Deus  su  nobis 
semper  propitius.  Antverpi.^^  22.  Augusti  i579- 

(0  Bencdictl  Aria  Montani  Hispdensis  Commentaria  induodecim 

propheias  :  Nunc  tandem  ah  ipso  anciore  recognita.  Plantin,  1 583,  >n-4  • 

(2)  Précédé  d'un  terme  hébreu  dans  le  manuscrit. 

3    Nous  savons  qu'Ortelius  det.ianda  des  cartes  géograpHues  a 

nlu    eurs  de  ses  amis  à  l'étranger.  Celles  de  l' Amérique  et  de  la  Chn^e 

^W^  promit,  ont  pu^ervir  encore  ^^^rVAddit^nentum^^ 

1580   qui  débute  en  effet  par  une  belle  carte  u.edtte  de  1  Amérique  . 

Hispania  Nova  Siva  Magnce,  recens  d  vera  descripsio    '^79- 

U)  Additamentum  Theatri  Orhis  Terrarum.  Antverpiae  Aduaticorum 
1579,  in-f».  Ce  fut  cette   même  année  que  Plantin  fit   paraître  sa 
première  édition  de  l'atlas  d'Ortelius.  _ 

(5)  Corneille  Pruynen,  Preunen  ou  Pruenen,  tresonei  de  la  ville 
d'Anvers,  en  rapports  fréquents  avec  Plamin  depms  1572. 


-  76  - 

83  4-  —  Plantin  à  Henri  BarrefeJt  (?) 
{Archives  Tlantiniennes,  X,  f"  4^j. 

22-28  Août   1579. 

Pour  response  aux  vostres,  je  vous  remercie  de  ce 
qu'il  vous  a  pieu  m'envoyer  le  livre  promis  et  oblié  a 
nous  délivrer  (i)  au  logis  ou  par  vostre  faveur  nous 
fusmes  (après  que  nous  eustes  amiablement  et  abun- 
dantement  traictés  de  diverses  viandes)  tant  honneste- 
ment  et  commodément  couchés  :  vous  priant  de  vouloir 
reciprocquement  user  de  nous  en  tout  ce  qui  nous  sera 
possible. 

Je  loue  aussi  Dieu  grandement  des  grâces  et  bonne 
volonté  qu'il  luy  a  pieu  vous  donner  a  l'advancement 
de  sa  repub.  Chrestienne  et  empeschement  des  entre- 
prinses  de  ceux  qui  s'estiment  estre  les  principaux  voire 
seuls  combien  qu'ils  ne  scachent  encores  ou  au  moins 
n'ayent  pas  practicqué  les  loix  ni  fondements  d'icelle  et 
prie  tresaffectueusement  le  mesme  Dieu  que  par  son  fils 
Jesuschrist  il  luy  plaise  augmenter  en  nous  sa  semence 
jusques  a  la  perfection  et  maturité  de  son  fruict  en 
l'union  de  son  sainct  esprit  de  quoy  une  paix  s'ensuive 
a  jamais.  Mais  quant  a  l'impression  dudict  livre  je  ne  la 
puis  entreprendre  suivant  la  règle  politicque  a  laquelle 
j'ay  proposé  me  tenir  aussi  long  temps  que  je  ne  verray 
chose  absolutement  milleure  et  entièrement  nécessaire 
pour  la  tranquilité  temporelle  et  éternelle,  et  ne  me  veux 
aussi  entremectre  de  le  recommander  a  autres,  encores 
que  je  trouve  la  doctrine  y  comprinse  excéder  grande- 
ment toutes  celés  que  j'aye  veues  estre  publiées  soubs  le 
nom  d'aucun  peculier  personnage  d'estude.  Si  est-ce  que 


—  77  — 

pour  ne  vous  celer  ce  que  j'en  sens,  je  ne  trouve  pas  que 
telle  impression  abaissast  tant  les  cornes  des  obstinés  ne 
qu'elle  advanceast  tant  la  paix,  tranquilité  et  union  des 
hommes  en  la  vraye  et  sincère  Chrestienté  que  vous  le 
pensés.  Car  la  superbe  obstination  s'augmente  tousjours 
par  estre  contrariée  des  hommes  et  par  conséquent 
irritée  et  ne  s'abaisse  que  par  se  trouver  trompée  et 
deceue  ce  qui  provient  peu  a  peu  par  l'expérience  de  ne 
parvenir  a  son  prétendu,  et  la  paix  et  tranquillité  Chres- 
tienne  ne  provient  de  disputes  ou  contradictions  con- 
vaincues par  certains  arguments  ou  escrittures  mais  de 
la  renonciation  de  soymesmes  amenant  la  confiance  cer- 
taine envers  nostre  Dieu  et  Père  céleste,  d'où  s'ensuict 
l'obéissance  entière  a  sa  volonté  et  par  conséquent  la 
sanctification  de  son  sainct  nom  qui  est  l'efficace  de  sa 
vertu  essentielle  au  cueur  des  hommes  ou  advient  et  se 
bastist  son  règne  éternel  en  paix  et  tranquillité  a  jamais. 
Je  vous  prie  aussi  me  recommander  au  Sig""  Stuivers  et 
autres   amis. 

fi)  Cette  lettre  est  une  des  rares  pièces  de  Plantin,  sinon  l'unique 
dans  le  recueil  Brieven  X,  sans  nom  de  destinataire.  Nous  inclinons  à 
identifier  celui-ci  avec  Henri  Barrefelt  (Henri  Janssen,  de  Barneveld), 
le  chef  de  la  secte  religieuse  issue  de  l'église  de  Henri  Niclaes,  ou  de  la 
Famille  de  la  Charité.  Le  Musée  possède  une  partie  de  la  correspon- 
dance de  Barrefelt  à  partir  de  1580.  Par  une  de  ces  lettres,  datée  du 
27  novembre  de  cette  année,  on  apprend  qu'il  était  question  de  faire 
imprimer  par  Plantin  le  Acher-Schat  et  les  Sendt-brieven.  Ce  sont  là 
les  impressions  auxquelles  l'architypographe  fait  allusion  dans  la 
présente  pièce,  et  qu'il  n'osa  entreprendre  pour  des  raisons  politiques. 
Voir,  à  propos  des  relations  entre  Plantin  et  Barrefelt,  ainsi  que  de 
l'impression  de  ces  ouvrages  attribuée  au  prototypographe  et  à  son 
gendre  Raphelingien  :  Max  Rooses,  Christophe  Plantin,  imprimeur 
anversois,  2"=  édition  (1896),  pp.  88-89. 

Max  Rooses  y  prouve  que  Plantin  partageait  les  opinions  religieuses 
de  Barrefelt,  qu'il  imprimait  ses  livres  et  qu'il  était  un  des  chefs  de 


-  78  - 

la  secte  à  Anvers.  Barrefelt  signait  ses  livres  du  nom  de  Hiël  (vie  de 
Dieu).  Plusieurs  membres  de  la  famille  de  l'architypographe  appar- 
tenaient à  la  même  congrégation  -  François  Raphelingien,  Hans 
Spierinck,  le  second  mari  de  Catherine  Plantin,  même  Jean  Moretus, 
qui  écrivit  de  nombreuses  lettres  à  Barrefelt.  La  pièce  de  Plantin 
traduit  nettement  les  tendances  et  les  préceptes  fondamentaux  de  la 
secte. 


835.  —  Plantin  à  Pamelius. 
(archives  Tlatitiniennes,  X,  fo  4^). 

22-28  Août  1579. 

(Plantin  prétend  avoir  toujours  répondu  aux  lettres  de  Pamelius. 
Carrion,  qui  a  été  à  Anvers  pour  l'impression  de  son  Sallusie,  s'est 
également  étonné  de  ce  que  Pamelius  n'envoyât  pas  son  TertuUien. 
Maintenant,  l'auteur  fait  savoir  que  son  ouvrage  sera  imprimé  à 
Paris  !  Plantin  en  est  désolé  :  voilà  trois  ans  qu'il  attendait  le 
manuscrit  de  cette  édition,  qu'il  en  avait  acheté  le  papier  et  fait  les 
préparatifs  !  L'architypographe  se  réjouit  toutefois  de  l'apparition 
prochaine  de  l'ouvrage  et  n'en  offre  pas  moins  ses  services). 

Clariss.  Viro  Dno  Jac.  Pamelio. 

Tuœ  litterïe  xviii.  scripte  mihi  hodie  26.  ejusdeni 
redditas  sunt,  quibus  paucis  responsum  accipe.  Nullas 
prorsus  memini  me  accepisse  abs  te  litteras  quibus  non 
responderim.  Cario  etiam  cui  scribis  te  curam  cominisisse 
ut  me  sollicitaret  hic  hassit  per  aliquot  menses  et  fami- 
liariter  nobiscum  ita  locutus  ut  Sallustium  suum  apud 
nos  curaverit  recudendum,  neque  umquam  tui  mentio 
fecit  a!ia  quam  quod  niiraretur  te  nondum  Tertullianum 
tuum  ad  nos  misisse  excudendum.  Miror  itaque  quod 
scribas  te  rursus  voluisse  in  memoriam  refricare,  magis 
vero  quod  statueris  omnino  ut  Parisiis  excudatur  Tertul- 


—  79  — 

lianus  ad  quod  nihil  aliud  habeo  quod  respondeam  nisi 
quod  res  me^  non  ferani  ut  alibi  quicquam  vel  apud 
alium  curem  imprimi  quam  in  officina  nostra.  Tibi  vero 
ex  iequo  et  bono  uti  Christianum  et  Sacerdotum  theo- 
logum  decet  perpendendum  et  judicandum  relinquo 
quam  justum  sit  me  sumptus  a  tanto  tempore  fecisse, 
papyrum  magno  emptam  jam  per  triennium  integrum 
servasse  juxta  tuum  pr^escriptum  in  variis  litteris  tuis 
signatum,  nunc  vero  tandem  spe  mea  ex  promissis  tuis 
concepta  frustrari  (2).  Q.u^  omnia  committo  uti  alia  soleo 
omnia  nostra  voluntati  divinae.  Ipse  interea  gaudebo  si 
respublicaChristiana  tandem  frai  queat  eo  auctore  tamdiu 
desiderato,  et  si  qua  in  re  in  hoc  negocio  vel  alio  pietatem 
veram  pr^esenti  pecunia  parata  vel  quo  alio  modo  juvare 
potero  non  propterea  desinam.  Ita  me  Deus  piorum 
omnium  sublevator  me  adjuvet  et  (inachevée). 


(i)  C.  Sdliistii  Crispi  operum,  qiia  exstant,  Nova  editio.  Edente  et 
recensente  Ludoi'ico  Carrione.  Plantin,  1579,  in-8°.  Précédé  de  la 
lettre  de  Carrion  à  Plantin,  reproduite  au  n*>  824. 

(2)  Plantin,  en  effet,  ne  fournit  pas  l'édition  de  TertulUen  par 
Pamelius.  Elle  parut  chez  son  confrère,  l'imprimeur  parisien  Son- 
nius,  qui  en  fournit  à  Plantin  un  certain  nombre  d'exemplaires, 
pourvus  de  l'adresse  et  de  la  marque  plantiniennes.  L'édition  était 
prête  en  1579.  Le  1 3  et  14  septembre,  Pamelius  écrivit  les  dédi- 
caces à  Grégoire  XIII  et  à  Philippe  II,  mais  l'ouvrage  ne  parut  qu'en 
1584:  Q.  Septimii  Florentis  Terlidliani  Cartha^iniensis  presbvteri, 
Opéra  qua  haclenns  repertri  potiierunt  omnia:..  cum  lacohi  Panielii  B)  u- 
gensis  .  Argtimenlis  &  Adiiolalionibus..  Antverpias,  Apud  Christopho- 
rum  Plantinum.  m.  d.  lxxxiiii.  In-f". 


—  8o  — 
836.   —  Plantin  à  Turrianus. 

[archives  Plantinicnnes,  X,  f"  5''). 

22-28  Août  1579. 

(Plantin  pourra  être  bref  dans  sa  réponse  à  Turrianus  :  il  a  fait 
savoir  au  père  de  Bonnyères  que  les  trente  exemplaires  de  Clément 
ont  été  expédiés,  avec  le  texte  grec,  à  remettre  à  Turrianus  même, 
Plantin  se  tient  à  la  disposition  du  prélat.  Son  imprimerie,  comme 
dès  le  début,  est  toujours  au  service  de  l'Église,  quoique  les  temps 
l'obligent  parfois,  en  apparence,  à  dévier  du  droit  chemin). 

Rev,  in  C.  P.  Dno  Francisco  Tuniano. 

Litterie  Rev.  P.  T.  23.  Maij  dat^  niihi  hoc  Augusto 
mense  primum  sunt  redditie  quibus  paucis  respondendum 
mihi  videtLir,  eo  quod  sperem  Patrem  Michaelem  de 
Bonn3'eres  habitantem  Parisiis  in  Collegio  vestr^  socie- 
tatis  jamdiu  significasse  Rev.  P.  T.  quod  ad  ipsum  ante 
aliquot  menses  miserim  30.  exemplaria  Clementis  (i) 
voluntati  tuas  destinata,  et  exemplar  tuum  grœcum  etiam 
accepisse  remittendum,  quare  nihil  aliud  est  addendum 
quani  ut  significem  me  tibi  gratias  habere  maximas 
relaturus  si  umquam  se  se  mihi  obtulerit  occasio  et 
facultas  pro  tua  in  nos  benevolentia  et  exhortatione  ad 
conservandum  bonum  nomen  nostrum  in  quo  laborabo 
fideUter  neque  a  vero  scopo  nobis  a  principio  institutionis 
nostrcT  typographie  proposito  vel  latum  ut  aiunt  unguem 
deflectere  est  animus.  Nam  et  si  tempestates,  vis  et  vio- 
lentia  cogat  nos  saspe  subsistere  aut  uti  nautas  adversus 
tempestatem  navim  suam  ducunt  per  obliques  cursus 
versus  portum  paullatim  tendere  (2)  ad  quem  perducat 
nos  Dns  Deus  noster  et  Rev.  D.  T.  nobis  diu  conserver 
incolumem.  Antverpie. 


—  8i  ~ 

(i)  ^4posiolicarinn  constitutionum  à'  CathoUca  docirina  démentis 
Romani  libri  VIII.  Francisco  Tiirriauo  Societatis  lesu  interprète  è  Grccco. 
Plantin,  1578,  in-fo. 

(2)  Nouvelle  allusion  aux  pamphlets  sortis  des  presses  de  Plantin, 
dirigés  contre  les  ministres  du  roi  d'Espagne. 


837.  —  Plantin  à  Buyssetiiis. 
(Archives  Plan tinieu nés,  X,  f"  5''). 

28  Août   1579. 

(Déjà  plusieurs  fois,  Plantin  avait  demandé  à  Buyssetius  de  lui 
envoyer,  par  l'entremise  de  Casnedo,  la  nouvelle  édition  du  Missel. 
L'imprimeur  voudrait  savoir  aussi  où  en  est  la  correction  du  Corpus 
Canonicum.  Il  avait  expédié  à  Casnedo  douze  exemplaires  du  Bréviaire 
in- 160,  avec  prière  d'en  offrir  un  à  Buyssetius.  Ayant  appris  que  le 
cardinal  de  Granvelle  les  avait  tous  gardés  chez  lui,  Plantin  en  a  envoyé 
six  autres.  Un  beau  Bréviaire,  en  un  seul  volume,  est  sous  presse. 
La  réimpression  du  Missel  sera  retardée  jusqu'à  la  réception  de 
l'exemplaire  corrigé.  Mais  l'architypographe  voudrait  avant  tout 
commencer  le  Corpus  Canonicum,  ou  du  rnoins  les  parties  qui  n'ont  pas 
subi  de  changement.  Que  le  Dr.  Navarrus  lui  communique  de  son  côté 
les  remaniements  à  apporter  à  son  Maniiale,  car  le  livre  est  très  de- 
mandé dans  ces  provinces). 

Rev.   in  C.  P.   Dno  Johanni  Buyssetio. 

Aliquoties  antehnc  (i)  rogavi  Rev.  P.  T.  ut  nobis 
opéra  D.  Casnedi  (qui  tibi  libenter  persolveret  qu;ç 
persolvenda  essent)  mitteres  editionem  novam  Missalis 
et  si  quid  aliud  esset  istic  in  usu  novo  recognitum  et 
recusum  atque  significares  quo  loco  esset  editio  Corporis 
Canonici  quam  a  nonnullis  amicis  audivi  corrigi  ad  ini- 
primendum  :  sed  nihil  prorsus  habui  a  Rev.  D.  T.  res- 
ponsi,  rogo  itaque  et  obsecro  ut  id   nostra  imo  reipub. 


—    82    — 

christianas  causa  (cui  nostros  labores  vovi  et  conor  ut 
prosint  semper)  prœstare  velis.  Sumptus  quosvis  in 
emendo  et  mittendo  taies  libros  ferre  paratus  sum  et 
spero  dictum  D.  Casnedum  nostra  causa  non  recusa- 
turum.  Ei  antehac  miseram  12.  exemplaria  Breviarij  in 
16°  duobus  tomis  a  me  editi  jusseramque  ut  tibi  imprimis 
exemplar  unum  nostro  nomine  daret.  Ab  eo  autem  nu- 
perrime  litteras  accepimus  quibus  significat  Ill°^"«i  Cardi- 
nalem  Granvellanum  omnia  retinuisse,  quare  alla  sex 
ipsi  misi  e  quibus  volo  ut  unum  tibi  reddatur,  plura 
missurus  si  tibi  gratum  intellexero.  Excudo  nunc  iterum 
Breviarium  unico  volumine  elegantius  et  commodius  ni 
fallor  quam  antehac  fecerim.  Missalis  recusionem  differo 
donec  abs  te  exemplar  recepero.  Papyrum  jam  ante 
annum  servo  ad  Corporis  Canonici  editionem  quœ  hic 
non  sine  damno  reipub.  Christian^  a  piurimus  expectatur 
desideraturque.  Nulla  siquidem  ab  aliquot  jam  annis 
exemplaria  inveniuntur  in  his  regionibus,  quod  si  scirem 
istinc  nos  non  posse  brevi  exemplar  vel  partem  ejus 
aliquam  habere  emendatam  ego  interea  inchoarem  eas 
partes  in  quibus  significares  nihil  mutandum.  Nonnulli 
etenim  asserunt  istic  nihil  emendari  praeierquam  in 
Decreto.  Iterum  propterea  atque  iterum  obsecro  et 
nomine  reipub.  Christianae  quasi  jure  postulo  ut  te  vel 
tribus  quod  aiunt  verbis  significes  quid  nobis  agendum 
videatur  (2).  Petieram  quoque  ut  significares  num  D. 
Doct.  Navarrus  vivat  et  an  aliquid  in  suo  Manuali  confes- 
sariorum  emendaverit  addideritve,  vellem  etiam  recudere, 
neque  pati  debemus  ut  h^e  Provincise  hoc  maxime  tem- 
pore  talium  librorum  inopia  laborent.  Rogo  itaque  ut 
nostrum  in  talibus  studium  quantum  in  te  est  adjuvare 
(uti  soles)  digneris.  Periculum  siquidem  est  in  mora  quœ 


83 


nulla  piorsus  in  me  repcrietur  etiam  si  varia  obstent 
Dobis  incommoda  qax  libenter  patimur  et  ferimus  per 
Dei  auxilium  qui  te  nobis  diu  conservet  incolumem. 
Antverpias  raptim  28.  Augusti  1579. 

(i)  Voir  la  lettre  précédente  à  Buyssetius  du  14  mars  1 579  (no  825), 
où  Plantin  insiste  déjà  sur  plusieurs  points,  rappelés  dans  la  présente, 
notamment  au  sujet  du  Missel  et  des  nouvelles  éditions  du  Corpus 
Canonicuni  et  du  Maiiuah'  Confessariorum  du  Dr.  Navarrus. 

(2)  Plantin  a  ici  en  vue  les  notes  de  Buyssetius  même  sur  le 
Corpus  Canonicum,  comme  il  est  clairement  dit  dans  la  lettre  suivante 
aux  Aides  Manuce. 


838.  —  Plantin  aux  Aides  Manuce  (?) 
[Archives  Pianliuiennes,  IX,  f"  84^). 

Septembre  1 579  (?) 

(Plantin  se  réjouit  de  ce  que  les  Aides  ont  bien  reçu  le  livre  des 
Messes.  L'architypographe  songe  à  présent  à  mettre  en  lumière  celles 
de  Philippe  de  Monte.  Plantin  voudrait  également  réimprimer  les 
Bréviaires,  Missels,  Diurnaux  et  Offices  de  la  Vierge,  s'il  était  en 
possession  des  corrections  qui  y  ont  été  apportées  à  Rome.  Il  vient 
d'écrire  au  père  Buyssetius  à  propos  d'une  nouvelle  édition  du  Droit 
canon.  L'imprimeur  voudrait  l'accompagner  des  notes  de  ce  père  ; 
il  insiste  pour  que  celles-ci  soient  confiées  à  Casnedo). 

Mag"  Honor''  (i) 

La  vostra  gratissima  di  primo  di  Settembre  e  capitata 
in  le  mie  mani  adi  IX.  di  questo  de  la  quale  ho  receputo 
placer  per  intcnder  che  hano  il  libro  délie  messe  (2) 
mandato  in  le  mani  délie  S.  Vostre,  il  quai  non  ha  dis- 
piaciuto  a  le  S.  V.,  che  mi  augmenta  l'animo  di  metter 
in  luce  altrc  messe  alcunc  lequali  ho  in  le  mani  del  Ex™° 


-  84- 

musico  Phil.  de  Monte  (3),  liquali  non  sarano  stampate 
da  me  sensa  haverne  memoria  di  farne  subito  participi 
le  S.  V.  dapoi  che  con  animo  benevolo  hano  receputo 
l'altro  da  me. 

Et  perche  de  giorno  in  giorno  voi  ristampando  li 
breviarii,  missali,  diurnali  et  oflRcij  de  la  Madonna  (non 
obstante  li  tempi  tanto  stranij  che  habiano  costi  como  lo 
possono  intender  da  diversi),  pregaro  che  piacia  aloro  per 
ogni  occasione  farmi  dar  aviso  quando  che  occorrera 
observationi,  mutation!  o  emendationi  alcune  in  detti 
libri  per  poterli  seguire  egualmente  per  la  utilita  di  la 
Republica  Christiana.  Per  le  ultime  mie  ho  scritto  assai 
al  largo  al  Padre  Jo.  Buyssetio  de  l'intentione  mia  in  el 
stampare  il  Corpo  Canonico  (4).  Spettando  aviso  con  il 
primo  si  in  questo  costi  e  stato  colocato,  desirando  che 
le  note  di  quello  sera  in  detto  corpo  observato,  correct© 
o  giunto,  me  siano  mandate  per  le  mani  del  S"""  Gio. 
Batt*  Casnedo  che  acceptero  per  beneficio  grande  délie 
S.  V.  recepute,  a  lequali  mi  ricommendo,  pregando  Dio 
di  conservarli  in  sanita  et  vita  longa. 


(i)  Ecriture  de  Jean  Moretus,  sans  date  ni  nom  de  destinataire. 
Nous  pensons  que  la  lettre  s'adresse  aux  Aides,  avec  qui  Plantin  était 
à  cette  époque  en  relations  fréquentes. 

(2)  Probablement  les  Oclo  Missa  de  Georges  De  la  Hèle,  grande 
publication  musicale  mise  au  jour  par  Plantin  en  157S  avec  lettres 
ornées  par  Pierre  Van  der  Borcht  et  Antoine  Van  Leest. 

(3)  Le  recueil  des  Oclo  Missce  contient  généralement  aussi  la  messe 
de  Philippe  de  Monte.  Elle  ne  fut  toutefois  imprimée  qu'en  1579  • 
Missa  ad  viodulum  Benedicta  es,  sex  vocum.  Réimprimée  en  1580. 

(4]   Voir  la  lettre  de  Plantin  à  Buyssetius  du  28  août  1579. 


-  85   - 

839.  —  Ph'  Laiquier  (?)  à  Plautin. 
{Archives  Tlanliiiiennes,  LXXXVI,  {°  119) 

Péronne,  le  12  septembre  1579. 

Monsieur.  Il  y  a  six  nns  ou  environ  que  me  vendites 
plusieurs  livres  en  Anvers  et  entre  aultres  Le  Theatrum 
Orbis  d'Abrahamus  Ortelius  (i)  qui  m'enseigna  luy 
mesmes  vostre  logis,  ung  intitulé  Humant  Salutis  Mo- 
numenta  B.  Aria^  Montani  qui  lors  estoit  aussy  en  Anvers 
esquelz  livres  y  a  cartes  et  images  doulcement  et  délica- 
tement figurées  et  empreintes  sur  cuivre  ou  bronse.  Et 
pource  que  je  désire  de  faire  aussy  tailler  en  cuivre  ou 
bronse  le  plus  délicatement  que  faire  se  porra,  l'image 
de  monsieur  Sainct  Hierome  en  la  forme,  grandeur  et 
largeur  que  trouverrez  close  en  ces  présentes,  n'aiant 
melieur  cognoissance  que  h  vostre  audict  Anvers,  vous 
ay  faict  ce  mot  pour  vous  supplier  et  d'affection  me  faire 
ce  bien  que  de  la  faire  tailler  en  bronse  ou  cuivre  le  plus 
doulcement,  le  plus  délicatement  et  par  le  plus  expert 
tailleur  de  vostredicte  ville  d'Anvers,  le  plus  tost  que 
porrez  et  qu'il  vous  plaira  ce  f;iire.  Et  quand  la  chose  sera 
faicte  la  voulloir  délivrer  a  Estienne  Bazin  présent  porteur 
l'ung  de  voz  messagers  qui  m'a  promis  vous  paier  ce 
qu'il  conviendra  dont  vous  prie  et  requiers  de  m'advertir 
par  lectres  pour  luy  vendre  le  tout  et  le  contenter  a  son 
retour,  vous  priant  de  rechef  que  ladicte  image  soit 
exactement  faicte  et  imprimée  et  que  le  tout  soit  si  bien 
mis  et  enchâssée  que  rien  au  port  ne  s'en  gatte  ou  froisse 
et  m'escrire  la  manière  de  empreindre  lesdictes  images 
sur  le  carecte  que  m'envoirez.  Vous  asseurant  Monsieur 
Plantain  qu'en   tous  endroictz   qu'il  vous   plaira  m'en- 


86 


ploier  pardeça  et  aultres  lieux  ou  j'auray  puissance  vous 
y  fera}^  service  er  plaisir  d'aussi  bon  cœur  et  affection 
que  vous  ay  faict  la  présente  requeste  et  que  je  désire 
mieux  vous  cognoisire  que  n'ay  faict  cydevant.  De 
Peronne  ce  xii^  jour  de  Septembre  1579. 

Celluy  qui  désire  mieulx 
vous  cognoistre  Ph.  Laiquier  (2). 

(Au  dos  :)  A  Monsieur 

Monsieur  Maistre  Christophle 
Plantain  Imprimeur  du  Roy 
demeurant  a  l'enseigne  du  Compas 
A  Anvers. 

(i)  En  1573,  Plantin  ne  vendit  le  Théâtre  d'Ortelius  qu'en  com- 
mission ;  la  première  édition  plantinienne  du  grand  atlas  date  de 
l'année  1579. 

(2)  Languier,  Layguier  ou  Larguier  (?) 


840.  —  Plauliii  à  de  Çayas. 

{Archives  Plantiniennes,  X,  i°  3^). 

28  Septembre  —  6  Octobre   1579. 

(Plantin  se  réjouit  d'apprendre  que  de  Çayas  se  porte  bien  ;  à 
Arias  il  souhaite  une  vie  plus  tranquille  que  celle  à  la  cour.  L'imprimeur 
n'a  pas  trop  à  se  plaindre  physiquement  ;  quant  au  moral,  il  se  compare 
au  marin  sur  une  mer  tumultueuse,  qui  a  toutes  les  peines  pour 
tenir  le  gouvernail  et  arriver  à  bon  port.  Il  sait  que  des  bruits  circu- 
lent sur  certaines  de  ses  impressions,  contraires  aux  intérêts  de  la 
religion  et  du  roi  catholique.  Plantin  déclare,  non  sans  emphase, 
que  ses  sentiments  envers  l'Eglise  et  le  roi  n'ont  pas  changé  :  il 
a  toujours  résisté  à  ceux  qui  l'ont  pressé  à  imprimer  des  écrits  dé- 
loyaux. Il  est  toutefois  le  typographe  des  États  et  du  go.uverneur.  Si 
certaines  publications  portent  abusivement  son  nom,  il  n'en  peut  rien. 


-  87  - 

Çayas  connaît  ceux  qui  gouvernent  le  pays  en  ce  moment  :  il  serait 
insensé  de  la  part  de  Plantin  de  s'opposer  à  eux  et  de  causer  ainsi 
la  ruine  de  son  imprimerie.  Il  enverra  à  la  première  occasion  un 
exemplaire  des  pièces  qu'il  a  éditées  par  ordre  des  Etats  et  du  gou- 
verneur. En  dehors  de  ces  publications  officielles,  Plantin  a  fait 
paraître  plusieurs  livres  liturgiques  et  autres), 

111'  admodum  Viro  D,  Gabrieli  Zay^. 

Ad  litteras  III.  D.  V,  Madriti  i8.  datas  quas  ego  28. 
Septemb.  accepi  clare  sed  paucis  pro  consuetudine  hic 
respondebo.  Gaudeo  imprimis  III.  D.  V.  bona  frui  vale- 
tudine  idemque  facio  de  D.  Doctore  B.  A.  Montano  cui 
maiorem  quietem  nostra  et  reipub.  Christian^  causa 
opto  quam  ut  in  aulam  revocetur  etiam  si  non  dubitem 
istic  quoque  bonam  operam  navaturum. 

Nos  laus  Deo  corporis  omnes  modica  fruiniur  vale- 
tudine,  animo  autem  in  tantis  turbis  et  periculis  par  Dei 
gratiam  non  frangimur  etiam  si  plurima  videantur  de- 
testanda.  Sed  quid  faciamus  aliud  quam  ut  nostram 
voluntatem  voluntati  divine  subdamus  omnino.  Tem- 
pestates  imbrium  e  montibus  corruentium  torrentes 
excitarunt  quibus  si  violentia  pertinaciter  resistere  aut 
eos  machinis  quantumcumque  fortibus  compescere  potius 
quam  evitare  et  declinare  conemur  ad  tempus  frustra 
laboremus  timendumque  maxime  ne  nos  vel  abriperent 
vel  pascua  segetes  et  alla  necessaria  vitie  alimenta  inun- 
datione  vastarent  et  perderent,  desertaque  loca  tandem 
et  sabulo  arrido  plena  relinquerent  adeo  ut  jumenta  et 
homines  illic  necessariis  destituerentur  rébus.  Quid  qu^so 
tempestate  oborta  ingenti  faciet  peritus  nauta  ?  Ille  haud 
obstinate  fluctus  illos  ingentes  conabitur  frangere  sed 
prudenter  vel  submissis  velis  vitare  et  declinare  ne  in 
scopulos  et  vada   impellendo  frangatur   navis  et  ipse   si 


—  88  — 

non  pereat  saliem  merces  proprias  et  aliénas  pessundet  ? 
Sed  ad  quid  h^ec  ego  nihili  prudentissimo  et  peritissimo 
viro  suggerere  conor  ?  Nempe  ut  judicet  quantum  sit 
illis  credendum  qui  cum  absint  a  tempestatibus  de  illis 
judicant  qui  in  mediis  torrentibus  et  tempestatibus  ver- 
santur  nec  nisi  prius  sedentur  se  ab  illis  tueri  an  liberare 
possunt.  Scribis  insuper  amicis  nostris  videri  novum 
quod  varia  prodeant  e  nostra  officina  non  tam  in  servi- 
cium  Dei  et  Regias  Cath,  Maiestatis  quam  pro  more 
consueto  ac  proinde  petis  significari  num  violentia  coacti 
id  fiât  et  quomodo  ut  pro  me  respondeas  tamquam  pro 
amico  et  fitmiliari  (i).  Ad  quod  paucis  quidem  ante 
responsum  esset  satis  nisi  ad  maiorem  claritatem  h^ec 
addenda  viderentur.  Primum  ego  ex  animo  et  coram 
Deo  omnibus  angelis  et  sanctis  eius  testor  me  numquam 
mutasse  animum  nec  voluntatem  erga  Deum  nec  Maies- 
tatem  regiam,  imo  magis  ac  magis  indies  per  divinam 
misericordiam  et  gratiam  accendi  ad  eorum  gloriam  et 
Maiestatis  auctoritatem  pro  viribus  conservandam  augen- 
damque  neque  verbis,  minis,  precibus  uUis  nec  precio 
eorum  qui  non  parum  jam  potentia  valent  passus  sum 
me  flecti  ad  quid  aliud  imprimendum  quam  quie  antehnc 
impresseram  vel  more  solito  approbata  fuerunt  ab  ordi- 
nariis  vel  ab  illis,  jussu  quorum  mandato  publico  non 
meum  fuit  nec  est  detrectare  vel  quicquam  dum  hic  sum 
et  illi  gubernant  denegare  quod  publice  a  statibus  et 
Gubernatore  fuerit  conclusum  et  mihi  jussum  et  traditum 
ad  imprimendum.  Si  quid  autem  aliud  sub  nomine  meo 
impressum  alicubi  fuerit  ut  fieri  potest  et  jam  vulgo 
fit  a  typographias  stupratoribus  mihi  certe  non  est  impu- 
tandum.  Scis  autem  ni  fallor  qui  et  quot  hic  imperium 
exerceant  neque  parum  mihi  facerc  videor  si  illos  ser- 


-  89  - 

viendo  in  rébus  publicis  me  meaque  Deo  et  reipub. 
Christiain\3  quibus  sub  obedientia  Régime  Cath.  Maiestatis 
quantum  in  nobis  situm  est  dedicavi,  conserve  et  interea 
paucis  horis  et  raro  publice  illis  inservivi  et  inservio, 
quod  si  facere  denegassem  vel  nunc  denegarem  loco  et 
bonis  omnibus  cedendum  mihi  jampridem  fuisset  pror- 
sus  essemque  Deo  reipub.  Christiania  et  Régime  Majestati 
inutilis  effectus.  Nunc  vero  totos  dies  illo  medio  insumo 
in  illis  imprimendis  qu^e  jam  vix  aliquis  vult  vel  audeat 
suscipere,  uti  reipsa  testantur  opéra  quae  istis  annis  vel 
recudi  vel  recenter  impressi  :  inter  qu^e  sunt  Breviaria 
in  8°  ad  longum,  eadem  in  i6°  duobus  tomis,  eadem  i6° 
unico  tomo  eleganti  quod  adhuc  est  sub  praslo  uti  et 
quarta  editio  Missalium  in  8°,  qux  intra  20.  dies  favente 
Deo  perficientur,  una  cum  Bibliis  in  8°  et  libro  Sanderi 
de  Monarchia  visibili  (2).  Testantur  et  Conciones  de 
tempore  et  de  sanctis  fr.  Lud.  de  Granada  5.  tomis  (3) 
atque  Manuale  confessariorum  Navarri  et  Missie  variée 
musicales  (4)  una  cum  aliis  permultis  impressis  qu^e  nisi 
scivissem  obedire  numquam  potuissem  emittere  neque 
alia  permulta  quœ  in  manibus  sunt  et  alia  qu^  cogito 
possem  multo  minus  hic  multis  prodesse  in  providendo 
illis  de  libris  catholicis  quorum  alioqui  penuria  jam 
laborassent  maxima  et  forte  defecissent,  adeo  ut  illorum 
severitas  qui  dum  absunt  fortia  aut  necessaria  facta 
improbant  videatur  ut  (non  semel  palam  nonnullis  dixi) 
potius  ea  evertere  qux  se  conservare  jactitant.  H^ec 
tempora  consilia  multo  alia  postulant  quam  olim  uti  ex 
eventibus  est  apertissimum  :  et  si  vi  (quovis  pr^textu  id 
fiât)  pergatur  video  futurum  ut  violent!  se  se  et  ea  per- 
dant funditus  quie  ipsi  retinere  cogitant  et  prœdicant  se 
velle  facere.  Ex  illis  autem  omnibus  qu^e  impressi  man- 


—  90  — 

dato  et  jussu  statuum  et  Gubernatoris  uti  petiisti  exem- 
plaria  mittam  prima  opportunitate  (5)  e  quibus  videbis 
quo  usque  (prêter  voluntatem  bonorum)  res  progress^e 
sint  et  inde  colliges  qu^e  adhuc  timenda  sint  et  instant 
jam  prorsus  nisi  Deus  opt.  max.  pro  sua  misericordia, 
consilia  et  mentes  eorum  qui  ab  utraque  parte  clavum 
tenent  flectere,  regere  et  gubernare  dignetur  ad  veram 
gloriam  suam  regi^  catholicas,  M^'s  sinceram  auctoritatem 
et  populi  tranquillitatem  piissimam. 

(i)  Çayas,  dans  sa  lettre  à  Plantin,  lui  avait  donc  reproché  cer- 
taines impressions  peu  lionorables  pour  le  roi,  sorties  de  son  ofBcine. 
La  réponse  de  Tarchitypographe  ne  manque  pas  d'habileté.  Il  pro- 
teste de  sa  loyauté  envers  la  cour  et  de  ses  sentiments  d'orthodoxie, 
alors  que  plusieurs  écrits  hostiles  au  gouvernement  espagnol  avaient 
paru  chez  lui  et  qu'il  adhérait  toujours  à  la  secte  de  Barrefelt. 

(2)  Nicolai  Sanderi  de  visibili  monarchia  Ecclesia  lihri  octo ;  iii  quibus 
instituilur  disputatio  de  certa  el  perpétua  ecclesiaa  Dei..  Plantin,  15 80 
ou  1581.  Le  Musée  ne  possède  pas  cette  édition,  par  contre  une 
autre,  assez  rare,  de  l'année  1578:  Antverpiîe  apud  loannem  Fou- 
lerum. 

(3)  Concionum  qua  de pracipuis  sanctoruni  feslis  in  ecclesia  Ihibenlui\.. 
Auctore  R.  P.  F.  Ludovico  Grattatensi..  Plantin,  1580,  3  tomes  in-8«>. 

(4)  Les  grandes  Messes  de  Georges  De  la  Hèle. 

(5)  Louis  Ferez  se  chargea  de  remettre  ces  pièces  à  de  Çayas.  Voir 
la  deuxième  lettre  suivante. 


841.  —  Ciofano  à  Plantin. 
[Bibliothèque  du  Vatican^  ms.  Reg.  lat.  2023,  fol.  87,  copie  (i) 

2  Octobre  1579. 

(Après  avoir  complimenté  Plantin  des  nombreux  services  rendus 
au  monde  savant,  Ciofano  écrit  qu'il  a  terminé  son  commentaire  sur 
les  oeuvres  complètes  d'Ovide.  Muret,  Chacon,  Ursinus  et  d'autres 


9t 


érudits  travaillant  à  Rome,  en  ont  déjà  pris  connaissance.  Les  obser- 
vations sur  les  Métamorphoses  ont  été  considérablement  augmentées. 
Ciofano  invite  donc  Plantin  à  publier  son  travail). 

Idem  (Hercules  Ciofanus  Sulmonensis) 

Christophoro  Plantino  salutem. 

Cum  cognoverim  te  bene  valere  et  typographicae  arti 
assidue  operam  dare,  non  potui  tibi  non  gratulari,  cujus 
innumerabilia  erga  rempublicam  litterariam  extant  mérita 
simulque  significo  me  et  bona  valetudine,  quod  Dec 
Optimo  Maximo  acceptum  refero,  uti  et  in  universa 
Ovidii  opéra,  id  est  in  libros  Fastorum,  Tristium,  de 
Ponto,  in  epistolas  Heroides,  inlbin,in  elegias,  in  libros 
de  arte  et  de  remedio  amoris,  in  elegias  de  somno,  de 
nuce  ne  de  medicamine  faciei  atque  Halieuticon  scholia 
absolvisse.  Quae  cujusmodi  sint,  si  a  Mureto,  Ciaccono, 
Ursino  et  aliis  viris  in  Urbe  doctissimis  scire  vis,  per 
me  licet.  De  observationibus  autem  in  Metamorphosin 
nihil  est  quod  ad  te  scribam,  cum  eas  post  primam  edi- 
tionem  pluribus  auctas  a  me  missas  jam  videris.  Haec 
vero  omnia,  ubi  commodum  atque  otium  tibi  erit,  si 
excudere  voles,  scribe  (i).  Vale.  Romae,  vi  non.  octobris 
MDLXXIX  (2). 

(i)  Les  Commentaires  sur  Ovide  par  Ciofano  ne  parurent  qu'en 
1581,  du  moins  les  Observations  sur  les  Métamorphoses,  le  commen- 
taire sur  les  Héroïdes,  les  Elégies,  le  De  arte  amandi.  De  remedio 
amoris,  De  medicamine  faciei,  De  nuce,  Halieuticon,  les  notes  sur  les 
Fastes,  les  Tristes,  les  Politiques  et  VIbin.  L'impression  fut  continuée 
l'année  suivante  et  achevée  en  1583. 

(2)  Reproduite  dans  A.  Fayei^.  Lettres  Plantiniennes  {i'^j4-i')Si), 
in  Rev.  des  Bibl.  &  Arch.  de  Belgique,  t.  III,  fasc.  6,  p.  455. 


—  92  — 
842.   —  Plant  in  à  de  Çayas. 

{Archives  Plantiniennes,  IX,  f°  83^). 

Commencement  d'octobre  1579. 

(Plantin  fait  parvenir  à  de  Çayas  les  pièces  qu'il  a  dû  imprimer  au 
nom  du  roi,  pour  les  Etats  généraux.  L'arcliitypographe  se  justifie 
de  s'être  mis  au  service  des  États  généraux  ;  il  en  appelle  à  ses  amis 
et  à  Dieu  d'avoir  toujours  observé  les  intérêts  de  l'Église.  Les  ouvrages 
sortis  de  ses  presses  portent  tous  son  nom,  tandis  que  plusieurs 
publications  de  ses  collègues,  par  ordre  ou  de  leur  propre  gré,  ont 
paru  sans  marque  d'imprimeur.  Q_uant  aux  livres  édités  aux  frais  de 
Plantin  ou  de  ses  amis,  Arias  Montanus  en  a  eu  chaque  fois  commu- 
nication. Louis  Ferez  apportera  avec  lui  les  pièces  demandées). 

Sunt  h.-ec  qu^e  mitto,  lU""^  Vir  (i),  Edicta  publica 
(quas  noniine  Regio)  mihique  mandato  et  jussu  statuum 
tradita  iinprimenda  (quorum  copiam  cupiebas  ferri  no- 
vissimis  tuis  ad  me  datis)  (2)  quibus  contradicere  nec 
mihi,  nec  amicis  consultum  fuit  visum,  nisi  me,  meos, 
meaque  omnia  perdere  statimque  fore  cedere  Typogra- 
phiamque  derelinquere  statuissem.  Satius  itaque  hisce 
obedire,  quam  instrumentis  singulis  quiibus  Reipublic^ 
Christian^e  profui  et  adhuc  prodesse  communi  amico- 
rum  consensu  fuit  conclusum,  an  a  prima  vitie  norma 
et  instituto  meo  deflexerim.  Opéra  a  me  hisce  iniquis- 
simis  temporibus  prêter  omnium  opinionem  et  pluri- 
morum  indignationem  édita  testabuntur.  Testes  erunt 
inquam  et  amici  qui  me  actionesque  meas  optime  et 
familiariter  admodum  noverunt,  illi  vero  qui  omnium 
corda  hominum  intrinsecus  perscrutatus  relinquens 
judicium.  Si  quid  maligniter  maligni  de  me  detra- 
xerint,  hoc  testor  coram  Deo  me  in  singulis  edictis 
milii  traditis  ab  ordinibus  et  a  me  publicatis  nomen 
meum   publice    addidisse   (3).    Plurima    vero   suppresso 


—  93  — 

nomine  a  diversis,  partim  jussu  partim  sponte  sunt  édita 
quai  etiam  publiée  distrahuntur,  quas  suo  tenipore  dissi- 
pata  peribunt.  Id  quod  elapsis  hisce  annis  in  bonis  litteris 
vel  aliis  disciplinis  meo  et  amicorum  sumptibus  impres- 
seram,  ïll.  Viro  Dno  B.  Ari^  Montano  fere  semper 
communicavi. 

Nunc  subscriptosIU.  D.T.,  in  sarcincula  quam  D.  Lod. 
Perezius  Mecenas  meus  hue  transmisit,  inelusi  reddendos, 
quos  boni  eonsulet  rogo.  Imperet  et  jubeat,  paratum 
promptissimumque  ae  obsequentissimum  habebit. 

(i)  Minute  de  la  main  de  Jean  Moretus,  sans  date  ni  adresse. 
Le  destinataire  ne  peut  être  que  de  Çayas,  le  contenu  de  la  lettre 
répondant  à  celui  de  la  deuxième  pièce  précédente. 

(2)  Les  passages  entre  parenthèses  ont  été  ajoutés  en  marge  de  la 
minute, 

(3)  Plantin  eut  à  se  défendre  à  plusieurs  reprises  des  soupçons 
d'hétérodoxie  et  de  déloyauté.  S'il  a,  dira-t-il  plus  tard,  imprimé 
des  livres  contraires  aux  intérêts  du  roi,  c'est  qu'il  y  avait  été 
contraint  par  les  États  généraux.  Nous  savons  cependant  qu'il  fit 
paraître  plusieurs  ouvrages  en  l'honneur  du  prince  d'Orange,  de 
l'archiduc  Mathias  et  du  duc  d'Alençon,  princes  dont  il  chercha  à  se 
concilier  les  faveurs.  Il  convient  d'ajouter  que  les  pamphlets  dans 
lesquels  les  Espagnols  étaient  attaqués,  furent  imprimés  chez  son 
gendre  Raphelingien,  à  Leyde.  Ainsi,  en  1579,  les  Tyrannies  et 
cruautei  des  Espagnols,  perpétrées  es  Indes  Occidentales,  par  Barthélémy 
de  las  Casas,  et  les  Diverses  lettres  interceptées  du  cardinal  de  Granvelk. 
Max  Rooses  croit  qu'une  bonne  partie  des  pamphlets  de  J.  F.  Le 
Petit,  en  faveur  du  prince  d'Orange,  parurent  chez  Plantin,  sans  nom 
de  typographe.  Christophe  Tlantin,  imprimeur  anversois^  p.  299. 


—  94  — 
843  •  —  Plantin  à  Boëtiiis  Epo. 

(vlrcbiues  Plantiniennes,  X,  fo  6^). 

15   Octobre  1579. 

(Plantin  remercie  Boëtius  Epo  de  lui  avoir  désigné  un  précepteur 
pour  ses  jeunes  gens.  Il  a  conseillé  à  leur  oncle  et  tuteur  de  ne  plus 
en  chercher  ailleurs.  Les  enfants  seront  mis  en  pension  chez  un 
homme  de  confiance,  jusqu'à  ce  que  les  parents,  qui  sont  à  l'étran- 
ger, aient  fait  connaître  leur  volonté.  Entretemps,  Plantin  désire 
viveinent  que  Boëtius  Epo  aide  les  jeunes  gens  de  ses  conseils). 

Clai'iss.  doctissimoque  Viro  Dno  Boëtio  Eponi 
Juris  Litriusque  doctori  et  professori  priinario  (i). 

Habeo  libi  gratias  immensas,  Vir  pritstantissinie,  pro 
tuo  erga  nos  et  Adolescentes  illos,  pro  affecm  et  opéra 
diligent!  quam  posuisti  in  eligendo  et  nobis  indicando 
Paedagogum  idoneum  qui  prœficiatur  illis.  Proinde  per- 
suasi  facile  Patruo  et  tutori  eorum  ne  alium  quœrat  si 
forte  posthac  illis  aliquem  prc-eficere  volet  (2).  Is  autem 
videtur  ejus  esse  animi  ut  ad  aliquod  tempus  eos  apud 
aliquem  virum  probum  hic  coUocet  in  expensis  absque 
pedagogo  tum  ut  experiatur  quid  per  se  possunt  tum  ut  a 
Pâtre  duorum  ex  illis  et  tertij  qui  non  agunt  jani  in  hac 
regione  intelligere  possit  interea  quœ  sit  eorum  voluntas. 
Ob  eam  ipsam  causam  antequam  tuas  recepi  missus  istuc 
fuit  quidem  qui  eos  alloquatur  et  ipsis  prospiciat  in 
omnibus.  Ab  eo  itaque  jam  nunc  pendemus  neque  donec 
quid  egerit  intellexerimus  quicquam  certi  statuere  pos- 
sumus.  Interea  vero  ut  eos  adolescentes  consilio  adjuvare 
pergas  vehementer  abs  te  petimus  et  si  quod  vicissim 
officium  tuo  vel  tuorum  nomine  aliquando  possimus 
efficiemus  certe  ne  vel  diligentiam  vel  voluntatem  pro- 


—  9)  — 

pensissimam  in  nobis  requiras.  Dns  Deus  opt.  max  te 
reip.  Christian^e  diu  conservct  incolumem.  Antverpiae 
15.  Octob.  1579. 

(i)  Boëtius  Epo,  ou  Bote  Ypes,  savant  jésuite,  après  avoir  été 
calviniste.  Né  à  RoordaliuiziTm,  en  Frise,  en  1529,  mort  à  Louvain, 
en  1599.  I!  fut  nommé  docteur  à  Toulouse  et  professeur  à  Douai, 

(2)  Nous  ignorons  les  noms  des  jeunes  gens  et  des  familles  aux- 
quels Plantin  s'intéressa  si  vivement.  Il  s'agit  sans  doute  de  gens  qui 
avaient   été  forcés  de  quitter  le  pays. 


844.  —  Plantin  à  Pamelius. 

{Archives  Plautiniennes,  X,  fo  6^). 

I)   Octobre   1579. 

(Plantin  répondra  brièvement,  selon  sa  coutume,  à  la  lettre  de 
Pamelius  qu'il  a  reçue  ce  jour  même.  Il  s'incline  devant  le  désir  de 
Pamelius  de  voir  imprimer  son  Terltillien  à  Paris.  Q.ue  l'auteur  lui 
communique  ses  conditions,  l'architypographe  lui  fera  connaître  les 
siennes.  Il  verra  quel  imprimeur  parisien  pourrait  convenir,  ou,  s'il 
est  possible  par  ces  temps  difficiles,  d'installer  une  typographie  dans 
la  capitale  française). 

Chiriss.  doctissimoque  Viro  Dno  Jacobo  Pamelio. 

Litteras  tuas,  doctiss.  Dne  Pameli,  15.  Septembris 
scriptas  15.  Octobris  primuni  accepi,  ne  mireris  me 
tardiu.s  fortasse  quam  existimaveras  respondere,  quod 
paucis  faciam.  Non  etenim  aninius  estneque  fuit  uniquam 
prolixis  verbis  mordicus  causam  nostram  quantumvis 
bonam  crederem  defendere  aut  aliorum  objectiones  re- 
fellere,  multo  vero  minus  erga  te  quem  facile  judicem 
constitui  propria  in  causa  et  quem  video  pro  se  per 
omnia   pronuntiasse. 


-  96  - 

Acquiesce  itaque  tuse  voluntati  ut  Tertullianus  Parisiis 
excudatur  (i).  Tuum  itaque  nunc  est  nobis  significare 
quas  omnino  conditiones  prasscribere  velis,  meum  postea 
respondere  et  si  inter  nos  convenerit  statuere  de  t3'po- 
grapho  illic  prinium  eligendo  ad  imprimendum  eum 
auctorem  ex  consilio  tuo  de  typographia  illic  insti- 
tuenda  quam  interea  pauUatim  conabor  eo  mittere,  si 
per  eos  liceat  qui  nunc  proli  dolor  imperant.  Vereor 
namque  ne  cum  hinc  Lutetiam  dificilia  sunt  jam  itinera, 
fiant  indies  dificiliora  et  tandem  dificillima.  Aliquid 
namque  mutationes,  distractiones  animorum  et  talia 
monstri  alunt  timeoque  ne  qui  nunc  adhuc  quiète  vivunt 
turbulentiora  tempora  experiantur  quam  nunc  cogitent. 
In  Dno  autem  confido,  fiât  ejus  voluntas  cui  quamdiu 
per  ejus  gratiam  mihi  licebit  (licebit  autem  in  eo  uti 
spero  dum  vivam  concedet)  me  meaque  omnia  con- 
formare  pergam.  Is  autem  te  tuosque  conatus  et  studia 
ad  suam  gloriam  Régis  nostri  opt.  et  reipub.  Christianas 
utilitatem  diu  conservare  et  promovere  dignetur.  Ant- 
verpiaî  15.  Octobiis  1579. 

(i)  Voir  la  lettre  précédente  de  Plantin  à  Pamelius  (no  835). 


845.  —  Jcaii  Moretus  à  Mylius. 
{Archives  Plantiniennes,  IX,  f<'  87). 

Fin  octobre   1579. 

(Mylius  aura  appris  que  l'édition  des  Bibles  est  achevée.  Plantin 
lui  a  remis  deux  lettres  par  l'intermédiaire  de  Frydach  et  de  Mercator. 
De  différents  côtés,  même  de  Cologne  et  de  Paris,  le  bruit  était  venu 
de  la  mort  de  Plantin.  Celui-ci  se  porte  fort  bien  et  se  rappelle  au  bon 
souvenir  de  Mylius.  Rumold  Mercator  avait  refusé  d'accepter  de  la  part 


—  97  — 

de  Sonnius  une  certaine  somme  d'argent  ;  finalement,  Moretus  l'a 
amené  à  prendre  avec  lui  169  fl.  14  st.,  pour  acheter  des  livres  que 
Plantin  recevra  pour  Sonnius.  L'imprimeur  remercie  Mylius  de  la 
peine  qu'il  s'est  donnée  pour  acquérir  plusieurs  ouvrages.  Stadius 
est  mort  depuis  quatre  mois  ;  des  mains  de  son  fils,  Moretus  a  pu 
obtenir  toutefois  son  livre  sur  Florus], 


S.  P.  Tuas  hujus  (Octobri)  xi.  scriptas  xx.  accepi. 
Intellexisse  a  le  jam  credo  absolutam  esse  Bibliorum 
editionem  (i).  Nihil  est  igitur  quod  addam,  binas  Soceri 
mei  litteras  habebis  per  Frydachium  tuum  ;  priores  altéras 
Mercatori  tuo  (2)  cum  venisset  traditas,  in  quibus,  ni 
fallor,  prolixe  satis  de  singulis  ;  h^  testes  rect^  Plantini 
valetudinis.  Vivit,  et  valet,  te  tuosque  salutat.  Mortalis 
equidem,  nec  vocatus  effugere  poterit,..  quas  vox  (obitus 
Plantini)  unde  evenerit  ignoro,  eadem  Parisiis  quje  Colo- 
niae  fuit  audita  et  per  amicorum  litteris  nobis  signifi- 
cata  (3).  Speramus  tamen  hune  obitus  Plantini  rumorem 
in  longioris  vitse  feriam  denuo  mutandum  iri.  Quam 
difficile  nobis  hujus  Patroni  jactura  foret,  non  est  quod 
tibi  dicam... 

Rumoldo  tuo  priusquam  proficisceretur  ad  nundinas 
indicavimus  Sonnium  ad  nos  scripsisse  de  summa  tali 
vobis  numeranda  quam  exigeretis.  Respondit  se  non 
habere  in  mandatis,  et  ignorare  sumtnam  idem  tibi  indi- 
caturum.  Objiciens  idem  cum  esset  reversus^  distulit 
accipere,  causam  vero  esse  dixit  quod  summam  ignora- 
ret,  accipiendam  nos  eandem  nominavimus,  objecimus 
fortassis  brevidiminuenda  precia  monetarum  quae  facilius 
nunc  exponeret,  tandem  summam  centum  et  sexaginta 
novem  florenos  et  quatuordecim  stuferos  a  nobis  accepit. 
Hœc  tibi  ut  idem  Sonnio  si  videbitur  indices.  Catalogum 
vasis  accepimus  vel  exspectamus,  uti  Perezius  duo  ad 


-  98  - 

ipsum  missa.  Qiios  vero  habere  non  potuisti  libres  non 
missos  bene  est,  gratias  habemus  de  tua  rerum  nostrarum 
solicitudine.  Jam  menses  fortassis  quatuor  elapsi  sunt 
quod  Stadium  (4)  vitam  mutasse  mortalem  certissimum 
sit.  Amicorum  precibus  Florum  (quem  per  annos  exspec- 
tavimus)  e  filij  manibus  extorsum  heri  accepi  (5).  Si  quid 
te  juvare  possimus,  impera,  habebis  nos  paratissimos. 
Vale  Vir  humanibs.  nosque  amare  perge  (6). 

(1)  Biblia  sacra.  Quid  in  hac  editione  à  Theolo^is  Lovaniensibus 
prasiitum  sit,  paulo  post  iiidicatur.  Plantin,  1580,  in-S".  La  même 
année,  l'architypographe  publia  également  une  'Biblia  Hebraica. 

(2)  Rumoldus  Mercator,  fils  du  grand  géographe  flamand,  était 
attaché  à  la  maison  des  Mylius-Birckmann,  de  Cologne. 

(3)  Dans  une  lettre  que  Jean  Moretus  écrivit  au  nom  de  sa  mère  à 
Noël  le  Ducq,  patron  de  son  frère  Melchior,  Plantin  est  dit  «  âgé  et 
maladif,  ne  est  disposé  pour  beaucop  aller  et  venir,  comme  bien  il 
vouldioit  et  laisse  ceste  charge  avec  aultres  a  mondit  filz  Jehan  » 
{Arch.  Plant.,  IX,  fo  81). 

(4)  Jean  Stadius;  voir  lettres  nos  50  et  55.  Il  était  mort  à  Paris  le 
17  juin  IS79. 

(3)  L.  lulii  Flori  rerum  a  Romanis  gestarum  libri  IIII,  A  loanne 
Stadio  eniendati.  Altéra  editio  aucta  &  correcta,  Plantin,  1584,  in-8«. 

(6)  Ecriture  et  rédaction  de  Moretus,  sans  date  ni  nom  de  des- 
tinataire. 


846.  —  Plantin  à  Pamelius. 
[archives  Plantiniennes,  X,  f°  7). 

30  Octobre  1579. 

(Dans  la  première  minute,  qui  ne  coiTiprend  que  trois  lignes,  Plantin 
renvoie  à  sa  lettre  du  15  octobre.  Dans  la  seconde,  il  s'est  ravisé  : 
il  fait  connaître  les  conditions  auxquelles  il  abandonnerait  son 
droit  d'imprimer  le  Tertullien  de  Pamelius.  Les  préparatifs  pour 
cette  édition  lui  ont  coûté  600  florins.  Il  voudrait  par  conséquent 
que  l'imprimeur  parisien  lui  concède  500  exemplaires,  pour  lesquels 


—  99  — 

Plantin  fournirait  le  papier  et  payerait  les  frais  d'impression  ;  ou  bien 
l'envoi,  à  titre  gratuit,  des  80  premiers  exemplaires.  L'architypographe 
déclare  donner  procuration  à  Michel  Sonnius  pour  conclure  l'affaire). 

Clariss.  Viro  Dno  Jacobo  Pamelio. 

Recepi  tuas  13.  hujus  scriptas  quibus  nihil  aliud  habeo 
quod  respondeam  quam  quod  feci  tuis  15,  Septemb.  datis 
et  a  me  15.  hujus  acceptis  quod  responsum  meum  hodie 
dederam  nuntio  qui  eas  mihi  reddiderat.  Continet  autem 
me  etc. 

Eidem  Dno  Pamelio. 

Postquam  alterum  meum  responsum  scripsissem  ex- 
perientia  edoctus,  venit  in  mentem  quam  molesta  sit 
expectatio  ei  qui  rationes  suas  inivit  ad  certum  tempus  ; 
consideravi  prîeterea  quœ  prioribus  meis  litteris  pr^sa- 
giebam  de  itinerum  difficultatibus  etc.  nimis  quam  pro- 
perare  et  propterea  statui  hic  paucis  delineare  conditiones 
quibus  paratus  sum  meum  jus  cedere  ipsi  cum  quo  voles 
(si  forte  vel  inter  nos  non  conveniret  tandem  de  condi- 
tionibus  vel  mora  in  rescribendo  tibi  molesta  foret)  de 
impressione  Tertulliani  transigere. 

In  primis  testor  Deum  quod  sexcentis  florenis  mihi 
pure  numerandis  nollem  eos  sumptus  facere  qu^e  causa 
et  spe  imprimendi  tuum  Tertullianum  feci.  Ego  tamen 
ne  sim  in  mora  contentus  ero  omnem  meam  actionem 
cedere  cui  voles  ea  conditione  ut  mihi  concedantur, 
semel  quingenta  exemplaria  pro  quibus  dabo  papyrum  et 
solvam  id  quod  pro  labore  impressori  numerandum  erit 
nec  quicquam  pr^eterea  pro  exemplari  correctione  vel 
aliis  quibusvis  rébus.    Quod  si  conditio  ea  non  placeat 


100 


ecce  offero  aliam,  nempe  ut  absoluta  impressione  prius- 
quam  ullo  modo  exemplaria  (prîeterquam  ipso  auctori 
ad  munera  sua  tantum  facienda)  vasnum  exponi  possint 
mihi  omni  solutione  libéra  tradantur  octoginta  exem- 
plaria. Et  ne  aliqua  oriatur  difficultas  de  mea  absentia 
constituo  Dnm  Michaelem  Sonnium  Bibliopolam  jura- 
tum  universitatis  Parisiensis  (i)  procuratorem  meum  et 
hac  manu  mea  signata  promitto  me  ratum  et  gratum 
semper  habiturum  quicquid  ille  in  hac  re  meo  nomine 
fecerit.  Bene  vale  Antverpi^  30.  Octobris  1579. 

(i)  Michel  Sonnius,  libraire  et  ami  de  Planiin  à  Paris,  qui  imprima 
le  TerliiUien  de  Pamelius.  Voir  lettre  11°  835,  note  2,  et  la  réponse  de 
Sonnius  à  Plantin  du  7  février  1580. 


847.  —  François  Hotoman  {i)  à  Plantin. 

{^Archives  Planliniennes,  LXXX,  f"  461). 

Bâle,  le  16  novembre  1579. 

Monsieur  Plantin,  je  suis  marri  que  je  n'ay  loysir 
d'escrire  a  Monsieur  Lipsius  et  a  Monsieur  de  Ratio  (i), 
desquelz  vous  m'avez  envoie  les  lettres.  On  apporta  les 
lettres  en  mon  absence.  Maintenant  que  j'estoys  sur  le 
point  de  ma  leçon,  vostre  messager  est  venu  pour  avoir 
responce.  Je  vous  supplie  d'envoier  seullement  ce  mot 
aux  susdits  Seigneurs  par  lequel  ilz  entendront  que  je 
suis  trescontent  et  plus  que  satisfait  :  et  leur  veux  de- 
meurer amy  et  serviteur  comme  je  leur  feray  plus 
amplement  entendre  Dieu  aydant.  Lequel  je  supplie 
maintenir  et  conserver  en  sa  sainte  et  digne  g'arde,  me 


roi 


recommandant  bien  humblement  a  vos  bonnes  grâces  et 
aux  leurs.  Ceci  de  Basle  ce  i6  Novembre  79. 

Vostre  serviteur  et 
amy  Hotoman  F. 

Je  vous  prie  mandez  moy  si  voudriez  imprimer  des 
petites  Institutes  de  la  forme  de  Crespin  avec  mes  Anno- 
tations (3)  qui  sont  d'aultre  qualité  Dieu  mercy. 

[Adresse  au  verso  ;) 

Ornatissimo  et  nobilissimo  typo- 
grapho  Dno  Chiistophoro  Plantino,  etc. 
Antverpia;. 

(i)  François  Hotoman  ou  Hotmann,  jurisconsulte  français  (1524- 
159c),  né  à  Paris  d'une  famille  originaire  de  Silésie.  Ayant  embrassé 
la  Réforme,  il  quitta  Paris  après  la  Saint-Barthélémy  et  se  fixa  finale- 
ment à  Bâle. 

(2)  Regnardt  van  Ratloo  Meyer  van  Limborch,  d'après  un  poste 
au  Journal  de  1578. 

(3)  On  connaît  de  Jean  Crespin  (mort  à  Genève  en  1572)  diverses 
éditions  d'un  Commentaire  latin  sur  les  Institutes  de  Justinien.  Hotmann 
publia  de  même  un  Conimeniarius  in  IV  institutionum  juris  civilis 
libres,  in-80  et  in-40,  à  Bâle,  à  Venise  et  à  Lyon,  mais  pas  à  Anvers 
que  nous  sachions. 


848.   —  Plantin  à  Turrianus. 

(Archives  Planiiniennes,   IX,  f°  87^). 

Mi-novembre  1579. 

(Plantin  n'a  plus  eu  des  nouvelles  de  Turrianus  depuis  son  départ. 
Les  temps  troublés  sont  probablement  la  cause  de  ce  que  tant  de 
lettres  n'arrivent  plus  à  destination.  L'imprimeur  voudrait  savoir  par 
quelle  voie  il  expédierait  les  cassettes.  De  Soto  étant  parti,  Plantin 
s'est  adressé  à  Varron  et  à  de  la  Pegne  pour  savoir  où  Turrianus  se 


102 


trouvait.  On  le  disait  à  Bruges  et  à  Rouen  !  Voici  que  sa  lettre  a 
mis  fin  à  l'incertitude  ;  les  cassettes  seront  dirigées  sur  Rouen,  à 
l'adresse  de  Hontaneda.  Plantin  engage  son  ami  à  ne  pas  ajouter  foi 
aux  bruits  qui  circulent  sur  son  compte.  S'il  a  imprimé  les  édits  des 
États,  c'est  qu'il  y  avait  été  obligé;  personnellement,  il  n'a  en  rien, 
changé  d'opinion). 


S.  P.  Quanto  gaudio  nos  affecerunt  Rev.  D.,  tu^e  13 
Septembris  ad  nos  datas  8^  Novembris  accepta,  vix  credas 
nec  scribere  ego  possim,  nam  a  discessu  tuo  null^  tu^ 
ad  nostras  pervenere  manus.  In  causa  est  haec  temporis 
iniquitas  quas  etiam  effecit  ut  h^  tu^  tardius  fortassis  ad 
nos  perferrentur.  Ssepius  quassimus  modum  ut  cist^  quse 
apud  nos  in  salvo  sunt  P.  T.  destinarentur  ea  qua  foret 
comodiori  via.  Soto  absente,  fuerunt  D.  Martinus  de 
Varron  et  Diego  de  la  Pegne  non  semel,  aut  bis  tantum 
a  nobis  interpellati,  quibus  dictum  D.  de  Soto  curam 
dédisse  mittendi  existimabam.  Sed  frustra,  nam  mihi  res- 
pondebaturnihilhorumipsismandatum,  ignorare  quonani 
essent  destinandîe  ac  ubinam  P.  T.  viveret.  Ego  interea 
Brugas  ac  Rotomagum  litteras  scripsi  non  semel  ad  D. 
de  Soto  quibus  in  locis  nunc  esse  dicebatur.  Sed  frustra 
nec  hactenus  vivat,  an  vita  defunctus  sit  nobis  constat. 
Vides  cur  tuas  nos  tantopere  exhilararint,  cum  hisce  curis 
nos  liberaverint.  Hoc  igitur  nunc  tibi  significandum  restât 
nos  prima  occasione  data  non  prastermissuros  quin  dictas 
cistas  Rotamagum  ad  D.  Franc*^"  Hontanedam  trans- 
mittamus,  quemadmodum  brevi  factum  esse  speramus  te 
intellecturum. 

Interea  nos  omnes  eo  loco  habeas  quo  semper  habuisse 
te  scribis,  nihil  enim  scio  quod  R.  T.  causa  non  luben- 
tissime  prestare  velimus;  jubeat  ac  imperet  nobis,  habebit 
promptos  ac  paratissimos.  Si  qui  fortassis,  falsa  opinione 


103 


qiiadam  ducti  vel  sinistre  de  rei  veritate  docti  de  nobis 
quid  dixerint  vel  sentiant  quam  ejusmodi  quos  ipse 
novisti,  hos  tu  R.  Dne  oppugnes,  dico  de  rei  veritatis 
certiores  faciès.  Si  quas  Edicta  publica  jussu  et  autlioritate 
gubernacLila  tenentium  a  me  sint  impressa,  hœc  me  non 
nmtarunt.  Egone  cum  in  ipsa  navi  sim  qu^  in  medio 
mari  turbulenti  ventis  undique  agitatur,  archipyratae  me 
opponam  operamque  meam  (qua  fortassis  quid  pr^estare 
me  posse  existimabit  in  navis  conservatione)  recusabo  ? 
Metuendum  sane  foret  ne  naucleri  omnes  me  arripientes, 
in  mare  dejectum  submergèrent  bonaque  omnia  sibi 
servarent.  Q.uibus  neque  saivis  ijs  inservire  adhuc  sta- 
tueram  quibus  antehac  feceram.  Sed  intelligenti  pauca  : 
facile  quilibet  quovis  in  tuto  loco  constitutus  de  absenti- 
bus  aliter  sepissime  quam  res  sese  habet(2).  Si  quandoque 
quid  obiter  tibi  (inachevée). 

(i)  Écriture  de  Jean  Moretus,  sans  date  ni  nom  de  destinataire. 
Nous  identifions  celui-ci  à  François  Turrianus  ;  voir  notamment  la 
lettre  de  Plantin  n">  836. 

(2)  Allusion  aux  écrits  contre  le  roi  que  Plantin  aurait  imprimés. 
Voir  précédemment. 


849.  —  Pierre  Porret  à  Jean  Moretus. 
{yirchivts  Plantinittmes ,  XCI,  f^  115). 

Paris,  le  30  novembre  1579. 

Amy  Morentorf.  J'ay  receu  le  livre  intitulé  Omnium 
fere  gentium  Imagines  et  etc.  (i)  dont  vous  remercie, 
mays  celluy  pour  qui  je  le  désire  depuis  qu'est  nostre 
amy,  le  desireroit   fort  avoyr   peint  et  vernissé,  et  que 


—  104  — 

tous  habillementz  faussent  de  la  couleur  contenue  en  ce 
mémoire  qu'il  m'a  baillié.  Parquoy  je  vous  prie  d'en 
prendre  la  peine  d'en  faire  peindre  un  couple  et  s'il  estoit 
possible  coucher  et  rouler  sur  toelle  en  bon  ordre  et  ce 
en  deux  ou  troys  parties  car  en  une  seroit  trop  grand 
pour  porter,  Toutesfois  sy  la  chose  se  trouvoit  trop 
difficille  suffira  de  le  faire  bien  peindre  et  vernisser,  et 
puys  on  le  fera  couller  en  ceste  ville  et  de  ce  que  tout 
coustera  vous  tiendray  bon  compte,  et  n'estant  la  pré- 
sente pour  aultre  affaire,  je  salueray  vostre  bonne  grâce 
et  de  vostre  femme,  mère,  frère  et  seurs  de  ma  tres- 
humble  recommandation.  Priant  Dieu  vous  donner  en 
joye  et  santé  bonne  vie  et  longue.  Escripte  a  Paris  ce 
dernier  de  novembre  1579. 

Le  tout  vostre  frère  et  amy 
J.  J.  Porret. 

{Adresse  au  verso  :)  Au  Sire  Jehan  Morentorfe 
marchant  libraire 
desmourant  a  l'enseigne 
du  Compas  d'or 

A  Anvers. 


(i)  Il  y  a  eu  plusieurs  ouvrages  de  ce  nom  au  xvi'  siècle  ;  il  s'agit 
probablement  ici  de  :  Omnium  fere  gentium,  nostraq;  atatis  Nationum, 
Habitus  &  Effigies.  In  eosdem  Jacobi  Sluperij  Herzelensis  Epigram- 
mata.  Adjecta  ad  singulas  Icônes  Gallica  Tetrasticha,  Antverpise 
Apud  loannem  Bellerum,  sub  Aquila  aurea.  m.d.lxxii.  In-S».  A  la 
fin  :  loanni  Belleri  excudebat  jEgidius  Radaeus  Antverpise.  Anno  1 572. 


—   I05   — 
850.  —  Plantin  à' des  libraires  espagnols. 

(Archives  Tlanliniennes,  IX,  fo  88^). 

Fin  novembre  1579. 

(Plantin  regrette  beaucoup  la  perte  de  plusieurs  livres,  adressés  à 
Emmanuel  Enriques.  Il  assure  que  tous  les  livres,  avant  d'être  em- 
ballés, sont  soigneusement  inscrits  ;  d'où  son  étonnement  de  ce  que 
pas  moins  de  dix  Diana  et  dix  Virgile  se  seraient  égarés.  Plantin  n'a 
pas  pu  envoyer  des  traductions  espagnoles  de  Sénèqtie,  ne  les  ayant 
pas  en  dépôt  ;  les  Epithètes  ne  figurent  non  plus  dans  sa  facture. 
Observations  concernant  le  prix  de  la  Somme  de  S.  Thomas  et  des 
Métamorphoses  d'Ovide). 

Mag'^°^  Senores. 

Ahi  de  V.  Mer*^"  de  dos  de  novembre  passado,  em- 
biada  al  S''  Emanuel  Enriques  mi  S""  (i),  no  tengo  que 
responder  otro  sino  que  me  pesa  mucho  del  travajo  y 
fastidio  que  le  han  dado,  por  esser  hombre  el  quai  no  es 
amigo  de  algunas  difFerentias.  Pero  brevemente  digo 
que  por  las  differentias  de  los  libros  los  quales  certifican 
esser  hallados  menos,  yo  quiero  antes  hazer  satisfaction 
de  todo  que  de  andar  en  longessas  de  disputas  con 
hombre  que  viva. 

Solamente  digo  que  en  Anveres  los  libros  empaccados 
son  conferidos  todos  uno  a  uno  y  muy  bien  notados 
quando  se  empaccaron  como  es  la  costumbre,  pero  vere 
tambien  si  algun  error  venga  de  por  estas  partes  porque 
la  differentia  es  grande  de  diez  Dianas^  diez  Virgilios 
etc^  (2). 

En  quanto  a  los  que  scriven  que  soblyavano  sean 
ciertos  que  no  he  tenido  algunas  obras  de  Seneca  en 
Romance  en  mi  casa  en  mucho  tiempo  que  me  da  cier- 


—    lOé    — 

tessa  que  non  los  mande,  y  tambien  los  Epitetos  no  son 
puestos  en  la  fattura. 

Delo  que  scriven  del  precio  de  las  summas  de  Santo 
Thomas  que  son  puestas  a  29  fl.  (3)  y  que  otros  las 
recibieron  en  25  fl.  vean  que  son  8  cuerpos  y  si  la 
enguadernacion  de  cada  cuerpo  no  vale  mas  de  diez 
plaças  caduno  de  los  que  sus  vezinos  haveran  recibido 
no  essendo  dorados  etc^  como  los  que  embiamos. 

Del  florin  mas  puesto  en  los  Métamorphoses  de 
Ovidio  (4)  no  digo  nada  porque  puede  esser  que  (inache- 
vit)  (5). 

(i)  Emmanuel  Enriques  ou  Henriques,  marcliand  portugais.  Les 
livres  dont  il  est  question  dans  cette  pièce,  paraissent  avoir  été 
expédiés  le  21  mai  1579  {Journal  de  1579,  f"  75). 

(2)  Portés  dans  le  Journal  de  1579  •  'Diana  Etiamoiirada,  in-120,  à 
4  st.,  et  Virgilios  hispanice,  in-120,  à  7  st.  pièce. 

(3)  Ibidem  :  2  Siimma  D.  Thoma  Caiet.  lig.  4  voll...  29  flor.  (édition 
de  Plantin  de  1575). 

(4)  Ibidem  :  Ovidij  Meiamorpbosis,  in-ié»  lig.  veau,  à  9  st.  (édition 
de  Plantin  de  1575). 

(5)  Ecriture  et  rédaction  de  Jean  Moretus,  sans  date  ni  nom  de 
destinataire.  Aux  fos  92-3  du  même  dossier,  Jean  Moretus  adresse 
une  longue  épître  aux  mêmes  libraires  anonymes.  Notre  imprimeur 
se  sentait  piqué  des  réclamations  de  son  correspondant  :  «  por  la  verdad 
despues  que  son  librero,  non  he  tenido  semejantes  quexas  de  hombre 
que  vive  »  ! 


851.  —  Plantin  à  Buyssetius. 
[Archives  Planiifiiennes,  X,  deux  rédactions,  aux  fo*  8  et  9), 

10  Décembre   1579. 

(L'imprimeur  remercie  Buyssetius  de  sa  lettre,  qui  le  renseigne  sur 
le  Missel  promis  depuis  dix  mois,  sur  le  Corpus  Canoniciim,  le  livre 
du  D^Navarro  et  sur  les  rumeurs  circulant  à  propos  de  ses  opinions. 


lO' 


Quant  à  ces  médisances,  Plantin  a  pu  apaiser  facilement  ses  amis 
d'Espagne,  de  France  et  de  ces  provinces.  Il  déclare  ici  de  nouveau 
qu'il  est  toujours  resté  fidèle  au  culte  ancien  et  au  service  du  roi. 
Il  raconte  en  détail  ce  qui  a  donné  lieu  à  ces  bruits  :  son  départ 
pour  Paris,  où  le  roi  lui  avait  fait  des  offres  généreuses  mais  qu'il 
n'a  pas  acceptées,  ayant  demandé  conseil  à  ses  amis  espagnols  ;  sa 
nomination  d'imprimeur  attitré  et  à  traitement  fixe  par  les  Etats 
généraux  et  le  magistrat  d'Anvers.  Pendant  son  absence,  ses  gendres 
avaient  imprimé  certaines  apologies  et  des  Discours  contre  don  Juan 
d'Autriche.  Si  d'autres  écrits  incriminés  ont  paru,  portant  sa  marque, 
c'est  que  Plantin  y  avait  été  obligé  par  les  États,  le  gouverneur  Ma- 
thias  et  la  ville  d'Anvers.  Il  a  fourni  ce  qu'on  avait  demandé  de  lui, 
sans  jamais  s'immiscer  du  contenu  des  pièces,  corrigées  même  par 
des  personnes  en  dehors  de  son  officine.  L'architypographe  n'insistera 
pas  sur  les  livres,  parus  avec  son  adresse,  mais  non  sortis  de  son 
officine  :  c'est  l'œuvre  d'ennemis  acharnés  et  de  confrères  envieux. 
Il  énumère  finalement  les  éditions  qu'il  a  publiées  les  deux  dernières 
années  et  celles  qui  sont  sous  presse). 


Dno  Johanni  Buyssetio. 

S.  P.  Habeo  tibi  gratias  maximas  Rev.  P.  quod  litteris 
tuis  25.  Octob.  datis  mihi  clare  scripseris  quas  te  impe- 
diverint  occasiones  quo  minus  exemplar  Missaiis  recenter 
excusum  ante  decem  menses  promissum  non  miseris;  et 
de  Corpore  Canonico  responderis,  maxime  vero  de 
voluntate  D.  Navarri  certiores  reddideris  atque  monueris 
nos  de  illis  difEcultatibus  et  rumoribus  qu^e  istic  spar- 
guntur  de  me. 

Meîe  nunc  partes  esse  videntur  ut  quam  potero  sim- 
pliciter  vere  tamen  respondeam.  Missale  expectabo  et 
Corpus  Canonicum  (i).  Quod  enim  scribis  non  videri 
utile  ut  eos  libros  nec  Manuale  Navarri  hic  amplius 
imprimam  propter  suspectam  distractionem  inhis  locis, 
assero  tibi  me  ab  eo  tempore  quo  hic  turbas  casperunt 
plures  muho  taies  libros  vendidisse  unico  mense  quam 


—   io8  — 

tempore  prîecedentium  gubernatorum  (2)  toto  anno 
integro,  et  adhuc  indies  plures  vendo.  Neque  est  quod 
vos  istic  existimetis  editiones  Italiens  vel  Gallicas  hic 
distrahendas  aut  nostris  obfuturas  umquam.  Libentius 
siquidem  homines  harum  regionum  abstinebunt  ab  ipsis 
libris  emendis  et  illis  carebunt  quam  quod  tam  care 
emant  ut  peregrini  soient  vendi. 

Vestrum  itaque  nunc  videre  est  num  satius  sit  ut  hic 
talium  librorum  inopia  laborent  studiosi  quam  quod  ego 
recudere  pergam  atque  mihi  vestram  sententiam  per- 
scribere. 

Ad  rumores  et  suspiciones  de  mea  fide  quod  attinet 
paucis  hactenus  respondi  variis  diversorum  litteris  ad 
me  ab  Hispania  nomine  Regio,  Colonia,  Lovanio,  Duaco, 
Brugis,  Galliis  et  aliis  locis  in  eandem  sententiam 
scriptis  (3). 

Ex  singulis  fere  illis  locis  (maxime  vero  ab  Hispania) 
recepi  purgationes  meas  fuisse  optime  acceptas  adeo  ut 
nihil  jam  a  me  postulent  quam  (uti  hactenus  feci)  ab- 
stinere  pergam  ab  omnibus  sponte  imprimendis  quse 
religioni  nostras  Christianse  Catholicas  Romanas  adver- 
santur.  Vi  etiam  majori  ut  ipsi  fatentur  quis  résistât  ? 

Ego  vero  jam  vobis  qui  Rom^  vivitis  (unde  ad  alias 
omnes  orbis  Provincias  indicia  emanare  soient)  non  puto 
mihi  suscipiendam  esse  purgationem,  sed  tamquam  con- 
fitens  confessori  rem  omnem  quam  potero  simpliciter 
pure  et  humiliter  narrandam. 

Primum  itaque  coram  Deo,  sanctis  ejus  omnibus  et 
vobis  conscientia  optima  profiteor  me  semper  perman- 
sisse  in  vero  et  consueto  cultu,  mandatis  et  obedientia 
sahctas  matris  nostra;  Ecclesiae  Christi  Apostolicae, 
Catholicae  Romauc-e  nec  ab  ejus  institutis  neque  Régis 


I09 


nostri  catholici  aninio  vel  opère  discessisse,  multo  vero 
minus  aliud  templum  intrasse  (ab  eo  tempore  quo  hue 
introducti  fuerunt  divers!  ministri)  quam  nostram  B. 
Mariœ  et  Beguinagij  (4)  dum  hic  per  aliquot  dies  nostrum 
erat  clausum  :  neque  aliquem  locum  alium  ingressum 
in  quo  habitue  sint  conciones  alicujus  partis  adversîe  : 
nec  etiam  aHquem  audivisse  vel  librum  legisse  sectarium  : 
nisi  forte  Edicta,  Décréta,  Apologias  et  talia  quœ  a 
Statibus  generalibus  hic  congregatis  emanarunt  pro 
talibus  habeantur  quas  jussus  sum  tandem  imprimera  de 
quibus  etiam  paucis  historiam  hic  accipe. 

Primum  itaque  cum  hic  viderem  multa  inchoari  quas 
displicebant  antequam  mihi  quicquam  commendatum 
esset,  Lutetiam  sum  profectus  animo  illic  si  id  liceret 
cum  vena  nostri  Régis  catholici  habitandi.  Ibi  a  plurimis 
viris  Ecclesiasticis,  dignitatibus  illustribus,  Regiis  Minis- 
tris  et  ab  ipsa  Universitate  jam  a  tempore  spoliationis 
nostra;  quje  prsecesserat  commendatus  Diplomate  Regio 
amplissimo  liberaliter,  ornatus  ultro  fui  titulo  Impres- 
soris  Regij  Christianissimi  in  linguis  (quod  antea  nemini 
contigerat  impressori)  Hebr^a,  Caldea,  Syra,  Gr^ca, 
Latina,  Gallica,  Italica,  Hispanica,  Germanica  et  Flan- 
drica,  non  sine  invitatione  plurimorum  ut  meam  typo- 
graphiam  eo  transferre  vellem. 

Ego  vero  ne  quid  facerem  quod  Régi  nostro  Catholico 
displicere  posset,  diplomatis  et  Privilegij  Regij  exemplaria 
misi  ad  D.  Gabrielem  Çayam  cum  meis  litteris  quibus 
aperte  declarabam  quo  loco  hic  res  essent  :  et  periculum 
quod  imminere  mihi  videbatur  de  diminuenda  Eccle- 
siastica  et  Regia  auctoritate  nisi  remedium  pacis  adhi- 
beretur  certum,  et  quidam  alla  propter  qu^  vix  audebam 
hue  reverti.  Proinde  rogabam  ut  ipse  intelligeret  a  Regia 


I  ro 


Majestate  qu^  voluntas  ipsius  esset  de  acceptando  a  me 
tanta  Régis  Galli«  liberalitate  et  matanda  habitatione. 
Is  autem  respondit  apertisse  verbis  Regem  nostrum 
catholicum  nullo  modo  velle  neque  convenire  ut  Chris- 
tianiss.  me  addicerem  neque  ut  mutarem  habitationem 
nisi  forte  hinc  vellem  in  Hispanias  profîcisse  :  ubi  me  non 
minoribus  beneficiis  et  stipendiis  majoribus  me'  Regia 
cath.  Majestas  ornaturus  esset.  Hoc  accepto  responso 
libelle  supplici  diversis  vicibus  reiterato  petij  a  Magistratu 
dimissionem  seu  facultatem  hinc  discedendi,  quas  cum 
mihi  denegata  esset,  iterum  petij  ut  saltem  relictis  hic  sex 
aut  septem  prœlis  cum  typis  et  aliis  rébus  ad  ea  exercenda 
sufficientibus  liceret  mihi  alio  quo  vocabar  reliqua  nostras 
typographie^  instrumenta  transferre  :  addebam  me  pluri- 
mas  causas  habere  hinc  migrandi  et  inter  eas  quod  non 
ita  pridem  in  hujus  urbis  direptione  spoliatus  fuissem  for- 
tunis  omnibus  adeo  ut  jam  (sicuti  verum  erat)  non  essem 
solvendo  conductionem  domus  ad  retinendam  tantam 
tamque  omnibus  rébus  necessariis  et  ad  ornatum  facien- 
tibus  instructam  typographiam.  Tum  vero  deliberatum 
est  in  Senatu  et  statutum  ut  ipse  Consul  primarius  cum 
aliquot  aliis  ex  ipso  Magistratu  atque  Pensionario  ad 
visitandam  nostram  typographiam  venirent.  Quod  cum 
fecissent  diligenter  nec  aliquid  reliquissent  non  exami- 
natum  et  descriptum,  re  ab  ipsis  ad  Senatum  relata, 
decretum  est  ut  singulis  annis  trecenti  floreni  e  publico 
ad  conductionem  domus  numerarentur  ea  lege  ut  eam 
typographiam  nostram  in  hac  urbe  conservarem  in  usum 
eorum  qu£e  magistratus  juberet,  persolvendo  impensas 
faciendas  et  prœterea  permissum  mihi  est  ut  quae  vellem 
alia  mihi  vel  aliis  imprimerem. 

Ego  vero  cum   apud   nonnuUos   hoc   deposuissem    et 


—  III 


declarassem  quod  interea  dum  in  Galliis  essem  Generi 
mei  in  typographia  nostra  relicti  fuissent  coacti  ad 
imprimendas  certas  Apologias.et  Discursus  contra  D.  J. 
Austriacum  (5)  et  quod  videbam  futurum  ut  idem  miiii 
faciendum  esset  quandocumque  vellent  qui  ad  clavum 
sederent  :  illi  ipsi  omnes  et  etiam  inter  eos  Ecclesiastici 
viri  bono  me  animo  esse  jusserunt  :  asserentes  me  obli- 
gatum  esse  ad  obediendum  Statibus  generalibus,  D. 
Gubernatori  Matthi^  Archiduci  Austriae  et  Magistratui 
tamquam  Superiorihus  meis  idque  certis  de  causis  con- 
firmabant.  Primum  quod  mihi  homini  privato  non  liceat 
in  dubium  revocare  vel  repugnnre  uUi  rei  qu^  ab  ipsis 
deliberaretur  aut  concluderetur;  tum  quod  in  impri- 
mendo  nihil  a  me  petatur  quod  sit  prêter  officium  meum 
consuetum  :  non  licere  ulli  homini  operam  suam  manu- 
ari.im  magistratui  suo  denegare  :  Secretario,  Graphario 
vel  amanuensi  aliquo  non  esse  integrum  suam  operam 
in  describendo,  excipiendo  vel  nomine  sui  heri  sub- 
signando  quicquid  illas  dictaverit  jusseritve  :  Aparitoris 
non  esse  examinare  aut  in  suspicionem  vocare  senten- 
tiam  a  magistratu  suo  decretam  et  promulgatam  atque 
illi  mandatam  ut  executioni  det  :  neque  si  quidquam  sit 
contra  jus  et  «quum  aut  contra  quamcumque  personam 
ab  ipsis  superioribus  dictatum,  scriptum,  statutum,  aut 
executioni  mandatum  ipsis  ministris  quibus  jussum  sit 
umquam  fuisse  imputatum. 

His  et  similibus  argumentis  persuasus  sum  et  periculis 
quse  a  furore  et  fervore  populari  de  vita  temporali  et  de 
fortunis  omnibus  imminebant  qui  contra  hiscere  ausi 
fuissent,  inductus  typographiam  obediendo  conservavi 
in  meliores  usus  et  tempora.  Interea  vero  necesse  nobis 
fuit  pati  ut  ea  imprimerentur  qu^  Status  générales  cum 


112 


D.  Gubernatore  ad  nos  exemplaria  miserunt  cum  singu- 
laribus  semper  mandatis  (sine  quibus  semper  recusavi 
quicquam  imprimere  etiam  si  non  semel  mandatum 
générale  misissent  de  omnibus  qu^  mitterent)  et  certis 
hominibus  assignatis  qui  omnibus  in  linguis  quibus  ipsi 
quid  vellent  imprimi  correctores  pr^elorum  egerent 
ne  quid  forte  pr^eier  suam  voluntatem  adderetur,  omit- 
teretur,  mutareturve,  adeo  ut  omni  culpa  nos  vacare 
arbitratus  sim  semper  :  ob  idque  maxime  quod  crediderim 
Superiores  nostros  bona  et  intégra  fide  agerequ^e  egebant, 
quos  si  qua  in  re  deflexerint  ab  antiqua  consuetudine 
facile  mihi  sum  persuasus  illos  consilio  certo  fecisse  ad 
compescendam  et  sedendam  quantum  in  se  situm  esset 
furorem  populi  et  evitanda  mala  pejora  :  uti  Sc'epe  vidi 
multis  in  locis  ubi  furori  populari  sunt  concessa  plurima 
donec  paulisper  consessisset  et  uti  fere  fit  in  incendio 
subitaneo  ubi  nuUo  habito  respectu  juris  privati  nec 
publici  parietes  vicinae  imo  et  domus  nonnumquam 
intégrée  cum  aliis  quibuscumque  vi  aperiuntur,  diri- 
mentur,  evertuntur  et  funditus  demoliuntur  ne  ignis 
ulterius  serpat  :  aut  veluti  in  aggere  violentia  fluctuum 
perrupto  sternitur  via  ipsis  aquis  ad  stagnandum  potius 
quam  totam  regionem  obruant,  vel  sicuti  prudens  nau- 
clerus  tempestate  oborta  in  mari  solet  a  recto  et  constituto 
cursu  deflectendo  velis  etiam  si  opus  sit  submissis  imo 
et  malo  exciso  hue  illuc  vagari  donec  sedata  tempestate 
paullatim  ad  intermissum  violentia  cursum  redire  pru- 
denter  queat  et  tandem  navim,  homines  et  merces  secum 
ad  portum  dirigere  :  cum  alioqui  si  obstinate  juxta  artem 
suam  recto  cursu  navim  contra  ventorum  impetum 
coercere  vellet  se,  suos,  alios,  sua  et  aliéna  navi  ad 
scopulos  aut  litus  allisa  perderet.  Sic  itaque  speravi  et 


—  113  — 

adhuc  spero  maximam  partem  Superiorum  sedatis  tandem 
hisce  temerariis  furoribus  (nonnuUis  in  locis  haud  dubie 
quam  in  aliis  majoribus)  omnia  in  meliorem  ordinem  et 
rectum  cujusque  rei  gradum  restituros  quam  plurimi 
credant  ;  maxime  si  pax  certa  constituatur  :  sine  qua  vix 
quicquam  sperandum  est.  Armis  siquidem  (ut  s^pe  dixi 
et  scripsi  ad  ipsos  Régis  nostri  familiares)  violentia, 
authoritate  nec  rigore  jam  facile  imo  nec  difficillime 
quicquam  securi  efficietur.  Pace  prona,  exemple  et  doc- 
trina  opus  est  ad  plebis  animos  in  recta  obedientiam 
reducendos  et  fidem  veram.  Hic  habes  historiam  veram 
de  illis  libellis  in  typographia  nostra  jussu  et  mandate 
expresse  Superiorum  impressis  :  prieter  quos  si  qui  sint 
nomine  meo  falso  (ut  hoc  tempore  factum  deprehendimus 
s^piss.)  alibi  impressos  culpa  omni  careo.  Scio  etenim 
plurimos  esse  maxime  ex  adversîe  partis  hominibus  qui 
quod  videant  me  constantem  esse  nec  velle  precibus, 
precio  nec  minis  graviss.  quidquam  imprimere  quod  non 
sit  approbatum  vel  ut  dixi  jussum  nec  desistere  a  libris 
catholicis  imprimendis  nullum  non  moveant  lapidem 
quo  nomen  nostrum  odiosum  reddant  omnibus  etiam 
nostrîe  religionis  hominibus.  Quîe  etenim  propria  volun- 
tate  hic  toto  hoc  periculosissimo  tempore  invitis  et 
reclamantibus  plurimis  impressi  describam  et  subjungam 
et  quoties  hoc  biennio  solo  impresserim  :  deinde  quas 
habeam  sub  prjelis  (et  qu^e  subsequutura  confido  :  si 
tamen  a  me  talia  recudenda  judicaveritis  et  prosequenda) 
(6).  Tantum  siquidem  abest  ut  ego  velim  quid  contra 
sedem  istam  Apostolicam  imprimere  aut  contra  mentem 
piorum  istic  vel  alibi  degentium  hominum  ut  malim 
prorsus  ab  imprimendo  cessare  :  adeo  ut  non  sit  opus 
libres  a  me  impressos  vel  imprimendos  prohibere,  sed 


—   114  — 

vel  unico  verbo  privatim  mihi  significare  ingratam  esse 
meam  operam  in  prosequendis  impressionibus  librorum 
ecclesiasticorum.  Sic  namque  ilico  ad  proplianos  authores 
edendos  me  totum  convertam,  non  tamen  sine  mœrore 
animi  et  eorum  dispendio  qui  nostris  iibenter  uti  soient, 
id  quod  tam  gratum  erit  adversariis  quam  quod  gratis- 
simum  :  ut  pote  qui  omnes  alios  impressores  totiùs 
Flandri^,  Holandi«,Zelandias  et  hujus  urbisad  sua  edenda 
converterint  neque  sit  alius  qui  libros  catholicos  in  hisce 
locis  hoc  tempore  imprimere  audeat  aut  velit. 

Sequuntur  nomina  librorum  quos  hisce  duobus  annis 
elapsis  impressi  : 

Breviarij   in    ié°    duobus  voluminibus   binas  impres- 
siones  edidi. 

Diurnalis  in  i6°  binas.  Officij  B.  Marias  in  12°  ternas 

Officij  B.  Mariae  in  24°  sep-      impress. 

tenas  impress.  Biblia  Lovanij  coUata  in  8" 

binas  impress. 
Concionum   Granatensis  de  tempore   tomi  secundus  et 

tertius  semel. 
Sanderus  de  Monarchia  visi-     Dialectica  Augustini  Hun- 

bili  in  folio  semel.  nei  binas  editio. 

Catechismi    Canisij     binas     Ejusdem  parvi   Catechismi 

impressiones.  binas  impress. 

Missîe  musicales  de  la  Hele  maximo  folio  pro  choro. 
Missale  Romanum  in   8°  figuris  ^neis  elegantibus,    et 

etiam  ligneis  figuris  semel. 
Cassiani    opéra    collata   et    notata    per    H.    Cuyckium. 
Laevinus    Torr(entius)    in      Biblia  Gallica  Lovanij  versa 

Suetonium  8°.  in  folio, 

Sophocles,   ^schilus   cum  Terentius  8"  bis 

notis  Guillelmi  Canteri  Gr^ce  16°. 


—  115  — 

Dispensatorium  Val.  Cordi  Virgilius  in  8°. 

recognitum  et  auctum  variis. 
Historia  rerum  gestarum  Genuensium  per  Pet.  Bizarrum, 

in  folio. 

EmblemataAlciaticumcommentariisampliss.Minoisin8°. 

Sallustius  cum  notis  Lud.  Aurelius  Victor  cuni  notis 
Carrionis.  And.  Scotti. 

Manuale  Navarri  in  8°  magno,  quod  hic  summopere 
desiderarentur  exemplaria  quas  sunt  avidiss.  expetita 
et  fere  distracta,  in  quo  si  peccavi  veniam  peto  nec 
pienitentiam  detrectabo  quam  rogo  ut  mihi  impetres 
et  si  maneat  in  sententia  polliceor  me  non  recusurum. 
Sub  praslis   habemus   sequentia    : 

Concordanti^  Bibliorum  in  Officium  B.  Marine  rursus 
magno  4*°.  in  24°  et  idem  in  32°  cum 

Vari^lectionesD.Muretiin8°.  fig.  elegantiss. 

Opéra  Ciceronis  cum  notis  D.  Fulvij  Ursini  in  8°. 

Concionum  Granatensis  de  sanctis  tomi  duo  in  8°. 

Opéra  D.  Becani  numquam  Biblia  hebrasa  in  4^°. 

impressa  in  folio. 

Imagines  sanctorum  omnium  qui  in  Kalendario  Romano 
habentur  una  cum  historiis  exEvangeliis  Dominicis  per 
totum  annum  in  xre  ;  forma  in  24°  cum  elogiis  brevib. 

Lucius  Florus  iterum  a  Sta-  Cornélius  Tacitus  rursus  a 
dio  emendatus.  Lipsio  annotatus  (7). 

Ignosce  qu^so  Rev.  P.  quod  tam  prolixe  prêter  insti- 

tutum    meum    scripserim.    Abripuit    me    voluntas    tibi 

aperiendi  historiam  banc  et  meam   constantem  volun- 

tatem  in  permanendo  sub  obedientia  sanct^e  matris  nostr^ 

Christi  Apostolicœ  Romanîe  ecclesi^.  Quod  si  a  vobis 

ejus  ministris  docear  me  pecasse  neque  bene  facere  taies 

libros  imprimendo  venia  ex  prascedentibus  peccatis  im- 


—   ii6  — 

petrata  cavebo  diligenter  ne  amplius  in  eo  peccem. 
Interea  vero  pergam  moro  solito  et  Deum  rogabo  ut 
nostri  misereatur  semper  teque  spiritus  sui  sancti  gratia 
semper  auctum  protégera  dignetur.  In  nomine  vero  Dni 
nostri  Jesu  Christi  te  rogo  ut  vel  tribus  quod  aiunt  verbis 
nobis  quam  subito  tuïe  permiserint  graviores  occupationes 
nobis  respondere  digneris  et  nos  suprascriptis  scrupulis 
liberare.  Antverpias  lo.  Decemb.  1579. 

(i)  Ajouté  dans  la  première  rédaction  :  Corpus  Canonicum  donec 
Dns  Curtius  quas  videbuntur  annotaverit  et  mittendi  occasionem 
habueris  vel  Venetias  vel  Lutetiam  ut  inde  ad  me  mittatur.  —  Voir 
lettres  précédentes  à  propos  de  ces  deux  éditions,  projetées  par 
Plantin  depuis  longtemps. 

(2)  Ibidem  :  quam  tempore  Ducis  Albani,  aut  D.  Commendatoris 
toto  anno  integro. 

(3)  Voir  notamment  les  lettres  précédentes  à  de  Çayas,  à  Turrianus 
et  à  Moflin, 

{4)  C'est-à-dire  la  cathédrale  et  l'église  du  Béguinage,  à  la  rue 
Rouge  (Rode  straet). 

(5)  Responce  véritable  aux  lettres  patentes  et  persuasiotts  abusives  de  Don 
Jan  d'Austrice,  données  à  Hevre  le  xv.  iour  de  Febvrier  M.D.LXXVIII. 
En  flamand  :  Waerachtighe  Anlwoorde  op  de  opene  brieven  etide  bedrie- 
gheïicke  perstiasien  van  Don  Jan  Van  Oostenrifck,  ghegeven  te  Hevre  den 
XV.  dach  van  Sporckelle,  M.D.LXXVIII.  Puis,  dans  les  trois  langues  : 
Responsio  ad  exigimm  quendam  libelîum  ntiper  editum  ;  cujus  titultis  est  : 
Declaratio  instituti  atque  consilij  D,  loannis  Aiistriaci,  &c.  —  Responce 
à  un  petit  livret  n'aguères  publié,  et  intitulé  :  Déclaration  de  l'intention 
du  Seig*'  don  Jehan  d'Austrice.  —  Antwoorde  Opeen  cleyn  boecxken  onlancx 
wt  ghegheven,  ghenoemt  de  Declaratie  vande  meyninge  van  Heer  Don  lan 
van  Oostenrijck,  1578,  in-40.  D'après  Ruelens  &  De  Backer,  cette 
Responce  a  un  petit  livret  serait  l'œuvre  de  Marnix  de  Sainte-Aldegonde. 

(6)  Le  passage  entre  parenthèses  a  été  légèrement  effacé. 

(7)  La  première  rédaction  contient  une  troisième  rubrique  : 

Imprimenda  postea  : 
Notas  D.  Francisci  Lucse  in  Universa  Biblia. 
Biblia  Vatabli  Lovanij  correcta. 


—  117  — 

852.  —  Plantin  à  Antoine  Muret. 
[Archives  Plantiniennes,  X,  f»  11). 

10-12  Décembre  1579. 

(Si  Plantin  a  tardé  de  répondre  à  son  ami,  c'est  qu'il  attendait  un 
mot  deLipse  et  qu'il  voulait  envoyer  un  spécimen  du  livre  de  xMuret. 
L'impression  du  reste  de  l'ouvrage  suivra  son  cours  normal.  Plantm 
attend  encore  la  préface,  à  moins  que  Muret  ne  répète  celle.de  la 
première  édition  ou  n'entend  pas  donner  de  préface  générale.  Le 
livre  de  Lipse  sera  expédié  par  parties,  en  même  temps  que  les  feuilles 
de  l'ouvrage  de  Muret). 

Clariss.  doctissimoque  Viro  Dno  M.  Ant.  Mureto. 

Quod  litteris  tuis  vi.  Kal.  Octob.  datis  paulo  fortasse 
tardius  quam  sperabas  respondeam,  Vir  prasstantissime, 
causa  fuit  quod  vellem  simul  et  Lipsij  nostri  responsum 
et  spécimen  libri  tui  (i)  mittere  a  quo  prosequendo  non 
desistam    quin    absolutum    reddiderim    opus    ad    quod 
pr^fationem  tuam  expecto.  Priores  siquidem  viii.  libros 
et  postea  septem  postremos  accepimus  absque  uila  prorsus 
antiqua  vel  nova  dedicatoria  vel  praefatione.  Inscriptio 
autem  quam  mihi  tuis  iisdem  litteris  pr^scribis  perplacet 
neque  ad  vu.  posteriores  libros  prasfationem  uUam  uti 
jubés  expectabo.    Cupio   tamen   mihi    prima   occasione 
significari  num  velis  nos  primam  tuam  praefationem  uti 
olim  fuit  impressa  imitare  vel  omnes  xv.  libros  sine  uUa 
pr^tatione  emitti  {2).  Lipsij  libro  Electorum  (3)  integro 
non  ausi  sumus  veredarium  onerare,  pauUatim  reliqua 
folia  cum  tuis  mittemus. 

(i)  Il  s'agit  toujours  de  M.  ^intonii  Miireti  variarum  Uctionum 
libri  XV,  in-S»,  paru  à  l'officine  plantinienne  en  1580. 


—  ii8  — 

(2)  L'édition  des  Lecliones  de  1580  ne  contient  pas  d'autre  préface 
que  celle  de  l'édition  de  1559  (Venetiis,  ex  ofificina  lordani  Zilleti). 

(3)  lusti  Lipsii  Ehclormn  Liber  I.  In  qiio,  prceter  censuras,  varij  prisci 
ritiis.  In-80,  Plantin,  1580.  Avec  dédicace  :  Ad  serenissimum  priu- 
cipem  Matthiam  Austrium  Belgicas  Proregem. 


853.  —  Plantin  an  cardinal  de  Granvelle. 
*  {u4rchives  Tlanlinietines,  X,  fo  11). 

12  Décembre  1379. 

Au  tresillustre  Cardinal. 

Congnoissant  les  grandes  affaires  d'importance  esquelles 
V.  S.  tresillustre  est  ordinairement  employée  et  le  peu 
de  service  que  je  luy  puis  faire  je  n'eusse  prins  la  har- 
diesse en  ce  temps  de  luy  escrire  la  présente  si  le  Signeur 
Fulvio  Ursino  ne  m'eust  envoyé  ce  fragment  de  Polybe, 
et  ordonné  de  l'imprimer  incontinent  et  l'envoyer  a 
icelle  V.  S.  tresillustre  pour  une  monstre  de  l'œuvre 
entière  qu'il  luy  veut  _dedier  (i).  Parquoy  je  la  supplie 
qu'il  luy  plaise  me  faire  advertir  si  les  characteres  et 
forme  luy  seront  aggreables,  ne  désirant  rien  plus  que  de 
luy  faire  en  cela  et  touts  autres  choses  qu'il  luy  plaira  me 
commander  tout  humble  service.  Je  poursui  entre  autres 
l'impression  des  oeuvres  de  Cicero  in  8°  avec  les  notes 
dudict  S'  Fulvius  Ursinus  desquelles  les  Offices  sont 
achevées  et  les  Epistres  ad  Atticum  commencées  avec 
espoir  de  ne  discontinuer  qu'elles  ne  soyent  achevées  (2). 
Et  sur  ce  je  prie  Dieu  que  par  le  tresprudent  conseil  de 
vostre  Signeurie  tresillustre  il. plaise  induire  nostre  bon 
Roy  catholicque  au  redressement  miséricordieux  de  cts 


—  119  — 

pais  tant  affligés  par  contrariétés  d'entreprinses  et  opinions 
diverses  desquelles  tant  s'en  faut  que  les  mieux  advisés 
puissent  espérer  aucun  repos  qu'il  est  a  craindre  que 
sans  ung  bref  bon  et  clément  remède  les  esprits  s'enai- 
grissants  de  jour  a  autre  les  affaires  n'aillent  de  mal  en 
pis,  dont  fînablement  au  regret  des  bons  s'ensuivroit 
l'entière  ruine  des  païs.  Ce  que  je  prie  le  mesme  Dieu 
de  vouloir  divertir  et  nous  conserver  icelle  V.  S.  111"'®  a 
son  honneur  et  gloire  et  a  l'utilité,  repos  et  tranquillité 
du  peuple.  D'Anvers  ce  12.  de  Décembre  1579. 

(i)  Fulvius  Ursinus  dédia  en  effet  son  livre  au  cardinal  Antoine 
Perrenot  de  Granvelle.  L'édition  ne  parut  qu'en  1582  :  Ex  libris 
Tolybii  Mégalo politani  sehcta  de  Legationihus  ;  Et  alia  qua  sequenti  pagina 
indicantur  :  Niinc  prinium  in  lucem  édita.  Ex  bibliotheca  Fuluii  Ursini. 
Plantin,  1582,  in-8".  Fulvius  Ursinus  avait  reçu  ces  fragments  de 
Polybe,  d'Antoine  Augustin,  archevêque  de  Tarragone.  Le  manuscrit 
provenait  d'un  certain  Jean  de  Constantinople,  et  traite  des  ambas- 
sades ou  négociations  politiques. 

(2)  Les  notes  sur  les  œuvres  de  Cicéron  furent  publiées  par 
Plantin  en  i  j8i  :  Fulvii  Ursini  in  omnia  opéra  Ciceronis,  Notte.  In-8°. 


854.  —  Plantin  à  Arias  Montanus. 
{■LArchives  Flantiniennes,  X,  f"  in). 

15  Décembre  1579. 

(Plantin  n'entretiendra  pas  son  ami  de  la  politique  du  jour  ni  de  ses 
affaires  personnelles.  Quant  à  ses  éditions,  l'imprimeur  rappelle  qu'il  a 
envoyé  à  de  Çayas  deux  exemplaires  de  tout  ce  qui  est  sorti  de  ses 
presses.  La  famille  de  Plantin  se  porte  bien.  Compliments  affectueux 
de  tous,  ainsi  que  de  Porret  et  de  Rasius.  Arias  recevra  sous  peu,  par 
l'intermédiaire  de  Varon  et  de  Poelman,  les  livres  publiés  récemment 
par  Plantin.  Son  ami  pourra  se  convaincre  qu'il  n'a  rien  imprimé  que 
les  censeurs  n'aient  préalablement  approuvé  ou  que  les  autorités  ne 


I20 


lui  aient  imposé,  L'architypographe  prie  finalement  Montanus  de 
vouloir  recommander  auprès  de  Philippe  II  et  du  vice-roi  des  Indes 
un  certain  Jean  de  Salinis  qui  voudrait  se  rendre  dans  l'Inde  et  y 
résider  huit  ou  dix  ans). 

IIP  admodum  Viro  D.  B.  A.  Montano. 

De  prsecipuis  animi  rébus  tibi  V.  Ill'^  jam  quid  scri- 
bendum  non  videtur,  de  publiais  frustra,  de  privatis 
nolim  te  oneratum.  De  quibus  quantum  ad  ea  qu^  in 
typographia  nostra  jussu  et  mandate  Superiorum  impressa 
sunt,  111'  viro  Dno  Gabrieli  Çay^e  bis  diverso  tempore 
antehac  (missis  ex  omnibus  binis  exemplaribus  quas 
nomine  Regio  petierat)  respondi,  quare  frustra  videretur 
mihi  quicquam  hic  repetere.  Nihil  etenim  pr^eterea 
peculiare  scribendum  occurrit  quod  gratum  auditu  tibi 
existimem  praeterquam  quod  laus  sit  Dno  nostro  Jesu 
Christo  ego,  uxor,  fili^  omnes  (e  quibus  hic  très,  una 
Hamburgi  et  altéra  Parisiis  (i)  cum  eorum  maritis)  bene 
valeamus  et  omnia  tibi  felicia  precemur  omnes,  uti  faciunt 
Parisiis  frater  Poretus  et  D.Rassius  qui  mecum  tibi  gratias 
habent  de  illis  preciosis  muneribus  ad  nos  missis  et 
redditis  per  Dnm  Ludovicum  Perezium.  Spero  te  jam 
accepisse  aut  brevi  accepturum  libros  e  nostra  officina 
quos  antehac  destinavimus  in  sarcinulis  a  D.  Martino  de 
Varon  missis  ad  Pulmannum  nostrum  (2)  tibi  reddendos 
ut  eos  cui  voles  distribuas.  Ego  uti  spero  brevi  aliquot 
alios  postea  impressos  mittam  quoque  ut  tu  semper  et 
amici  videatis  quid  e  nostra  typographia  hoc  calamitoso 
et  periculosissimo  tempore  prodeat  prêter  voluntatem 
plurimorum  qui  precibus,  precio,  nec  minis  quibuscum- 
que  a  me  non  potuerunt  extorquere  nec  favente  Christo 
extorquebunt  ut  quid  imprimam  quod  non  sit  more 
solito  a  catholicis  examinatoribus  approbatum-  et  Privi- 


—    121    — 

legijs  Regijs  concessum  autquod  non  sit  jussum  peculiari 
mandato  assignatis  etiam  ad  hoc  certis  correctoribus 
pr^elorum  uti  hactenus  factum  est  in  illis  qu«  (uti  supra 
dixi)  sub  nomine  meo  Superiorum  jussu  impressa  sunt 
in  typographia  nostra.  Nunc  autem  de  alienis  quod  non 
libenter  facio  aliquid  scribendum  mihi  est  ab  amico 
inductus  cui  recusare  non  potui  quin  abs  le  peterem 
certum  benelicium  quod  is  tibi  facile  impetratu  sibi 
persuadet.  Is  itaque  ad  me  scribit  se  habere  nepotem 
natum  in  Flandria  procreatum  a  Pâtre  Hispano  cui  nomen 
erat  Pedro  de  Salinis,  juvenem  antique  et  sincère  catho- 
licum,  ei  nomen  esse  Johanni  de  Salinis  qui  desiderio 
tenetur  proximo  mense  Martio  navigandi  in  Indiam  (3) 
et  illic  manendi  per  octo  aut  decem  annos.  Ipse  vero 
intelligit  nemini  licere  terram  ingredi  aut  in  ea  habitare 
sine  Privilégie  Regia^  catholica;  Majestatis  aut  consensu 
Proregis.  Proinde  cupit  utra  opéra  sibi  Privilegium  illud 
aRegiaMajestate  impetrari  et  litteras  tuas  commendatitias 
ad  ipsum  Proregem  habere  quod  si  in  illo  impetrando 
aliqua  inesset  difficultas  proximo  contentus  erit.  Ego  si 
facile  impetratu  sit  utrumque  illius  nomine  peto  fieri  sin 
autem  aliqua  insit  difficultas  nolim  ullo  modo  tibi 
molestiam  ullam  parère,  ut  qui  te  molestia  uUa  afficere 
non  sitanimus  magis  vero  quantum  in  me  situm  erit  pro 
viribus  levare  et  gratum  me  semper  quibus  potero  modis 
probare.  Suffecerit  itaque  mihi  si  vel  tribus  quod  aiunt 
verbis  prima  opportunitate  significares  aliquid  quod  ipse 
amico  respondere  debeam,  et  si  quid  sit  in  quo  tibi 
obsequium  meum  cupias  efficiam  ne  diu  desideres.  Bene 
vale  in  Christo  JesuDno  nostro  in  quo  vivimus,movemur 
et  quotquot  pereundum  Deo  regenerati  sumus  in  unitate 
spiritus  sui  sancti.  Antverpiae  raptim  15.  Decemb. 


—    122    — 

(i)  Catherine,  avec  son  mari  Hans  Arents  ou  Spieriiick,  s'étaient 
retirés  à  Hambourg.  Madeleine,  femme  de  Gilles  Beys,  vivait  à  Paris. 

(2)  Jean  Poelman,  fils  de  Théodore,  au  service  de  Plantin  depuis 
l'année  1567.  Il  quitta  l'officine  d'Anvers  en  1579  '  associé  en  1581 
avec  Martin  de  Varon  pour  le  commerce  de  livres,  il  s'était  établi  à 
Salamanque,  où  il  resta  au  moins  jusqu'en  1607. 

(3)  C'est-à-dire  l'Amérique,  et  principalement  le  Pérou,  où  Francisco 
de  Toledo  fut  vice-roi  de  1569  à  1584, 


855.  —  Gregorio  Pere:{  à  Plantin. 
(Archives  Plantiniennes ,  XC,  î°  551). 

Alfaro,  le  17  décembre  1579. 

(Perez  ne  s'est  pas  hâté  de  faire  venir  les  livres  d'Anvers  en 
Espagne,  vu  l'état  troublé  du  pays.  Il  a  écrit  à  de  Soto,  ayant  appris 
que  les  colis  sont  en  lieu  sûr.  De  Soto  étant  probablement  parti, 
Perez  a  chargé  Diego  de  la  Pena  de  lui  expédier  les  livres.  Suit  l'at- 
testation de  ce  dernier,  qui  a  reçu  de  Plantin  deux  coffres  et  une 
caisse  mais  n'en  sait  pas  le  contenu). 

Muy  mag-^"  S""". 

Por  aver  estado  los  negocios  de  esos  estados  tan 
turvados  no  he  hecho  diligencia  en  haver  de  los  libros 
que  yo  dexe  en  casa  de  V.  m.  que  son  dos  cofres  y  una 
casa.  Tengo  abiso  que  no  son  perdidos  y  que  ha  scripto 
V.  m.  a  Jeronimo  de  Soto  que  inbie  por  ellos.  El  quai 
me  paresce  esta  ausente,  y  asi  scrivo  al  Senor  Diego  de 
la  Pena  me  haga  merced  de  cobrarlos  y  inbiarmelos  por 
la  via  que  mejor  le  paresciere.  Y  asi  supplico  a  V.  m.  se 
los  de  al  Senor  Diego  de  la  Pena  o  aquien  el  ordenare 
que  por  esta  me  doy  por  contento.  Y  vea  en  que  le 
puedo  servir  que  lo  hare  como  devo.  A  todoslos  de  esa 


—    123    — 

casa  dara  mis  saludes  y  nuestro  Senor  los  guarde  y 
prospère  en  su  Santo  Servicio.  De  Alfaro,  17.  de 
deciembre  1579. 

Siervo  de  V.  m. 

Fray  Gregorio  Ferez  (i). 

Diego  de  la  Pena  conosco  aver  me  entregado  el  S. 
Xristoval  Plantin  los  dos  cofres  y  una  caxa  en  esta  carta 
contenidos  los  quales  me  a  dado  enpacados  sin  visitar 
lo  que  ay  dentro  y  por  ser  verdad  lo  firme  de  mi  n'  en 
Anveras  A  9.  de  março  1580. 

Diego  de  la  Peiia  (2). 
(Adresse  an  verso  :) 

Al  muy  Mag'°  Seiior  Christoval  Plan- 
tino  impresor  de  su  mag''  en  su  ausen- 
cia  a  Juan  Moreto  su  hierno  etc. 

Enveres. 

(i)  Gregorius  Ferez,  ordinis  Minorum,  ou  encore  :  de  l'ordre  de 
S.  François.  Il  se  trouva  en  1577  à  Anvers  et  fît  alors  diverses  com- 
mandes chez  Plantin. 

(2)  Marchand  espagnol  de  la  place  d'Anvers. 


856.  —  Jean  More! us  à  Juste-Lipse. 

[archives  Plantiniennes,  IX,  i°  89^). 

Fin  décembre  1579. 

(Jean  Moietus  communique  à  Juste-Lipse  les  feuillets  ci-joints 
qu'il  vient  d'imprimer.  Le  professeur  est  prié  de  ne  les  montrer  à 
personne.  Mekerchius  en  avait  apporté  l'original  de  Cologne.  Le 
nom  de  l'officine  piantinienne  n'y  figure  pas  pour  des  causes  que 
Lipse  devinera.  Que  celui-ci  veuille  s'informer  auprès-  de  l'auteur 
quant  au  nombre  des  exemplaires  désirés.  Plantin  a  été  empêché  d'é- 
crire la  présente  lettre.  Il  la  signera  si  son  état  le  permet  :  il  soufïre 
en  eflfet  beaucoup  de  coliques  et  de  la  gravelle). 


—    124  — 

Doctiss"°  V.  I.  L.  S. 

Accipe,  Vir  Doctiss™%  h^c  folia  que  tibi  soli  mittuntur, 
nemini  mortalium  communicanda  donec  intègre  sit 
absolutum  opus.  Ex  titulo  cognosces  si  plus  tantum  otii 
tibi  ut  hase  légère  possis.  Mekerchius  noster(i),  Colonia 
attulit.  Festinatione  opus  fuit  in  excudendo.  Quando- 
quidem  ài>TLypa(f)op  meus  jam  propere  scitur,  nomén 
N.  prefigetur,  non  nostrum  ut  vides.  Causam  apertissime 
a  nobis  deinde  cognosces.  Vide  tu  interea,  Vir  Doctis- 
sime,  ut  cum  ipso  agas,  ac  intelligas  num  ita  velit  ac 
permittat  prodire  numerum  exemplariorum.  Ad  ipsum 
statim  mittemus  ubi  finis  operis  (2).  Tuas  expectabimus 
quam  citissime  fieri  poterit.  Haec,  Vir  Clar™%  nomine 
Soceri  mei  decumbentis,  qui  gravissimis  doloribus  cholicis 
et  calculi  afflictus,  ipse  hase  tibi  indicare  propria  manu 
voluisset.  Subscribet  tamen  si  dolores  permittant  manus 
calamum  regere.  Vale,  Vir  Candide,  nosque  amare 
perge(3). 

(i)  Sur  Adolphe  Meetkercke,  voir  lettre  11°  48  (I,  p.  112),  note  2. 
Il  résida  dès  le  mois  d'avril  1579  à  Cologne,  où  se  tenait  la  con- 
férence pour  la  paix  entre  les  Etats  généraux  et  l'Espagne.  Le  4 
décembre,  il  vint  rendre  compte  aux  Etats  généraux  des  négocia- 
tions, dont  le  résultat  avait  été  nul.  Vers  cette  époque  aussi,  Meet- 
kercke se  rallia  ouvertement  au  calvinisme. 

(2)  Nous  ne  pouvons  que  faire  des  conjectures  à  propos  de  cette 
impression  dont  Moretus  parle  en  termes  couverts.  S'agit-il  de 
V Admonitio  ad  Belgicam,  citée  dans  les  comptes  de  Mekerchius  au 
Grand  Livre  de  Plan  tin  ? 

(3)  Ecriture  et  rédaction  de  Jean  Moretus,  sans  date. 


I2î    — 


857.  —  Guillaume  Silvius  à  Plantin. 

{archives  Pîaniiniennes,  XCIII,  f»  278). 


1579  (?) 


Compère.  Le  bon  S""  n'est  pas  encores  venu,  s'il  a 
trouvé  quelque  empeschement  en  son  procès  neantmoins 
vous  envoyé  icy  aultres  dix  escuz  restent  dix  qu'aurez 
ces  festes,  ou  je  les  vous  baillerai  du  mien,  car  de  luy 
n'ay  encores  receu  un  seul  solz.  Bene  vale 

L'entierement  vostre 
G.   Silvius  (i). 

(i)  Les  Archives  Plantiniennes  ne  possèdent  pas  d'autre  autograplie 
de  ce  grand  imprimeur  anversois  que  le  billet  ci-dessus.  Rappelons 
qu'il  fut  assez  compromis  lors  des  troubles  religieux  et  politiques  de 
l'époque.  Il  quitta  Anvers  en  1579  P°"''  s'établir  à  Leyde,  comme 
imprimeur  de  l'Université,  et  y  mourut  en  1580.  Nous  ne  savons  pas 
à  quel  procès  il  est  fait  allusion  ici  et  dans  lequel  Plantin  semble 
également  avoir  été  mêlé. 


858.  —  Plantin  à  ]ac.  de  Pamele  (i). 
{^Archives  Plantiniennes,  X,  fo  301). 

1579  W 

(Plantin  se  réjouit  chaque  fois  de  recevoir  des  nouvelles  de  Pame- 
lius,  mais  il  ne  lui  est  pas  toujours  possible  d'y  répondre  amplement. 
11  attend  la  dernière  partie  de  l'ouvrage  de  Muret.  Quant  à  l'autorisa- 
tion pour  l'imprimer,  de  Pamele  peut  avoir  ses  apaisements.  Arias 
vient  d'annoncer  à  Plantin  la  réception,  de  la  part  du  cardinal  Sirlet, 
d'un  cahier  rempli  de  corrections  pour  les  oeuvres  de  S.  Augustin. 
L'imprimeur  invite  de  Pamele  à  lui  faire  parvenir  aussi  les  siennes, 
avec  ses  observations  sur  les  oeuvres  de  S.  Jérôme,  qui  seront  mises 
sous  presse  vers  la  fin  mars). 


—    126    — 

s.  P.  Litterîe  tuas  19.  Decembris  scriptse  mihi  ut  soient 
omnes  quas  abs  te  accipio  gratissim^e  fuerunt  neque  est 
quod  suspiceris  me  ita  occupatum  esse  umquam  ut  non 
libenter  tuas  perlegam  etiamsi  aliquando  accidat  ut  pos- 
sim  prolixe  respondere.  Reliqua  Mureti  expectabo  pa- 
tienter. 

De  Privilégie  impetrando  alicui  curam  dare  vix  ausim, 
timeo  siquidem  ne  hoc  difficuher  impetretur  neque  ulli 
molestum  me  prsebere  volo  (2).  Proinde  jubeo  te 
quiescere. 

Superioribus  diebùs  a  Dno  Ben.  Ari;^  Montano  litteras 
accepi  quibus  significabat  se  quaternionem  magnum 
accepisse  ab  Illustriss.  Dno  Sirleto  plénum  emendationi- 
bus  vel  collationibus  Operum  S,  Augustini  ad  me  mitten- 
dum,  quod  prima  oportunitate  se  facturum  poUicebatur. 
Si  quid  aliud  invenire  poteris  quod  ad  eadem  opéra  fiiciat 
quœso  ut  nobis  impetres  et  mittas  uti  et  in  Operibus 
S.  Hieronymi  quas  circa  finem  Martij  prselis  quoque 
favente  Domino  subposituri  sumus  (3),  etiamsi  non  ces- 
sent hic  bella  miserrima  et  detestanda  ab  omnibus  piis  et 
pacem  amantibus  viris.  Dominus  est  hactenus  nobis 
propitius  et  adjutor  in  tribulatione. 

(i)  Minute  sans  nom  de  destinataire,  se  trouvant  après  une  lettre 
de  Jacques  de  Pamele  du  31  mars  1589. 

(2)  Il  s'agit  sans  doute  de  M.  Antonii  Mureti  Variarum  hctioninn 
Libri  XV,  in-S»,  ouvrage  paru  en  1580  mais  dont  le  privilège  est 
daté  de  1574  ! 

(5)  L'édition  plantinienne  des  œuvres  de  S.  Jérôme  parut  en  1579. 


—  127  — 

859-  — J'^^n  Moretus  à  Corneille  Valerius  (?) 
{archives  Plantinicnnes ,  IX,  f°  91). 

Commencement  1580. 

(Moretus  annonce  à  Valerius  que  la  nouvelle  édition  de  sa  Gram- 
maire aurait  déjà  paru  si  les  temps  calamiteux  ne  s'y  étaient  opposés. 
L'auteur  dira  lui-même  ce  qu'il  faudra  faire  des  exemplaires  de 
l'édition  précédente  :  il  en  reste  encore  un  assez  grand  nombre.  En 
attendant,  Plantin  imprimera  volontiers  les  livres  de  Rhétorique  ou 
tout  autre  que  Valerius  voudra  lui  confier). 

S.  P.  Grammatica  tua,  Vir  Doctissime  (i)  jam  denuo 
impressa  prodijsset,  nisi  h^ec  temporis  difficultas  obste- 
tisset.  Exeniplaria  primae  editionis  adhuc  quamplurima 
apud  nos  sunt,  quc-e  tamen  successu  temporis  distrahenda 
cogitamus.  Tu  judex  esto  quid  nobis  cum  hisce,  si 
castigatiora  videbuntur.  Hune  qui  libros  a  nobis  nomine 
tuo  accipere  debebat  non  vidimus,  cum  venerit  ipsi  nihii 
recusabitur.  Nos  sane  h^c  deliciarum  tuarum  jactura 
maie  habet,  conabimur  paulatim  alias  tibi  parare.  Interea 
si  libellum  de  tropis(2)  vei  aliud  quodvis  tuum  scriptum 
miseris,  Socer  meus  (qui  tibi  plurimam  salutem)  statim 
praelo  submittet.  Vale,  Vir  Doctissime,  nosque  amare 
perge. 

(i)  Minute  de  la  main  de  Jean  Moretus,  sans  date  ni  nom  de 
destinataire.  Nous  présumons  qu'elle  s'adresse  à  Corneille  Valerius, 
le  professeur  louvaniste  qui  fit  imprimer  chez  Plantin,  à  partir  de  1 56 1 , 
plusieurs  manuels  de  grammaire  et  de  dialectique.  En  1583  parut 
notamment  sa  nouvelle  édition  de  Grammaticarum  instiUitiomim 
Libri  IIII. 

(2)  Cornelii  Valerii  Ultraiectini  universam  bene  dicendi  rationem 
tabula,  summam  artts  Rheloride  compkctens  :  Recognila  &  emendatius 
excusa.  Plantin,  1385,  in-8°  ? 


—    128    — 

86o.  —  Plantin  à  Janus  Dousa. 

{Musée  Britannique,  Add.  Ms.  21.524,  fo  157). 

31  Janvier  1580. 

(Plantin  est  confus  des  compliments  que  Dousa  lui  adresse  à 
propos  de  ses  éditions.  Il  le  prie  d'envoyer  au  plus  tôt  possible  son 
Plante,  afin  de  le  mettre  de  suite  sous  presse.  Dousa  lui  offrant 
de  publier  ses  autres  travaux  sur  les  anciens  auteurs,  l'archiiypo- 
graphe  lui  fait  hommage  des  Offices  de  Cicèron  qu'il  vient  d'imprimer. 
Le  commentaire  de  Cicèron  sera  publié  séparément,  comme  ceux  de 
Salhiste,  de  Tèrence  et  de  Virgile.  L'édition  d'Horace,  en  très  petit 
format,  a  paru  ce  jour  même.  Florns,  avec  commentaire  de  Stadius, 
sera  entamé  sous  peu.  Plantin  a  commencé  l'impression  des  œuvres 
posthumes  de  Goropius  Becanus.  Un  des  livres,  Hispanica,  sera 
terminé  dans  quelques  jours,  mais  ne  paraîtra  qu'après  achèvement 
de  l'ouvrage  complet). 

S.  P.  Disertissimis  et  doctissimis  tuis  litteris  rubore 
perfusus  vix  audeo  vel  paucis  balbutiendo  respondere. 
Nullam  in  primis  video  causam  cur  tantis  gratiarum 
actionibus  officium  nostrum  in  evitando  ingrati  animi 
notam  positam  prosequaris.  Utinam  etenim  vel  quas 
debeo  possem.  Plautum  cquidem  a  vobis  avidissime 
expecto,  rogoque  et  obsecro  ut  quam  facere  poteritis 
citissime  modo  id  sine  dispendio  rerum  magis  necessa- 
riarum  fiât  mittatis.  Ego  siquidem  ilico  praslo  submit- 
tam  (i).  Et  quoniam  adeo  liberaliter  mihi  tua  in  veteres 
scriptores  offers  (2)  accipe  qu^e  parturit  dies  jam  fere 
nullos  computans  officina  nostra  Ciceronis  omnia  e 
quibus  Officia  sunt  absoluta  sed  Annotationes  doctorum 

virorum  [ ]  nondum  inchoatas  (3).  Eas  autem  separa- 

tim  imprimemus  in  singula  opéra  (in  duos  libris)  (4)  uti  in 
Sallustio  fecimus  et  nunc  in  Terentium  atque  Virgilium 
(quos   nuper   8°   forma   vendimus)  facere   paramus   (5). 


—    129   — 

Horatius  i6^  forma  hodie  in  manibus  operarum  dedi- 
mus  (6).  Florus  primo  praelo  ab  aliquo  opère  liberato 
submitterem  cum  commentariis  Stadii  ab  eodem  ante 
ejus  mortem  recognitis  (7). 

Becani  non  impressa  opéra  serio  sum  agressus  e 
quibus  Hispanica  intra  très  quatuor  dies  absolventur 
dempto  tamen  primo  ternione  in  quo  frontispicium, 
dedicatoria  et  Index,  non  etenim  statui  aliquem  librum 
publici  juris  facere  donec  omnes  absolvero  (8),  ac  tum 
priores  terniones  aut  quaterniones  cum  ipsis  dedicatoriis 
una  opéra  perficiam  favente  Domino  qui  te  nobis  et 
reipub.  diu  conservet  incolumem. 

Antverpic'e  raptim  postrema  Januarii  1580. 

Tibi  tuo  merito  addictiss. 
C.  Plantinus  (9). 

{Adresse  au  verso  :)  Eruditione  et  nobilitate  illustri  viro 
Jano  Douzïe  Domino  a  Nordwick 
etc.  Lugdunum  Batavorum. 

{de  la  main  de  Dousa  :)  Cassiodorus  de  arte  disciplinarum 
(orbis  dise.)  editus  a  Johanne  Si- 
chardo  in  4.  Basilia  cui  additus 
Censorinus  de  die  Natali. 
Sebastianus  Corrado  de  claris  ora- 
toribus.  Brutus  excuss(us)  Floren- 
tiae  a  Torrentino. 


(i)  Nous  n'avons  pas  trouvé  que  Plantin  ait  publié  une  édition  de 
Tlatite  par  Dousa. 

(2)  L'arcliitypographe  imprima  en  effet  dans  la  suite  plusieurs 
ouvrages  de  Dousa   sur  les  classiques  :   'Nota  ad  C.  Salluslii  Crispi 


—  130  — 

Historiarum  libros,  in-80  (1580)  ;  Commentar iohis  in  novam  Q.  Horatii 
Flacci  editionem,  in-ié»  (1580);  Ad  stiperiorem  Commeniariohim  suum, 
Septetn  capittim  succidanea  pro  novissima  Horatij  editione  Adpendix, 
in-i6o  (1582);  Prcecidanea  pro  Albio  Tihullo,  in-i6o  (1582);  Pracida- 
nea  pro  C.  Valerio  Catnîlo,  in- 16°  (1582);  Epodon  ex  piiris  iambis 
Libri  II,  in-80  (1584);  Liiae  Friiterii  Brti^eiisis  libronim...  reliquia, 
in-80  (1584). 

(3)  M.  Tttll.  Cicerotiis  de  officiis  liber  primas  ad  Marcum  filium. 
In-40,  1580. 

(4)  L'année  suivante,  Plantin  édita  les  notes  de  Fulvius  Ursinus 
sur  l'œuvre  complète  de  Cicéron. 

(5)  Voir  plus  loin  à  propos  de  ces  différentes  éditions. 

(6)  C'est  l'édition  de  Dousa  même,  citée  plus  haut. 

(7)  L.  Juin  Flori  renim  a  Romanis  gestarum  libri  IIII.  A  loanne 
Sladio  etiienda ti . . .  loannis  Stadii  in  L.  Flornm  Commentar iiis..  In-8", 

1584. 

(%)  Les  œuvres  posthumes  de  Goropius  Becanus  parurent  encore 
cette  même  année.  Voir  plus  loin  à  leur  sujet. 

(9)  De  cette  lettre,  Plantin  n'avait  gardé  brouillon  ni  copie.  Les 
Archives  ne  contiennent  aucune  pièce  de  Dousa,  l'illustre  savant  hol- 
landais, professeur  et  curateur  de  l'université  de  Leyde.  Il  faut  croire 
que  Plantin,  ou  ses  descendants,  aient  systématiquement  détruit 
toutes  traces  d'un  commerce  plus  ou  moins  compromettant  avec  les 
éléments  calvinistes  en  Hollande. 


861.  —  Michel  Sonnius  h  Plantin. 
{Archives  Tlantiniennes,  XCIII,  f°  435). 

Paris,  le  7  février  1580. 

Mon  Compère  et  amij,  après  ma  lectre  escripte,  est 
arrivé  l'homme  de  Mons""  Pamelius  ensemble  la  copie  de 
Tertullianus  avecque  lequel  aij  accordé,  et  promis  trente 
exemplaires  donq  il  en  aura  troijs  bien  reliés,  et  27  en 
blanc,  et  aultre  trente  escuz  sol,  en  me  livrant  la  reste 
de  la  copie  qui  doit   estre  dedans  ung  mois  (i).    J'aij 


—  131  — 

faict  ledict  accord  fort  volontiers  pour  l'amour  de  vous, 
pour  ne  perdre  vos  frais,  et  aussi  véritablement  a  cause 
que  ladicte  copie  me  plaist  fort,   bien  corrigée,  et  les 
arouments    et    commentaires    contiendront    aultant    ou 
d'avantage  que  le  reste,  mais  de  l'aultre  costé  m  a  fort 
fâché    l'autre    impression    que    doibt    estre    parachevé 
dedans   ung   mois,    et  oultre   que   ceux  qui    impriment 
l'aultre   me   sauront  fort    mauvois   gré,    toutcfoijs  pour 
tout  cela  me  fault  l'asseurer  a  faire  profyt  au  public,  et 
doibz  commencer  ceste  sepmaine  a  l'impression,   a  la- 
quelle nous  doibt   assister  mons-"  Carrion  (2)  pour  les 
corrections,    et   oultre    fuldra   envoyer   et   renvoyer  les 
feulles    imprimés   audict   Pamelius  et  beaucoup  aultres 
frais  qui  se  monteront  a  beaucoup,   lequelz  feray  tous  a 
mes   dépens,  et  aussi  luy  bailleray  le  trente   escuz  sol 
seul.    Les  exemplaires  que  doibt  envoyer  suijs  d'advis 
que  les  paijons  par  moitié,  au  reste  ne  seroys  subject  a 
aultres  frais,  si  non  de  cinq  cens  au  pris  du  papier  et 
fasson,  ce  que  trouvères  raisonnable,  comme  me  tiens 
pour  asseuré,  aussi  me  doibt  fournir  d'ung  privilège  du 
Pape  et  du  Roy  d'Espangne.  Les  conditions  de  cela  et  de 
tout  debvons  ce  (jourhuyct  ?)  faire  quelque  escript,  donq 
vous  en  adverteray  Dieu  aydant.  Aussi  suijs  délibéré  de 
vous  envoyer  par  Hans  la  tierce  partie  de  Emblemata 
que  Mons"-  Minos  (3)  m'a  renvoyé,  et  la  reste  renvoyera 
bien  tost,  aydant  Dieu,  auquel  je  prie  mon  Compère  et 
ami)    vous    donner    ensemble   toute    vostre    famille    en 
bonne  santé  bonne  et  heureuse  vie  longue.   De  Paris  ce 
7«  Febvrier  1580  par  le  tout 

Vostre  compère  et  entièrement  Amy 
Michel  Sonnius. 


—  132  — 

[Adresse  au  verso  :)  A  S'  Christophle  Plantin 
Marchant  Libraire 
A  Anvers 

(i)  Voir  lettres  du  1$  et  du  30  octobre  1579,  à  propos  de  l'im- 
pression des  œuvres  de  Tertullien. 

(2)  Louis  Carrion,  professeur  à  la  faculté  de  théologie  à  Louvain. 

(3)  Claude  Minos  ou  Mignaut,  qui  fournit  le  commentaire  de  la 
lîouvelle  édition  plantinienne  des  Eniblemata  d'Alciat. 


862.  —  Plantin  à  Bartelus  Valentinus. 
{Archives  Plant iniennes,  X,  fo  12). 

13   Février  1580. 

(Pour  plusieurs  motifs,  Plantin  s'est  réjoui  de  la  lettre  de  Valentinus, 
le  compagnon  et  le  soutien  de  son  excellent  ami,  Arias  Montanus. 
L'imprimeur  fait  l'éloge  de  l'amitié.  Il  en  vient  aussi  à  parler  des 
rapports  existant  entre  l'homme  et  Dieu,  rapports  mystérieux  que 
l'on  ne  peut  comprendre  que  par  la  grâce  de  Jésus-Christ.  Le  savoir 
des  hommes,  les  plus  grands  efforts  d'intelligence  sont  impuissants 
à  percer  ce  mystère.  Suit  une  dissertation  sur  l'identincation  avec 
Jésus-Christ,  à  laquelle  l'homme  ne  peut  arriver  que  par  l'humilité 
et  une  grande  élévation  d'âme.  Plantin  reproche  à  Valentinus  les 
paroles  élogieuses  qu'il  lui  adresse  :  c'est  faire  tort  à  l'image  de  Dieu, 
dit-il,  qui  doit  demeurer  incorruptible  dans  notre  for  intérieur  !  La  pièce 
finit  par  des  vœux  pour  le  salut  d'Arias  et  de  Valentinus). 

Rev.  P.  D.  Carolo  Barteli  Valentino 

Hieronymitœ  Monacho  apud  S.  Laurentium. 

Variis  de  causis  gratissim^e  mihi  fuerunt  tu^  litterse, 
Pater  in  Christo  Venerande,  e  quibus  prsecipua  quod  ad 
gloriam  Dei  tendunt,  altéra  quod   nostro  Montano  jam 


—   133  — 

possis   esse   solatio   postquam    eo   gratia    Dei    praeeunte 
optimam    viani    te    ingressum.    Magnum    siquidem   est 
homini  pio  socium  habere  qui  bono  animo,  fide  intégra 
et  certa,  seipsum  hoc  est  proprios  affectus  et  desideria 
abnei^are  et  in  illis  qux  Christi  sunt  acquiescere  quo  is 
qui   propter  peccata  nostra  hoc  est  sapientiam,  pruden- 
tiam,  imaginarias  rationes  et  justitiam  nostram  tamquam 
in  nobis  mortuis  tamdiu  jacuit  redivivus,  corde  nostri 
illis  malis  occisis  et  plane  mortuis  deletisque  purificet 
suo   lumine   sancto    affulgeat,    locum   proprium   et    sibi 
peculiarem  ibi  obtinerit,  possideat  et  spiritus  sui  sancti 
habitaculum    faciat    eumque   ita    regat    et    gubernat    ut 
voluntas  Patris  nostri  cœlestis  jeque  fiât  in  terra  ut  in 
cœlo.  Atque  tum  jam  non  sunt  duo  régna  sed  unicum 
regnum  ubi  per  Christum    unica  est  voluntas  hominis 
cum  Dei  voluntate.  Admirandum  profecto  est  hoc  Dei 
erga  hominem  mysterium  quod  nemini  perspicuum  aut 
cognitum  esse  potest  alij  quam  ei  cui  tanto  bénéficie  frui 
ex  gratia  Dei  per  Jesum  Christum  in  unitate   spiritus 
sancti   datum  fuerit.  Q.ui   etenim  foris   sunt  et  in  viis 
desideriorum,  adinventionum  et  studiorum  suorum  au- 
dacter  et  pertinaciter  ambulant  nesciunt  quid  intus  fiât. 
Prohibitum    est   prasterea    conjecturis,    divinationibus, 
imaginationibus   et  incantamentis   scrutari  vias  Domini 
aut  illius  sécréta  perscrutari.  Frustra  etiam  ad  hoc  mens 
menti,  doctrina  humana  superba  doctrine  inflat^  supe- 
raditur  ad  inquirendum  aut  explorandum   sécréta  Dei. 
Cessandum  itaque  primum  est  juxta  verbum  propheticum 
a  propriis  studiis  :  sedendum  in  tenebris  non  surgendum 
ante  lucem  toto  animi  affectu  desiderandum  et  patienter 
expectandum  donec  ipsa  lux  divina  promissa  credentibus 
fidelibus  oriatur  in  cordibus  nostris  qua  etiam  orta  illam 


—  134  — 

nemo  pi'cecedere  débet  sed  attento  et  humili  corde  dili- 
genter  sequi  in  ea  et  per  eam  ambuhire  iterque  prosequi 
donec  cum  ea  ipsa  qu^  et  vita  ^eterna  est  conjungatur  et 
in  ea  requie  et  pace  inventa  permaneat  Deique  unius  et 
trini  nomen  seu  essentiam  veram  adoret,  veneretur  et 
laudet  in  sternum.  Atque  tum  vere  benedicunt  Dominum 
servi  Domini  vereque  dici  potest  a  tali  gratia  prasditis  : 
Ecce  quam  bonum  et  quam  jucundum  habitare  fratres  in 
Unum  etc.  Quoniam  illic  mandavit  Dns  benedictionem 
et  vitam  usque  in  seculum.  Videndum  porro  est  et  in 
omni  semper  humilitate  Christi  cavendum  ne  prius  nos 
illuminâtes,  liberatos,  salvatos  putemus  quam  reipsa 
experti  fuerimus  Jesum  Christum  Dominum  esse  nostrum 
eoque  nomine  in  spiritu  sancto  illum  compellare  possi- 
mus.  Imo  tum  etiam  maxime  opus  est  ut  cum  omni 
alacritate  et  diligentia  sagaciter  indagemus  et  observemus 
omni  momento  ne  magnifice  sentiendo  vel  loquendo  de 
rébus  divinis  in  cordibus  nostris  latitet  aut  furtim  irrepat 
propriîe  glorias  scintilla  quam  si  vel  tantillam  deprehen- 
derimus,  nihil  prius  nihil  carius  nobis  habendum  est 
quam  ut  illa  statim  humilitate  prompta  veraque  obruatur 
et  tandem  paulatim  spiritu  Christi  vivi  prorsus  extingatur 
ne  forte  veluti  in  domo  nuper  nundata  commoditatibus 
suis  lignis  cedrinis  aliisque  preciosis  rébus  instructa  et 
ornata  fomite  inventa  accendatur,  crescat  et  commoditates 
ornatusque  omnes  absumat  et  ne  quod  eheu  nimis  multis 
omnibus  temporibus  accidit,  spiritus  jucundus  peragratus 
loca  déserta  reversus  cum  aliis  se  nequioribus  jamque 
exercitatis  inventum  locum  custodiis  desertum  ingre- 
diantur,  occupent,  delectentur  seque  jactitent  nun- 
ditia,  commoditatibus,  ornamentisque  illic  inventis 
quibus  abutantur  fiantque  hominisillius  postrema  pejora 


—   13)   — 

prioribus,  ut  pote  cujus  ignoranria  crassa  et  excusabilis 
et  qua2  propterea  videretur  conversa  sit  in  reprobum 
sensum  et  rerum  scientiam  cujus  fructu  pulchro  et 
jucundo  vivere  volens  necatur  et  a  fruitione  vitas  divinae 
repellatur  prorsus  fiatque  similis  homini  diviti  qui 
omnem  a  parentibus  datam  vel  relictam  hîereditatem  et 
quc-e  illi  studio^  labore  et  tempore  longo  addiderat, 
semel  superbus  alea  perdiderit  vel  in  voluptatibus  illicitis 
misère  profuderit  qua  de  causa  apud  coequales  divites 
tum  pauper  negligeretur  et  a  numéro  eorum  deleretur. 
Imo  ut  verus  dicam  qui  Donis  Dei  abutitur  similis  est 
ei  cujus  fidei  Rex  confidenter  thesauros  suos  secretiores 
servandos  et  reditus  cotidianos  recipiendos  crediderit 
et  commiserit  ad  eos  premendos  ex  suo  prœscripto.  Ille 
autem  cum  superbe  abutendo  régis  gratia  ex  propria  cum 
ipsis  inimicis  régis  communicare  volens  non  tantum  gratia 
omni  et  facultatibus  quibus  auctus  fuerat  decederet  sed 
et  jussu  régis  vinctus  a  servis  ejus  in  tenebras  duceretur 
extremas. 

Quid  namque  habemus  quod  non  acceperimus  in 
depositum  ab  ipso  a  quo  et  vitam  rerum  conservatricem 
habemus  et  sine  quo  quam  putamus  vitam  mors  est 
imaginationibus,  opinionibus,  fantasiis,  timoribus,  soli- 
citudinibus,  anxietatibus  et  cruciatibus  animi  et  mentis 
referta.  Sed  ad  quid  h^ec  tibi  qui  ut  litter^e  tu^  testantur 
jam  videas  et  habeas  quem  probe  sequaris  ?  Nempe  ut 
tester  aperte  et  vere  me  nihil  agnoscere  earum  laudum 
qu£e  tu  mihi  tuis  litteris  tribuere  cupis.  Cave  itaque  Rev. 
Pater  si  me  ut  scribis  amas  et  a  me  redamari  (quod  aliter 
per  Dei  gratiam  fac.ere  non  possum)  cupis  ne  mihi  quod 
alterius  est  vel  elementari  visibili  et  proinde  corruptibili 
personne  adscribas  quod  Dei  est  invisibilis  et  incorrupti- 


-  136  - 

bilis  cujus  imago  quidem  est  homo  ille  nostcr  interior 
mens  et  intellectus  creatus  non  ut  se  magnifaciat,  ad- 
miretur,  suspiciat  (Imagines  siquidem  suspicere  vel 
adorare  quid  aliud  est  quam  idolatriam  committere)  sed 
ad  sui  creatoi'is  veritatem  desiderio  et  amore  ferventi 
suspiciendam,  adorandam,  prosequendam,  amplectan- 
dam.  Nam  uti  recensitis  in  tua  epistola  quit  anteliac 
elementari  modo  tibi  obvenerunt,  innuis  non  satis  est 
ex  chartis  discere  qu^  ad  salutem  sunt  necessaria  nisi  ea 
corde  teneamus.  Imo  ne  hoc  quidem  nisi  similes  esse 
velimus  illi  qui  cum  vas  aliquod  ex  fonte  impleverit  alios 
ad  se  invitans  ad  aquam  recipiendam  jactitet  se  fontem 
habere  ex  quo  ad  satietatem  sibi  et  aliis  aquam  depro- 
mere  queat,  cum  is  facile  brevi  postea  inveniatur  vacuus. 
Toto  itaque  animi  affectu  et  desiderio  orandum  et 
patienter  expectandum  donec  ipsa  fides  spe  fulta  eo 
charitatis  hominem  internum  deduxerit  ut  Christi  Jesu 
Domini  nostri  vitas  per  Dei  gratiam  conjunctus  et  unitus 
ipse  in  eo  fiât  fons  aqu^  salientis  in  vitam  ieternam. 
Ita  ut  tum  possit  veritatis  testimonium  reddere  cum 
prius  de  scripturarum  lectione  seu  relatione  aliorum 
tamquam  ex  auditu,  postea  de  fide  et  spe  sua  quam 
haberet  dicere  potuerit  nisi  scriptum  et  auditores  vel 
incautus  frustra  decipere  voluerit.  Uti  s^epe  in  nobis 
ipsis  experti  sumus  putantes  (tamquam  pueri  qui  a  pro- 
vectioribus  quid  factum  serio  se  imitare  imo  et  melius 
facere  quamvis  nihil  minus  faciant)  nos  imitare  qua^ 
vel  legeramus  vel  qu^  audiveramus  aut  mente  con- 
ceperamus  de  rébus  divinis  cum  postea  Dei  beneficio 
grandiores  facti  et  exercitatiores  deprehenderimus  nos- 
tram  eo  tempore  veritatis  ignorantiam,  stultitiam  et 
puerilem    persuasionem    non    sine    admiratione    nostri 


137 


illius  tenebros^e  i^norantiiç  indeque  sequut^  persuasionis 
et  arrogantias  qu£e  tum  in  nobis  détestantes,  declinare  et 
humiliter  nos  gerere,  in  aliis  ferre  debemus  et  eos 
patienter  expectare  juxca  doctrinam  Domini  nostri  Jesu 
Christi  qui  Patris  nostri  cœlestis  docet  et  jubet  nos 
similes  fieri,  qui  solem  suum  facit  oriri  super  bonos  et 
malos  et  pluit  super  justos  et  injustes  unde  fit  perditio 
hominis  sit  a  seipso  bonitatem  Patris  aspernante,  salus 
autem  credentis  et  obedientis  ab  eo  ipso  Creatore  cui 
honor  et  gloria  semper  Ipse  te  cum  Aria  nostro  et  omni- 
bus se  sub  ipsius  manu  petenti  humiliter  et  obedienter 
subjicientibus  suis  donis  auctum  indies  reddere  dignetur. 
Ego  cum  uxore  et  Raplilengius  cum  Moretis  ambobus, 
Beisio  et  Spiringo  (2)  eorumque  uxoribus  filiabus  nostris 
laus  Dec  bene  valemus  et  tibi  cum  ipso  Montano  salutem 
plurimam  dictam  cupimus.  Antverpias  13.  Februarij 
1580(3). 


(i)  Cette  pièce,  adressée  au  compagnon  d'Arias  dans  son  ermitage 
d'Aracena,  traduit  bien  les  aspirations  mystiques  dePlantin.  L'iden- 
tification à  Jésus-Christ,  par  la  simplicité  et  l'humilité,  est  la  base 
de  la  doctrine  de  Barrefelt.  Les  archives  du  Musée  ne  possèdent  pas 
de  lettre  de  Bartelus  ni  une  seule  pièce  d'Arias  avant  l'année  1585, 
sauf  celle  du  7  juillet  1575.  Nous  aurions  pu  y  apprendre  si  vraiment 
Bartelus,  et  surtout  Arias,  partageaient  les  idées  de  Plantin  et  de 
la  Famille  de  la  Charité.  Nous  attirons  l'attention  sur  la  première 
phrase  de  la  présente  épître  :  elle  fait  comprendre  que  Bartelus  est 
entré,  grâce  à  Dieu,  et  après  Montanus,  dans  la  meilleure  des  voies. 
Voir  la  lettre  de  Plantin  à  Arias  du  22  février,  où  il  exprime  ses 
craintes  d'avoir  été  trop  communicatif  dans  l'exposé  ci-dessus. 

(2)  Les  quatre  gendres  de  Plantin  :  Raphelingien,  Moerentorf, 
Beys  et  Spieri«ck. 


-   138  - 

863.  —  Plantiii  à  Crockardus. 
{yirchives  Plantiniennes,  X,  f°  15^). 

16  Février   1580. 

(L'impression  de  la  Bible  de  Valable,  revue  par  les  docteurs  de  Lou- 
vain,  a  été  retardée  par  l'édition  des  œuvres  de  S.  Augustin.  Le 
père  Harlemius  avait  demandé  avant  sa  mort,  de  soumettre  un 
exemplaire  de  ces  oeuvres  à  Crockardus,  avec  prière  d'y  apporter  les 
annotations  qu'il  jugerait  nécessaires.  L'imprimeur  invite  le  père  à 
remettre  son  exemplaire  à  Sassenus,  qui  l'enverra  à  Mylius,  à  Co- 
logne. François  Lucas  vient  de  confier  à  Plantin  ses  notes  sur  la 
Bible  en  général.  Il  s'occupe  maintenant  du  Nouveau  Testament,  en 
vue  de  l'édition  de  la  Bible  de  Valable). 

Clariss.   doctissimoque  Viro  Dno  Crockardo  (i) 
S.  Theologias  doctori  et  pr^esidi  Collegij  ab  Hourerle3^ 

Cum  ante  aliquot  annos  sumptus  non  parvos  fecerim 
in  exemplaribus  Bibliorum  Vatabli  (2)  comparandis  et 
Magistris  nostris  Lovanij  tradendis  ipsisque  gratitudinis 
ergo  quas  inter  nos  constitatum  fuerat  persolvendis 
sperabam  Privilegiis  tum  impetratis  ea  me  commissu- 
rum  prœlis  :  sed  quoniam  plurimis  ex  iisdem  Magistris 
nostris  prius  a  me  imprimenda  S.  Augustini  Opéra  visum 
fuisset  acquievi  facile  illorum  voluntate  et  judicio.  Hinc 
piîe  memoric-e  Rev.  P.  Johanni  Harlemio  placuit  exem- 
plar  a  supradictis  Magistris  nostris  correctum  approbatum 
subsignatum  a  me  petere  partim  scribebat  ut  eo  interea 
dum  dicta  S.  Augustini  Opéra  excuderem,  tu,  Vir 
doctiss.  uti  posses,  partim  ut  si  quid  aliquando  occur- 
reret  ad  hue  annotandum  id  potuisset  addi  in  ipso 
exemplari. 

Ab  eo  vero  tempore  scis  qua;  et  quanta  sumus  passi 
et  quam  inopinate  advenerint  turb^e  quarum  cum  necdum 


—  139  — 

finem  videam  et  papyrum- tamdiu  ad  idem  opus  impri- 
mendum  servaverim  statui  omnino  illud  statim  ubi 
exemplar  istinc  recepero  Deo  favente  aggredi.  Cupio 
itaque,  rogo  et  obsecro  ut  illud  si  adhuc  habeas  tradas 
D.  Sasseno  Coloniam  ad  D.  Anioldum  Mylium  mitten- 
dum.  Q.uod  si  partem  tantum  habeas  aut  etiam  nullam 
rogo  itidem  et  obsecro  ut  tua  authoritaie  interposita  a 
Patribus  Societatis  alteram  partem  vel  integrum  exem- 
plar impetres  dicto  Sasseno  tradendam  ut  idem  quod 
scribo  faciat.  Dus  Franciscus  Lucas  tibi  et  omnibus  aliis 
amicis  plurimam  salutem  adscribi  jubet  oratque  ut  pan- 
els verbis  intelligere  possit  quid  de  ibi  suis  relictis  sit 
actum.  Ab  eo  nuper  accepi  notas  absolutas  in  Universa 
Biblia  quas  brevi  pr^lo  submittam  Deo  favente  (3).  Is 
laborat  in  novo  Testamento  (4)  pro  iisdem  Bibliis 
Vatabli  ad  cujus  operis  subsidium  Roma  expectamus  a 
summo  Pontitïce  impetratum  Privilegium  legendi  libros 
adversariorum  etc.  quorum  copia  suppeditata  est  illi.  Si 
qua  in  re  tibi  gratificari  potero  indica,  me  promptum  et 
paratissimum  ex  animo  experieris.  Bene  Vale.  Antverpiae 
raptim  16.  Februarij  1580. 

(i)  Crockaert  ou  Crockardus,  professeur  et  président  du  Collège 
de  Houterley,  à  Louvain.  Il  était  en  rapports  avec  Plantin  depuis 
1576. 

(2)  Dès  1568,  Plantin  avait  songé  à  une  nouvelle  édition  de  la 
Bible  de  Valable.  Voir  plusieurs  pièces  antérieures. 

(3)  Notatioiies  in  Sacra  Biblia,  quibiis,  variantia  disciepanlibns  exeiii- 
plaribns  loca,  summo  studio  discutiuntur.  Plantin,  1580,  in-40. 

(4)  Les  deux  tomes  de  sou  commentaire  sur  les  Evangiles  ne 
parurent  qu'en  1606  :  In  sacrosancta  quatuor  lesu  Christi  Evangelia... 
commentarius.  Apud  I.  Moretus,  in-f». 


—   140  — 

864.  —  Planlin  à  Silvius. 
[Archives  Plantiniennes,  X,  fo  14). 

16  Février   1580. 

Au  Signeur  M^  Guillaume  Silvius. 

Mon  Conipere,  ceste  est  pour  accompagner  la  lectre 
du  Signeur  Louis  Guichardin  par  laquelle  il  vous  adver- 
tist  comment  a  l'instance  de  plusieurs  personnages  tant 
de  la  part  de  son  Altesse  que  de  messigneurs  des  Estats 
et  Conseil  Privé  et  de  Brabant  j'ay  accordé  suivant  le 
Privilège  qu'ils  m'en  ont  octroyé  en  toutes  langues  de 
faire  pourtraire  et  tailler  les  cartes  générale  et  particu- 
lières de  ces  Païs  bas  et  les  villes  principales  d'iceux  en 
platte  forme  le  tout  en  cuivre  a  quoy  le  Signeur  Ortelius 
avec  quelques  excellents  peintres  et  quatre  tailleurs 
sont  en  besongne  passé  ja  quelque  temps  et  advancent 
fort  ledict  ouvrage  pour  incontinent  les  imprimer  au 
livre  dudict  Signeur'Guichardin  contenant  la  description 
desdicts  Païs  bas  qu'il  a  augmenté  grandement  tant  de 
son  industrie  que  de  plusieurs  particularités  qui  en 
l'honneur  desdicts  Païs  et  nostre  faveur  luy  ont  esté 
suppeditees  par  quelques  ungs  d'entre  les  plus  doctes  et 
accords  desdicts  Signeurs  qui  m'ont  solicité  de  vouloir 
entreprendre  lesdicts  ouvrages  et  impression. 

Et  d'autant  que  c'est  chose  arrestee  et  résolue  qu'il  me 
convient  poursuivre  en  diligence  les  choses  susdictes  je 
n'ay  voulu  pour  l'ancienneté,  congnoissance  et  familiarité 
de  vous  en  advertir  et  offrir  le  payement  de  telles  figures 
que  pouvés  avoir  soit  en  bois  soit  en  cuivre  (encores 
que  je  ne  m'en  veuille  servir  veu  que  je  fays  faire  le 
tout  en  cuivre  en  autres  grandeurs  que  les  vostres)   et 


—  141  — 

pareillement  de  tous  pourtraicts,  versions  et  autres  des- 
penses que  voudrés  présentement  délivrer.  Lequel  paye- 
ment de  ce  qu'aurés  desboursé  j'offre  pour  milleure 
commodité  vostre  de  faire  en  argent  comptant  ou  bien 
en  autant  d'exemplaires  dudict  livre  au  prix  du  coust  de 
l'impression  que  pourra  monter  vostredict  desbourse- 
ment  par  cy  devant  faict  ainsi  que  de  bouche  je  l'ay 
déclaré  au  Sig'  André  Verschaut  porteur  de  la  présente 
et  donné  commission  d'en  traicter  et  parler  plus  ample- 
ment avec  vous  et  de  m'envoyer  incontinent  vostre 
response  absolue,  devant  que  je  commence  a  imprimer 
l'oeuvre  en  Italian  (ce  que  j'espère  faire  devant  15.  jours) 
et  a  la  faire  traduire  en  Latin,  François,  Flameng,  Alle- 
mand et  autres  langues  que  trouverons  propre.  Ce  pen- 
dant je  me  recommande  a  vostre  bonne  grâce  et  de  ma 
commère  vostre  partie  et  reste  de  vostre  famille.  D'An- 
vers ce  16.  jour  de  Febvrier  1580  (i). 


(i)  Lettre  reproduite  déjà  dans  nos  Kaarlmakers,  I,  p.  147,  où  l'on 
trouvera  des  détails  concernant  l'édition  plantinienne  de  la  Descrit- 
tione  di  M.  Lodovico  Guicciardini  patritio  fioreniino,  di  tutti  i  paesi 
bassi,  altrimenti  detti  Germania  iiiferiore.  Elle  ne  parut  toutefois  qu'en 
1581,  quatorze  ans  après  la  première  édition,  fournie  par  Guillaume 
Silvius. 


865.  —  Planlin  à  Arias  Montanus. 

{Archives  Plantiniennes,  X,  i°  14^')' 

22  Février  1580. 

(Plantin  prie  Arias  de  lui  faire  savoir  si,  dans  sa  lettre  à  J.  Car. 
Bartelus  qui  se  réclame  de  partager  les  opinions  de  Montanus,  il  ne 
s'est  rien  glissé  qu'on  pourrait  mal  interprêter.  Ayant  l'intention  de 


—    142    — 

fournir  une  édition  du  second  tome  de  V Apparatus  en  petit  format, 
l'imprimeur  invite  son  ami  à  lui  communiquer  ses  observations  sur 
ce  livre.  Rassius  et  Porret  ont  bien  reçu  les  pierres  d'Arias  et  en 
expriment  leur  reconnaissance). 


111'  admodum  Viro  Dno  Ben.  A.  Montano. 

S.  P.  His  diebus  accepi  litteras  a  Rev.  P.  Josepho 
Carolo  Bartelo  in  quibus  agnovi  quantum  tu«  pietati 
merito  tribuat.  Ego  pro  ut  ex  tempore  potui  respondi  et 
quoniam  is  asserit  se  tua  familiaritate  uti  et  delectari, 
vehementer  te  rogo  et  obsecro  ut  si  quid  forte  in  meo 
responso  invenerit  quod  non  bene  assequatur  aut  quod 
ex  sermone  non  puro  videatur  ineptum  aut  veritate  non 
consentaneum  illud  quicquid  erit  existimes  nihilominus 
ab  optimo  animi  affectu  profectum  et  ita  apud  illum 
nostram  infantiam  excusare  digneris  (i). 

Ceterum  quoniam  secundum  tomum  Apparatus  Biblio- 
rum  Regiorum  continentem  Biblia  cum  versione  inter- 
lineari  (2)  rursus  praslo  minori  papyro  submisi  peto  ut 
nobis  quamprimum  fieri  poterit  transmittas  qu£e  in  eo 
observanda  judicas.  Statutum  siquidem  mihi  est  in  eo 
libro  recudendo  pergere  quanta  per  facultates  licuerit 
diligentia.  Aliquot  etenim  jam  prc-eterierunt  menses  ex 
quo  nulla  nobis  ex  ducentis  quae  ultra  numerum  aliorum 
librorum  impresseramus  restant  exemplarin.  Suntque 
indies  qui  urgeant  sibi  partem  illam  seorsum  vendi 
sibique  injuriam  fieri  putent  cum  negemus  nos  jam  non 
habere  adeo  ut  vel  invitis  nobis  oporteat  ab  aliis  tomis 
separare  id  quod  tandem  nobis  detrimento  magno  esset. 
Dominus  Rassius  et  frater  receperunt  lapides  Bezoar 
atque  pro  illis  tibi  mecum  gratias  habent  maximas.  Bene 


—  143  — 

Vale  in    Christo   Jesu    Dno    nostro.    Antverpiïe  raptim 
22.  Febi'uarij  1580. 

(i)  Voir  lettre  n°  861,  de  Plantin  à  Bartelus, 

(2)  Le  tome  II  de  V Apparatus  (Tome  VII  de  la  Bible  polyglotte) 
contient  :  Hebraicoriim  Biblionun  Veteris  Testaiiienti  Latina  interpreta- 
tic.  Novum  Testamentitm  Grcece  Ciim  vtilgata  interpréta tiotie  Latina 
Graci  contextiis  lineis  inserta..  Plantin  a-t-il  en  vue  l'édition  de  la 
Biblia  Hebraica,  in-40,  qui  porte  au  titre  la  date  de  1580,  à  lu  fin  du 
volume  celle  de  1582  ? 


866.  —  Plantin  à  Buyssetius. 

{archives  Tlantiniennes,  X,  f°  15). 

4  Mars   1580. 

(Plantin  vient  de  recevoir  la  lettre  de  Buyssetius  du  25  janvier  et 
s'empresse  d'y  répondre.  Il  n'a  plus  eu  la  moindre  nouvelle  de 
Curtius  et  n'a  pas  reçu  le  Missel  en  question.  Il  chargera  son  vendeur 
à  Francfort  de  faire  aussi  des  recherches  à  Mayence,  En  attendant 
les  corrections  de  Curtius,  Plantin  a  remis  l'impression  du  Missel. 
Pour  le  reste,  il  a  la  conscience  tranquille.  Quant  à  l'ami  et  collègue 
que  Buyssetius  cite  dans  sa  lettre,  l'architypographe  rapporte  qu'il 
n'a  rien  imprimé  qui  soit  contraire  à  l'Église  catholique  romaine. 
Les  Édits,  Lettres  et  Réponses  incriminées  avaient  été  ordonnés  par 
les  Etats.  Il  ne  craint  donc  nullement  l'examen  de  ses  impressions  à 
Anvers  ni  en  Espagne). 

P.  Buyssetio. 

S.  P.  Tuas  ipsa  dieConversionis  S.  Paulli  hodie  accepi, 
P.  in  Christo  Révérende,  quibus  paucis  ordine  hic  res- 
pondebo.  Litteras  a  D.  Curtio  nuilas  prorsus  accepi  nec 
(de)  Missali  misso  (i)  hactenus  quicquam  audivi  praeter  id 
quod  in  iisdem  tuis  scribis.  Scripsi  vero  institori  nostro(2) 


—  144  — 

qui  ad  nundinas  francofordienses  profectus  est  ut  dili- 
genter  de  eis  Moguntire  inquirat,  ad  quod  etiam  copiam 
articuli  earundem  tuarum  litterarum  ubi  de  illis  rébus 
agitur  exscriptam  misi.  Reliqua  addenda  mutandave 
expecto  expectaboque  a  D.  Curtio  uti  scribis  illum  ad 
me  missurum  et  interea  édition em  differam  ob  eam 
soiam  causam  (3).  Nam  ad  aliam  quod  attinet  animo 
sum  quieto  et  securo  per  Dei  gratiam,  cujus  ope  non 
timebo  quid  tentent  homines  inquieti  (4).  Ad  amicum 
illum  (5)  de  quo  scribis  quod  attinet  is  certo  affirmât  se 
nihil  prorsus  impressisse  quod  fidem  antiquam  catholi- 
cam  Romanam  oppugnet  neque  post  impressionem 
illius  libri  ante  biennium  editi  quicquam  ejus  generis 
apud  se  impressum  fuisse.  Qu^  etenim  postea  sunt 
secuta  Edicta  vel  litteras  aut  Responsiones  fuerunt  publi- 
catas  a  Statibus.  Alia  vero  quœ  a  privatis  hominibus  aut 
a  peculiari  Magistratu  fuerunt  ipsi  oblata  obtrusave,  con- 
stanter  recusavit  et  se  recusaturum  semper  promittit, 
adeo  ut  jam  maie  audiat  apud  eos  qui  pêne  imperant 
non  tamen  formidat  imo  constant!  animo  persistit  in 
consuetis  prosequendis  et  novis  recusandis  neque  ullo 
modo  reformidat  visitationem  istic  nec  in  Iberia  omnium 
qu^e  impressurus  est.  Is  etenim  tam  constanter  hactenus 
recusavit  illis  qui  jam  valent  auctoritate  ut  jam  ab  offe- 
rendis  quas  répugnant  antiquas  orthodoxc-e  fidei  prorsus 
abstineant  et  illum  quasi  ludibrio  habeant  quod  praesens 
lucrum  ex  talibus  negligat.  Proinde  ante  actorum  nihil 
puto  Dno  Curtio  nec  aliis  librorum  ritualium  censoribus 
vel  quibusvis  aliis  hominibus  indicandum.  Si  tu  tamen 
aliter  judicas  tui  arbitrij  esto  ea  tamen  lege  ut  historice 
uti  vera  sunt  dicantur. 

Breviarij   in    16°  duobus  tomis  impressi   exemplaria.. 


—  145  — 

jussi  ad   D.   C...    mitti  et.,    ejusdem   in   uno  volumine 
cum.,  exemplaribus  Bibliorum  in  8°.        4.  Martij  1580. 

(i)  Il  s'agit  probablement  du  Missel  dont  les  corrections  et  ajoutes, 
faites  à  Rome,  avaient  été  confiées  par  Buyssetius  à  Curtius  pour 
être  remises  à  Plantin, 

(2)  D'habitude,  Jean  Moretus  ou  Jean  Dresseler  allait  aux  foires 
de  Francfort  pour  l'officine  anversoise. 

(3)  L'édition  du  Missel  romain  ou  celle  du  Corpus  canonicum  dont 
il  est  question  dans  les  lettres  précédentes  à  Buyssetius  ? 

(4)  Allusion  aux  bruits  d'hétérodoxie  de  Plantin  que  faisaient  cir- 
culer les  ennemis  de  l'architypographe. 

(5)  Nous  ne  savons  de  quel  imprimeur,  en  dehors  de  Plantin  même, 
il  est  question  dans  ce  passage.  S'agit-il  de  Guillaume  Silvius  qui, 
étant  accusé  et  poursuivi  pour  cause  d'hérésie  en  1578,  avait  dû 
quitter  Anvers  et  s'était  installé  à  Leyde  comme  «  typographe, 
libraire  et  imprimeur  général  des  Etats  de  Hollande  »  ? 


867.  —  Plantin  à  Valverdius. 
{^Archives  Plantiniennes,  X,  f°  15). 


Mars  1580. 


(Par  la  lettre  de  Valverdius,  datée  de  Prague,  l'imprimeur  apprend 
que  son  ami  n'a  pas  reçu  la  sienne.  Plantin  ne  demande  pas  mieux 
que  d'éditer  les  travaux  de  Valverdius  ;  or,  les  routes  sont  si  peu 
sûres  qu'il  ne  parvient  pas  à  faire  venir  du  papier  à  Anvers  ni  à 
expédier  des  Uvres  au  dehors.  Plantin  fait  des  vœux  pour  que  la  paix 
soit  bientôt  conclue  par  un  accord  mutuel,  les  armes  ne  pouvant  pas 
mettre  fin  à  la  situation  actuelle.  L'architypographe  se  plaint  du  prix 
élevé  qu'il  a  dû  payer  pour  les  envois  de  Valverdius). 

Illustri  Viro  Dno  Bartholomc-eo  Valverdio  (i) 
S.  Theologias  doctori  et  S.  Cies.  Mai"  a  sacris. 

Ex  litteris  tuis  Pragœ  Dominica  sexagesima;  scriptis 
video   responsum    meuni    ad   priores  tuas   tum    te   non 


—  146  — 

accepisse.  Ex  eis  etenim  intellexisses  quanto  animi  desi- 
derio  et  studio  tua  imprimenda  flagrem  et  quam  libenter 
susciperem  si  temporum  calamitas  id  nobis  permitteret. 
Itinera  siquidem  omnia  nobis  et  mercibus  nostris  inter- 
cluduntur  a  grassantibus  passim  militibus,  adeo  ut  nec 
papyrus  hue  jam  avehi  queat  neque  libri  hinc  evehi  aiio 
modo  quam  mari  neque  video  finem  turbarum  nisi  Dns 
Deus  corda  Principum  et  aliorum  hominum  ad  mitiora 
consilia  qu^renda  et  suscipienda  dirigat.  Armis  siquidem, 
authoritate,  technis,  dolis  nec  simultatibus  aut  vindictae 
sumendas  ullo  apetitu  res  sedabuntur.  Exemplis  et  doc- 
trina  inde  petita  opus  est  ad  composcenda  ingénia  et 
corda  hominum  quae  alioqui  indies  fiunt  acerbiora  et  ad 
vim  vi  repellendum  periinacius  obfirmata.  Hinc  est  quod 
vix  queam  qua;  ante  multos  annos  suscepi  meis  jam 
sumptibus  absolvere.  Neque  intérim  te  celabo  vecturam 
eorum  qu£e  abs  te  accepi  mihi  esse  tam  caram,  ut  ex 
distractione  tota  librorum  ne  iilam  quidam  (etiam  si  aiia 
omnia  gratis  haberem)  recuperaturus  essem,  ex  primo 
siquidem  fasciculo  quinque  florenes  et  ex  hoc  postremo 
duo  cum  dimidio  mihi  persolvendi  fuerunt  prius  quam 
vel  aperire  aut  litteras  légère  Hcuerit.  Quod  ut  ingénue 
fatear  grave  mihi  fuit  neque  tantam  vecturam  posthac 
solvere  possem  pro  tam  pusillo  pondère.    7.  Martij  1580. 

"(i)  Bartholomée  de  Valverde  &  Gandia,  chapelain  de  l'empereur, 
philologue  espagnol,  auteur  de  plusieurs  ouvrages  de  théologie, 
mais  dont  aucun  ne  sortit  des  presses  plantiniennes. 


—   147  — 

868.  —  Ciofano  à  Plant  m. 
{Bibliothèque  du  Vatican,  ms.  Rtg.  lat.  2023,  fol.  9,  copie). 

15  Mars  1580. 

(Ciofano  exprime  ses  vifs  remerciemeiUs  à  Plantin  de  vouloir  bien 
imprimer  son  Commentaire  sur  les  œuvres  complètes  d'Ovide.  Il 
répète  que  son  travail  est  entièrement  inédit,  sauf  une  minime  partie, 
tirée  d'ailleurs  à  un  petit  nombre  d'exemplaires  et  qu'il  vient  de  rema- 
nier en  vue  de  la  nouvelle  édition.  11  a  confié  le  manuscrit  à  Casnedo 
qui  aura  soin  de  son  expédition). 

Christophoro  Plantino  salutem. 

Legi  liiteras  tuas  humanissime  scriptas  quibus  signifi- 
cas  me  tibi  rem  gratissimam  esse  facturum,  si  meas  in 
univei'sa  Ovidii  opéra  observationes  ad  te  mittam  teque 
eas,  statim  ubi  acceperis,  pra;lo  subjecturum  polliceris 
continuaque  opéra  ad  finem  usque,  modo  ab  alio  typo- 
grapho  recenter  non  fuerint  editœ,  prosequuturum.  Ego 
vero,  Plantine  humanissime,  primum  tibi  gratias  ago 
sane  maximas,  quod  scripta  mea  tanti  facis  ut  digna  esse 
censeas,  qu^  a  me  ad  te  mittantur  typisque  tuis  pulcher- 
rimis  celeberrimisque  una  cum  poetae  versibus  in  lucem 
prodeant.  Pro  quo  bénéficie  tibi  veliementer  etiam  atque 
etiam  perpetuo  debebo.  Deinde  affirmo  tibi  ex  laboribus 
meis,  praster  Metamorphosin,  ut  jam  non  ignoras,  Sul- 
monis  descriptionem  una  cum  Ovidii  vita  quam  Aldus 
senior  scripsit,  et  in  Fastorum  libros  et  in  Halieuticon 
scholia  (i),  nihil  esse  editum.  li  autem  et  perparvi  sunt 
et  nusquam  vénales  reperiuntur.  Vix  enim  ad  ducentos 
impressi  sunt  iisque  eos,  quibus  inscripti  sunt,  et  amicos 
quosdam  mei  amantes  muneratus  sum.  Q.uibus  post 
primam  editionem  multa  addidi,  quœ  omnia  una  cum 
ceteris    lucubrationibus,    id   est   in   libros  Tristium,    de 


—  148  — 

Ponto,  Heroides  epistolas,  in  elegias  amorum,  in  libros 
de  arte,  de  remedio,  in  elegias  de  nuce  ac  de  medica- 
mine  taciei  et  in  Ibin  observationibus  niitto.  Exemplar 
alterum  mearum  in  Metamorphosin  observationum  item 
mitto,  propterea  quod  est  isto,  quod  te  a  me  pluribus 
auctum  accepisse  scribis,  locupletius  (2).  Haec  autem 
opéra  amico  tuo  Casnedo  qui  hic  mercaturam  exercet 
quique  tecum  negotia  communia  habet,  omnia  tradidi, 
ut  ad  te  per  fide  dignos  homines  quamprimum  mittenda 
curet,  idque  se  facturum  mihi  recepit.  Vale  et  qua  usque 
hue  in  me  uteris,  humanitatem  mihi  perpetuo  conserva. 
Quae  ad  Muretum  Variarum  Lectionum  folia  misisti,  ai 
vel  imprimis  grata  sunt.  Romae,  idibus  martii  mdlxxx(3). 

(i)  Hercidis  Ciofani  Scholia  in  Ovidii  Halieutlcon.  Venise,  Aide, 
1580,  in-80.  L'année  suivante,  et  sortant  des  mêmes  presses:  Hercti- 
lis  Ciofani  Sidmonensis  in  P.  Ovidii  Nasonis  Eles^ias  de  Nuce  et  de 
Medicamine  faciei  Ûhservationes.  In-80. 

(2)  Voir  note  i  de  la  lettre  de  Ciofano  à  Plantin,  n"  841. 

(3)  Reproduite  dans  A.  Fayen,  Lettres  Plantiniennes  {i<)'j4-i'^Si), 
dans  Rev.  des  Bibl.  &  Arch.  de  Belgique,  t.  III,  fasc.  6,  p.  456. 


869.  —  Plantin  à  VaJverdius. 
{Archives  Plantiniennes,  X,  fo  15^). 

20  Mars   1580. 

(A  la  missive  de  Valverdius  du  22  février,  Plantin  a  déjà  répondu 
par  ses  deux  lettres  précédentes.  Les  temps  troublés  l'empêchent 
d'entreprendre  l'impression  de  tout  nouvel  ouvrage.  Il  le  regrette 
sincèrement  car  il  connaît  la  grande  bienveillance  de  Valverdius  à 
son  égard.  Rappelant  les  frais  qu'a  comportés  son  dernier  envoi, 
Plantin  priera  dans  la  suite  Busbeckius  et  Flaminius  Garnier  de  vou- 
loir se  charger  des  plis  pour  le  chapelain). 


—    149  — 
111'  \'iro  Dno  Bartolomeo  Valverdio. 

Litteris  tuis  8.  Kal.  Martij  scriptis,  D.  doctor  prasstan- 
tiss.,  nihil  fcre  aliud  respondendum  mihi  videtur  quam 
ut  ea  repetam  qu^e  postremo  mense  Januario  primum  et 
postea  7.  hujus  (i)  ad  duas  (non  etenim  pkires  ante  has 
vidi)  priores  tuas  respondi.  Nempe  me  numquam  quic- 
quam  avidiori  animo  desiderasse  quam  ut  tuas  lucubra- 
tiones  doctissimas  et  reipub.  Christian£e  utilissimas 
imprimendas  susciperem.  Verum  praeter  quam  quod 
vecturie  solvendiB  non  essem  si  tanti  esset  mihi  redi- 
menda  quanti  fuerit  illarum  priorum  in  taies  difficultates 
jam  incidimus  ut  potius  de  cessando  ab  inchoatis  quam 
de  novis  suscipiendis  cogitandum  nobis  sit,  Itinera 
siquidem  fere  omnia  nobis  pr^clusa  sunt  quibus  e  Gallia 
papyrum  evocabamus  et  nostra  impressa  transmittere 
solebamus  ;  restabat  nobis  Germania  quam  nobis  pr^clu- 
dendam  audio.  Hic  vero  nihil  jam  prorsus  librorum 
distrahitur.  Arma  sunt  in  pretio  et  nisi  gratia  Dei  mentes 
principum  et  populi  ad  saniora  consilia  dirigat  pr^video 
futurum  ui  facultatibus  ademptis  et  ad  inopiam  redactis 
populis  patientia  in  furorem  conversa  mutentur  imo 
summis  sursumque  deorsum  omnia  ferantur  tandem. 
H^c  non  sine  magna  animi  commiseratione  cum 
nequeam  scribere  rogo  ut  h^ec  pauca  verba  pro  longissima 
responsione  habere  digneris  et  Plantinum  tibi  mérite 
jam  tuo  addictissimum  commendatum  habere.  Ego 
etenim  pro  illa  tua  erga  me  benevolentia  qua  tua  tam 
docta  et  rara  liberaliter  offers  me  tibi  semper  obligatissi- 
mum  esse  uti  sentio  prasdicabo.  Doleo  vero  ademptam 
mihi  esse  occasionem  reipsa  testandi  quantum  me  béné- 
ficie   afFectum   sentiam   ex   ista    tua    oblata   liberalitate. 


-   150  — 

Intérim  et  hoc  te  scire  cupio  nie  a  nemine  alio  quicquam 
accepisse  tuorum  operum  quam  quod  cara  admodum 
vectura  per  postam  abs  te  missum  accepi.  Quod  si  quid 
posthac  a  D.  Busbeckio  (2)  vel  D.  Flamminio  Garnier  (3) 
accepero  totis  viribus  coiiabor  efficere  ne  frustra  mihi 
redditum  intelligas  etiani  si  maximo  cum  dispendio  id 
mihi  faciendum  foret.  Bene  Vale  in  Christo  Jesu  Dno 
nostro  qui  tuos  sanctos  conatus  prosperare  semper  velit 
ad  suam  ipsius  gloriam  et  populi  sui  utilitatem.  Antverpi^e 
raptim  20.  Marti)  1580. 

(i)  Voir  la  lettre  précédente  de  Plantiii  à  Valverdius,  n»  866. 

(2)  Ogier  Ghislain  de  Busbecq,  ambassadeur  de  l'empereur,  diplo- 
mate et  écrivain  dont  il  sera  question  dans  plusieurs  lettres  suivantes. 

(3)  Flaminius  Garnier,  nommé  en  juin  1581  secrétaire  d'Etat  et 
privé  de  Philippe  II,  mort  en  1592.  Plantin  lui  adressa  dans  la  suite 
un  grand  nombre  de  lettres  et  de  requêtes.  Voir  Fernand  Donnet. 
Flaminio  Garnier,  sa  famille  et  son  monument  dans  l'église  du  Sablon  à 
Bruxelles.  Ann.  Soc.  d'Archéologie  de  Bruxelles,  t.  xxv  (191 1),  pp. 
137-228. 


870.  —  Ciofano  à  Plantin. 
{Bibliothèque  du  Vatican,  ms.  Reg.  lat.  2023,  fol.  90^',  copie). 

22  Mars  1580. 

(Ciofano  annonce  à  Plantin  l'envoi  de  la  première  partie  de  son 
manuscrit  sur  Ovide  ;  l'autre  moitié  suivra  sous  peu,  par  l'intermé- 
diaire de  Casnedo.  Ciofano  assure  de  nouveau  que  seul  le  commen- 
taire des  Fastes  et  de  VHalieuticon  a  vu  le  jour,  à  la  demande  de 
ses  amis,  mais  qu'il  n'est  pas  dans  le  commerce.  Or,  même  cette 
partie  a  été  tellement  augmentée  et  corrigée  qu'on  peut  la  considérer 
comme  inédite). 

Eidem  (Christophoro  Plantino)  salutem. 

Duabus  rationibus  et,  ut  ita  dicam,  viis  mea  in  uni- 
versum  Ovidium  opéra  ad  te  mittere  decrevi,  ut  commo- 


—  151  — 

dius  ferantur  et  tu,  quae  ad  te  primum  perlata  erunt,  una 
cuni  Ovidii  carminibus  imprimere  incipias.  Mitto  itaque 
nunc  per  hune  ipsum  publicum  tabellarium  observationes 
in  Fastorum,  Tristium  ac  de  Ponto  libros.  Quae  autem 
supersunt,  id  est  observationes  in  Metamorphosin,  quae 
istis  quas  ante  quadriennium  ad  te  misi  auctiores  politio- 
resque  sunt,  item  in  epistolas  Heroides,  in  Ibin,  in  elegias 
amoris,  in  libros  de  arte  ac  de  remedio,  in  Halieuticon 
et  in  elegias  de  medicamine  faciei  ac  de  nuce,  a  Casnedo, 
cui  ego  omnia  tradidi,  quamprimum  sese  offeret  occasio, 
mittentur.  Ex  his  autem  laboribus  in  Fastorum  solum 
libros  et  in  Halieuticon  observationes  impressae  sunt(i), 
quae  et  parvae  admodum  sunt  et  nusquam  venundantur. 
Editae  enim  sunt  ad  ducentas  amicoruni  rogatu,  quibus 
eos  ipsos  impertii,  qui  mihi,  ut  ederem,  auctores  fue- 
runt.  Habes  ad  verba  epistolae  tuae  :  «  modo  ab  alio 
typographe  recenter  non  fuerint  editae  »  responsum  (2). 
Haec  quae  scribo  vera  esse  comperies  :  nec,  si  secus  esset, 
ex  laboribus  meis,  ut  tu  eos  excuderes,  quidquam  ad  te 
mitterem,  praesertim  a  te  ipso  admonitus.  Vale  et  ama 
me,  ut  facis.  Romae,  xi  kal.  aprilis  MDLXXX. 

Eae  ipsae  observationes,  quas  impressas  esse  dixi,  ita  a 
me  ipso  auctae  et  perpolitae  sunt,  ut  numquam  editae 
fuisse  quodammodo  dici  possint  (3). 

(i)  Voir  note  i  de  la  deuxième  lettre  précédente. 
(2)  Plantin   avait    prévenu   Ciofano    qu'il   n'imprimerait   pas    son 
ouvrage  s'il  avait  été  récemment  publié  par  un  autre  typographe. 
{3)  Reproduite  dans  A.  Fayen,  Lettres  Plantiuiennes,  p.  457. 


—    152    — 

Syi.  —  Ghcesdael  {i)  à  Plantin. 
[Archives  Plantiniennes,  LXXXIII,  f»*  4)5-)). 

23  Mars  15S0. 

(Par  le  premier  billet,  Gheesdael  prie  l'imprimeur  de  confier  au 
porteur  le  Téreiice  et  la  Grammaire  de  Despauterius,  reliés  ensemble. 
Par  le  second,  Gheesdael  se  déclare  enchanté  du  choix  des  person- 
nages à  qui  son  livre  sera  dédié.  Il  demande  à  Plantin  de  lui  envoyer 
quelques  exemplaires  corrigés  pour  en  faire  hommage  à  ses  bienfai- 
teurs). 

i)  S.  P.  Si  compact!  sunt,  quos  nuper  licitatus  sum, 
libri,  Terentius  Antesignani,  et  Despauterij  Grammatica; 
qua^so  ut  huic  eos  ad  me  perferendos  tradas.  Ubi  per 
occasionem  excurrere  licuerit  (sum  enim  jam  occupatior) 
de  firmanda  emptione  rationem  aliquam  non  iniquani 
facile  inibimus.  Ex  Sciiola  nostra  23  Martij    1580. 

Tuus  Joannes  Gheesdalius. 

2)  S.  P.    Humaniss.   dne  Plantine.  Est  mihi  demul- 

cendus  unus  atque  alter,   quorum  patrocinio,  id,  quod 

taiîi  diu  ambivi,  tandem  assequi  me  posse  contîdo.  Porrô 

quum  nihil  sit  in  meis  facultatibus  quo  illorum  favorem 

demereri  queam;  visum  est  nugarum  nostrarum  (ut  ho- 

mini  est  (piXavrla)  copiam  facere  ijs,  qui  à  nostra,  quam 

illae  tradunt,  religione  non  abhorrent.  Quare  si  aliquot 

exemplaria  emendatiora  habes,  rogo  ut  ea  ad  nos  trans- 

mittas.   De  precio  facile  inter  nos  (ut  spero)  convenerit. 

Sub  vesperam  H.  T.  salutatum  veniam,  simulque  explo- 

ratum,  ecquid  novus  iste  militiae  vostrse  Tyro  vobis  arri- 

deat.  Bene  Vale. 

Tuus,  quantus  est,  Gheesdalius. 

(i)  Jean  van  Gheesdael,  poète  et  musicien,  né  à  Berchem  près 
d'Anvers,  recteur  de  l'école  de  Notre-Dame.  Plantin  publia  de  lui , 


1=; 


):^ 


en  1580  :  Catecbismiis  seu  capita  doctrina  chrisliaiicc.  Ad  iiivainhim  puc- 
rorum  tiienioi  iain  Jacili  &  perspicuo  carminé  reddita,  &  in  quinquaginta 
liiidos  digesia  :  Aiictore  loaniie  Gbeesdalio  Beicbeniio.  ln-8°.  En  i)9i  : 
Stichologia,  Sine  de  Syllabarum  et  Carminiun  raiione,..  Anclore  loanne 
Gheesdalio  ^Âldenardino  Berchemio.  In-S». 


872.  —  Plantin  à  Lœvinus  Torreutius. 
{archives  Tlanliniennes,  X,  f«  16). 

ir  Avril  1380. 

A  Monsigneur  Monsieur  l'archidiacre  de  Liège  Vicaire 
General  du  Tresillustre  Prince  Evesque  de  Liège  etc. 

Monsigneur.  Je  me  suis  pour  diverses  causes  grande- 
ment resjouy  de  vos  lectres  du  xiii.  du  passé.  Pour  res- 
pondre  ausquelles  en  premier  lieu  je  vous  envoyé  ce  qui 
est  faict  d'Hermathena  espérant  de  vous  envoyer  le  reste 
par  le  Signeur  Charles  Bille  (i)  qui  me  faict  ce  bien  de 
vous  addresser  cecy  et  dict  que  dedans  fort  peu  de  jours 
il  s'en  ira  a  Colongne  pour  y  demeurer  d'où  il  promect 
de  m'envoyer  ce  qu'il  vous  plaira  luy  addresser  pour  moy. 
En  faute  de  quoy  pourries  envoyer  au  Signeur  Arnoldus 
Mylius  marchand  libraire  de  Colongne  a  la  Poule  grasse. 
Lequel  ne  fera  faute  de  payer  libéralement  le  port  en 
mon  nom  et  de  m'envo3'er  incontinent  tout  ce  qu'il 
recevra  pour  moy.  Comme  je  m'y  confie  et  me  semble- 
roit  milleur  d'addresser  audict  Mylius  qu'au  Signeur 
Billeus  tant  a  cause  de  la  résidence  certaine  comme 
pourcequepacquets  addressés  a  marchands  semblent  estre 
plus  seurement  et  facilement  délivrés  en  ce  temps  icy 
qu'a  personnages  d'estat  ou  de  lectres.  Parquoy  je  vous 
supplie   mon  Signeur  d'envoyer  tout    ce   dont  il  vous 


154 


plaira  continuer  de  me  taire  le  bien  et  honneur  qu'avés 
de  long  temps  commencé  me  faire  de  vos  tant  doctes 
labeurs  et  de  vos  neveuz  pareillement  sans  en  rien  excep- 
ter ne  fust  que  le  livret  de  Johanne  Austriaco  (2)  trais- 
tast  choses  qui  ne  se  peussent  présentement  approuver 
par  ceux  qui  nous  gouvernent  maintenant,  au  gouverne- 
ment desquels  comme  je  ne  puis  aussi  ne  veux-je  entre- 
prendre de  contrevenir  en  aucunues  choses  externes  ou 
politicques.  Car  de  la  conscience  ni  de  mes  actions  ordi- 
naires j'espère  que  Dieu  me  continuera  ses  grâces  de  ne 
changer  aucunnement  de  la  religion  catholicque  en 
aucunne  particulière  ni  de  continuer  a  poursuivre  seule- 
ment l'impression  des  mesmes  sortes  et  ainsi  approuvées 
comme  l'ancienne  coustume  le  requiert.  Vos  commen- 
taires in  Suetonium  (3)  ont  telement  pieu  qu'il  m'en  reste 
peu  d'exemplaires.  Parquoy  quand  il  vous  plaira  envoyer 
les  augmentations  je  le  reimprimeray  volontiers  in 
folio  (4)  comme  je  feray  aussi  Andronicus  Grec  et 
latin  (5)  et  toutes  autres  choses  qu'il  vous  plaira  m'en- 
voyer.  Ce  pendant  je  continueray  Becanus  (6)  jusques  a 
la  fin  qu'espérons  avoir  dedans  2.  mois  ou  peu  après  des 
nouvelles  parquoy  s'il  vous  plaist  aussi  envoyer  les 
Annales  corrigées  ou  bien  les  corrections  transcriptes  et 
notées  page  pour  page,  je  les  poursuivray  pour  avoir  les 
oeuvres  entières  d'une  mesme  forme  et  moindres  charac- 
teres  que  lesdictes  Annales  ne  sont.   i.  Avril  1580(7). 

(i)  Nous  ne  connaissons  pas  ce  personnage.  Les  ^Archives  possèdent 
par  contre  le  billet  suivant,  non  daté,  d'un  certain  E.  Biset,  qui  s'in- 
téressa beaucoup  aux  œuvres  de  Becanus  (lxxvh,  i°  257)  :  Seigneur 
Denise.  Je  vous  prie  d'escrire  a  vostre  cousin  d'Anvers  et  le  prier 
prendre  la  peine  de  vous  envoler  le  catalogue  ou  billet  de  tous  les 
livres. qui  se  trouvent  imprimés  par  delà  soubz  le  nom  de  Joannes 
Goropius  Becanus.  Pour  ce  que  en  son  livre  de  originibus  Antverpia- 


—  155  — 

nis  que  vous  m'avez  faict  rapporter,  il  en  promet  beaucop.  Et  entre 
aultres  ceulx  qui  s'ensuivent  : 

De  prima  lingua,  seu  de  linguœ  Cimbrica;  artificio,  seu  Hermithena. 

De  numeris  Cimbricis,  seu  de  Cimbrica  numerorum  magia, 

Theologia  de  xii  Dijs,  seu  de  Dijs  gentinm,  seu  Theologica  ele- 
menta. 

Conimentarii  de  antiqua  rcligione. 

De  Deorum  et  hotninum  priscis  nominibus,  et  de  sybillis. 

Orphica  disciplina. 

Historia  marchionum  Antuerpianorum. 

Annotationes  in  plantarum  historiam. 

Et  n'oublier  avec  ledit  billet  envoler  le  pris  d'un  chascun  desdits 

livres. 

Vostre  bon  amy  E.  Biset. 

(2)  Allusion  à  la  %esponse  et  aux  autres  écrits  publiés  par  Plantin, 
en  1578,  concernant  don  Juan  d'Autriche,  dont  il  a  été  question 
notamment  dans  la  lettre  n»  851. 

(3)  Laevhii  Torrentii  tu  C.  Suetonii  TranqiiilU  xii.  Caesares  Covimen- 
iarii.  Plantin,  1378,  in-8°. 

(4)  Une  réimpression,  in-40,  augmentée  et  corrigée,  parut  en  1592 
à  l'officine  Plantinienne. 

(5)  Une  édition  à' Andronicus  par  Torrentius  ne  nous  est  pas  connue. 

(6)  II  s'agit  des  œuvres  posthumes  de  Goropius  Becanus,  mises  au 
jour  cette  même  année:  Opéra  loan.  Goropii  Becaiti,  Hacteniis  in  lucem 
non  édita:  nempe,  Herniathena,  Hieroglyplnca,  Vertumnus,  Gallica,  Fran- 
cien^ Hispanica.  Plantin,  1580,  in-fo.  Avec  préface  de  Lievinus  Tor- 
rentius à  Arias  Montanus,  datée  du  f  juillet  1578.  Les  héritiers  de 
Becanus  avaient  avancé  à  Plantin,  pour  couvrir  les  frais  de  l'impression, 
la  somme  de  150  écus;  ils  lui  en  avaient  prêté  500  autres,  à  rendre 
après  la  vente  du  livre. 

(7)  Ajouté  au  bas  du  feuillet  par  Plantin  :  Le  14.  Avril  envoyé  le 
reste  de  Hermathena  S.  T.  V.  Scribendum  ut  mittat  Epitaphium 
Becani.  Puis,  en  haut  du  f»  18^'  :  A  Monsigneur  Monsieur  l'Archi- 
diacre L.  Torrentius.  Le  25.  Juin  1580.  Prie  derechef  pour  la  préface 
Operum  Becani  et  pro  Epitaphio  ipsius  Becani  et  envoyé  les  lectres  au 
P.  Balduin  de  Lange  par  Monsieur  de  Hille. 


-  156  - 

873 •  —  Plantin  à  Valverdius. 
{Archives  Plantiniennes,  X,  f"  16^'), 

7  Mai  1580. 

(Plantin  promet  d'imprimer  l'ouvrage  de  Valverdius  aussitôt  qu'il 
en  aura  reçu  le  manuscrit.  11  engage  le  chapelain  à  expédisr  ses 
plis  à  Paris,  d'où  l'on  peut  les  envoyer  plus  facilement  à  Anvers  que 
par  la  cour  du  prince  de  Parme.  Pour  plusieurs  raisons,  Plantin  vou- 
drait éditer  en  premier  lieu  les  $0  Tsanmes,  avec  commentaire). 

Ill'  Viro  Dno  Bartholomeo  Valverdio. 

Etiamsi  quas  in  tuis  8  Id.  Aprilis  scriptis  laudes  de  me 
scribis  non  agnoscam  gratias  tamen  tibi,  D.  Doctor 
pr^stantissime,  habeo  maximas  pro  tua  in  nos  benevo- 
lentia.  Libros  tuos  ut  paucissimis  verbis  utar  libenter 
prima  oportunitate  postquara  exemplar  aliquod  integrum 
accepero  pr^elo  committam  et  quanta  diligentia  potero. 
Mittere  propterea  poteris  ubi  voles  et  quomodo.  Sed 
existimarim  liberius  Lutetia  et  istinc  recta  hue  quid 
transmittendum  quam  ex  aula  Principis  Parmensis.  Tu 
tamen  tuo  utere  judicio  et  voluntate.  Psalmi  50.  cum 
Commentariis  (i)  mihi  videntur  prius  imprimenda  tum 
quod  ex  iis  judicium  aliorum  cupias  audire  tum  vero 
quod  Régi  dedicare  statueris  :  sic  namque  citius  in  con- 
spectum  ipsius  apparebunt.  Bene  Vale.  Antverpi^  7.  Maij 
1580. 

(i)  Nous  n'avons  pas   trouvé  que    Plantin  ait    fait    paraître   cet 
ouvrage  de  Valverdius. 


—  157  — 

874-  —  Plantin  à  Cuyckius. 
{.Archives  Tlantiniennes,  X,  fo  16"). 

7  Mars   1580. 

(Plantin  se  réjouit  d'apprendre  que  Cuyckius  a  bien  reçu  les  exem- 
plaires de  Cassien.  Certaines  gens  persistent  à  douter  de  l'orthodoxie 
de  Plantin  ;  il  proteste  donc  de  nouveau  de  son  attachement  à  l'Église 
catholique.  Q.uant  à  Vlimmerius,  il  prétend  ne  lui  avoir  jamais  rien 
refusé.  Plantin  s'honore  d'avoir  toujours  satisfait  à  ses  contrats. 
Même  si  Vlimmerius  ne  rend  pas  l'exemplaire  qu'il  détient,  l'impri- 
meur pourra  continuer  l'édition  des  Concordantia,  grâce  à  un  exem- 
plaire annoté  des  Bibles  qu'il  possède). 

Clariss.  doctissimoque  Viro  Dno  Henrico  Cuyckio. 

Legendo  tuas,  dociiss.  Cuyki,  14.  Aprilis  scriptas 
gavisus  sum  quod  tibi  tandem  satisfactum  fuerit  de 
acceptis  abs  te  Cassiani  (i)  exemplaribus.  Miratus  vero 
sum  quod  scribas  eos  qui  autores  fuerunt  ut  précédentes 
tuas  ad  me  scriberes  non  deposuisse  suam  de  me  quam 
conceperant  opinionem,  non  etenim  prius  significaveras 
te  alieno  mihi  scribere  nomine.  Magis  vero  miror  qui 
fiât  ut  tu  contrarium  prorsus  scribas,  me  scripsisse  quam 
ex  litteris  raeis  probari  possit  ut  qui  Magistratui  in  Poli- 
ticis  obediendum  dixerim,  non  autem  in  illis  ubi  contra 
fidem  mei  responsi  addis  qu^e  ad  ruinam  catholicc'e  reli- 
gionis  diriguntur.  Nam  uti  meum  non  est  de  rébus 
quicquam  pronuntiare  qua;  a  Magistratu  jubentur, 
numquam  tamen  favente  Dno  divellar  a  vera  obedientia 
Dei  et  ejus  sanctas  matiis  nostr£e  Catholic£e  Ecclesi^e 
atque  uti  numquam  quicquam  facere  est  animus  quod  ad 
ejus  labefiictionem  tendere  videatur,  sic  non  est  etiam 
conari  eos  qui  aliter  de  me  opinantur  a  sua  falsa  persua- 
sione  divellere  aut  quid  pr^-eterea  objectioni  tuie  contra 


_  158- 

fidem  niei  respondere,  neque  etenim  animus  est  quid 
aliud  quam  ipsam  veritatem  profiter!,  conficta  negare, 
neque  fuit  in  meo  iilo  priori  responso  ad  tuas,  in  quo 
etiam  de  communione  clarissime,  vere  et  aperte  satis 
respondi,  id  quod  res  est  si  a  pectore  vere  catholico, 
candido  et  opinione  vacuo  legatur  objectum  et  respon- 
sum.  Nenipe  quod  nec  Calvini  aut  alterius  cujusvis 
hominis  novi  dogmata  uUa  multo  minus  ritum  eorum 
communicandi  sequitus  sum  umquam  neque  sequi  velim, 
quid  aliud  quod  Catholica  Ecclesia  non  probaverit.  Ego 
vero  me  non  doctorem  profiteor  eu  jus  sit  officium 
aliquid  alicui  persuadere  aut  a  sua  opinione  concepta 
dimovere.  Sufficit  mihi  si  de  veritate  in  qua  coram  Deo 
ex  animo  ambulare  conor  et  quantum  ex  gratia  Dei 
datur  facio  testimonium  verum  reddidero  interroganti, 
non  autem  putavi  me  ulli  mortalium  quam  tibi  respon- 
dere multo  vero  minus  uti  etiam  tum  scribebam  alicui 
me  probare  aut  facta  mea.  Dei  voluntati  omnia  permitto. 
Vlimmerio  numquam  quicquam  denegavi  (2).  Si  quem 
nominet  cui  velit  ea  qu^e  indicas  illum  a  me  petere  ego 
hic  aut  Colonise  dari  curabo  neque  credo  meam  fidem 
istic  tam  esse  suspectam  quin  aliquis  restet  qui  pro  me 
hac  saltem  in  re  tantilla  suam  interponere  audeat.  Quod 
si  quis  fecerit  et  ipse  Vlimmerius  voluerit  libros  nostros 
liberare  efficiam  ne  quis  petitor  neque  sponsor  a  me 
frustratum  se  sentiat  umquam.  Quod  si  hoc  vel  illo 
modo  noluerit  habeo  remédia  duo  satis  idonea  ad  hune 
morbum  depellendum  (propellendum)  ne  nos  uUo  modo 
ledat.  E  quibus  primum  est  quod  aliud  hic  habeam 
exemplar  Bibliorum  in  quo  transcribere  jusseram  ea 
omnia  quœ  in  isto  erant  notata  priusquam  ad  petitionem 
defuncti  D.  Harlemii  istuc  remitterem,  ex  quo  si  meum 


—  159  — 

illud  non  liberetur,  mittatur  et  accipiam  imprime;e 
possum.  Concordantiarum  vero  cditionem  maxima  ex 
parte  jam  prosequutus  sum  quare  ne  hoc  quidem  exem- 
plar  adeo  niihi  est  necessarium  quin  (etsi  illud  libenter 
sum  certas  ob  causas  recepturus)  eo  facile  caream. 
Alterum  vero  prsecipuum  et  summum  mihi  jam  laus 
Deo  valde  probatum  et  certissimum  semper  inventum 
remedium  est  hilari  et  inexpugnabili  patientia  in  hac  re 
quemadmodum  et  in  aliis  omnibus  uti  per  gratiam  Dni 
nostri  Jesu  Christi  in  quo  ut  bene  valeas  opto  in  eoque 
omnibus  amicis  nec  non  etiam  iis  qui  frustra  de  me 
sinistram  opinioncm  suis  animis  infixerunt  salutem 
plurimam  dici  percupio.  Antverpias  raptim  7.  Maij  1580. 

(i)  Voir  lettre  no  596,  note  i,  à  propos  de  cette  édition  deCassien, 
fournie  par  Cuyckius. 

(2)  Joannes  Vlimmerius,  prieur  des  chanoines  réguliers  de  l'abbaye 
de  S.  Martin  à  Louvain,  mort  en  1597.  Plantin  avait  publié  de  lui, 
en  1573,  une  édition  des  œuvres  de  S.  Fulgence.  Voir  plus  loin  la 
lettre  que  Plantin  lui  adressa  le  23  mars  1586.  Vlimmerius  aurait 
donc  refusé  de  rendre  à  Plantin  des  Bibles,  ayant  servi  à  une  édition 
des  Concordaiilice  bibJioruni.  Les  Annales  plaiitiniennes  mentionnent 
une  édition  de  l'année  i  581  ;  le  Musée  en  possède  une  autre  de  1385. 


875.   —  Plan! in  à  Antoine  Muret. 

(Archives  Planliniennes,  X,  f"  17). 

14  Mai  1580. 

(Depuis  le  27  janvier,  Plantin  n'a  pas  eu  des  nouvelles  de  Muret. 
A  chacune  de  ces  lettres,  l'imprimeur  prétend  avoir  joint  des  épreuves 
des  Variae  Lectiones.  Muret  lui  ayant  parlé  de  la  publication  de 
VElhica  d'Aristote  et  de  Commentaires  sur  Xénophon,  Thucydide 
et  Plutarque,  Plantin  se  déclare  disposé  à  fournir  ces  éditions). 


i6o 


D.  Antonio  Mureto. 

Varias  ad  te  misi  litteras  quibus  semper  conjunxi  folia 
Variarum  (i)  impressa  et  ne  fortassis  illa  perierint  (quo- 
niam  abs  te  nihil  litterarum  post  vi.  Id.  febr.  accepi)  ecce 
iterum  mitto  ea  qu^e  postea  sunt  impressa.  In  iliis  autem 
tuis  litteris  offerebas  mihi  tum  Aristotelis  Ethica  emen- 
data  et  in  ea  tua  commentaria  et  alia  per  te  in  Xeno- 
phontem,  Thucididem  et  Plutarchum  observata  qu« 
omnia  me  libentissime  suscepturum  et  ilico  me  impres- 
surum  respondebam  (2).  In  qua  sententia  non  solum 
persisto  sed  etiam  obsecro  ut  quamprimum  quod  tuo  fiât 
commodo  ad  nos  mittere  digneris  vel  istic  tradere  Dno 
Casnedo  qui  ad  nos  curabit...  14.  Mai)  1580. 

(i)  Voir  plusieurs  lettres  antérieures,  à  propos  des  Varice  Lecliones 
de  Muret. 

(2)  Plantin  n'édita  aucun  de  ses  travaux  du  savant  humaniste 
français. 


87e.  —  Plantin  à  Ciofano. 
{Archives  Plantiniennes,  X,  fo  17). 


14  Mai  1580. 


(Plantin  a  bien  reçu  les  premiers  cahiers  du  Commentaire  de  Cio- 
fano sur  Ovide.  Il  attend  encore  les  Métamorphoses  et  les  préfaces. 
Jusqu'ici  il  n'a  pas  pu  entamer  l'impression  de  l'ouvrage.  Plantin 
propose  de  publier  le  Commentaire  sans  le  texte,  comme  il  a  été  fait 
pour  les  éditions  de  Salluste,  de  Térence  et  comme  l'architypographe 
le  fera  pour  César,  Suétone,  Virgile  et  les  autres  classiques). 

Domino  Herculi  Ciofano. 

Fascicules  missos  cum  litteris  tuis  accepi.  Metamor- 
phosim  expecto  et  praefationes.  Major  siquidem  interca- 


—   i6i   — 

pedo  locorum  et  dificiliora  sunt  jam  itinera  quam  ut  quid 
audeam  committere  praslo  cujus  faciem  et  omnia  membra 
panes  me  non  habeam.  Satius  etiam  bona  tamen  tua  quod 
fiât  cum  verna  videtur,  ut  separntim  scholia  tua  impri- 
mantur  ab  ipsis  carminibus  Ovidii,  quemadmodum  nuper 
feci  in  Sallustio  (i),  in  Terentio  (2)  et  me  prosequuturum 
spero  in  C^sare,  Suetonio,  Virgilio  aliisque  auctoribus  a 
me  posthac  imprimendis  separatim  in  quibus  scholia, 
notas  et  observationes  doctorum  statui  imprimere  ne 
pueri  pauperiores  quorum  tenuitati  maxime  consulendum 
est  absterreantur  vel  arceantur  ab  emptione  nostrarum 
editionum  et  simul  ditiores  doctique  possint  pro  suo 
arbitrio  illis  uti.  14.  Maii  1580  (3). 

(i)  Les  notes  sur  Salluste  venaient  d'être  éditées  séparément  :  lani 
nDouo^a  Nordovicis  ad  C,  Salltistii  Crispi  hlstoriarti»i  lihros,  nota.  Plantin, 
1580,  in-80. 

(2)  M.  Antonii  Murefi,  argnmentoruni  et  scholionun  in  Terentimii 
Ubet\  suivi  d'annotations  par  Franciscus  Fabricius  Marcoduranus, 
Theod.  Pulmannus,  Eographius,  Aldi  Manutius  PauUi  F.  Aldi. 
Plantin,   1580,  in-80. 

(5)  Reproduite  dans  A.  Fayen,  Lettres  plantiniennes,  p.  458. 


877.  —  Plantin  à  Rat  aller  us. 

{Archives  Plantiniennes^  X,  f°  17^). 

14  Mai  1580. 

(Plantin  imprimera  très  volontiers  la  traduction  en  vers  des  tragé- 
dies de  Sophocle  par  Ratallerus,  que  celui-ci  avait  promise  depuis 
longtemps). 

Ampliss.  doctissimoque  Viro  Dno  G.  Ratallero  Prassidi 
Ultrajectensi  (i). 

Tragœdiarum  Sophoclis  in  latinum  a  te  versibus  olim 


—    l62   — 

conversarum  exemplar  recognitum  et  correctum  ad  nos 
si  miseris,  Vir  amplissime,  conabor  fidelitate  et  diligentia 
efficere  ne  diu  illi  labores  tui  desiderentur  aut  frustra  me 
ad  hsec  tua  doctiss.  et  admiratissima  scripta  in  lucem 
typis  nostris  describenda  hoc  tempore  deligere  volueris  (2). 
Idque  suscipiam  et  proscquar  libentius  quod  mihi  quae- 
dam  alia  tua  numquam  ante  bac  evulgata  pollicearis. 
Valde  siquidem  tuis  doctissimis  laboribus  ornatam  iri 
nostram  typographiam  non  dubito  (3).  Bene  Vale,  pr^eses 
dignissime.  Antverpi^  14.  Mai)  1580. 

(i)  Georges  Rataller,  poète  et  jurisconsulte,  né  à  Leeuwarden  en 
1528,  mort  à  Utrecht  en  1581,  en  relations  avec  Plantin  depuis  1571. 

(2)  Le  Musée  conserve  encore  cet  exemplaire,  pourvu  de  nom- 
breuses notes  de  la  main  de  Ratallerus  :  Tragœdice  Sophodis  quotqiiot 
extant  carminé  latino  redditce  Georgio  '^atallcro  in  supremo  apiid  Belgas 
regio  senatu  S^ichlinia  Consiliario,  &  libellorum  siipplicum  Magistro, 
interprète.  Antverpias  m.d.lxx.  Ex  officina  Gulielmi  Silvij,  typographi 
Regij,  In-80, 

(3)  Au  lieu  de  Sophocle,  Plantin  fournit  une  édition  de  trois  tragé- 
dies d'Euripide,  traduites  par  Rataller  :  Euripidis  Poêla  Tragici  Très 
Tragœdia,  Phoenissae,  Hippolytus  Coronatits,  alque  Andromacha^  'De 
Gracis  olim  Latino  carminé  conversa^  &  niinc  primum  fdila;  aiwtore 
Géorgie  Ratalkro  Ultraiectina  proiiincia  Senatus  'Praside.  Antverpise, 
Ex  officina  Christophori  Plantini,  cIo  Id.  lxxxi.  In-i6". 


878.  —  Plantin  au  magistrat  d'Anvers. 

{Archives  Tlantiniennes,  LXXXXVIII,  f°  351). 

28  Mai  1580. 

(Plantin  demande  l'autorisation  de  construire  une  petite  maison  au 
coin  du  Marché  du  Vendredi,  à  côté  de  son  domicile,  et  touchant 
à  l'égout.  Ce  coin,  mesurant  six  pieds,  est  d'une  saleté  répugnante 
de  l'avis  de  tous  ceux  qui  viennent  visiter  l'architypographie). 


-   i63   - 

Aen  mynen  heeren  Burghem. 

ende  Schepenen  der  stadt  van  Antwerpen. 

Verthoont  ootmoedel.  Cristoffel  Plantijn,  hoe  dat  ter 
zyden  int  gesichte  van  incomen  van  zynen  huyse  opte 
Vrijdaechs  mert  alhier,  is  eenen  cleynen  hoeck  die  lee- 
lyck  ende  vuyl  is.  Int  aenzien  van  aile  de  goede  heeren 
ende  nieer  ander  luyden  die  tzynen  huyse  comen,  zoe 
omme  zyne  druckerye  te  besichtigen  als  anders(sins) 
ende  om  zyn  huys  van  de  voorseyde  stinckende  vuylic- 
heyt  te  bevryen,  zoe  en  isser  anders  geenen  middel  dan 
dat  de  voors.  hoeck  werdde  geapproprieert  tôt  eenge 
cleyne  wooninge,  ende  omme  hier  toc  te  geraken  bidt 
de  voors.  suppliant  dat  uvven  ghelieven  wille  tauctorise- 
ren  den  Trésoriers  ende  Rentmren  datse  den  muer  vandcn 
voors.  vuylen  hoeck  comende  aende  Ruye  hen  suppliant 
mogen  overlaten  ende  transporteren  met  orlofF,  om  daer 
neffens  eenen  houten  overspronck  ses  voeten  breet  over 
de  Ruye  tzynen  coste  te  mogen  maecken,  al  ter  designa- 
tien  ende  moderatien  van  den  voors.  Trésoriers  ende 
Rentmren,  ende  oick  met  laste  van  alzulcken  jaerlycxen 
redelycken  chys  tôt  behoeve  vander  stadt,  als  de  suppliant 
met  hen  zal  connen  overcomen,  ten  eynde  de  suppliant 
alsdan  't  voors.  plaetsken  zoude  mogen  aen  schoonlap- 
pers  oft  dyergelycke  verhueren.  Dwelck  doende  rs  inde 
marge  stoiedt  geappostilleert  aldus. 

Sy  gestelt  in  handen  vanden  Trésoriers  ende  Rentmren 
ten  eynde  zy  hen  op  dinhouden  ende  gelegentheyt  vande 
erve  in  desen  geruert  te  informere  omme  tzelve  gedaen, 
ende  heurlieder  advys  gehadt  voorts  geordonneert  te 
wordene  naer  behooren.  Actum  II*  martij  Anno  XV^ 
ende  LXXX.  Ondert.   Hoboken. 


164 


Daer  naer  gehoort  het  nippoert  ende  gehadt  het  advys 
vande  Trésoriers  ende  Rentmeesteren  deser  st.ndt,  is  by 
mynen  heeren  Bor^em.  ende  Schepenen  gecommitteert, 
den  Trésorier  Cornelis  Pruynen,  cm  met  den  suppliant 
te  comniceren  ende  overcomen  ter  zaken  in  deser  ge- 
ruert,  Zoe  hij  tzelve  goet  vinden  zal  ende  dat  alleenlyck 
by  manière  van  provisie.  Actum  xx.viii^  Maii  Anno 
XV*^  ende  tachentich.  Ondert.  S.  van  Uffele  (2). 

(i)  Le  22  juin  IS79,  Plantin  avait  acheté  la  moitié  de  la  grande 
maison  de  Lopez  (louée  en  1576),  qui  avait  une  sortie  sur  le  Marché 
du  Vendredi.  L'autre  moitié  donnait  dans  la  rue  Haute.  A  sa  maison 
du  Marché,  Plantin  donna  le  nom  du  Compas  d'Or.  C'est  là  qu'il 
habita  jusqu'à  la  fin  de  sa  vie.  Son  magasin  de  la  Cammerstrate 
continua  à  porter  la  même  enseigne. 

(2)  Dans  deux  pièces  complémentaires  (Ihidem,  fos  365-9),  Plantin 
rappelle  qu'il  avait  antérieurement  acheté  le  droit  de  lumière  (recht 
van  lichtsclieppen,  de  lumine  non  officiendo)  de  son  voisin  de  l'autre 
côté  de  l'égout,  un  nommé  Jan  Pauwels,  boulanger,  propriétaire  de 
la  maison  «  Den  Keysere  ».  L'imprimeur  s'offre  de  payer  à  la  ville  la 
redevance  due  pour  la  construction  d'un  passage  en  pierre  de  l'égout 
en  question.  La  ville  accueillit  favorablement  cette  demande  ;  depuis 
lors  le  canal-égout,  comblé  dès  le  XVI*  siècle,  a  appartenu  aux 
Plantin-Moretus .  I!  forme  actuellement  la  seconde  cour  du  Musée, 
longeant  le  côté  sud  de  l'imprimerie. 


879.    —  Plantin  à  Laurentius. 

{Archives  Planthnennes,  X,  fo  17^). 

14  Juin   1580. 

(Souffrant  depuis  un  mois  de  la  gravelle,  Plantin  répondra  le  plus 
brièvement  possible  à  la  lettre  de  Laurentius.  La  Theolo^ia  Germauica 
a  été  dûment  approuvée  par  les  censeurs  lors  de  son  apparition.  Il 
est  vrai  que  les  Calvinistes  ont  également  loué  l'ouvrage.  La  com- 
mission,  instituée   par  le  duc  d'Albe  pour  examiner   les   nouvelles 


-   les  - 

impressions,  n'y  a  pas  trouvé  trace  d'hérésie.  Plantin  envoie  la  copie 
du  privilège  accordé,  il  y  a  23  ans,  ainsi  que  le  catalogue  des  livres 
prohibes.  Blosius  est  mort  depuis  plusieurs  années.  L'architypographe 
n'a  jamais  songé  à  défendre  quelque  livre  contre  les  théologiens  de 
Louvain  ni  à  entreprendre  quoi  que  ce  soit  contre  la  religion  catho- 
lique). 


Chiriss.  doctissimoque  Viro  Duo  Laurentio  cumdivis.. 

Morbo  calculai'!  toto  mense  vexatus  ad  litteras  tuas 
paucis  responsum  dare  cogor.  Libellum  cui  titulus  est 
Theologia  Germanica  (i)  per  theologos  députâtes  a 
Regia  catholica  Majestate  prius  approbatum  et  postea 
Privilegio  Regio  mihi  datum  impressi  neque  umquaiii 
intellexi  quemquam  theologum  catliolicum  fuisse  qui 
eum  librum  reprobaret.  Ex  illis  autem  qui  Calvini  dog- 
mata  sequuntur  quamplurimi  quare  qui  eum  librum  rem 
faciet  ipsis  gratissimam  ob  id  maxime  quod  relictis  pro- 
pres affectibus  ad  bene  operandum  exhortetur  quo 
nomine  ab  omnibus  pietatem  Christianam  pluris  faven- 
tibus  quam  verba  maxime  semper  probari  intellexi. 
Atque  quod  pro  duplici  laude  et  approbatione  haberi 
débet.  Cum  hic  mandato  Ducis  Albani  omnes  officinas 
et  tabernœ  nostr^e  librari^  una  eademque  hora  claude- 
rentur  ad  inquirendum  acerrime  et  visitandum  num  quis 
quid  in  sua  officina  impressisset  haberetve  quod  vel 
minima  hc-ereseos  suspicione  contaminatum  esset,  is 
libellus  ab  inquisitoribus  laudatus  fuit,  tantum  abest  ut 
inter  reprobatos  adscriptus  fuerit.  Exemplar  vero  Privi- 
legij  ante  23.  annos  mihi  concessi  ad  te  mitto  una  cum 
catalogo  prohibitorum  in  eo  acerrimo  examine  libro- 
rum  (2).  Nihil  praeterea  nunc  venit  in  mentem  quo  vos 
scrupulo  vobis  injecto  levare  queam. 


—   i66  — 

Obiit  siquidem  ante  aliquot  annos  piissimus  vir  Blo- 
sius  (3),  obierunt  et  pliirimi  theologi  Lovanii  a  qua  etiani 
urbe  secludimur  bello  intestino  et  militum  grassatio- 
nibus  cotidianis,  neque  statui  contra  theologos  aliquem 
librum  defendere  neque  valde  laboro  quid  calumniatores 
contra  nostras  actiones  semper  catholicas  et  ab  omnibus 
catholicœ  doctrinie  adversantibus  aliénas  mentiantur, 
magis  vero  in  eo  sutn  ut  mea  voluntas  voluntiti  Dei  con- 
jungatur  per  ejus  filium  ^eternum  Jesum  Cliristum  Dnm 
nostrum  in  unitate  spiritus  sancti.  Junii  14,  aut  circiter. 

(i)  Il  s'agit  des  traductions  française  et  latine,  parues  chez  Plantin 
en  1 J58,  de  la  Deutsche  Théologie,  Bâle,  1557  :  Theologia  Germauica. 
Libellus  aiireus  :  Hoc  est,  hrevis  & pragnans  :  Ouo  modo  sit  exneiidns  Vêtus 
homo,  induendusque  novus.  Ex  Germanico  translatas,  loanni  Theophilo 
interprète.  Antverpias,  Ex  officina  Christophori  Pluntini  sub  Unicorni 
aureo  1558.  Cum  privilegio.  In- 160  (Par  Sébastien  Castalion).  Titre 
français  :  La  Théologie  germanicque.  Livret  auquel  est  traiclè  Comment  il 
faut  dépouiller  le  vieil  homme,  &  vestir  le  nouveau.  A  Anvers,  De  l'Impri- 
merie de  Christofle  Plantin.  M.D.LViii.  10-12°.  Les  auteurs  des  Annales 
Plantiniennes,  Ruelens  et  De  Backer,  l'ont  qualifié  de  livre  plein  de  fa- 
natisme «  et  qui  fit  passer  son  auteur  pour  favoriser  les  opinions  des 
anabaptistes.  On  s'étonne  de  voir  sortir  ce  livre  des  presses  de  Plantin, 
et  plus  encore  de  le  voir  revêtu  d'un  privilège».  Il  n'en  parut  pas  moins, 
en  1590,  une  traduction  flamande  à  l'officine  plantinienne  :  Theologia 
Germanica.  Een  gulden  Handtboecxken,  Cort  ende  tvichtharich  :  inhoudeiide 
hoemen  den  ouden  mensche  moet  wtdoen,  ende  den  nieuwen  aendoen,  Eerst 
\vt  den  Hoochduytscheint  Latijn  overgheset  deur  JoannesTheophilus, 
ende  nu  ghestelt  in  Nederlandtsche  sprake  deur  E.  X.  t'Antwerpen, 
Inde  druckerije  van  Christoff'el  Plantijn,  by  de  Weduvve  ende  Jan 
Moerentorf.  m.d.xc.  Met  Gratie  ende  Privilégie.  In-16». 

(2)  Le  Catalogue  des  livres  prohibés,  in-folio-plano,  imprimé  par 
Plantin  en  1)69,  par  ordre  du  duc  d'Albe. 

(3)  Louis  de  Blois,  ou  Blosius  (i  506-1 566),  de  l'abbaye  de  Liessies, 
auteur  ascétique.  La  meilleure  édition  de  ses  ouvrages  parut  à  l'offi- 
cine plantinienne,  en  1632, 


-   léy  - 

880.  —  Planlin  à   Turrianus. 
{Archives  Planliiiiennes,  X,  f»  18). 

24  Juin  1 580. 

(Tourmenté  toujours  par  la  gravelle,  Plantin  répondra  par  quel- 
ques mots  seulement  à  la  lettre  de  Turrianus  du  20  avril.  Il  est 
heureux  d'apprendre  que  les  exemplaires  de  Clément  sont  bien 
arrivés.  L'arcliitypographe  se  déclare  prêt  à  imprimer  tout  ce  que 
Turrianus  voudra  lui  confier.  En  fait  de  rééditions,  il  préfère  ne  pas 
en  fournir  contre  le  gré  des  premiers  éditeurs,  à  moins  que  l'Eglise 
catholique  ne  l'y  invite  spécialement). 

Rev.  in  Christo  P.  Francisco  Turriano. 

Calculari  morbo  vexatus  paucioribus  quam  facere  pos- 
sum  cogor  respondere  tuis  ultimo  Aprilis  Romas  datis. 
Gaudeo  equidem  quod  vos  tandem  exemplaria  démen- 
tis (i)  acceperitis  meque  promptum  et  paratum  offero  ad 
ea  omnia  nostris  typis  describenda  quiç  mittere  placuerit 
modo  in  facere  queam  sine  dispendio  eorum  qui  prius 
tua  doctiss.  opéra  ediderint.  Nam  etiamsi  cotidie  expe- 
riar  alios  typographos  parvi  facere  quantum  damni  nobis 
et  aliis  typographis  inférant  qui  primum  quid  ab  aliquo 
authore  dum  idem  imitare  non  dubitent,  imo  indies 
videam  plurimos  ex  ditioribus  qui  nihil  fere  aliud  impri 
munt  quam  quod  prius  ab  aliis  impressum  et  veluti 
pr^coctum  aut  prit^mansum  cibum  fuerit.  Ego  certe  a 
talibus  fucis  tantum  abhorreo  ut  malim  damnum  pati 
quam  inferre.  Proinde  noio  quicquam  recudere  ab  alio 
prius  impresso  sine  ejus  consensu  et  facultate  nisi  quid 
sit  cujus  penuria  laboraret  alioqui  Christiana  catholica 
respub.  aut  mihi  juberetur  ab  illis  quibus  obedire  cogor 
aut  debeo.  Bene  vale  in  Christo  Jesu  Dno  nostro.  Ant- 
verpiœ  raptim  ipsa  Die  S.  Johanni  Baptistas  sacro  1580. 


—   i68  — 

(i)  Apostolicartim  constiltitiomun  &  Catholicie  doctrince  démentis 
Romani  Jihri  Vlll.  Francisco  Turriano  Societatis  lesti  interprète  è  Grceco. 
Anvers,  Plantin,  1578,  in-f<'. 


881.  —  Plantin  à  Biiysselius. 

[Archives  Plantinieinies,  X,  f°  18). 

24  Juin  1580. 

(La  maladie  oblige  Plantin  à  répondre  brièvement.  Il  se  réjouit  de 
la  bonne  arrivée  des  Bréviaires  et  espère  en  expédier  d'autres,  avec 
les  Offices  de  la  Vierge.  L'imprimeur  a  accusé  réception  du  Missale 
in-40,  il  y  a  quelques  jours.  Le  DiuniaJe  in-240  paraîtra  bientôt  en 
format  plus  élégant.  Les  exemplaires  du  Bréviaire  in- 16°,  en  deux 
volumes,  deviennent  déjà  rares). 

Rev.  in  Christo  Patri  Joh.  Buyssetio. 

Tuis  17.  Kal.  Junias  Romae  datis  paucis  me  respondere 
cogit  inorbus  calcularis  quo  misère  vexor.  Gaudeo  te 
aliquot  Breviaria  tandem  récépissé,  plura  uti  spero  reci- 
pies  cum  officiis  B.  Marine.  Illa  siquidem  ter  ni  fallor 
sarcinis  istuc  mittendis  imponi  curabimus  magis  vero 
quod  tibi  placeant  utinam  et  aliis  omnibus.  Superioribus 
diebus  scripsi  me  accepisse  Missale  in  4*°  (i)  ad  me 
missum  cujus  pretium  et  ejus  vecture  percupio  refundere 
prima  oportunitate  data  quam  valde  desidero  et  intelli- 
gere  qua  in  re  tibi  et  Illustriss.  VV.  aliisqiie  Dominis 
gratificari  possim.  Diurnale  in  24°  recudo  eleganter. 
Jamque  miiii  desunt  exemplaria  Breviarij  in  16°  duobus 
tomis.  Bene  vale  in  Christo  Jesu  Dno  nostro.  Antverpi^ 
ipsa  die  S.  Joh.  Baptistae  dedicato  1580. 

(i)  Voir  plusieurs  lettres  précédentes  à  propos  de  ce  Missel 
romain,  demandé  avec  instance  par  Plantin  à  Buyssetius. 


—   ré9  — 

882.  —  Planti)i  à  Arias  Mo?ilanus. 
{Archives  'Pla'iitiniennes,  X,  f»  18^). 

V  Juillet  1580. 

(Depuis  sa  réponse  à  Arias  et  à  Valentinus  du  mois  de  février, 
Plantin  était  sans  nouvelles  de  son  ami.  Hier  enfin,  la  lettre  d'Arias 
du  15  décembre  lui  a  été  remise!  Souffrant  de  la  gravelle,  l'impri- 
meur y  répondra  en  peu  de  mots.  Il  a  fait  insérer  les  corrections  au 
Commentaire  des  Prophètes,  qui  sera  mis  sous  presse  incessamment, 
grâce  à  l'aide  financière  de  son  ami.  Outre  la  Bible  en  hébreu,  Plantin 
se  propose  d'éditer  une  Bible  en  grands  caractères,  avec  notes  margi- 
nales et  autres,  illustrée  de  gravures  sur  cuivre  dans  le  genre  de  celles 
des  Monumenta  d'Arias.  Moflin  lui  a  écrit  que  Montanus  enverra 
quelques  cartes  géographiques  par  les  bons  soins  du  marchand 
Goossens.  Plantin  fera  expédier  de  suite  les  livres,  commandés  par  un 
ami  d'Arias  qui  est  médecin  en  Amérique.  Porret  ayant  fait  parvenir  de 
Paris  l'article  demandé,  Plantin  l'enverra  aussitôt  en  Espagne.  Les 
oeuvres  à' Horace  seront  imprimées  d'après  les  indications  de  son  ami. 
Arsenius  est  mort.  Plusieurs  des  anciens  amis  vivent  tristement  à 
Louvain,  la  ville  étant  abandonnée  par  la  plupart  de  ses  habitants. 
Jean  Moretus  n'a  pas  été  aux  trois  dernières  foires  de  Francfort.  Pierre 
van  Tongheren,  qui  vient  d'épouser  la  sœur  de  Moretus,  y  a  été  seul 
et  en  a  rapporté  les  livres  désirés  par  Arias  et  Perez.  Salutations  de 
la  famille  et  de  tous  les  amis.  Paludanus  est  décédé.  Plantin  approuve 
son  ami  qui  ne  répond  plus  aux  accusations  farouches  de  Léon). 

Illustri  viro  D.  Ben.  Ariie  Montano  S.  P. 

Postquain  mense  Februarij  meas  ad  te  et  Rev.  P. 
Carolum  Valentinum  responsivas  (i)  iiiisi  nuUas  a  vobis 
accepi  nec  misi.  Hesterna  vero  die  tuîe  desideratissim^e 
15.  Decemb.  dat^  primum  mihi  sunt  reddit^  non  sine 
admiratione  qui  fieri  potuerit  ut  nisi  post  sex  menses 
intègres  potuerint  ad  nostras  manus  pervenire.  Illis  vero 
breviter  et  concise  ad  singula  earum  capita  mihi  respon- 
dendum  est  propter  morbum  calcularem  subinde  recur- 
rentera. 


lyo 


Primum  gaiideo  per  Dei  gratiam  nos  mutuo  memores 
esse  utinam  et  aliquando  vel  semel  iterum  Deus  per- 
mittat  nobis  animi  nostri  sensa  prsesens  pra;senti  decla- 
rare  et  mirabilia  ipsius  Dei  qu^e  nostris  temporibus  suis 
inter  varias  mundi  anxietates  cominunicat  enarrare. 

Emendationes  in  Prophetarum  commentaria  (2)  illico 
jussi  libre  adscribi,  praslis  brevi  favente  Dno  subjicienda 
ne  diutius  a  studiosis  desiderentur,  ad  quorum  suinptus 
sublevandos  noster  Perezius  se  ducentos  a  te  pr^escriptos 
florenos  mihi  numeraturum  est  pollicitus  et  alios  ducentos 
quibus  tu  me  donare  liberalitcr  voluisti,  quos  ut  nihil  te 
celem  quod  significare  possim  eodem  momento  addixi 
operibus  piis  et  tuturis  posteritati  pietatis  amanti  per  Dei 
gratiam  utilissimis  uti  favente  Domino  aliquando  te 
visurum  et  approbaturum  confido  saltem  nihil  aliud  jam 
ipsis  utilius  mihi  videtur  ad  inimicos  Jesu  Christi  confun- 
dendos  et  vere  catholicos  Christianos  juvandos  et  in  vera 
catholica  fide  conservandos  aberrantesque  a  via  simplices 
reducendos  conducendosque  modo  ipsi  non  répugnent. 
Quid  enim  homini  ad  pietatem  contendenti  dulcius, 
jucundius,  utilius  testimonio  vitae  ChristiaUc'e  thesauro 
litterario  consecrato  ?  Postremis  meis  litieris  scribebam 
nos  Biblia  Hebraica  cum  interlineari  versione  etc.  Biblia 
etiam  nunc  statui  imprimere  magnis  typis  cum  variis 
lectionibus  in  margine  et  earum  rationibus  in  fine  atque 
figuris  in  a^re  excisis  juxta  rationem  Monumentorum 
tuorum  addere  sed  fere  duplo  illis  majores,  quod  opus 
ni  fallor  placebit  curiosis  et  illis  qui  raris  cupiunt  ornare 
suas  bibliothecas  (3).  Vide  quanta  hoc  tempore  moliatur 
tuus  Plantinus. 

Mofflinus  scripsit  se  habere  aliqaas  descriptiones  (4) 
abs  te  quas  per  D.  Goossens  mercatorem  curabit  ad  nos 


ryi 


deferri  antequam  proficiscatar  ad  vos  in  aulam  a  qua 
certe  vos  abesse  malim  siDeo  ita  visuni  esset  cujus  volim- 
tati  nostram  submittere  debemus. 

Libros  omnes  et  alla  oinnia  abs  te  petita  mittam  quam- 
prinium  pro  amico  illo  tuo  medico  in  Nova  Hispania 
dej^enti  et  pro  aliis  atque  in  usum  tuum  et  fr.  Caroli 
Vaientini  uti  prinium  timoris  ita  et  uti  spero  etiani  inde 
sequentis  amoris  Domini  condiscipuli  cui  salutem  ex  me 
plurimam  dici  percupio  et  ab  illo  intelligere  num  meam 
responsionem  ad  suas  et  quo  animo  acceperit  (5). 

Poretofratri  scripsi  ut  Lutetia  tibi  mittat  illud  recipe(6) 
quod  desideras  et  mihi  quoque  ut  hinc  etiam  ad  te  mit- 
tam, ne  illo  diutius  careas  si  contingeret  in  via  iterum 
amitti.  Eidem  et  Rasio  salutem  plurimam  tuo  nomine 
adscripsi. 

Horatium  imprimam  ut  mones  (7).  Indicem  in  eum 
et  qu.Tedam  alla  non  semel  misi,  quiB  si  jam  non  acceperis 
miror  :  mittam  vero  iterum  prima  oportunitate. 

Arsenium  obiisse  audio(8),  Goudanum  vivere(9).  Pluri- 
mos  vero  Lovanii  contabescere,  urbem  civibus  desertam 
et  jam  maxima  parte  domibus  disjectis  vacuam.  Miser- 
rima  certe  rerum  faciès  ubique  sed  necdum  finem  video 
imo  vix  initium  adhuc  malorum. 

Johannes  noster  Moretus  jam  superioribus  tribus  nun- 
dinis  domi  meo  jussu  mansit  propter  itinerum  pericula. 
Petrum  van  Tongheren  (10)  solum  eo  misimus  qui  res 
nostras  féliciter  satis  curabit.  Is  ante  mensem  sororem 
nostri  ipsius  Johannis  in  uxorem  duxit,  mansurus  apud 
nos  adhuc  per  duos  annos.  Is  varia  nostro  jussu  et  D. 
Perezij  tibi  singulis  nundinis  émit  et  est  favente  Deo 
empturus  qu^  tu  jubés  et  tibi  placitura  putabit.  Uxor, 
filias,    generi,    Ortelius,   Galleus,   Rignalmus,    Prunius, 


—   172  — 

Kikelbergi,   Pulmannus  aliique  amici  plurimi  te  resalu- 
tant  quamofficiosissime.  Obiit  in  Dno  Paludanus. 

Postremis  meis  scribebam  nos  Biblia  Hebraica  cum 
versione  interlineari  recusuros  ac  proinJe  petere  id  quod 
etiam  nunc  facimus  ut  quag  in  illis  mutanda  judicas  indi- 
care  dignareris.  Optime  facis  quod  Leoni  (1 1)  non  te  op- 
ponas.  Q.uis  enim  ex  Dei  Sapientia  edoctus  rabiei  bestia; 
frendenti  non  cedet  ad  tempus  saltem  donec  impetus  suos 
vel  erga  inanimata  aliquantulum  fregerit  ?  Vivet  Dns  cui 
vere  inservire  serio  regnare  est  quicquid  aliud  cogitent 
hujus  mundi  prudentes  etc.  Ipsi  Deo  honor  et  gloria 
per  Jesum  Christum  Dominum  certe  nostrum  cum  illi 
serviamus  in  unitate  spiritus  sancti.  Antverpii^  raptim 
prima  die  Julij  1580. 

(i)  Lettres  de  Plantin  du  15  et  du  22  février  (nos  861  et  864). 

(2)  Ne  parut  qu'en  1583  :  Henedicti  Aria  Montani  Hispaknsis 
Commentaria  in  duodecim  prophetas  :  Nunc  tandon  ah  ipso  aiictore  recog- 
nita.  Anvers,  Plantin,  in-40.  La  première  édition  était  de  1571. 

(3)  C'est  la  grande  Bible  in-f»  de  1583,  belle  et  grande  impression, 
à  deux  colonnes  :  Biblia  Sacra.  Qiiid  in  hac  ediiione  a  theologis  lovanien- 
sihiis  priestitum  sit,  eorwn  prafatio  indicat.  Frontispice,  lettrines  et 
grand  nombre  de  gravures  sur  cuivre  (29  pour  l'Ancien,  57  pour  le 
Nouveau  Testament],  par  Pierre  Huys,  Abr.  de  Bruyn,  J.  Sadeler, 
Jean  et  Jér.  Wiericx,  d'après  P.  Huys,  C.Vanden  Broecket  P.  Vander 
Borcht;  au  commencement,  les  trois  grandes  cartes  géographiques 
d'Arias  Montanus  qui  avaient  déjà  figuré  dans  la  Bible  royale  de  1573. 
A  la  fin,  les  Notationes  in  Sacra  Biblia  de  François  Lucas  (pp,  1-117). 

(4)  A  traduire  aussi  par  cartes  et  plans  géographiques,  dont  -\rias 
et  Moflin  firent  parvenir  plusieurs  spécimens  à  leurs  amis  Plantin  et 
Ortelius,  entre  autres  des  cartes  de  l'Amérique,  de  la  Chine,  des  des- 
criptions de  villes  espagnoles,  etc. 

(5)  Voir  la  lettre  du  13  février  de  Plantin  à  Bartelus  Valentinus. 

(6)  Probablement  les  médicaments,  indiqués  dans  la  lettre  du 
22  février  à  Montanus  sous  le  nom  de  Lapides  Bezoar. 

(7)  Plantin  publia  les  oeuvres  d'Horace  en  1582,  avec  notes  de 
Th.  Poelman  et  J.  Dousa,  outre  un  Commentariolus  et  un  Adpcndix 


—  173  — 

du  dernier,  tous  deux  en  format  in- 1 6°.  L'index  d'Horace  dont  parle 
l'imprimeur,  est  celui  de  Treterus  (Plantin,  1576). 

(8)  Nom  de  plusieurs  mathématiciens  de  Louvain  apparentés  à 
Gemma  Frisius,  qui  fournirent  à  Arias  Montanus  des  instruments 
astronomiques. 

(9)  Cornélius  Reinerus,  docteur  en  théologie  à  Louvain. 

(10)  Pierre  van  Tongheren,  commis  de  Plantin,  épousa  en  effet 
cette  année  la  sœur  de  Jean  Moretus.  S'étant  de  nouveau  rendu  seul 
à  la  foire  de  Francfort  en  1586,  il  fut  attaqué  par  des  soldats  et 
dépouillé  de  tout  son  avoir. 

(11)  Léon  de  Castro,  le  détracteur  de  la  Bible  royale  en  Espagne. 


883.  —  Antoine  Gasseii  à  Martine  Plantin. 
(Archives  Tlantiniennes,  LXXXII,  f**  483). 

Paris,  le  10  juillet  1580. 

Cousynne  Mart3nine.  La  présente  sera  pour  vous  ad- 
vertyr  que  la  grase  Dyeu,  je  me  porte  fort  byen  et  touste 
ma  famylle,  au  reste  nous  avons  tous  eu  la  quoqueluche 
et  asture  nous  somes  en  un  povre  règne.  L'on  delese  la 
vylle  de  Parys.  Je  dys  que  l'y  a  plus  de  la  moystyé  du 
monde  deors  come  la  noblese  sens  que  ont  moyen  au 
chans  et  les  bourgoys  le  semblable.  Les  ecolyers  sont  de 
ja  deors  (i).  Je  vous  lèse  a  panser  sy  sela  n'epovante  pas 
la  vylle  ou  sens  que  demurant  et  portant,  je  ne  suys  pas 
delyberé  d'avoyr  davantaje  de  marchandyze  dont  je  vous 
prye  et  vous  suplye  de  voloyr  dyre  a  madamoyzelle 
Suzanne  que  (2)  l'y  feray  tennyr  argent  le  plus  tost  que 
me  sera  posyble  mes  toutes  foys  yl  fault  byen  que  consy- 
derent  le  tans  que  croyés  que  l'on  ne  dy  pas  combyen 
toutes  foys  yl  fault  toust  remestre  en  Dyeu  dont  je  prye 
a  Dyeu  que  nous  soyt  en  sa  saynte  garde  a  tous  a  un 


—  174  — 

chaqun  Aureste  je  vous  prye  cousynne  de  me  mander 
un  peu  la  toust  talyté  de  se  que  avés  receu  pour  moy 
pour  aselle  fyn  que  je  voye  se  le  conte  du  sr  Jensere 
vyendra  par  ce  que  m'a  ranvoyé  des  espeses  légères  et 
ausy  que  je  voye  comment  yl  a  fect  le  chanje  et  je 
vodroys  byen  avoyr  les  sedulles  que  avés  payé  pour 
moy  et  moy  étant  par  delà  je  vous  satysferay  sy  plest  a 
Dyeu  que  je  croys  que  avec  le  tans  Dyeu  provoyra  a 
toust  par  sa  bonté  et  grase.  Je  vous  donne  beaucoup  de 
peynne  mes  j'espère  que  avec  l'ayde  de  Dyeu  que  le 
toust  se  portera  byen  sy  plest  a  Dyeu  et  que  nous  serons 
tous  contans  les  uns  des  autres  et  je  vous  prye  cousynne 
de  m'envoyer  de  vous  novelles  le  plus  tost  que  vous  sera 
posyble.  Autre  choze  je  ne  sa}^  que  vous  mander  sy  non 
que  je  avoys  grende  anvye  de  vous  aler  voyr  mes  croyés 
que  le  tans  est  byen  dyvers  et  septera.  Cousynne  je  ne 
say  que  vous  ecryre  autre  choze  pour  le  présent  sy  non 
que  je  vous  prye  de  me  recommander  a  la  bonne  grase 
de  monsr.  vostre  père  et  a  madame  vostre  mère  et  au 
cousyn  Mouranteurf  et  a  tous  les  amys  sans  oblyer  les 
noveaus  maryés  (3).  Je  vous  suplye  leur  présenter  me.s 
humbles  recommandatyons.  Je  vous  prye  d'anprendre 
vostre  part.  De  Parys  se  10*  Julest  1580 
par  vostre  afectyonné  cousyn  a  james. 

A.  Cassen  (4). 

(Adresse  au  verso  :)  Soyt  donnée  la 
présente  a  la  quosynne  Martynne 
Au  compas  d'or  anvers  an 
La  quamestrate 

Anvers 
pa)'és  de  port  dus  patz. 


'5 


(i)  La  France  fut  en  ce  moment  le  théâtre  de  luttes  intérieures 
acharnées  entre  catholiques  et  protestants,  menées  par  Henri  de  Guise 
et  Henri  de  Navarre.  En  outre,  l'année  précédente,  la  peste  avait  fait 
30.000  victimes  dans  la  ville  de  Paris  seule  ;  durant  quinze  ans, 
l'épidémie  y  resta  chronique. 

(2)  Mot  illisible. 

(j)  Henriette  Plantin,  qui  avait  épousé  Pierre  Moureiitorf  en  1578. 

(4]  Antoine  Gassen  ou  Gassan,  frère  de  Jean,  le  malheureux  époux 
de  Catherine  Plantin.  Antoine,  comme  son  frère,  était  marchand  à 
Paris,  trafiquant  non  seulement  en  dentelles  et  lingerie,  mais  aussi, 
comme  on  le  verra  par  la  lettre  du  26  mai  1581,  en  tableaux  ft  en 
acier.  C'est  Martine,  femme  de  Jean  Mourentorf,  qui  correspondait 
habituellement  avec  lui. 


884.   —  Henri  du  Tour  (le  jeune)  à  Plantin. 
{Archives  Plantiniennes ,  LXXXl,  fo4  5  5). 

Il  Juillet  1580. 

Trescher  Compère.  J'ay  receu  vos  Lectres  avec  les 
Chartes  et  Figures  des  Villes  et  Provinces  du  païs  bas, 
desquelles  je  feray  mon  debvoir  pour  avoir  aussy  le 
pourtraict  de  la  ville  de  Gand,  au  plustost  qu'il  me  sera 
possible  (i).  Car  je  m'ay  blessé  en  ma  jambe  (op  de 
schene)  que  je  ne  puis  encore  aller  par  les  Rues,  qu'il 
me  fauldra  par  ce  moyen  attendre  encore  quelque  3.  ou 
4.  jours  que  la  jambe  soit  reguarye  s'il  plaict  a  Dieu.  Et 
me  semble  sans  besoin  d'envoyer  vostre  Copie  originele 
de  vostre  Previlege,  mais  qu'il  suffira  d'en  envoyer  une 
Copie  signée  par  quelque  Notaire,  et  j'en  feray  mon 
debvoir  selon  mon  pouvoir  pour  en  avoir  le  Congié  ou 
absolute  Responce  et  Resolution.  Sy  le  Prince  de  Condé 
est  arrivé  en  Anvers  le  Vendredy  au  soir,  ila  faict  bon 
voyage.  Car  il  estoit  icy  jusques  aux  10.  heures  du 
matin,  a  cause  de  la  seconde  foulle  et  trouble  de  mauvais 


-  IJé  - 

bruict  des  malcontents,  car  corne  il  estoit  sorty  la  porte 
d'Anvers  et  oyoit  l'alarme  des  Tambourins,  il  est  re- 
tourné en  la  ville,  jusques  a  ce  que  les  troubles  cessè- 
rent, lesquelles  commençoyent  d'un  mauvais  bruict  de 
villageois  lesquelz  s'enfuyoyent  en  la  ville  en  apportant 
le  bruict  que  les  malcontents  estoyent  derrière  eulx, 
dond  il  n'en  estoit  rien  ou  bien  peu.  Mais  il  nous  fault 
bieij  confesser  et  douer  la  gloire  a  Dieu  que  s'il  n'eust 
veillé  pour  nous  le  jour  précèdent,  et  leur  envoyé  sur  le 
col  une  pluye  sy  excessive  qu'ilz  ne  pouvoyent  tenir  feu 
en  leur  mesches,  que  nous  fussions  trestouts  perduz  et 
massacrez.  Car  ilz  ont  esté  jusques  au  dessus  des  Ram- 
parts,  et  n'avoyent  nulle  eau  a  passer,  et  n'y  estoyent 
que  7.  soldats  des  nostres  sur  le  Rampart,  dond  les  4. 
n'avoyent  point  de  pouldre  et  s'enfuyoyent  et  il  estoit 
bien  long  temps  devant  que  les  bourgeois  estoyent  jwests, 
oukre  tout  cecy,  avec  la  venue  et  entrée  du  Prince  de 
Condé  par  la  mesme  porte,  on  avoit  deschargé  et  tiré 
toutes  les  pièces  d'artillerye  dudict  costé,  lesquelles 
estoyent  encore  vuydes,  et  n'y  avoyent  ny  boulles  ny 
pouldre,  tellement  que  pour  le  premier  coup  de  canon 
les  bourgeois  versoyent  leur  pouldre  en  un  chapeau, 
dond  ilz  tiroyent  un  coup  avec  le  tappon.  Et  cependant 
l'ennemy  n'osoit  entreprendre  l'assault,  voyant  le  nombre 
des  bourgeois  accroistre,  et  par  ainsy  ilz  se  reculèrent  en 
pillant  et  chassant  devant  eulx  touts  les  chevaulx,  vaches 
et  brebis  qu'ilz  pouvoyent  rencontrer  jusques  a  Cour- 
traj'  (2).  Nous  fondons  les  imperfections  de  l'Augustine 
Allemande,  lesquelles  come  il  me  semble  montent  sy 
hault  qu'il  ne  me  semble  besoin  d'en  fondre  la  seconde 
fonte,  puis  que  je  pense  que  vous  avez  délibéré  de  faire 
parfournir  la  première  fonte  avec  les  imperfections.   S'il 


—  177  — 

ne  vous  discommode   et  que  ne  l'oubliez,  je  vouldroy 
bien  veoir  une  espreuve  de  l'Herbaire  (3). 

Je  me  trouve  en  telle  charge  avec  la  maison  mortuaire 
de  mon  Père  que  je  ne  voy  moyen  de  me  pouvoir  mectre 
en  ma  besoigne  et  soigner  de  mes  affaires,  encore  en 
dedens  4.  ou  5.  sepmaines,  et  ne  scay  aussy  après  toute 
la  ruse  et  travail  si  je  prouficteray  chose  d'importance 
ou  non,  tellement  qu'il  m'ennuye  grandement  et  ne  fust 
la  compassion  des  5.  petits  enfants  du  dernier  lict,  je 
feroy  peu  de  compte  de  quicter  le  tout.  Et  sur  ce  me 
recommandant  a  vostre  bone  grâce  de  la  dame  de  voz 
biens  et  le  reste  de  vostre  famille,  je  prye  Dieu  estre 
vostre  garde.  De  Gand  ce  11.  Juillet  1580,  par 

Vostre  compère  et  serviteur  a  comman- 
dement        Henry  du  Tour. 

(Adresse  :)  Au  Sire  Christofîle  Plantin 
Chef  Imprimeur  du  Roy  en  son 
Imprimerye  derrière  le  Marché 
du  Vendredy 

A  Anvers. 

(1)  Comme  à  la  plupart  de  ses  amis  et  relations,  Plantin  s'était 
adressé  à  Henri  Van  den  Keere  pour  avoir  des  cartes  et  plans,  en 
vue  de  la  nouvelle  édition  de  Guicciardini,  Descrittiont  di  tutti  i 

Paesi  Bassi,  1581. 

(2)  Allusion  au  coup  de  main  essayé  par  les  Malcontents  pour 
surprendre  la  ville  de  Gand,  au  mois  de  juillet  1 580. 

(î)  C'est  le  Pïantarum  seu  slirpium  Ustoria,  ou  la  traduction  fla- 
mande, parus  tous  les  deux  chez  Plantin  en  1581  :  Kruydtboeckoft 
Beschrijvinshe  Van  alhrhye  Gheivassen,  Kruyderen,  Hesteren  ende  Ghe- 
hoomten,  deur  Matthias  de  Lobel,  Medmjn  der  Princ.  Exe'-.  In-fo. 


12 


-   lyS  - 
885.  —  Plantin  à  Jean  Matai  Metellus. 

{archives  Tlantif tiennes,  X,  f»  19). 

4  Août  1580. 

(Muret  ayant  insisté  sur  l'achèvement  des  Variée  Lectiones,  Plantin 
s'en  étonne  fort  :  depuis  quatre  mois,  il  lui  a  envoyé  les  dernières 
épreuves  ;  en  mai,  cinquante  exemplaires  du  livre  lui  ont  été  expédiés. 
L'imprimeur  accepte  de  mettre  sous  presse  la  Bibliothèque  d'Apollo- 
dore,  en  grec  et  en  latin,  la  dernière  édition,  parue  à  Rome,  étant 
très  défectueuse.  Plantin  imprime  en  ce  moment  les  œuvres  de 
Cicéron,  corrigées  par  Fulvius.  Ortelius  est  informé  de  la  lettre  de 
Matai,  concernant  la  géographie  de  Ptolémée.  Languet  est  parti 
d'Anvers  et  a  prié  Plantin  de  garder  les  lettres  qui  arriveraient  à  son 
adresse). 

D.  Joh.  Matalio  Metello  Sequano  (i)  C.  Plantinus. 

Miror  Muretum  petere  ut  ego  absolvam  Varias  ejus 
lectiones  (2)  cum  ego  ipsi  ante  menses  quatuor  folia 
omnia  miserim  absoluta  et  iterim  per  veredarium  eadem 
mense  Mayo  atque  in  sarcinis  duabus  quiuquaginta  inté- 
gra exemplaria  in  singulis  nempe  25.  Si  quid  miserit  ad 
nos  non  poterit  non  esse  gratiss.  Quamvis  hoc  tempore 
pauciss.  libri  Graeci  distrahuntur  paratus  ero  Apollodo- 
rum  Grsece  et  Latine  recudere  ubi  exemplar  unum  ab 
aliquo  correctum  accepero.  Scio  etenim  eum  auctorem 
Romas  fuisse  incorrecte  admodum  editum,  id  quod  me 
ante  aliquot  annos  deterruit  ab  eo  imprimendo  (3). 

Opéra  Ciceronis  a  Fulvio  emendata  imprimo.  Ortelio 
dicam  quîe  scribis  de  Geographia  Ptolom^ei.  De  publicis 
nihil.  Utinam  vere  cogitent  de  pace.  Languetus  (4)  ante 
aliquot  hebdomadas  hinc  ut  aiebat  discedens  a  me  petiit 
ut  si  quas  ad  illum  reciperem  litteras  adservaremus  donec 
rediret  aut  ipsemet  ad  nos  scriberet  qtio  eas  mitteremus. 


—  179  — 

111e  vero  mihi  non  dixi't  nec  eum  interrogavi  quo  profi- 
cisceretur.  Vale.  Antverpias  4.  Sextilis  1580. 

(i)  Voir  antérieurement  à  propos  de  cet  ami  de  Plantin,  et  surtout 
d'Orteiius. 

(2)  Les  Variie  Lectioues  de  Muret  avaient  en  effet  paru  cette  même 
année. 

(5)  L'édition  romaine  à  laquelle  Plantin  fait  allusion,  est  proba- 
blement celle  de  Bened.  Aegiiis,  parue  en  1555,  a  in  sedibus  Ant. 
Bladi  »,  in-80.  En  1581,  Plantin  se  proposa  d'éditer  le  livre  du 
célèbre  grammairien  d'Athènes,  mais  avec  les  notes  de  Sufïridus 
Petrus.  Le  Musée  possède  un  exemplaire  de  l'édition  de  1555,  pourvu 
de  nombreuses  corrections,  sous  le  titre  manuscrit  suivant  :  ,ApoUo- 
dori  ^tbeniensis  gramniatici  ;  bihliotheces,  sive  de  Deoriim  oriaine,  îibri 
très  ;  Graece,  ac  Latine.  Benedicto  tAegio  Spoletuw,  hiterprete.  A  Suffrido 
Petto  Leovardiensi,  Frtsio  I.  C,  recens  emendali. 

(4)  Hubert  Languet,  grand  polémiste  français  du  xvi=  siècle,  mort 
à  Anvers  le  30  septembre  1581,  auteur  de  V^Apologie  ou  défense  de- 
tresillustre  prince  Guillaume  par  la  grâce  de  Dieu  prince  d' Orange  :  Contre 
le  Ban  &  Edict  publié  par  le  Roi  d'Espaigne..  présentée  à  Messieurs  les 
Estais  Générants  des  Taïs  bas.  De  l'Imprimerie  de  Charles  Silvius, 
Leyde,  1581. 


886.  —  Ciofano  à  Plantin. 
{Archives  Plantiniennes,  LXXX,  fo  i65"r)_ 

Rome,  le  6  août  1580. 

(Depuis  que  Ciofano  envoya  à  Plantin  son  travail  sur  Ovide,  il  a  écrit 
certainement  sept  ou  huit  fois,  toujours  avec  quelques  nouvelles 
observations  pour  l'éditeur.  Il  vient  d'apprendre  maintenant  par  Cas- 
nedo  que  l'imprimeur  se  porte  bien.  Ciofano  voudrait  que  son  livre 
pût  paraître  prochainement.  11  envoie  à  Plantin  une  nouvelle  préface 
pour  ses  notes  sur  le  Halieuticon,  et  quelques  ajoutes  et  corrections 
pour  son  commentaire  sur  les  Métamorphoses). 


ibo 


Molto  Mag^"  S"""  mio  oss"°. 

Dopo  li  22  di  Marzo,  ch'io  vi  mandai  le  mie  fatiche 
sopra  Ovidio,  vi  ho  scritto  sette  ô  otto  volte,  et  sempre 
vi  ho  mandata  qualche  cosa  d'aggiongere  à  quelle,  et 
averiito  voi  di  quello,  che  mi  pareva  essere  necessario  : 
da  V.  S.  mai  di  cosa  alcuna  so  stato  avisato,  solamente 
hora  ho  saputo  dal  Casnedo  che  state  bene,  et  che  gli 
havese  scritto.  vi  priegho  mi  diate  aviso  délie  mie  fatiche, 
che  le  vogliase  stampare  subito,  come  mi  scrivesse.  Vi 
mando  hora  alcune  cose,  et  alcuni  avertimenti.  Cancel- 
late  il  titolo  délia  prefatione  dell'  osservationi  dell' 
Halieutico,  et  délia  parola  :  Si  hoc  poema  etc.  insino  à 
quelle  :  Quas  omnia  etc.  mettiate  avante  l'osservationi, 
avante  quelle  :  Accepit  mundus  legem,  etc.  Il  restante 
che  segue  dopo  quelle  parole  :  Q.uas  omnia,  cancellatelo, 
et  buttatelo  via  :  che  vi  mando  quest'  altra  prefatione  : 

III"""  Abbati,  Joanni  Baptistae  Albano  Hercules  Ciofa- 
nus  Sulmonensis  S. 

(Suite  la  dédicace  qui  se  trouve  aux  pages  86-8 y  de 
P.  OviDii  Nasonis  Epistol^  Heroides,  ab  Hercule  Cio- 
FANO  SuLMONENSi  OPE  VETERUM  Hbrorum  emendataii,  & 
observationibus  illustratïe.  AntverpiiE,  Ex  ofHcina  Chris- 
tophori  Plantini.  m.d.lxxxii). 

Nel  lib.  XIII  pag.  i66  ante  illa  :  Consedere  duces,  Pone 
hîec  : 

Consedere  duces  {Suit  toute  la  page  224  de  Herculis 
CioFANi  Sulmonensis  in  P.  Ovmii  Nasonis  Metamor- 
PHOSIN5  EX  xxiii.  ANTiQUis  LiBRis  Obseruationes.  Antver- 
pi^,  Ex  off.  Chr.  Plantini.  m.d.lxxxiii). 


—   i8i   — 

Cancelhite  nnchora  il  titolo  délia  prefatione  délia 
Metamorfosi  et  le  parol-e  da  principio  insino  à  quella  : 
Quidam  (pasco  enim  eius  etc.)  havendoci  quest'  altro 
Titolo  : 

Herculis  Ciofani  Sulmonensis  Métamorphosées  laus, 
et  Ouidij  defensio. 

duidam,  cum  sciret  poëtam  hune  nostrum  esse  fabu- 
larum  scriptorem  etc.  insino  à  quelle  parole  :  Atque 
haec  cum  ita  sint.  Siche  non  mancate  di  cancellare  il 
principio  et  la  fine,  corne  ho  detto,  col  titolo. 

Nella  descrittione  di  Sulmona  pag.  9.  nell'aggiontioni 
dopo  quel  parole  di  Andréa  Silvio,  quos  tamen  in  potes- 
tatem  redegit,  A;^giongete  questo  : 

duam  quidem  cladem  mirifice  dolet  atque  exaggerat 
Franciscus  Petrarca  lib.  iix  epistolarum,  ad  Barbatum 
Sulmonensem  scribens,  de  bello  in  Italia  grassante.  Jam, 
inquit,  Sulmonem  primo  belli  impetu  calcatum,  in  ditio- 
nem  hostium  pervenisse  fama  est  :  heu  generosum  oppi- 
dum, tuam  et  Nasonis  patriam,  quibus  prosequar  lamen- 
tis,  ab  his  hodie  possessam,  inter  quos  ille  morte  gravius 
putavit  exsilium  ?  Qui  autem,  adeo  miserabiliter  non 
tam  de  exsilio,  quàm  de  loco  exsilij  questus  est,  ut 
librum  non  exiguum  texeret  querelarum.  Quid  dicturus 
fuisset,  Istri  populos,  et  id  genus  hominum  ;  quam  vagus 
Sarmata,  et  arcitenens  Getes,  nivosos  observant  coUibus, 
ad  occupjndam  armis  patriam  suam  venturos,  ullo  tem- 
pore  praevidisset,  ad  quos  se  Caesaris  imperio  proficisci, 
tam  inique  tulit  animo,  ut  nihil  aliud  fleret,  nihil  aliud 
deprecari,  nihil  aliud  loqui  posset.  Te  vero  frater,  quid 
nunc  dicere  arbitrer,  qui  ista  cernentem,  quae  nec  ego 
etc.  Item  circiter  annum  m.ccc.lxxx,  ut  idem  Silvius 
scribit  de  historia  Europae,  Rhenanus  etc.  (i). 


—    l82    — 

Altro  non  ho  da  mandarvi  ne  sopra  la  Metamorfosi, 
che  alcLine  bellissime  cose  mi  sono  state  robbate,  ne 
sopra  altro  libro,  ch'io  gia  vi  ho  mandato  quanto  ho  di 
buono,  et  d'utile  sopra  tutto  Ovidio.  Si  che  V.  S.  po 
cominciare  à  stampare  l'opère  d'Ovidio  con  le  mie 
fatiche,  et  il  priegho  à  farlo  quanto  prima,  poi  che  cosi 
mi  promese,  vi  priegho  anchora  che  mi  diate  aviso  di 
quanto  vi  ho  mandato,  et  di  gratia  non  mancate.  N.  S. 
Dio  vi  feliciti,  et  prosperi.  Di  Roma  alli  6  d'Agostd 
1580. 

D.  V.  S.  S"  aff°°  Hercole  Ciofano. 

(Adresse  au  verso  :J  Christophoro  Plantino  viro  ornatis- 
simo 

Antverpiam. 

(i)  Ce  passage  aurait  dû  venir  à  la  page  13  de  l'édition  planti- 
nienne  de  1583  :  Herculis  Ciofani  Siihnonensis  in  omnia  P.  Ovidii 
Nasonis  Opéra  Obseruationes .  Vna  cum  ipsitis  Oiiidij  Vita,  &  descrip- 
tione  Sulmonis.  In-S**. 


887.  —  Plantin  à  Henri  III. 

(In  :  Opéra  loan.  Goropii  Becani,  hactenus  in  lucem  non  édita. 
Plantin,  1580,  Francica,  fo  2). 

Avant  le  19  août  1580. 

(Plantin  se  rappellera  toujours  avec  reconnaissance  comment,  après 
le  sac  d'Anvers,  le  roi  de  France  lui  offrit  les  fonctions  d'imprimeur 
officiel,  avec  gages  et  privilèges  considérables.  L'archi typographe  se 
permet  donc  de  dédier  au  roi  ce  livre  savant,  qui  traite  des  origines 
de  son  peuple). 


-   i83  - 

Ad   Serenissimum   et  Christianissimum  Regem   Henri- 
cum  III.  Francis  et  Polonise. 

Cum  in  manibus  meis  varia  opéra  loannis  Goropij 
Becani  essent,  Christianissime  Rex,  quibus  cogitabam 
dare  lucem;  visa  mihi  est  peropportuna  occasio  decla- 
randi  animi  mei  studiiq.  erga  potentissimum  regem. 
Teneo  enim  memoria  &  sternum  tenebo,  heroicam 
illam  &  insignem  liberalitatem  animi  :  qua  me  post  cla- 
dem  Antverpiensem  Lutetiam  venientem  M.  Tua  ita  est 
complexa,  ut  ultrô  ac  sponte  honestissimum  mihi  Typo- 
graphi  Regij  munus  detulerit,  cum  descriptione  stipendij 
privilegiorûmque  liberali  &  ultra  votum.  Quod  benefi- 
cium  nisi  maximi  asstimem,  stultus  sim  :  &  nisi  agnoscam 
praedicémque,  ingratus.  Itaque  libenter  &  meritô,  cùm 
Francica  lo.  Becani,  viri  dum  vixit  magni,  vulgarem  : 
titulo  ipso  admonitus,  opus  hoc  mittendum  censui  ad 
magnum  Francorum  Regem.  Confido  autem  &  opère 
ipso  delectatum  M.  T.  iri,  in  quo  multa  nec  protrita 
sunt  de  origine  celeberrimas  gentis  :  &  certè  animum 
meum  gratum  ilii  futurum,  qui  pro  copia  opibùsque 
testatum  relinquere  devotum  studium  suum  &  benivo- 
lentiam  voluit.  Deus  opt.  max.  Maiestatem  T.  cum 
regno  incolumes  tranquillôsq.  conservet. 

T.  M'i» 

servus  humillimus 

Christoph.  Plantinus  (i). 

(i)  La  Francica  loannis  Goropii  Becani  forme  le  quatrième  tome 
des  oeuvres  posthumes  du  célèbre  médecin  anversois.  Chacun  de  ces 
volumes,  reliés  ordinairement  ensemble,  est  dédié  à  une  personnalité 
différente.  Une  préface  générale  de  Lsevinus  Torrentius  à  Arias  Mon- 
tanus  précède  l'ouvrage.  Après  la  première  partie,  Hermathma,  vien- 


—  184  — 

nent  les  Hieroglyphica,  avec  une  dédicace  de  Plantin  à  Gasparus 
Studlerus  de  Zurich  ;  ensuite  le  Vertiimnus,  avec  une  préface  de 
l'imprimeur  à  Arnoldus  Flemingus  Wineghemus  ;  les  Gallica,  avec 
une  lettre  de  Plantin  à  lacobus  Taius  D.  de  Goicken  ;  les  Hispanica 
contiennent  une  épître  du  même  à  Corneille  Prunius,  datée  du  19 
août  1580. 


888.  —  Rat  aller  us  à  Plantin. 

{archives  Plantiniennes ,  XCII,  fo  247). 

25  Août  1580, 

(Ratallerus  a  oublié  d'ajouter  à  l'exemplaire  corrigé  de  son  Sophocle, 
la  version  de  l'oracle  et  l'énigme  du  sphinx,  qui  précèdent  VŒdipus 
Tyrannus.  Il  prie  Plantin  de  remettre  ces  passages  à  leur  place. 
Quant  à  l'édition  des  trois  pièces  d'Euripide,  Ratallerus  attend  la 
réponse  de  l'imprimeur  à  sa  letti-e  précédente). 

S.  P.  In  priore  Sophoclis  editione  non  fuit  addita 
versio  Oraculi  Laio  dati  et  iEnigmatis  Sphingis,  quse  in 
Grasca  editione  exstant  Oedipo  Tyranno  préfixa.  Quag 
etiam  versio  nescio  qua  negligentia  in  recognito  exem- 
plari  omissa  est,  quod  ad  te  superioribus  diebus  trans- 
misi  (i).  Qjjod  cum  in  mentem  venisset,  commonefa- 
ciendum  te  putavi  ut  versionem  eam  post  argumentum 
Oedipi  Tyranni  adjici  cures,  pagina  200  in  recognito 
exemplari. 

Quod  de  Phœnissis,  Hippolyto,  et  Andromacha  Euri- 
pidis  (2)  postremis  literis  ad  te  perscripsi,  ejus  adhuc 
responsum  abs  te  exspecto.  Vale  opt.  Plantine.  Ultrajecti 
VIII  Idus  Septemb.  1580. 

Tuus  ex  animo 

G.  Ratallerus. 


-  i85   - 

Oraculum  Laio  datum  ex  Gr^co. 

Felicem  poscis  sobolem  tibi  Laie,  voti 
Efficiére  tui  compos,  potieris  amata 
Numine  proie  meo.  Sed  fata  hoc  voluere  noris, 
Proie  ut  ab  occisus  linguas  lias  aetheris  auras. 
Hoc  Pelopi  quondam  sic  Juppiter  annuit  ipse, 
Ob  carïe  raptum  sobolis,  tam  saeva  precanti. 

iEnigma  Sphingis  ex  Graeco. 

Quadrupedem,  bipedem,  tripedemque  humus  educat  aima, 

Vox  huic  una  sonat,  interque  animalia  solum, 

Sive  ea  per  terram  qu^e  reptant,  sive  sub  undis 

Qux  vitreis  degunt,  seu  permis  aéra  fulcant, 

Naturam  mutât,  pedibus  quo  nititur  ire 

Pluribus,  hoc  fermi  minus  est  per  membra  vigoris. 

{Adresse  au  verso  :)  Doctiss.  Viro  D.  Christ. 

Plantino  Architypographo  Regio 
Antverpiam. 

(i)  C'est  l'exemplaire  cité  dans  la  note  2,  lettre  n°  876. 
(2)  Voir  note  3,  lettre  n»  876. 


889.  —  Pierre  Porret  à  Jean  Moretus. 

{archives  Plantiniennes,  XCI,  f"  119). 

Paris,  le  4  septembre  1580. 

Frère  et  amy.  J'ay  receu  vos  lectres  en  datte  du  24.  Juin 
et  22.  Juilliet  par  lesquelles  m'escripvés  avoyr  mys  en 
comte  les  50.  escus  desquelz  n'estoit  faict  mention  au 


i86 


double  du  comte  envo3'é  et  32.  de  M^  Aubin,  despu37S 
j'en  ay  encore  receu  dudict  Sonnius  150  et  20.  de  maistre 
Aubin  et  quand  au  comte  de  Manmalcer  (i)  vous  le 
verres  en  la  lectre  que  j'escrips  au  seig""  Adriane  et  celle 
de  mons''  de  Liesvelt  et  de  mon  frère  pour  le  seig""  Ferez. 
Le  tout  ensemble  se  monte  475  escus  5  r  solz  et  j'ay  receu 
en  tout  de  Sonnius  et  de  M^  Aubin  302  escus  et  180  fl. 
en  aultres  monnaies  (?)  que  vous  redigerés  en  escu  car  je 
ne  scay  pas  bien  ayde  a  rédiger  florins  en  escus.  Je  pen- 
çoys  ne  prendre  pas  tant  d'argent  et  m'acquiter  de  la 
pention  du  ragonde  (?)  mays  je  seray  contrain  d'en 
prendre  encore  quelque  somme  dudict  Sonnius  et  pour 
cela  je  m'en  iray  jusques  en  sa  maison  des  champs  ou  il 
est  il  y  a  environ  un  moys  et  vais  en  ceste  ville  de  Mon- 
morency  ou  la  nécessité  m'a  contrain  achepter  une  petite 
cabane.  Car  personne  ne  veult  loger  ceulz  de  Paris.  Vous 
verres  par  les  comtes  que  j'envoye  au  seig""  Adriane  Man- 
maker  d'où  vient  la  faulte  du  comte.  J'ay  faict  escripre  le 
comte  liquidé  a  mons""  le  chancellier  (2)  par  son  fils 
comme  verres  en  sa  lectre.  Vous  me  mandés  par  la  vostre 
du  22.  Juilliet  que  vous  m'avés  escrip  un  petit  mémorial 
enfermé  en  la  lectre  de  nostre  frère.  Je  vous  advertys  que 
je  n'ay  receu  ny  le  mémorial  ny  la  lectre,  mays  le  con- 
tenu en  icelle  est  desclaré  par  vostre  lectre,  c'est  que  le 
seig""  Loys  Ferez  veult  que  je  cerche  homme  pour  con- 
duire ses  nepveuz,  et  que  il  fera  le  mesme  de  son  costé, 
de  sorte  que  s'il  en  avoit  trouvé  un  et  moy  un  aultre, 
l'un  des  deux  seroit  trompé,  par  quoy  ay  esté  d'advis 
d'atendre  sa  resolution  avec  celluy  qu'il  pourra  envoyer^ 
en  attendant  certaines  novelles  dudict  lieu  de  Bourges, 
car  on  en  parle  diversement,  les  ungz  disent  que  la  peste 
y  est  comme  a  Paris,  les  aultres  disent  que  non.  J'attendz 


—   iSy  — 

lectre  de  Manmaker  lequel  y  est  allé  et  m'a  escript 
d'Orléans  que  si  la  peste  y  "estoit  comme  il  avoit  entendu 
qu'il  prendroit  le  chemin  de  Lion.  Je  prie  Dieu  le  con- 
duire car  c'est  un  bon  enfant  sage  et  modeste.  Et  sur  ce 
feray  fin  me  recommandant  a  vous,  a  Martine  et  toute 
vostre  famille,  priant  Dieu  vous  donner  en  joy  et  santé 
bonne  vie  et  longue.  Escript  a  Paris  ce  4  (ou  12)  Sep- 
tembre 1580. 

Vostre  frère  et  amy 
P.  Porret. 

(Adresse  au  verso  :)  Au  sire  Jehan  Morentorf 
marchant  libraire  A  l'enseigne 
du  Compas  d'or 

A  Anvers. 

(i)  Christophe  Mannemaker,  dont  le  fils  étudiait  également  à  Paris 

et  habitait  chez  Porret.  Adrien  était  l'oncle  du  jeune  Mannemaker. 

(2)  Thierry  van  Liesvelt,  chancelier  de  Brabant.  Voir  lettre  suivante. 


890.  —  Pierre  Porret  à  Thierry  van  Liesvelt  (i). 
{archives  Plantiniennes,  XCI,  fo  107). 

Montmorenc)',  le  11  septembre  1580. 

Monseignieur.  Je  vous  ay  escrip  par  plusieurs  foys. 
Je  ne  scay  si  vous  avés  receu  mes  lectres  que  tous  les 
collèges  de  Paris  sont  fermés  et  que  la  peste  s'estant 
bien  fort  approchée  de  nostre  logis,  j'ay  esté  contrain  de 
retirer  vostre  filz  en  ceste  ville  de  Monmorency.  La  ou 
nous  somes  logés  a  grand  peine  et  grandz  frais  et  sans 
taveurs_,  on  ne  nous  souffriroit  pas  au  lieu  a  cause  que  la 


—   i88  — 

ville  de  Paris  est  fort  descriee  pour  la  peste.  Il  avoit  un 
compagnon   qui   a    tousjours   esté   avec   luy   en    mesme 
chambre  fort  modeste  et  bon  estudiant  lequel  est  party 
pour  continuer  ses  estudes  a  Bourges  ou  quelque  aultre 
université  f.imeuse  pour  ne  perdre  son  temps.  Car  il  y  a 
peu  d'espoir  que  de  long  temps  les  collèges  puissent  estre 
ouvers.  Parquoy  je  vous  supplie  treshumblement  de  vou- 
loyr   prendre   quelque    bonne   resolution    pour   envoyer 
vostre  filz  en  quelque  bonne  université,  non  pas  que  je 
soye  enuyé  de  sa  compagnie  laquelle  m'est  fort  agréable, 
mays  je  seroys  marry  que  un  si  gentil  esprit  perde  son 
temps.  Car  je  vous  puys  asseurer  que  j'ay  veu  peu  de 
gens  du  pais  qui  se  soyent  mieux  façonné  que  luy.  Et 
estant  poulcé  aux  estudes  il  a  l'entendement  bon  pour 
estre  employé  en  grandz  affaires,  qui  me  faict  vous  sup- 
plier derechef  de  ne  le  laisser  icy  perdre  son  temps  après 
ses  compagnons.  Car  je  m'asseure  qu'il  les  passera  tous, 
car  il  ayme  l'estude  et  n'est  jamays  oisif.  Au  reste,  il  vous 
a  envoyé  les  comptes  de  ce  que  j'ay  desbourcé  pour  luy 
qui  se  monte  a  la  some  de  31.  escus  et  avant  que  vous 
ayez  receu  la  présente  il  aura  desmeuré   13.   moys  avec 
moy  qui  se  montera  en  some  135.  escus  solz.   Surquoy 
on  m'a  escrip  avoyr  fourny  a  Plantin  pour  mon  comte  a 
deux  foys  la  some  de  254  fl.  7  pat.  parquoy  vous  plaira 
livrer  audict  Plantin  le  reste  de  ce  quy  me  sera  deu  pour 
payer   le   seig""   Sonnius  qui   nous   fournist  argent  sans 
lequel  je  seroys  en  paine,  car  estant  hors  de  Paris,  je 
n'ay   aulcune  commodité.    Et    sur   ce    je    salueray    vos 
bonnes  grâces  de  ma  treshumble  recommandation,  priant 
Dieu, 

Monseig',  vous  donner  en  joye  et  santé,  bonne 


—  189  — 

vie   et   longue    et   augmentation    de    vostre    grandeur. 
Escripte  a  Montmorency  ce   11.  Septembre   1580. 

Vostre  serviteur  treshumble 
P.  Porret. 
(Adresse  au  verso  :)  A  Mon  Seig'' 
Mons.  de  Liesvelt 
Chancellier  de  Brabant 
A  Anvers, 
payez  le  port. 

Geste  ne  servira  que  pour  mémoire  du  comte  et  cela 
fault  baillier. 

(i)  C'est  la  première  des  nombreuses  pièces,  conservées  aux  archi- 
ves du  Musée,  provenant  de  Pierre  Porret,  l'ami  d'enfance  de  Plantin. 
Ces  lettres,  quoique  très  intéressantes,  ne  se  rapportent  pas  toujours 
aux  affaires  de  l'officine  anversoise.  Par  la  présente,  nous  apprenons 
que  Porret  surveilla  les  études  du  jeune  van  Liesvelt,  fils  de  Thierry, 
l'éminent  jurisconsulte  bruxellois,  nommé  chancelier  de  Brabant 
vers  1579. 


891.  —  Jean  Gouault  (i)  à  Plantin. 
{Archives  Plantiniennes,  LXXXIII,  fo  481). 

Troyes,  le  19  septembre  1580. 

De  Troyes  le  19=  septembre  1580. 

Sieur  Cristofle  Plantain.  Je  me  recommande  a  vous 
tant  comme  je  puis,  ceste  vous  donnera  advis  que  je 
vous  envoyé  deux  fardeaux  marqués  n°  13,  n°  14  PN 
desquelz  seluy  n°  14  j'ay  promis  a  la  veufve  feu  S"" 
Anthoyne  de  Tolenare  luy  env(oye)  et  le  dois  délivré 
en  vostre  mayson.  Je  vous  prie  luy  envoyé  les  laictres 
sy  inclus  et  sy  ele  vous  mande  que  luy  envoyés  (s'il)  vous 


—  190  — 

plaict  ferés  suivant  sa  laictre  et  me  ferés  grand  playsir, 
l'autre  n°  13  est  pour  vostre  compte  dans  lequel  trouvères 

88  Rames  pety  bastar  a  la  main  parmy  17  Rames  tandre 
9  Rames  dudy 

II  Rames  pety  bastar  de  vilage 

108  Rames  a  5  fl.  10  d 31     —     — 

36  Rames  bateleus  346.  6d.     .     ,     .       8     —     — 

39     —     — 
se  qui  ne  vous  duyra  s'il  vous  plaict  me  le  garderés  avaic 

l'ambalage  qui  sera  l'androict  ou  je  prie  Dieu  vous  donner 

sa  grasse. 

Par  vostre  serviteur  et  antier 

amy  Jehan  Gouault. 

Je  vous  ay  envoyé  depuis  mon  partemant  d'Anvers,  je 
vous  ay  envoyé  encore  6  fardeaus  assavoir  n°  7  n°  8  n°  9 
n°  10  n°  II  et  n°  12.  Je  vous  prie  me  mandé  sy  les  avés 
resu  et  adressé  vos  laictres  a  S'  Charle  le  Grand  marchant 
demeurant  a  Rouan  rue  du  vieux  paies  devant  le  lion 
rouge. 

(Adresse  au  verso  :)  A  Sieur  Cristofle 
Plantain  marchant 
Imprimeur  demourant 
en  la  rue  de  la  camestrad 
a  l'ansenie  du  compas 
d'or 

A  Anvers, 
de  port  deux  patard. 

(i)  Jean  Gouault,  papetier  de  Troyes,  en  rapports  fréquents  avec 
Plantin  jusqu'à  sa  mort. 


—  191  — 

892.  —  Plant  in  à  Arias  Montanus. 
{archives  Plantmiennes,  X,  fo  19^). 

Octobre-novembre  1580. 

(Arias  recevra  deux  exemplaires  des  œuvres  posthumes  de  Becanus, 
dont  Torrentius  lui  a  dédié  la  préface.  Plantin  lui  envoie  en  outre 
les  Notationes  de  François  Lucas,  qui  sont  jointes  à  l'édition  de  la 
grande  Bible  latine.  Les  livres  de  la  Genèse  et  de  VExode  paraîtront 
en  grec  et  en  latin,  comme  Plantin  voudrait  aussi  faire  pour  les  autres 
livres.  Le  Nouveau  Testament,  imprimé  en  grec  et  en  latin  pour  la 
Bible  susdite,  paraîtra  également  en  format  in-S»,  à  l'usage  des  écoles, 
François  Lucas  vient  de  promettre  à  Plantin  sa  défense  de  la  Para- 
phrase chaldéenne,  rédigée  depuis  plusieurs  années.  Le  commentaire 
d'Arias  sur  les  Prophètes  sera  mis  sous  presse  le  mois  prochain.  La 
Description  des  Pays-Bas  de  Guichardin  s'annonce  comme  un  très 
beau  livre.  Les  temps  troublés  obligent  malheureusement  Plantin  à 
se  défaire  de  quelques-unes  de  ses  presses). 

111'  admodum  viro  Dno  B.  A.  Montano. 

Mitto  exemplaria  duo  Becani  operum  nuper  a  nobis 
tandem  editarum,  tibique  merito  a  D.  Torrentio  dedica- 
tarum,  cetera  ex  ipsius  pr^fatione  intelliges.  Mitto  etiam 
folia  notationum  Francisci  Luc^t  Variantium  exemplarium 
Bibliorum  quas  etiam  folio  regali  imprimo,  conjungendas 
Bibliis  latinis  quorum  editionem  auspicatus  sum  magnis 
admodum  typis  uti  ante  aliquot  annos  conceperam  (i). 
Genesim  et  Exodum  hebraice-latinè  impressimus  perge- 
musque  in  reliquis  Bibliorum  libris  Deo  favente  ad  tînem 
usque.  Novum  autem  testamentum  statui  edere  grteco- 
latinum  semel  pro  iisdem  Bibliis  et  iterum  in  8°  pro 
scholis  :  quare  si  quid  in  eo  interea  observaveris  percu- 
pio  ad  nos  mitti  mature  una  cum  illis  quas  tuis  litteris 
pollicitus  est  ad  loca  illa  inaniter  reprehensa  (2).  Supra- 
dictus  Franciscus  Lucas  pollicetur  etiam  se  ad  nos  mis- 


—   192  — 

surum  suam  pro  Caldaica  Paraphrasi  defensionem  quam 
superioribus  annis  jubentibus  theologis  Lovaniensibus 
conscripserat  quam  me  impressurum  spero  in  4^°  ut  con- 
jungatur  cum  notationibus  inter  compingendum,  cum 
alioqui  sit  dispar  argumentum  propter  quam  causam 
separate   vol u mine   imprimam. 

Commentaria  vero  tua  in  Prophetas  sequenti  mense 
in  4'°  etiam  Deo  favente  aggredar  et  continua  opéra 
prosequar.  Guicardini  Descriptionem  liarum  regionum 
duplo  auctiorem  Italice  habeo  sub  praslo  cui  cartas  harum 
omnium  regionum  et  urbes  in  piano  ad  vivum  expresse 
suis  locis  adjungentur  omnes  in  sert  excisa.  Opus  hoc 
tempore  sumptuosiss. 

2  Horas  24°,  2  in  32°.  —  2  Kalendarium  cum  figuris 
asneis  (3).  i  Diurnale  in  24°,  fig.  de  bois  par  faute, 

Temporis  difficultates  maxime  vero  itinerum  militibus 
undiquaque  impeditorum  efficiunt  ut  de  cessatione  ali- 
quot  praelorum  cogitare  debeam  ubi  qu^  sub  illis  sudant 
absolvero. 

(i)  Voir  note  3  de  la  lettre  à  Arias  Montanus  du  v  juillet  1580. 

(2)  NovuM  Testamentum  Gr^ce,  Cum  viilgata  interpretaiione 
Latina  Graci  contextus  lineis  inserta.  Ouce  quidem  inter pretatio..  aique 
alla  Ben.  Ari^  Montani  Hispalensis  operâ  c  verho  reddita.  Antver- 
piîe,  Ex  off.  Chr.  Plantini,   1583,  in-S». 

(3)  Elégante  petite  impression,  avec  gravures  sur  cuivre  de  Pierre 
Van  der  Borcht  :  Sanctorum  Kalendarii  Romani,  luxta  Concilium 
Tridentinum  restituti,  Imagines  in  are  excisa.  Plantin,  1580,  in-i6°. 


—  193   — 
893.  —  Henri  Barrefelt  à  Plantin  (i). 

[Archives  Plantiniennes,  LXXVI,  f»  433)- 

17  Novembre  1580. 

(Barrefelt  a  bien  reçu  les  lettres  de  Plantin  du  31  octobre  et  du  12 
novembre,  qui  lui  ont  appris  le  rétablissement  de  l'miprmieur.  Il 
demande  l'avis  de  Plantin  à  propos  de  l'édition  du  Livre  du  Trésor  et 
des  Lettres  missives.  Si  les  circonstances  le  permettent,  il  voudrait  venir 
à  Anvers  vers  la  Purification,  peut-être  pour  y  établir  son  domicile. 
Barrefelt  parle  ensuite  d'un  certain  Hubbe,  dont  les  idées  restent  tou- 
jours flottantes.  Plantin  pourrait  lui  écrire  un  mot  au  besoin,  ainsi 
que  vers  la  Noël,  à  Litterinus  d'Utrecht,  pour  savoir  comment  la 
secte  s'y  maintient.  Les  livres  de  Niclaes  seraient  prohibés  en  Angle- 
terre Barrefelt  n'a  pas  bien  saisi  pourquoi  Plantin  n'imprimerait  pomt 
le  Livre  du  Trésor;  il  invite  son  ami  à  préciser  ses  objections.  Com- 
pliments à  Arnold  't  Kint,  à  Bylant  et  aux  membres  de  la  famille 
du  typographe). 

Anno  1580  den  27  novembre. 

Lieve  vrant,  ick  hebbe  2  brijven,   (i  vanden   lesten 
ocktobre,  unde  vanden   12  novembre  i)  entfangen  (2), 
daer   ick   uth  vornomen  hebbe   iul.  beteringe  daer  ick 
blijde  om  bin,  mit  uns  is  idt  oick  redelicken  naden  tijt. 
Ick  hebbe  al  wat  syckelicken  gewest,  dan  idt  is  nu  gotlof 
weder  redelicken,  wijder  mijn  lieve  vrunt  so  moet  ick 
iuw  mijn  méninge  van  unse  komenschop  (3)  ein  wienich 
schruven  unde  geven  iuw  dat  oick  to  bedencken,  dat  is 
dewijle  dat  ick  wo  langer  wo  merder  de  blintheit  der 
mensche  bevinde,  so  doechte  mijn  wij  wolden  sien,  ofte 
wij  ein  wienich  vanden  schatboeck  (4)  konden  gedruckt 
crijgen,  idt  wer  3  ofte  4  hondert,  tam  hogesten  unde 
laeten  de  suive  leggen,  daer  si)  wel  wezen,  unde  dan 
wolden  wij  idt  epestelboeck  (5)  voert  daer  na  anfangen, 
unde  drucken  daer  vrij  de   helefte   mor  van,   unde   de 

13 


—  194  — 

wolden  wij  ulh  laeten  gaen,  sohijr  unde  daer  under 
de  bekenden,  unde  besoeckent  daer  mede,  daer  na  dan 
dat  de  komenschop  treck  heft  daer  na  solden  wijse  ande 
marcket  brengen,  dit  dochte  mijn  den  besten  raet  to  sijn 
over  de  unbekentheit  der  menschen,  up  dat  wij  mit  er  in 
de  komenschop  nicht  to  cort  komen,  wijder  so  idtdie 
tijt  wilde  lijden  so  wer  mijn  méninge  teerste  schoen  weer 
datter  um  trijnt  lichtmis  komt  so  wolde  ick  over  komen, 
is  idt  dan  nicht  heel  mitterwon,  so  sait  mit  mijn  prasoo 
wesen,  unde  dan  wolden  wij  sien  wat  uns  toe  doen 
stande.  Angande  van  hubbe  wet  ick  iul.  nicht  sanders  ofte 
seckers  to  schriven,  dan  ick  int  secret  wel  kan  vornemen, 
dat  he  van  de  eine  buesel  ofte  blintheit  in  de  ander 
loopet,  he  komt  altomit  bij  mijn,  unde  sit  stel  en  swijget, 
unde  hoert  wat  ick  seggen  sal,  unde  als  ick  al  wat  segge 
so  swijget  he  daer  dickwijl  stel  up,  unde  secht  daer  nicht 
mendalen  toe,  dan  mijn  doncket  dat  he  al  wachtet  ofte 
ick  hem  van  idt  werck  seggen  sal,  dan  mijn  doncket  so 
he  in  dat  wesen  blijvet  unde  uns  daer  nicht  af  ansprecket, 
so  solde  men  up  idt  leste  als  ick  schijr  vorreysen  solde 
na  antwerpen,  hem  vragen  ofte  iul.  solde  hem  ein  brijfken 
schriven,  ofte  he  naden  eijsche  des  werckx,  mit  uns  wil 
wercken  ofte  dat  he  des  genoech  heft,  nicht  mer  dan 
naden  eijsche  des  werckx,  secht  he  dan  ja  so  sulen  wij 
hem  den  grant  des  wesens  voer  holden,  unde  seggen  so 
arbeijde  wij,  wil  gij  mede  wercken  up  dat  up  fondament, 
so  suit  gij  mit  uns  loonn  entfangen,  secht  he  neen  so  is 
he  vol  daen,  unde  kan  uns  mit  de  warheit  nicht  na  seggen 
dat  wij  hem  daer  uth  worpen,  gelick  ick  eins  wat  vor- 
staen  hebb.  Hijr  schrive  ick  iul.  int  corte  idt  fondament, 
dan  komen  wij  mit  hem  to  sprack  daer  sal  wat  mer  bij 
valen.    Wijder  so  dochte  mijn    oick,   so  den  man  van 


—  195  — 

Utrecht  (6)  geen  antwordt  up   mijnen  brijf  gevet,    so 
mochte  gi)   wel  um   trijnt  karsmis   ein  groet  an   hem 
schriven,  unde  schriven  de  wile  he  an  iiiw  nicht  schrivet, 
so  worde  gij  vororsaecket  ein  groet  an  hem  to  schriven 
om  to  vorhoren  oftet  hem  wel  ginck,  unde  ofte  daer  wat 
voert  ganckx  in  de  komenschop  is.  Unde  dan  solde  gij 
voert  vorhalen  dat  unse  vverck  dat  wij  voer  hadden,  nu 
wat  stil  leijt,  um  den  tijt  einwienich  in  to  sien,  wat  he 
voert  brengen  sal,  unde  vorhalen  dan  lijner  mede  (so  idt 
iuw  goet  doncket)  wo  dat  de  schreften  van  H.  N.  (7)  in 
engelant   vorboden    weren,    dan    mijn   doncket  dat   idt 
meest  um  er  roewe  leven  is  ;  unde  dan  voert  so  he  tôt 
antwerpen  quam  dat  gij  vruntlicken  up  hem  begerden 
dat  he  iuw  ansprecken  sal,  went  gij  soit  noch  wel  geeren 
mit  hem  wat  van  unse  werck  sprecken,  toch  nicht  in 
sonderheit  van  de  grant,  de  bin  ick  wel  secker,  dan  van 
idt    uth  geven  der    getugenise  (8)   wat    iuw    daer   van 
doechte.  Ick  hebbe  wel  vorstaen,  dat  gij  nicht  vornoget 
sijnt  in  idt  uth  geven,  dan  ick  wet  nicht  encktelicken, 
up  wat  punten  dat  gij  to  seggen  hebbet,  daerdorch  dat 
ick  iuw  vruntlicke  bidde,  um  gots  wile,  dat  gij  mijn  de 
suive  punten  over  schrift,  up  dat  ick  mag  seen,  unde 
gevoelen,  ofte  ick  ein  rechte  orsaeck  voer  got,  unde  den 
mensche  hebbe  um  idt  werck  stil  toe  laeten  staen  ofte 
nicht,  went  mijn  doncket  dat  idt  sonder  mijnen  hulp  ofte 
to  doen  noch  voer  eerste  nicht  under  den  man  sal  komen, 
daerum  bidde  ick  iuw  noch  eins  (so  lief  als  got  der  men- 
schen  salicheit  heft)  dat  gij  mijn  (so  gij  de  gave  van  got 
entfangen    hebbet)    ein  clare   uthkomst  gevet,    up    dat 
icker  mit  vrijer  herten  mijn  haut  mach  aftrecken  (gelick 
als  mijn  donckt  dat  gij  doet)  ofte  dat  ick  mit  vrijer  herten 
tôt  gots  prijs  behoer  voert  te  voeren,  um  dat  mijn  tijt  in 


—  196  — 

den  creatiur  cort  is,  unde  dat  daer  noch  schoonne  dingen 

vor  handen  sijnt  so  ick  vorstae.  Dus  dochte  mijn  dat  iul. 

an  hem  mochte  schrive,  toch  so  idt  iuw  up  ein  ander  wijse 

beier  doncket  idt  is  mijn  wel  to  wil,   dan  ick  vinde  de 

eygenwijse  so  pruijts  unde  stolt  dat  sij  er  sulven   wijs 

maecken,  dat  sij  hemel  unde  erde  sulen   beheerschen, 

also  dat  men  nicht  wet  wo  mensy  voerkomen  sal,  toch 

int  ende  loopen  sy  er  sulen  doot.  Hijr  mede  mijn  lieve 

vrunt  wil  ick  iul.  hertelicken  groeten,  unde  ick  bidde  got 

dat  he  unsen  regijrder  wil  sijn  um  sijn  werck  (dat  toch 

voer  de  wijsen  van  deser  werlt  nicht  is)  uth  te  voeren, 

idt  welcke  he  oick  doen  sal.  Groet  mijn  oick  unsen  vrunt 

A  tk  (9),  oick  bijlant  (10)  mit  sijn  famijlij,  unde  schrivet 

mijn  miten  eersten  wat  iuw  doncket  vanden  inholt  in 

desen  brijf. 

bij  mijn  barrefelt  iuw  vrunt 

unde  diener  wat  ick  vormach. 

Wilet  bijlant  dat  in  gelechte  brijfken 

geven. 

Den  eersamen,  unde  voor- 
sichtijgen  Christophel 
Plantijn,  inden  passer 
in  de  kammerstraet  tôt 

Antwerpen 
Den  bode  dre  stuiver. 

(i)  C'est  la  plus  ancienne  des  missives  de  Barrefelt,  conservées 
aux  archives  Plantiniennes.  Celle  qui  suit  dans  le  dossier  est  de  l'année 
1389.  La  majeure  partie  de  cette  précieuse  correspondance  s'est  donc 
perdue  :  Barrefelt  écrivit  plus  tard  à  Moretus  que  toutes  les  semai- 
nes, il  reçut  des  lettres  de  Plantinl  Voir  Max  Rooses,  Christophe 
Tlantin,  imprimeur  anversois,  chapitre  IV. 

(2)  La  pièce  de  Plantin  à  Barrefelt  du  22-28  août  (n"  834)  n'est 


—  197  — 

même  pas  citée,  preuve  du  grand   nombre  de  lettres  que  les  deux 
amis  ont  dû  s'envoyer. 

(3)  Komenschap,  ou  commerce,  signifiât  «  le  parti  »  dans  le  lan- 
gage conventionnel  de  la  congrégation  de  Barrefelt, 

(4)  Il  s'agit  de  l'ouvrage  capital  de  la  secte  :  Het  Boeck  dcr  Ghetuy- 
geuissen  vanden  verborgen  Acker-schat,  vervalet  in  achl  deeleii,  imprimé 
par  Plantin  vers  cette  époque,  ainsi  que  de  sa  traduction  :  Le  Livre  des 
Tesmoignages  du  Thresor  caché  an  champ. 

(5)  Les  Sendl-brieven  wt  yverighe  herieii,  ende  vjI  afvoorderinghe, 
schriftelijck  aen  de  Lief-Jiehhers  der  JVaerheyt,  deur  den  wtvloedt  van 
den  Ghcest  des  eenwesighen  Leiicns  wighegheveit,  petit  in-S",  par  Barrefelt, 
imprimés  par  Plantin  à  Leyde,  mais  dont  la  traduction,  Epistres  ou 
Lettres  missives,  escrittes  par  Veffluxion  d'esprit  de  la  vie  uniforme  :  Tra- 
duittes  du  Jîameng,  in-80,  a  vu  le  jour  dans  une  autre  officine. 

(6)  Hubert  Littorinus,  à  qui  Plantin  adressa  la  lettre  du  31  dé- 
cembre suivant  (n"  897). 

(7)  Henri  Niclaes,  l'ancien  chef  de  la  Famille  de  la  Charité,  dont 
Barrefelt  était  un  dissident. 

(8)  Het  Boeck  der  Ghetuygenissen  etc. 

(9)  Arnold  't  Kint,  adepte  de  la  Famille  de  la  Charité,  beau-frère 
de  Hans  Spierinck,  gendre  de  Plantin. 

(10)  Bylant,  autre  disciple  de  Barrefelt. 


894.  —  Plantin  à  Ludovicus  a  S.  Francisco. 
{Archives  Tlantiniennes.  X,  f»  20). 

27  Novembre   1580. 

(Plantin  se  félicite  de  voir  l'Espagne  protéger  des  érudits  comme 
Ludovicus  a  S.  Francisco,  qui  suit  de  façon  si  digne  les  traces  d'Arias 
Montanus  dans  l'étude  des  textes  anciens.  L'architypographe  regrette 
que  ses  moyens  ne  lui  permettent  plus  de  faire  des  éditions  somp- 
tueuses. Il  a  sous  presse  les  Notationes  de  François  Lucas.  Depuis  des 
années,  il  avait  voulu  publier  les  ^4nnolationcs  Vatahli,  immédiate- 
ment après  les  œuvres  de  S.  Augustin  et  de  S.  Jérôme  :  la  situation 
troublée  du  pays  le  lui  a  défendu.  La  Bible  en  hébreu  et  en  latin 
paraîtra  également  en  petit  format.  Plantin  connaît  M.  Martinus  ; 
toutefois,  il  n'ose  pas  entreprendre  l'impression  de  son  Thésaurus  ni 
de  son  livre  hébreu    avant  de  les  avoir  fait  examiner.   Il  souhaite 


—  198  — 

qu'ensuite  quelque  Mécène  pût  l'aider  à  supporter  les  frais  de  ces 
éditions). 

Rev"^"  admodum  in  Christo  Patri  Fr.  Ludovico 
a  S.  Fr'°  (i). 

Litterae  tuas  Kal.  Septemb.  ad  me  datas  ad  xxiiii  diem 
Novcnib.  redditiç  mihi  fuerunt,  Pater  in  Christo  Rev"^', 
quibus  paucis  respondere  me  cogunt  valetudo  afflicta  et 
occupationes  typograpiiicit.  Gaudeo  certe  et  isti  regno 
gratulor  ex  animo  quod  tantos  viros  alat  uti  est  iilustriss. 
ille  Navarum  Marchio  cujus  post  pi^e  memoriae  patrem 
nomen  suspicio  qui  nobis  et  posteritati  consulunt  in 
promovendis  studiis  tui  similium  qui  Ben.  illinc  Ariae 
Montani  vestigia  sequentes  ad  iinguarum  cognitionem 
non  ostentationis  multo  minus  contestationes  sed  pietatis 
verc-e  causa  studia  convertunt,  ad  quse  juvanda  pro  virili 
numquam  me  segnem  pr^ebebo.  Sed  uti  non  tantas 
laudes  quantas  mihi  tribuere  cupis  non  agnosco  ita 
nonnullorum  istinc  virorum  suasionibus  pertrusus  ad 
sumptus  ingentes  taciendos  pro  impressionibus  futuris 
librorum  ritualium  debiiitatas  et  attritas  nostras  facultates 
sentio  ut  nec  decimam  partem  sumptuum  ferre  queam 
quos  antehac  potui.  Interea  tamen  Dei  beneficio  non 
deest  animus  bonus  ad  ea  prosequenda  quie  studiosis  et 
piis  viris  spero  utilia.  Inter  ea  vero  qua;  jam  sub  pri^lo 
habemus  sunt  Notationes  Variantium  exemplnrium  etc. 
in  Universa  Biblia  (2)  quarum  spécimen  antehac  dedemus 
in  Novum  Testamentum  quas  brevi  spero  me  absolutu- 
rum  in  forma  quam  vocamus  4*  ;  erit  autem  justum 
voiumen.  Vatabli  Annotationes  curaveram  ante  aliquot 
annos  per  Theologiie  facuhatem  emendari  et  approbari 
easque    sperabam   post    D.D.    Augustini    et    Hieronymi 


—  199  — 

operum  impressionem  imprimere  :  sed  turbic  exortas 
precluserunt  nobis  itinera  et  commoditatem  recipiendi 
illinc  exemplar  nostrum  de  quo  tamen  aliquando  reci- 
piendo  non  desperamus. 

Ego  Biblia  Hebraice-latina  recudo  minori  pnpyro  quam 
ea  sint  quas  cum  Bibliis  re^iis  impressa  fuerunt  et  studio- 
sis  minori  pretio  dari  queant.  Illis  et  Idiotismos  adjungere 
poterimus  in  gratiam  pauperiorum  quorum  tenuitati 
quantum  possum  accommodare  me  conor.  Argumenta 
in  Biblia  catholica  probata  si  quis  suppeditaret  ego  in 
Bibliis  imprimendis  cons(ilium)  t(uum)  seq(uar)  avidis- 
s(ime).  D.  Martinum  Martinum  (3)  virum  fuisse  doctiss. 
non  ignoro,  sed  de  ipsius  Thesauro  nihil  polliceri 
auderem  prius  quam  vidissem  uti  neque  de  illo  libro 
hebraico  quem  scribis  Pulmannum  nostrum  Rev,  P.  T. 
ostendisse.  Q.uod  si  quis  esset  Mœcenas  qui  nos  in 
sumptibus  faciendis  juvare  vellet,  ego  illos  libros  et  alios 
non  minus  reipub.  Christianas  utiles  emittere  conarer 
animosissime  per  Dei  gratiam  qui  tibi  tuisque  conatibus 
et  studiis  piis  favere  semper  dignetur.  Antverpi^e  raptim 
27.  Novemb.  1580. 

(i)  Ludovicus  a  S.  Francisco,  théologien  portugais  et  professeur 
de  droit  canon  ;  il  publia  à  Rome  plusieurs  ouvrages  de  philologie 
sacrée  dans  la  seconde  moitié  du  xvie  siècle. 

(2)  Sur  cette  publication  de  François  Lucas,  voir  lettres  précé- 
dentes. 

(3)  Probablement  Martinus  Martinez,  docteur  et  professeur  de 
théologie  à  Salamanque,  auteur  de  Institutiones  lingnarwn  hebraica  & 
chaldaic.c  et  de  plusieurs  ouvrages  de  théologie.  Plantin  n'a  rien 
imprimé  de  lui. 


—    200    — 

895.  —  Plantin  à  J.  Fr.  Nunos. 

{Archives  Planttniennes,  X,  fo  20^'). 

10  Décembre  1580. 

(La  lettre  de  Nunos  a  été  reçue  par  Plantin  au  bout  de  vingt-et-un 
mois.  L'imprimeur  s'étonne  de  ce  que  Nunos  assure  avoir  laissé  cliez 
lui  la  Somme  du  père  Molina.  Plantin  prétend  qu'il  a  obtenu  du 
doyen  de  la  cathédrale  d'Anvers,  la  partie  du  livre  jusqu'à  la  lettre  E. 
Le  père  Molina,  décédé  depuis  lors,  lui  devait  une  certaine  somme 
d'argent  :  Plantin  espère  que  Nunos  lui  apportera  en  compensation 
tout  le  manuscrit,  qu'il  aurait  déjà  imprimé  s'il  avait  pu  en  disposer). 

Rev.  P.  Fr.  Johanni  Francisco  Nuno  Socio  Patris 
Molin^e  (i)  M.  Commendatari  confessarij. 

Tuas  vel  tuo  nomine  3.  Idus  Aprilis  1579  scriptas 
litteras  P.  Rev.  ego  priiiium  10.  hujus  mensis  Decembris 
accepi,  nempe  vigesimo  primo  postea  niense  quam 
scriptas  testentur.  Hac  itaque  de  causa  miror  ubi  nam 
tamdiu  héeserint  ill«.  Magis  vero  quod  scribas  te  reli- 
quisse  apud  me  Summam  R.  P.  Molinas  (2)  cum  tu 
scias  si  recte  meministi  me  tantum  accepisse  usque  ad 
litteram  E  inclusive  neque  id  quidem  abs  te  sed  a  Rev. 
D.  Decano  Ecclesias  B.  Mari^  hujus  urbis  cui  jubente 
ut  tum  intellexi  dicto  Rev.  P.  Molina  vos  tradidistis 
exemplar  totum  examinandum,  a  quo  post  primos  qua- 
terniones  continentes  usque  ad  dictam  litteram  E  nihil 
prorsus  accepi.  Alioqui  jamdiu  est  quod  impressionem 
dictée  Summîe  agressus  fuissem.  Quod  propterea  facere 
nequivi  idque  meo  damno  qui  te  procurante  cum  hue 
rediisses  post  abitum  exemplar  debebam  habere  integrum 
pro  ea  summa  pecuniaria  quam  mihi  debebat  ut  scis 
defunctus  ille  Rev,  P.  Molina.  Proinde  ad  dictum  Rev. 
D.  Decanum  poteritis  scribere  et  ab  eo  intelligere  ubinam 


—    201    — 

sit  reliqua  pars  exemplarls  eamque  ut  decet  mihi  procu- 
rare. Bene  vale  Rev.  P.  Antverpias  lo.  Deccmbris  1580. 

(i)  Etienne  Molina,  de  l'ordre  des  frères  Mineurs,  confesseur  du 
Comendador  mayor  de  Castille,  Voir  la  lettre  de  Nuno  à  Plantin, 
n"  826. 

(2)  Ibidem,  note  2,  à  propos  des  éditions  plantiniennes  de  la  5o)H»«e 
de  S.  Thomas. 


896.  —  Plantin  à  sa  fille  Madeleine. 
(Archives  Pîantiniennes,  X,  fo  20^]. 

2$  Décembre  i$8o. 

Ma  fille  Magdelaine,  pour  response  aux  vostres  du  3 
de  ce  mois,  tenés  vous  asseuree  que  vostre  mère  ne  moy 
n'avons  ni  n'aurons  souvenance  des  fautes  passées  que 
recongnoissés  pour  vous  en  porter  rancunne  ne  despit, 
scachants  bien  que  faillir  est  commun  a  l'ignorance,  mais 
c'est  a  vous  de  vous  en  souvenir  pour  éviter  le  mal  qui 
s'en  ensuict. 

Quant  a  la  demande  que  me  faictes  de  mon  enseigne 
et  des  livres  de  mon  impression  avec  leurs  aflBclies,  je 
seray  trescontent  de  le  faire  non  seulement  aux  condi- 
tions et  moyens  que  j'en  reçoy  de  celuy  qui  les  a  main- 
tenant, mais  encores  a  cent  escus  moins  par  chaicun  an 
qu'il  ne  m'en  a  tousjours  baillé,  advancé  et  payé  et  le 
continue  (i).  De  sorte  que  je  luy  doibs  bonne  somme 
présentement.  Car  sans  ledict  advancement,  la  distribu- 
tion grande  et  recepte  des  payements  impossible  me 
seroit  de  continuer  a  m'acquicter  et  moins  a  imprimer. 
De  sorte  qu'a  mon  grand  deshonneur  et  de  vous  tous  et 


202 


a  une  perplexité  corporelle  en  nos  vieux  jours  et  caducs 
il  nous  faudroit  tromper  ceux  a  qui  devons  perdre  credict 
et  tous  moyens  de  vivre.  Et  pourtant  ma  fille  considérés 
la  vérité  de  ce  que  je  vous  ay  tousjours  advertie  touchant 
nostre  moyen  qui  n'a  esté  autre  qu'en  assidu  labeur  et 
sobriété  ou  espargne  de  ce  que  possible  nous  a  esté  de 
contenter  nature  sans  adviser  a  la  grandeur  du  nom  ne 
manières  de  faire  d'autruy.  Car  nous  n'avons  jamais  eu 
rien  de  nos  parents  que  charges  et  cousts  (2)  et  si  avons 
commencé  premièrement  mesnage  du  seul  labeur  de  nos 
mains  et  depuis  le  nous  a  convenu  par  les  accidents 
survenus  recommencer  plusieurs  fois  du  mesmes  et 
finalement  nous  rendre  comptables  et  serviteurs  d'autruy 
ce  que  nous  sommes  encores  de  trop  plus  que  ne  pensés. 
Et  pourtant  je  vous  supplie  d'adviser  si  nous  pourés 
ftire  comme  autruy  a  cent  escus  moins  par  an  comme 
dict  est  et  nous  serons  tresjoyeux  et  contents  qu'ayés 
l'honneur  et  le  profict.  Et  pleust  a  Dieu  que  nous  peus- 
sions  vous  faire  mieux. 

(1)  Il  s'agit  du  libraire  Michel  Sonnius  et  du  contrat  conclu  avec 
Plantin,  le  22  août  1577  (voir  pièce  no  774). 

(2)  Cette  déclaration,  simple  et  concise,  détruit  les  légendes  inven- 
tées aux  siècles  précédents  sur  l'origine  illustre  de  la  famille  des 
Plantin-Moretus. 


897.  —  Plantin  à  Gilles  Beys. 
{Archives  Plantiniennes,  X,  f»  21). 

25  Décembre  1580. 

Gilles,  la  response  a  celles  que  m'avés  escrittes  est 
sommairement  contenue  en  celé  que  j'escry  a  nia  fille 


203 


vostre  femme  (i).  Quand  a  celés  qu'avés  escrittes  a  mon 
gendre  Jehan  Mourentorf  et  ordonné  qu'il  me  mons- 
trast  (2),  je  ne  voy  qu'y  respondre  autre  chose  que  cela 
que  souventesfois  je  vous  ay  escrit  et  déclaré  de  bouche  : 
scavoir  est  que  grâces  a  Dieu  je  ne  porte  rancunne  ni 
envie  a  quelqu'un  pour  chose  qu'il  m'ait  oncques  faictes 
ni  aux  miens  :  ains  que  je  remects  toute  vengeance  a 
Dieu  et  que  je  pren  toutes  adversités  pour  verges  de 
Dieu  servantes  a  bonnes  instructions  et  salutaires,  n'en 
retenant  non  plus  mal  gré  aux  exécuteurs  d'icelles  que 
doibt  faire  l'enfiint  debonaire  aux  verges  de  quoy  son 
Père  l'a  chastié,  lesquelles  mesmes  le  père  luy  faict  baiser 
pour  son  humiliation  mesmes  au  temps  que  les  fesses 
luy  cuisent  encores  de  la  douleur  :  tant  s'en  faut  qu'es- 
tant venu  en  aage  de  milleure  congnoissance  il  les 
maudisse  etc.  Et  quant  aux  dicts,  et  soupsons  des  hom- 
mes, je  suis  aussi  desja  rusé  par  tant  d'expériences  que 
je  m'en  soucie  poinct  davantage  que  doibt  faire  celuy 
qui  ayant  quelque  grosse  apostume  au  pied  faict  faire 
souliers  selon  son  mal  sans  regarder  a  ce  qu'en  dira  le 
vulgaire  plus  tost  que  de  contraindre  tellement  sondict 
pied  apostume  qu'en  la  fin  il  luy  faillust  par  sa  braveté 
perdre  et  pied  et  jambe  voire  la  vie  du  reste  du  corps. 
Car  je  vous  répète  que  la  nécessité  m'a  tousjours  con- 
trainct  et  me  force  encores  d'user  de  tout  labeur  assidu, 
d'espargne,  et  de  tous  autres  moyens  qu'il  plaist  a  Dieu 
me  donner  pour  soustenir  nostre  honneur  et  par  consé- 
quent celuy  d'entre  vous  tous  et  des  vostres  qui  après 
nous  (mais  non  devant)  devés  estre  les  héritiers  de  nous 
deux,  vieux  et  caducs,  ausquels  devés  maintenant  aider 
et  non  pas  nuire  a  nous  acquicter  et  vivre  le  reste  des 
jours  qu'il  plaira  a  Dieu  de  nous  laisser  entre  les  hommes. 


—    204   — 

Ce   que  commencerés  de    faire  si   premièrement   nous 
payés  ce  que  debvés  comme  il  appartient  que  le  faciès 
plus  tost   qu'autres,  estant  certain  que  toute  personne 
raisonnable  tasche  plus  tost  de  faire  le  debvoir  et  payer 
ses  amis  et  prochains  que  les  estrangers  de  qui  ils  ne 
prétendent  d'estre  héritiers  :    et    ainsi   l'ay-je    tousjours 
practiqué  et  le  practicqueray  autant  que  Dieu  m'en  fera 
la  grâce,  aimant  beaucop  mieux  debvoir  aux  estrangers 
qu'aux  amis.  Advisés  doncques  je  vous  prie  a  cecy  et  a 
l'offre  que  je  fay  en  mes  autres,  et  conclues  en  vous  si 
pourries  bien  me  faire  ainsi  que  l'autre  m'a  faict  et  con- 
tinue de  faire,  m'advanceant  tousjours  argent  de  sorte 
que  pour  ceste  heure  je  luy  en  doibs  bien  bonne  somme 
et  ne  voy  moyen  de  la  luy  payer  ni  encores  moins  de 
continuer  l'imprimerie  ni  de  subvenir  a  mes  debtes  que 
par  le  taict  duquel  il  plaist  a  Dieu  favoriser  nos  travaux 
assidus  :  ainsi  que  je  doibs  confesser  qu'il  l'a  grandement 
faict  depuis  que  j'ay  traffîcqué  avec  celuy  que  tant  vous 
deprisés  au  lieu  qu'en  debvriés  louer  Dieu  et  l'aimer  pour 
l'amour  du   plaisir  qu'il  m'a  faict    et  continue,  car  du 
moyen  que  Dieu  m'a  donné  par  luy  je  me  suis  acquicté 
de  bonnes  et  grandes  sommes  et  toujours  faict  rouler  les 
presses  plus  que  je  ne  pourray  doresenavant   faire,  veu 
la  somme  que  je  doibs  maintenant  audict  personnage  et 
que  je  n'oserois  plus  le  requérir  avant  que  de  l'avoir  du 
tout  payé  comme  j'espère  le  faire  des  sortes  qui  s'achè- 
veront de  bref.  Outre  quoy  il  me  faut  continuer  envers 
les  autres  qui  m'ont  aussi  assisté  et  puis  a  ceux  a  qui 
j'estois  comptable  dès  le  temps  que  je  vous  envoyay  pre- 
mièrement par  delà  et  le  suis  encores  maintenant.  Que 
si  ne  me  croyés  encores  je  vous  off"re  pour  vous  donner 
tout  contentement  possible  de  vous  faire  voir  nos  comp- 


—  205  — 

tes  par  le  menu  et  me  remèctre  a  toute  bonne  conclusion 
et  conseil  que  vous  et  mes  autres  gendres  et  filles  me 
pourrés  donner.  Car  je  vous  proteste  devant  Dieu  que  je 
ne  tasche  qu'a  garder  credict  et  honneur  en  contentant 
tous  ceux  a  qui  j'ay  afaire  et  de  pouvoir  continuer  d'en- 
tretenir   sobrement  ce  peu  de  reste  de  jours  qui  nous 
restent  a  vivre  en  ce  monde,    pour  vous  laisser   a  tous 
une  bonne  renommée  sans  qu'oncques   j'aye   pensé  de 
rien  espargner  pour  quelque  nostre  affection  particulière  : 
Aussi  vous  puis-je  asseurer  en  vérité  que  oncques  je  ne 
tins  argent  en  casse  pour  petite  somme  que  ce  ait  esté 
quand  j'ay  deu  a  quelque  amy  principalement  ni  a  autre 
qui   l'ait   demandé  :    car  quand  aux  amis  je  le  leur  ay 
tousjours  envoyé  quand  il  m'a  esté  possible  sans  qu'ils 
rayent  demandé.  Et  pourtant  Giles  je  vous  prie  de  con- 
sidérer ma  simplicité,  ma  nécessité  et  mes  moyens  et  de 
vous  contenter  de  la  raison  selon  Dieu  et  la  nature  a  quoy 
je  ne  veux  ni  ne  puis  contrevenir  sans  nous  ruiner,  et 
offenser  Dieu  de  rejecter  les  moyens  par  luy  donnés  pour 
quelques  fantasies  des  hommes  qui  n'entendent  la  ou  le 
bast  blesse  la  beste.  Au  reste  si  vous  pouvés  croire  le 
bien  que  je  vous  veux  vous  en  louerés   Dieu,  lequel  je 
prie  vous  favoriser  ses  sainctes  grâces  en  tout  bonheur  et 
prospérité.  Ce  25.  Décembre  1580. 

(i)  Voir  la  pièce  précédente. 

(2)  Voir  lettre  11°  27,  qui  contient  quelques  rares  indications  sur 
les  parents  de  Plantin. 


—  2o6  — 

898    —  Elisabeth  Van  den  Keere  à  Plantin. 
{archives  Planiiniennes ,  LXXX,  f"  461). 

27  Décembre   1580. 

(La  veuve  de  Henri  Van  den  Keere  veut  céder  à  Plantin,  de 
préférence  à  tout  autre  imprimeur,  les  poinçons  de  son  défunt  mari. 
Dans  le  cas  où  Plantin  ne  les  achèterait  pas,  elle  s'adresserait  à  des 
typographes  anglais.  Elle  invite  Plantin  à  liquider  les  comptes  de 
son  mari  et  lui  envoie  le  registre  des  caractères  français  qu'il  doit 
avoir  reçus). 

Lieve  ende  beminde  ghevaerken  na  dien  onsen  Tho- 
maes  (i)  thuus  comen  es,  so  heb  ic  verstaen  dat  U  L 
dunct  seer  veele  te  wesen  aile  de  poinsoene  die  hy  U  L 
ghegheven  heeft  by  geschrifte,  Dwelck  my  niet  te  seer 
veele  en  dunct  te  syne.  Maer  so  U  L  lust  hebt  om  te 
begheeren,  ic  salse  U  L.  noch  wel  wat  min  gheven^  want 
ic  wilde  wel  dat  ghyse  hadt  voor  een  ander.  Ende  so  U  L 
gheen  van  desen  en  begheert,  so  bid  ic  U  L  willet  my 
metten  eersten  laten  weten,  want  ic  soude  schryven  na 
Inghelant  in  saterdaghe,  want  ic  en  ben  van  gheen  sinne 
de  selve  te  behauden.  Ende  bid  U  L  so  hertelick  om 
hulpe  ende  bystant  die  ghy  my  hier  in  sout  moghen  doen. 

Voorts  ic  bid  U  L  commet  U  L  te  passe  dat  gh}^  sout 
willen  gheven  in  Ghent  t'Andwerpen  de  reste  vande 
haude  rekeninghe  te  weten  fl.  118  st.  3,  so  ware  de 
haude  rekeninghe  betaelt.  Indien  dat  het  U  L  te  passe 
comt,  latet  my  weten  v>'anneer  dat  U  L  dunct  te  ghe- 
ven. 

Voorts  ic  sende  U  L  hier  het  register  vande  fransche 
letter  die  U  L  heeft  ontfaen.  Hier  mede  blyft  den  almach- 
tighen  God  bevolen  met  al  U  L  famille.  In  Ghendt  den 
27"  Decembris  met  grooter  haeste. 


—    207    "~* 

le  Thomaes  ghcbiede  my  hertelick 
tuwaert  in  U  L  goeder  gratie. 

By  my  U  L  ghevaerken 
Elysabet  vanden  Keere. 

(i)  Thomas  de  Vechter,  ouvrier  de  Henri  Van  den  Keere,  qui 
continua  les  affaires  de  son  maître,  d'abord  à  Gand,  ensuite  à  Anvers 
et  à  Leyde, 


899.  —  Plantîn  à  Hub.  Litterinus. 

{Archives  Tlanliniennes,  X,  fo  21''). 

31  Décembre  1580. 

(Il  y  aura  bientôt  un  an  que  Plantin  a  préparé  la  nouvelle  édition 
du  Boeck  der  Ghduygenissen.  Les  avis  étant  partagés  à  propos  de 
la  publication,  il  en  a  remis  l'impression.  Litterinus,  dans  sa  lettre 
à  Barrefelt  dont  Plantin  a  eu  connaissance,  avait  trouvé  que  plusieurs 
passages  laissaient  à  désirer,  ce  que  Plantin  confirme.  L'imprimeur 
regrette  vivement  que  Litteranus  n'ait  pas  remanié  ces  parties,  de 
concert  avec  ses  amis.  Il  a  ainsi  retardé  l'apparition  du  livre  auquel 
Plantin  tient  plus  qu'à  tout  autre  au  monde.  Comme  il  a  dit  à 
Corn.  Jansz.,  l'architypographe  est  dans  l'impossibilité  d'y  collaborer. 
Il  demande  en  termes  énergiques  que  Litteranus  lui  envoie  une 
meilleure  rédaction  ou  qu'il  fasse  savoir  quelles  parties  de  l'ouvrage 
pourraient  être  supprimées.  La  publication  sera  distribuée  à  un  petit 
nombre  d'amis). 

Clariss.  dpctissimoque  viro  D.  Huberto  Litterino 
Pastori  etc(i). 

Spero  te  bene  utrimque  valere.  Nos  laus  Deo  non 
admodum  mala  utimur  valetudine  corporis,  animi  tamen 
paulo  meliore  fruimur  per  Dei  gratiam  cui  nos  nostraque 
omnia  dedicare  indies  magis  ac  magis  pergimus  quantum 


—    208   — 

per  Christum  Jesum  Dnm  nostrum  in  unitate  spiritus 
sancti  possimus.  Proinde  cum  jam  fere  annus  sit  elapsus 
ex  quo  parata  jam  servo  quas  sunt  necessaria  ad  novam 
editionem  operis  illius  7.  partium  lingua  inferiori  tandem 
descripti  (2)  :  Quam  editionem  sperabam  collatis  prius 
inter  vos  operibus  aggredi  ante  aliquot  menses.  Quo  tem- 
pore  cum  tibi  hoc  institutum  non  probatum  iri  intellexe- 
rim  illud  et  ego  prorsus  diferendum  censui.  Ego  namque 
ut  simplicem  me  fateor  et  aliis  negociis  secularibus  im- 
plicatum  tibi  facile  exercitato  pluris  tribuendum  mihi 
visum  est  quam  voluntati  me*e  et  nonnullorum  aliorum. 
Idque  maxime  feci  quod  ex  postrema  tua  (quam  saltem 
audivi  legi  tune  namque  laborabam  adversa  valetudine 
tali  ut  ne  quidem  ipse  légère  tum  potuerim)  epistola  ad 
amicum  Barefeldium  scripta  meminerim  te  in  ea  esse 
sententia  ut  non  satis  bene  dicta  sunt  plurima  quae  in  eo 
habentur  opère  a  qua  etiam  non  me  prorsus  dissentire 
tibi  olim  declaravi  et  propterea  obnixe  tum  rogavi  ut  tu 
pro  tua  in  docendo  populum  exercitatione  et  pietate  in 
Deum  et  proximum  velles  ea  omnia  quae  displicerent 
annotare  in  chartulis  postea  conferenda  cum  quibus 
oporteret.  Q.uod  non  factum  fuisse  dolui  vehementer 
doleoque  rem  tanti  momenti  procrastinari  tam  parva  de 
causa  ad  quam  explicandam  sumptibus  nullis  parcere 
vellem  quamdiu  vixero  in  hoc  corpore  jam  astate,  morbis 
et  adversitatibus  variis  pêne  confecto.  Id  quod  me  magis 
ac  magis  accendit  ad  hoc  negocium  posteritatis  causa 
quantum  licet  urgendum.  Nescio  siquidem  si  nunc  vel 
postea  quis  inveniendus  sit  qui  rem  cordi  sit  habiturus 
uti  nunc  me  habere  fateor.  Quia  tamen  me  aptum  ad 
quid  in  hac  re  praster  exemplar  tentandum  non  sentio 
(uti  semel  pr^esente  alio  amico  dixi  D.  Corneljo  Jansz.) 


—  209  — 

hactenus  a  vobis  expectavi  ùt  inter  vos  conveniretis  ac 
tum  exemplar  uri  emittendum  foret  daretis  scriptum. 
Qua  de  re  cum  nihil  jamdudum  intellexerim  sentiamque 
ut  dictum  est  indies  corpusculum  hoc  deficere  animum 
vero  magis  ac  magis  accendi  ad  ea  prasstanda  qu«  utilia 
posteritati'confido  continere  me  amplius  non  potui  quin 
le  haec  rudi  stilo  quidem  spiritu  vero  ferventi  exaraia  epis- 
tola  compellarem  et  ad  mihi  respondendum  exhortarem. 
Rogo  itaque,  obsecro  imo  Dei  et  proximi  causa  postulo 
ut  tu  quicquid  habes  melius  concinnatum  seu  in  meliorem 
aut  faciliorem  ordinem  redactum  (quantum  etenim  ad 
rem  testatam  in  illo  opère  supradicto  nullum  adhuc  mihi 
dubium  obortus  est)  nobiscum  communicare  velis  aut  si 
nondum  quicquam  paratum  habes  saltem  hoc  nominibus 
supra  dictis  exigo  ut  interea  dum  tu  meliora  vel  exactiora 
paras  mihi  prima  significes  oportunitate  num  tibi  satius 
videatur  illa  quas  vidisti  supprimenda  prorsus  :  an  parvo 
aiiquo  numéro  edenda  pro  selectis  amicis  talium,  ne 
diutius  ego  tantos  sumptus  frustra  ferre  coner  solus.  Id 
quod  libenter  hactenus  feci  faciamque  libentius  modo 
inteliigam  vel  paucissimis  viris  illa  qu^  inde  provenirent 
profutura.  Parum  certe  est  quod  abs  te  peto  et  a  profes- 
sione  tua  non  alienum.  Quasso  itaque  ne  hanc  meam 
humilem  ferventem  tamen  petitionem  negligas.  Et  si  quid 
vicissim  a  me  cupis  indica  vel  verbo  efficiam  quantum 
in  me  erit  ne  te  officium  meum  diu  desideres.  Dns  Deus 
tuos  conatus  dirigere  et  prosperos  semper  reddere  digne- 
tur.  Antverpias  postrema  Decemb.  1580  (3). 

(i)  Hubert  Litterinus,  curé  à  Utrecht,  disciple  de  la  congrégation 
de  Barrefelt,  en  rapport  avec  Plantin  depuis  1574. 

{2)  Il  s'agit  de  Het  Boeck  der  Ghetnygenissen  vanden  vtrbor^en  Acker- 
schat,  vcrvatet  in  acht  deekn,  dont  il  est  question  dans  la  lettre  de 


14 


—    210   — 

Barrefelt  du    17  novembre  précédent.   Remarquons  que  Plantin  en 
parle  comme  d'une  nouvelle  édition. 

(3)  Le  ton  sur  lequel  Plantin  finit  la  pièce  est  assez  surprenant  : 
c'est  le  ton  d'un  chef  qui  parle  à  des  inférieurs.  Le  livre  à  l'appari- 
tion duquel  il  attacha  un  si  grande  importance,  était  considéré 
comme  la  Bible  de  la  secte  de  Barrefelt.  Le  19  février,  Plantin 
n'ayant  pas  eu  de  réponse,  écrivit  de  nouveau  à  Littorinus  :  Clariss. 
doctissimoque  viro  D.  Huberto  Litorino  pastori.  Scripsi  19.  Februarij 
rogans  responsum  ad  meas  circa  finem  Decembris  ad  ipsum  scriptas 
etc.  per  Adrianum  Jansz.  Ultraiectensem. 


900.  —  Janus  Dousa  à  Plantin. 

(In  :  lani  Doin;a  Nordovicis  Ad  C.  Sallustii  Crispi  historiamm 
libros.  notae,  Plantin,  1380,  f»  3;. 

Leyde,  1580. 

(A  la  demande  de  Plantin  où  il  en  est  avec  ses  Notes  sur  Salluste, 
Dousa  répond  qu'il  a  trouvé  trois  nouveaux  fragments  de  cet 
auteur,  grâce  à  Juste-Lipse  ;  d'où  surcroit  de  travail  :  le  nombre 
des  textes  à  examiner  est  porté  maintenant  à  six.  Quoique  très 
occupé  par  d'autres  devoirs,  Dousa  a  consacré  au  travail  demandé 
par  Plantin  tous  ses  loisirs.  Que  celui-ci  l'excuse  du  retard  involon- 
taire et  fasse  paraître  une  édition  qui,  par  son  élégance  typographique, 
plaira  plus  au  lecteur  que  par  le  contenu  !) 

Janus  Douza  Christoph.  Plantino  Suo  S.  D. 

Pensum  meum  jam  absolverim,  qunsris  ?  An  ego  ne- 
gotiosis  omnibus,  &  pro  Crispi  Historia  certatini,  sua 
quasi  pro  salute  nitentibus,  vitam  silentio  transiens, 
ductariè  tantum  facinus  emolirer  ?  Tutemet  videto,  mi 
Plantine,  quàm  nec  in  hoc  génère  operâ  parcus  mea, 
nec  restrictus  fuerim  in  largiendo.  Etenim  supplementi 
vicem  auctarium,  tria  Nova-vetera  Fragmenta,  Sailustio 
adieci  ;  non  quidem  de  meo  (ne  quid  erres)  sed  proinde 


—    211    — 

Ut  nunc  mos  viget,  atque  ut  fartores  faciunt,  de  alieno. 
Unde  igitur  ?  unde,  nisi  à  commun!  Achate,  doctissimo 
Belgici  generis,  Lipsio  nostro  ?  Is  enim  hîc  (ut  scis)  & 
fundus  est,  &  iugis  quasi  thésaurus  nobis  (i).  Nec  hac 
struice  usuraria  contentus,  ctiam  altéra  quinque  priori- 
bus  adtexui  ;  quas  princeps  ego,  ab  aliis  per  incogitan- 
tiam  (ut  videtur)  omissa,  non  terra,  aut  mari,  sed  ex 
Plutarclii  &  Isidori  synthesibus  mihi,  tibique,  ac  Crispi 
amatoribus  evolvi.  Nunc  itaque,  mi  Plantine,  (Qua  tes 
tum  datori,  tum  acceptori,  toti  denique  Reip.  litterariœ  bene 
felicitérque  vortat)  promissas  tibi  in  principem  Historicum 
Notas  expensas  fero  (2)  ;  recens  à  me,  occasione  novas 
editionis  uso,  saltuatim  &  quasi  per  Saturam  conlectas 
in  quibus  si  cui  forte  vota  pr^ecipitasse,  méq.  ac  spes  meas 
nimia  scribendi  lubidine  corrupisse  iudicatus  fuero,  nas 
herculo  ego  cum  illo  pignus  haud  ausim  dare.  Quid 
enim  ?  Fateor  me  ad  hoc  scriptionis  genus  maiore  studio, 
quàm  consilio  protractum.  quippe  qui  operam  ceiocem, 
non  corbitam  dare  coactus  (solemne  illud  nostrum,  ut 
Plautissemus,  agnoscis),  diebus  paucissimis  non  artifici 
ascia  politum  opus,  sed  rude  &  velut  agresti  fiilce  defor- 
matum  hoc,  quodcumque  vides,  in  tempore  tibi  exhibere 
properavi  ;  metuens  videlicet  moram  aliquam  operis 
tuis  incommodé  creare.  &  quidem  inter  reciprocos  Conii- 
tiorum  sestus,  mediis  conatibus  meis  ex  transverso  incur- 
rentium,  &  molestissimam  aggerum  procurationem  ; 
quas  me  totum  ferè  hune  mensem,  alienissimo  hercle 
tempore,  &  domo,  &  caris  meis,  hoc  est,  libris  expertem 
fecerunt.  Nil  itaque  mirum,  si,  spatiis  exclusus  iniquis, 
prseter  animi  quam  libuit  sententiam,  solito  indiligentius 
hîc  fuerim.  Et  tamen  qui  nostra  h«c  cum  aliorum 
Correctorum  exemplis  conferre  voluerit,  facile  is,  opinor, 


intelliget,  caussam  non  esse,  cur  me  huius  quamvis 
tumultuarij  laboris  pœnitere  tantopere  debeat.  Nam 
quantum  mihi  restât,  obsecro,  ad  eos  omnes,  qui  ante 
nos  in  Crispi  Fragmentis  reconcinnandis  operœpretium 
aliquod  facere  priores  occupavere  ?  Quorum  ut  neminem 
mérita  sua  laude  privatum  cupio,  ita  &  me  in  bas  veluti 
Sallustiani  naufragij  tabulas  aliquantam  industrias  partem 
contulisse  a^quos  atq.  iniquos  omnes  fassuros  esse  con- 
fido  ;  de  qua  competitoribus  nostris  adhuc  in  mentem 
non  venerit  :  nec  tamen  tantam,  (quid  enim  sciens  contra 
verum  niti  me  postulem  ?  )  quantam  aut  rei  ipsius 
dignitas,  aut  tua  etiam  de  me  exspectatio  mereri  fortasse, 
vel  postulare  videbuntur.  Habes  ecce  confitentem  reum, 
&  qui  Albini  illius  exemplum  asraulus  (pace  Censorij 
Catonis  quod  fiât)  deprecari  noxam  mavult,  quàm  noxa 
vacare  :  apud  te  prassertim,  cuius  formularum  Genius, 
hoc  est,  typorum  celebritas  ac  elegantia,  maximam  ad- 
versus  invidos  huic  Notarum  nostrarum  abortioni  fiduciam 
parit  :  &,  puto,  propter  hoc  legentur.  Summa  tamen 
expurgationis  nostrae  (cum  Petroniano  Bolenio  dicam) 
haec  est  :  Placebo  tibi,  si  me  culpam  emendare  permiseris. 
cuius  adeô  me  non  pœnitet,  ut  &  gratias  mihi  hoc 
nomine  insuper  deberi  existimem,  quôd  famam  modes- 
tiamq.  meam  post  publicas  utilitates  habuerim,  &  cuius 
rei  lubet  periculum  me  facere  prasoptarim  potius  ;  dum 
quid  modo  emolumenti  ex  eo  litterarum  studiosis  acce- 
deret  :  non  quia  mihi  industria  atque  ingenium  meum 
amplius  îequo  probarentur  ;  sed  inter  tôt  tamque  varia 
iudiciorum  certamina,  veteres  mutantium  scripturas, 
visum  est  faciundum,  ut  &  sententias  nonnuUorum 
excuterem,  &  nostras  simul  suspiciones  lectori  propo- 
nerem  ;  ex  quarum  comparatione  veritas  magis  elucere 


—   213   — 


posset.  verùm  id  frustra,  an  ob  rem  fecerim,  in  tua  atque 
eorum,  qui  hsec  cognitione  sua  haud  indigna  iudicabunt, 
manu  situm  est,  Plantine.  quibus  si  consiii)  nostri  ratio- 
nem  non  displicuisse  cognovero,  accendetis,   quare  ad 
digniora  porrô  gradum  facere  avidius  capiar  :  veterum 
dico  Latinorum  Oratorum,  Poëtarum,  atque  Historicorum 
Fragmenta;    qu^    sola    nunc    reliqua,    de    tôt    egregus 
ingenij  facinoribus,  deorum  nobis  benignitas  fecit.  quod 
opus   ego  ex  Casca  &   Opica  illa   vetustate,    omnique 
scriptorum  génère  cum  cura  &  fide  coacervatum,  non 
vitio   mentis,   neque   ex  ambitione   mea,   sed  Lipsianae 
maxime  auctoritatis  fiducia  cautè  atque  meditatè  iampri- 
dem  aggressus,  ad  exodium  porrô  ducere  cogito  :  tibique 
cis    hercle    paucas    tempestates    mi   Plantine,    cum    dis 
volentibus  repr^sentare.  Eâdem  additurus  &  Praecidanea 
nostra  (3),  in  quibus,  (uti  spero)  operam  meam  accusari 
non  sinam  :  quippe  ad  eas  res  aciem  iampridem  omnem 
paratam  atque  instructam  habens.  Lubet  enmi  paratra- 
gœdiare,  hoc  pr.^sertim  s.^culo  tam  ventoso  &  ambitiosè 
personato.  Nam  qui  minus  verô  milii  hoc  Hcere  autumem, 
quàm  meris  ostentatoribus  istis,  factiosa  lingua,  ignava 
opéra,  sublesta  fide  ?  qui  multa  Castigationum  millia  in 
omne  scriptorum  genus  minati,  post  inanissimum  dic- 
torum   strepitum,  nihil   aliud  lectori,   quàm  fumum  ex 
fulgore    relinquunt.   qui  tamen  tanti  non   est,   ut  ideo 
oculis  nostris  vel  minimum  dolorem  concinnent.  Quid 
iim  >  Rideo,  ait  Galba,  cantherio.  Vale  flos  Calcogra- 
phorum  Galli^  tu^,  simul  autem  salve.  Lugduno  Bâta- 
vorum. 

(,)  André  Schottus,  se  trouvant  à  Paris,  avait  copié  ces  fragments 
inédits  de  Salluste  pour  son  professeur  Juste-Lipse. 

(2)  Ces  Notes  sur  Salluste  forment  le  premier  ouvrage  de  Dousa 


—    214   —    * 

imprimé  par  Plantin.  Avant  cette  date,  en  1569,  il  avait  publié  un 
recueil  d'épigrammes  et  d'élégies.  La  même  année  1580,  l'architypo- 
graphe  publia  lani  Dotisa  Nordivicis  in  novani  O.  Horatii  Flacci  editio- 
nem  Commeniariohis,\n-i6°.DQ  1581  à  1584,  plusieurs  autres  ouvrages 
de  Dousa  sortirent  des  presses  plantiniennes. 

(3)  lani  Dousa  Nordovicis  Tracidanea  Pio  Q.  Valerio  Catullo.  Ex 
off.  Chr.  Plantini,  1582,  in-i6".  lani  Dousa  Nordovicis  Prœcidanea 
Pro  Albio  TibuUo.  Ibidem,  1582,  in-iôi^'. 


901.  —  Plant  in  à  Valverdius. 
[Archives  Plantiniennes,  X,  fo  22).'- 

I  Janvier  1581. 

(Par  l'intermédiaire  du  maître  des  postes,  Plantin  a  répondu  ce 
qu'il  avait  à  dire'à  Valverdius.  Il  lui  sera  malheureusement  impossible 
d'obtenir  de  Flaminius  Garnier  quoi  que  ce  soit  ou  de  rien  lui  en- 
voyer. L'agent  des  Fugger  a  remis  à  Plantin  une  partie  du  Commen- 
taire sur  les  Psaumes.  Il  a  dû  payer  13  florins  de  port,  malgré  la 
promesse  de  Valverdius  de  ne  plus  le  charger  de  frais.  Buyssetius 
vient  de  lui  envoyer  vingt  livres  du  Spoudasmaton.  Les  difficultés 
d'argent  de  Plantin  ne  le  permettent  pas  de  mettre  l'ouvrage  de  Val- 
verdius sous  presse,  à  moins  de  lui  acheter  d'avance  300  exemplai- 
res du  livre.  L'architypographe  désire  d'abord  achever  les  impres- 
sions commencées-.  En  attendant,  il  engage  Valverdius  à  lui  faire 
parvenir  le  reste  de  son  Commentaire  sur  les  Psaumes  et  du  Spou- 
dasmaton). 

111'  viro  Domino  Bartholomeo  Valverdio  S.  C^es. 
Majestati  a  sacris,  Venetias.  111'  viro  Dno 
Christophoro  Salazario  ad  D.  Catharinœ 
Regiae  Cath.  Ma*'^  Secretario. 

Responsum  ad  superiores  litteras  tuas  me  primum 
debere  fateor  Rev.  D.  tum  ad  postremas  Patavij  Idib. 
Novemb.  datas  quas  hodie  primum  recepi.  N-ullas  vero 


--   215    — 

prasterea  quibus  ego  non  dico  responderim  vidi  respon- 
sumque  dederim  in  Domo  Magistri  Postariim  quod 
vocant.  Nam  ad  Flaminium  Garnier  quo  scribis  te  misisse 
fasciculum  nec  hinc  proh  dolor  nobis  licet  eo  quicquam 
nec  illinc  hinc  sine  periculo  supremo.  Ab  institore  vero 
Fuggerorum  me  accepisse  partem  Kimhi  in  Psalmos(i); 
respondi  non  sine  quereia  quod  oportuerit  me  solvere 
pro  vectLira  plusquam  tredecim  florenos  hujus  moneta^  : 
cum  ante  fuisses  pollicitus  curaturum  te  ut  quas  mitteres 
libéra  redderentur  solutione  vectur^e,  uti  fecit  111'^  admo- 
dum  D.  Buyssetius  de  xx.  libris  Spoudasmaton  (2)  quos 
recepi  et  illi  tum  etiam  scripsi  dificultates  quas  me  deti- 
nerent  quominus  ego  tuis  imprimendis  vacare  liceret  hoc 
tempore,  nempe  quod  ita  in  arctum  contrahimur  ut 
nusquam  tuto  nos  quid  hinc  librorum  mittere  liceat, 
multo  vero  minus  in  hisce  locis  distrahere  propter  penu- 
riam  ementium.  Quod  si  quis  sit  qui  aHquo  libro  im- 
presso  trecenta  exemplaria  redimere  pra^senti  pecunia 
velit  ego  statim  ubi  de  hac  re  certus  ero  opus  aggrediar  : 
sin  minus  non  possum  hoc  tempore  defectu  pecuniarum 
ad  sumptus  faciendos.  Ego  namque  prius  quam  tua  rece- 
pissem  omnes  reHquas  a  depraedatione  facuhates  con- 
sumpsi  in  aliis  operibus  suscipiendis  qu^  adhuc  sudant 
sub  praslis  nostris.  Nihil  proinde  jam  nostris  sumptibus 
inchoar^'possum  donec  incœpta  perfecero  quod  futurum 
vix  video  ante  festum  Paschatis  proximum.  Quod  si  prius 
potero  libenti  et  prompto  faciam  animo,  Hbentiori  tamen 
si  operum  tuorum  reHqua  prius  mitteres,  nempe  Com- 
mcntaria  in  alios  Psahîios  reHquos  et  Spoudasmaton. 
Opéra  siquidem  imperfecta  non  tam  facile  distrahuntur 
maxime  si  in  folio  imprimantur  et  justa  libri  magnitudine 
careant.    Compactura   siquidem    multorum   foliorum    in 


—  2l6   — 

folio  non  pluris  constat  quam  paucorum  et  vix  reponuntur 
opéra  non  absoluta  in  Bibliothecis.  Vale.  Kalend.  Januarij 
1581. 

(i)  David  Kimchi,  célèbre  rabbin,  mort  en  1240,  dont  les  Commen- 
taires sur  la  plupart  des  livres  de  l'ancien  Testament  ont  été  souvent 
imprimés.  Voir  les  lettres  précédentes  de  Plantin  à  Valverdius  du 
21  mars  et  du  7  mai  1580. 

(2)  Ou  Spudasmata,  titre  d'un  ouvrage  de  Valverdius,  qui  ne  fut 
toutefois  pas  imprimé  chez  Plantin. 


902.  —  Plantin  à  Jacques  Monaw. 
{Archives  Plantinitnnes ,  X,  fo  22). 

7  Janvier  1581. 

(La  lettre  de  Monaw  lui  a  été  particulièrement  agréable  parce 
qu'elle  rappelle  et  confirme  une  fois  de  plus  leur  ancienne  amitié. 
Ortelius  vient  d'envoyer  à  Plantin  ce  qu'il  avait  demandé.  Arias  se 
porte  bien,  quoiqu'il  n'ait  pas  trouvé  en  Espagne  la  situation  qui  lui 
convient.  Il  prépare  un  commentaire  sur  Josué,  après  achèvement  de 
celui  sur  les  Epttres  de  S.  Paul.  Monaw  connaît  probablement  les 
notes  d'Arias  sur  les  Evangiles,  in-40.  Plantin  a  accepté  d'imprimer 
de  Valverdius  les  Commentaires  de  Kimchi  sur  cinquante  Tsaumes  et 
vingt  livres  de  son  Spoudasmaton.  Pour  plusieurs  raisons,  il  ne  peut 
mettre  ces  diflférents  ouvrages  sous  presse  en  ce  moment.  Salutations 
de  Raphelingien  et  de  Poelman  ;  Denellus  lui  écrira  personnelle- 
ment). 

Virtute,    doctrina  et  nobilitate   praestanti  viro 
D.  Jacobo  Monavio  Patruo  Vratislaviensi. 
Clariss.  doctiss.  V.  D.  Jacob.  Monaw. 

Litteras  tuae  ut  doctiss.  ita  gratiss.  mihi  :  maxime  quod 
amicitiam  déclarent  et  mutuam  poscant  qua  magis  delec- 
tor  quam  uUa  re  alia.  Quid  namque  illa  majus.  ?  Cum  ea 


—   217   — 

non  sit  nisi  a  Deo  et  in  Deo  nam  qux  pr^eter  conspiratio 
est  contra  Deum.  In  eo  itaque  per  Jesum  Christum  Dnm 
nostrum  constans  permaneat  amicitia  nostra.  Cetera  non 
meror.  Ortelius  noster  tibi  misit  qu^  a  nobis  volebas. 
Arias  ille  vivit  et  valet  sed  non  ad  animi  votum  ;  coactus 
precibus  hoc  est  imperio  Régis  frustra  manere  in  aula 
frustra  dico,  quoniam  impeditur  illic  rébus  ab  ingenio 
prorsus  alienis,  quae  illi  vero  propria  non^placent'aulicis 
ullis.  Parât  nobis  commentarium  in  Josue  (r).  In  appa- 
ratu  Biblico  forte  noluit  tantam  Novi  quantam  Veteris 
habere  rationem  :  partim  propter  dificultates[]temporum 
partim  quod  speraret  se  in  illud  privato  opère  scripturum 
uti  etiam  nunc  sperat  et  scio -illum' commentaria  sua  in 
aliquot  Epistolas  Paulli  descripsisse  (2).  Credo  te  vidisse 
notas  ipsius  in  Evangelia  4*^  forma  per  nos  impressas. 
Libros  20  Spoudasmaton  D.  Valverdij  accepi  et  versionem 
Commentariorum  Kimhi  in  50.  Psalmos  Davidis  :  sed 
duplici  imo  triplici  de  causa  non  possum  nunc  praelo 
subjicere.  Prima  est  quod  hase  difïîcultas  temporum 
nobis  adiment  |facultates,  altéra  quodjpraela  sint  impe- 
dita  usque  ad  sex  nienses  aut  circiter,  tertia  quod  non 
libenter  opéra  imperfecta  suscipiam  meis  sumptibus  im- 
primenda.  Scripsit  etenim  Valverdius  se  adhuc  habere 
10.  alios]  libros  Spoudasmaton, 3  et  requirentur  adhuc 
Commentaria  in^aîios  centum  Psalmos.  Quare  si  quis  sese 
offerret  qui  de  distractione  300.  exempl.  nos  certos  reddere 
illico'praelo  quae  habeo  subjicerem.  Raphleng.  Pulmannus 
mecum  te  resalutant.  Habes  responsum  a  Denello.  Vale 
7.  Jan.  1581. 


(i)  Allusion  au  Commentaire  d'Arias  sur  les  douze  Prophètes,  paru 
cher  Plantin  en  1585,  in-40. 


—    2lS    — 

(2)  Ce  commentaire,  Elttcidaliones  in  omnia  sanctorum  apostolorum 
scripta,  ne  fut  publié  par  Plantin  qu'en  1588,  in-40. 


903.   —   Plant i II  au  Gouverneur  de  Diest. 
{archives  Plantinietities,  X,  f»  22^'). 

8  Janvier  1581. 

A  Monsigneur  Monsieur  de  la  garde 
Coronel  et  Gouverneur  de  Diest. 

Monsigneur.  Jaçoit  que  le  debvoir  d'homme  a  homme 
en  la  nécessité  m'eust  deu  contraindre  d'escrire  a  V.  S. 
Si  est-ce  que  pour  n'avoir  oncques  trouvé  l'heur  d'avoir 
eu  accès  a  icelle  je  n'eusse  osé  l'entreprendre  si  Mon- 
signeur vande  Werve  (i)  de  sa  benevolence  et  singulière 
fiiveur  ne  m'eust  amné  de  le  faire.  L'occasion  doncques 
de  ceste  mienne  est  qu'on  m'a  escrit  qu'ung  certain 
personnage  nommé  Jehan  Maes  imprimeur  demeurant  a 
Louvain  (2)  alant  dudict  lieu  a  Namur  a  esté  prins  et 
mené  prisonnier  en  la  ville  de  Diest  ou  il  est  maintenant 
en  la  rue  dicte  Beverstraete  chez  Jan  van  Baissel  ou  est 
logé  le  sergeant  Lauren,  et  que  ledict  Jan  Maes  de 
craincte  et  d'espovantement  auroit  promis  cinc  cents 
florins  pour  sa  ranson.  Laquelle  somme  (selon  que  j'ay 
congneu  ledict  personnage  en  me  servant  icy  passé  quel- 
ques années  a  simples  gages  pour  sa  journée  et  depuis 
qu'il  s'est  aie  tenir  audict  Louvain  pour  y  besongner  a 
gages  d'autruy  et  aussi  comme  j'entends  par  les  lectres  a 
moy  escrittes)  excède  bien  quatre  fois  la  puissance  et 
facultés  d'iceluy  Maes  prisonnier.  Et  pourtant  Monsigneur 
je  vous  supply  treshumblement  que  vostre  honneur  et 


—    219    ~^ 

devoir  sauves  il  vous  plaise  avoir  pitié  dudict  pauvre 
homme  désolé  et  faire  que  le  rausou  d'iceluy  soit  modéré 
et  limité  a  l'equivelent  de  ses  facultés  a  celé  fin  que  sa 
pauvre  femme  et  ses  amis  puissent  trouver  moyen  de  le 
pa3'er  et  qu'ainsi  il  vous  plaise  ordonner  qu'il  soit  délivré 
des  siens.  Ce  que  faisant  vous  ferés  oeuvre  charitable  et 
je  me  tiendra}^  obligé  a  vous  faire  tout  humble  service 
comme  je  m'y  offre  en  toutes  choses  qu'il  vous  plaira 
me  commander  a  moy  aucunnement  possibles.  Et  ce 
pendant  je  prieray  Dieu  qu'il  luy  plaise  vous  augmenter, 
Monsigneur  le  Coronel,  ses  sainctes  grâces  en  toute 
prospérité.  D'Anvers  ce  8.  Janvier  1581. 

(i)  Simon  van  de  Werve,  margrave  d'Anvers. 
(2)  Jean  Maes  imprima  même  un  certain  nombre  d'ouvrages  pour 
Plantin.  Voir  plusieurs  lettres  précédentes. 


904.  —  Gilles   Beys  à  Plantin. 
{^irchives  Tîaniinieiifies,  LXXVII,  fo  59). 

12  Janvier  1581. 

Mon  Trescher  Père,  j'ai  receu  la  vostre  du  27'  du 
passé  (r)  par  laquelle  ay  entendu  beaucop  de  particularitez 
de  vos  affaires.  Et  que  par  le  moyen  d'iceluy  avec  lequel 
vous  vous  estes  associé  vous  ayez  payé  bonnes  sommes 
de  vos  debtes  dont  suis  fort  joyeulx  aimant  aultant  vostre 
honneur  et  profict  que  le  mien  propre  saichant  pour 
certain  que  vostre  honneur  est  le  nostre  et  vostre  des- 
honneur àussy  le  nostre  et  réciproquement  le  nostre  le 
vostre.  Et  pourtant  vous  avoys-je  prié  par  mes  dernières 
tant  a  vous  que  a  mon  frère  Mourentorfz  (2)  qu'il  vous 
pleust  nous  accommoder  (si  faire  le  poviez  sans  vostre 


—    220    — 

perte,  dommage,  et  deshonneur)  de  vostrc  enseigne. 
Livres  nouveaux  des  primiers  avec  les  effigies,  et  nous 
(qui  sommes  vostre  enfant  propre)  préférer  devant  ung 
aultre  (3)  qui  ne  vous  touche  en  rien,  et  qui  ne  cherche 
que  par  vostre  moijen  (encores  qu'il  n'en  ait  que  faire 
estant  riche  assez)  s'enrichir  davantage  et  avancer  les 
siens,  au  préjudice  et  grand  dommage  de  nous,  a  quoy 
si  c'estoit  vostre  plaisir  pourriez  bien  remédier  et  pour- 
voir au  contentement  de  l'aultre  et  de  nous  en  luy 
accommodant  pour  son  argent  des  livres  qu'il  pourroit 
demander  de  vous  au  pris  de  papier  et  façon,  ou  aultre 
tel  pris  et  marché  que  pourriez  accorder  par  ensemble, 
et  nous  aider  tandis  que  vous  avez  le  moijen  et  qu'en 
avons  besoin  de  ce  que  scavez  trop  mieulx  que  nous  (ny 
que  nous  ne  vous  le  scaurions  escrire  ou  mander)  nous 
estre  propre  et  utile  sans  vostre  dommage,  a  quoy  je 
vous  supplie  derechef  bien  affectueusement  vouloir  en- 
tendre et  adviser,  qui  nous  pourroit  servir  de  recompense 
en  mauvais  temps  que  nous  avons  eu  depuis  sept  ou 
huict  mois  en  ça  et  avons  encores.  Et  si  Dieu  par  sa 
grâce  et  miséricorde  n'y  pourroit,  sommes  bien  taillez 
avoir  encores  pis  vous  assurant  que  depuis  lessusdicts 
sept  ou  huict  mois  passez  il  m'a  fallu  emprunter  assez 
bonne  somme  d'argent  pour  vivre,  laquelle  somme  je 
doibs  encores,  tant  s'en  fault  que  j'aye  aulcun  moijen  de 
payer  tant  petite  somme  puisse-elle  estre  a  qui  que  ce 
soit.  Ce  que  a  la  vérité  me  contriste  grandement  car  la 
volonté  est  bonne  mais  le  moijen  me  defauit.  Que  si 
Dieu  nous  voulust  tant  favoriser  que  de  nous  délivrer  de 
ceste  contagion  (4)  tant  dangereuse  et  nous  envoyer  quel- 
que bon  temps  de  vente  en  response  j'espererois  que  petit 
a  petit  et  bien  tost  j'aurois  contenté  et  payé  ung  chascung 


a  qui  je  puis  debvoir,  au  contraire  si  Dieu  nous  continue 
ladicte  maladie  je  ne  scay  que  nous  ferons,  sinon  implorer 
l'aide  et  avoir  recours  a  nos  vrais  amys  (dont  vous  nostre 
père  est  le  premier)  lesquels  au  besoing  se  monstrent  et 
aident  volontiers  les  leurs  de  tout  ce  que  leur  est  pos- 
sible mesmes  devant  que  d'en  estre  importuné,  sollicité 
ou  prié  etc.  Je  n'ay  encores  oy  aulcunes  novelles  du 
dernier  toneau  de  livres  qu'il  vous  a  pieu  de  me  faire 
envoyer  dont  suis  en  peine  craignant  qu'il  ne  soit  perdu 
en  la  mer  que  Dieu  ne  veulle  ;  que  si  par  fortune  il  estoit 
encores  en  Anvers  je  vous  vouldrois  bien  prier  le  garder 
encores  jusques  a  ce  que  ayez  aultres  novelles  de  moy 
car  je  desirerois  bien  d'avoir  lesdicts  livres,  mais  je  n'ay 
pas  le  moijen  de  payer  le  port  ou  voicturage  desdicts 
livres  qui  me  cousteroit  plus  que  (peult  estre)  je  pourrois 
recevoir  d'argent  de  six  mois  si  le  temps  ne  se  change 
dont  il  y  a  pouvre  apparence.  Dieu  par  sa  grâce  y  veulle 
remédier  et  pourroit  s'il  luy  plaist,  et  nous  envoyer  a 
tous  ce  que  nous  est  nécessaire  et  salutaire  tant  au  corps 
qu'a  l'ame,  me  recommandant  a  vostre  bonne  grâce, 
prieray  le  Créateur  vous  maintenir  tous  en  bonne  santé 
longue  et  heureuse  vie.  De  Paris  ce  12'  Janvier  1581. 

Le  vostre  treshumble 
gendre  Gilles  Beijs. 

{Au  verso  :)  A  mon  Trescher  et  treshonoré 
Père  le  Sire  Christoffle  Plantin 
marchant  libraire  A 

Anvers. 

(i)  Voir  la  lettre  n°  897,  du  25  décembre. 

(2)  Il  s'agit  entre  autres  de  la  lettre  n»  802. 

(3)  Michel  Sonnius. 

(4)  C'est-à-dire  la  peste,  qui  régnait  toujours  i  Paris. 


—    223    — 

905.  —  Planlin  à  VaJverdius. 

{ylrchives  Plant iniennes,  X,  f»  22^'). 

13  Janvier  1581. 

(Planlin  a  répondu  en  somme  par  sa  lettre  du  H  de  ce  mois  à 
celle  de  Valverdius,  reçue  ce  jour  même.  L'imprimeur  y  déclara  qu'il 
lui  est  impossible  d'entreprendre  une  nouvelle  impression  d'ici  plu- 
sieurs mois.  Si  toutefois  quelqu'un  pouvait  lui  payer  comptant  300 
exemplaires  de  ses  livres,  il  se  remettrait  à  imprimer.  Plantin  rap- 
pelle qu'il  a  dû  payer  13  florins  de  port  pour  une  partie  du  Commen- 
taire de  Kimchi,  Les  routes,  infestées  par  les  soldats,  rendent  les 
communications  avec  l'étranger  extrêmement  difficiles.) 

Ill'  Viio  Duo  Bartholomeo  Valverdio. 

Tuis  Idib.  Decemb.  quas  hodie  accepi  non  deberem 
responsum  si  superiores  meas  Kalendis  hujus  mensis 
scriptas  accepisses,  quas  ex  tuo  prœscripto  Venetias  ad 
111.  V.  D.  Salaz.  Secret.  Reg.  misi  porro  tibi  destinan- 
das  (i).  Illis  namque  paucis  et  vere  declaro  me  non 
posse  quicquam  sumptibus  meis  inchoare  donec  aliqua 
ex  illis  quie  sub  prselis  sudant  absolvero  quod  vix  credo 
futurum  ante  festum  S.  Joh.  Baptistas  (2).  Si  quis  tamen 
vellet  nos  certum  reddere  de  redemptione  300.  exemplar. 
statini  ubi  esset  opus  aliquod  perfectum  me  illico  aus- 
picaturum.  Nam  pr^eter  quam  quod  non  libenter  solvi 
ultra  13.  florenos  pro  vectura  tertias  partis  Comment. 
Kimhi  in  Psalmos  maluissem  tanto  pluris  pro  vectura 
libri  Psalmorum  integri,  ut  interea  taceam  nos  hic  non 
bono  jam  loco  esse  ad  distrahendum  exemplaria  quas- 
cumque.  Intercluduntur  siquidem  et  infestantur  militibus 
itinera  omnia  neque  video  quis  sit  futurus  finis  malorum 
ita   homines   obdurantur   utrimque  cum  invidea,    odio, 


—  lli,  — 

dolis  et  technis  quie  res  pietati  prorsus  adversantur  et 
Christiano  honori.  Dos  Deus  sua  pace  nos  beare  digne- 
tur.  Antverpia;  raptim  Idib.  Jan.  1581. 

(i)  Voir  lettre  précédente  n°  899. 

(2)  Le  24  juin.   Dans  sa  lettre  du    i^  janvier,   Plantin    parla  de 
Pâques  (le  26  mars  de  cette  année). 


906.  —  Plantin  à  Alexandre  Grapheus. 

{,Archives  Plantiniennes,  X,  f"  23). 

20  Janvier  1581. 

(Plantin  vient  d'apprendre  que  le  livre,  envoyé  depuis  le  mois 
d'août,  est  enfin  arrivé  à  destination.  L'imprimeur  s'en  réjouit  :  il 
n'oubliera  en  effet  jamais  les  services  que  Grapheus  et  son  père 
lui  ont  rendus.  François  Raplielingien,  dont  il  a  tenu  le  fils  sur 
les  fonts  baptismaux,  et  Jean  Moretus  le  saluent  affectueusement. 
Plantin  attend  Y Apollodorc  de  Metellus.  Théodore  Poelman,  profitant 
des  loisirs  que  lui  laissent  ses  fonctions  de  percepteur  des  contribu- 
tions, s'occupe  toujours  des  auteurs  classiques  :  Perse,  Jiivénal,  César, 
La  deuxième  édition  du  Tacite  de  Juste-Lipse  est  achevée  ;  son  com- 
mentaire sur  le  même  auteur  est  sous  presse.  L'architypographe 
s'étend  sur  l'édition  de  la  description  des  Pays-Bas  de  Guichardin, 
qu'il  espère  publier  également  en  latin  et  en  français.) 

Clariss.  doctissimoque  Viro  Dno  Alex.  Graph^eo. 

Gaudeo  equidem  quod  fasciculus  tibi  a  me  inscrip- 
tus  post  multos  dies  et  varia  pericula  (mense  siquidem 
Augusti  navigio  commiseramus  in  sarcina  quam  tuni  ad 
Maternum  Cholinum  mittebamus)  ad  manus  tuas  uti 
cupiebam  pervenerit  (i).  Litteras  nullas  addidi  tum  quod 
verba  noluissem  prasvenisse  munusculum  nostrum  tum 
quod  sperabam  te  facile  intellecturum  ut  fecisti  a  quo 
tibi    mitteretur.  Abunde  vero  mihi   satisfactum  est  cum 


—   21/[  — 

ex  tuis  intelligam  officium  hoc  meum  tibi  non  ingratunn 
fuisse  quod  etiam  desiderium  meum  confirmavit  ad 
talia  praestanda  officia  quoties  intellexero  tibi  quid  gra- 
tum  futurum.  Memoria  namque  teneo  aeternumquetenebo 
quie  tu  et  piae  mémorial  Pater  bénéficia  in  nos  nostros- 
que  contulistis  (2).  Eosque  monebo  ne  umquam  oblivis- 
cantur  :  nec  a  te  vel  tuis  umquam  patiantur  sua  requiri 
officia.  Franciscus  Raphlengius  cujus  filiolum  (3)  ad 
sacrum  baptismatis  fontem  suscepisti  te  quamofficiosis- 
sime  resalutare  jubet.  Alter  item  gêner  Johannes  Moretus 
taberna^  nostr^e  librari^e  ut  ille  officinse  typographie* 
prasfectus  te  salutat. 

D.  Metello  ex  me  salutem  plurimam  referri  percupio 
cui  jam  bis  scripsi  de  Apollodoro  cujus  exemphir  ab  eo 
emendatum  jam  aHquandiu  expectavi.  Pulmannus  noster 
vivit,  valet  et  si  per  totos  dies  sit  Hbris  rationum  vecti- 
gahs  vinorum  qui  extra  urbem  evehuntur  alligatus  horas 
aliquando  vespertinas  et  quas  pr^terea  sufFurare  potest 
a  tah  officio  (4)  impendit  more  soHto  in  conferendis 
auctoribus.  Dédit  nobis  nuper  rursus  Persum,  Juvena- 
lem  (5),  Commentaria  Cassaris  et  quosdam  alios  quos 
brevi  praelo  favente  Deo  subjiciam.  Cornelij  Taciti  nuper 
alteram  editionem  Lipsij  nostri  absolvi,  hujus  commen- 
taria in  eundem  auctorem  sudant  sub  praelo.  Brevi  spero 
me  absoluturum  Descriptionem  harum  regionum  Italice 
a  Guicardino  duplo  vel  amplius  auctam  in  qua  sunt  cartas 
geographica^  regionum  et  figuras  prascipuarum  urbium 
omnia  in  asre  incisa.  Spero  me  brevi  postea  Latine 
eandem  a  Camerario  et  fortasse  eodem  tempore  Gallice 
a  Nicotio  (6)  versam  editurum.  Interea  non  cesso  quas- 
rere  figuras  urbium  qu«  in  hac  editione  desiderantur. 
Cupio  namque  omnes  harum  regionum   urbes   tandem 


—   225    — 

huic  operi  adjungere  et  propterea  omnes  amicos  in 
auxilium  voco  ut  si  quid  postquam  nostram  hanc  edi- 
tionem  viderint  habeant  mittere  nostris  sumptibus  ne 
graventur.  Bene  vale.  Antverpiae  20.  Jan.  1581. 

(i)  Nous  ne  savons  pas  à  quel  livre  Plantin  fait  allusion  ici.  Son 
Journal  du  mois  d'août  1580  ne  mentionne  aucun  envoi  à  Grapheus; 
mais  l'arclîitypographe  avait  l'habitude  d'offrir  un  exemplaire  de 
toutes  ses  éditions  à  son  ami. 

(2)  Voir  lettres  précédentes  à  Grapheus,  où  il  est  question  de  l'aide 
accordée  par  lui  à  l'imprimeur  au  début  de  la  résidence  de  ce  dernier 
à  Anvers.  Corneille  Grapheus,  père  d'Alexandre,  avait  également  été 
secrétaire  de  la  ville  d'Anvers. 

(3)  Christophe  Raphelingien,  né  à  Anvers  en  1566. 

(4)  Théodore  Poelman,  d'abord  foulon,  mais  les  dernières  années 
de  sa  vie  employé  à  la  perception  des  droits  de  sortie  sur  les  vins. 
Il  mourut  cette  même  année  1381. 

(5)  Edition  parue  quatre  ans  après  la  mort  de  Poelman  :  T).  lunii 
luvenalis  Satyranim  Libri  V.  A.  Tersii  Flacci  Satyrarum  Lib.  I.  Theod. 
Tulmanni  in  eosdem  Annotaiiones . . .  Anvers,  Plantin,  1585,  in-i6o. 

(6)  Les  versions  de  Camerarius  et  de  Nicotius  ne  virent  jamais  le 
jour.  Sur  la  traduction  latine  de  la  Descrittione,  voir  antérieurement. 
Belleforest  s'était  chargé  d'en  fournir  la  version  française. 


907.  —  Ratallerus  à  Plantin. 

{archives  Plantiniennes,  XCII,  f°  249). 

27  Janvier  1581. 

(Ratallerus  reçoit  toujo^lrs  très  tard  les  lettres  de  Plantin.  La 
dernière,  datée  du  29  décembre  et  reçue  le  25  de  ce  mois,  renferme 
une  liste  d'erreurs,  relevées  par  Raphelingien  dans  son  édition,  et  qui 
en  ont  retardé  l'apparition.  Il  en  envoie  une  épreuve  par  la  présente, 
en  même  temps  que  des  corrections  de  son  Sophocle.  Le  reste  suivra 
sous  peu). 

S.  P.  Valdè  tardé  litter^e  mihi  tuas  semper  redduntur. 
Ultimas  29  Decemb.  scriptas,  postridie  ut  quoties  accepi. 


15 


—  226   — 

Sed  ob  hyemis  rigorem  citius,  credo,  illre  perferri  non 
potuerunt.  Additas  fuerunt  in  eodem  fasciculo  literae 
Raphelengij  et  Ze  in  quibus  me  errorum  quorundam 
admonuerunt  quos  doleo  editionem  libelli  retardasse  (i). 
Correctes  nunc  mitto,  ut  etiam  eos  qui  in  Sophoclem 
nescio  qua  mea  negligentia  irrepserunt  (2),  ne  quid  te 
remoretur.  Q,uod  reliquum  est  mittam  primo  quoque 
tempore,  et  antequam  te  siderari  poterunt.  Vale  opt. 
Plantine,  generoque  tuo  Moreto  plurimum  ex  me  saluta. 
Ultrajecto  VI  Cal.  Feb.  1581. 

Tuus  ex  animo 
G.  Ratallerus. 

Ego  me  Raph.  et  Ze  excusavi,  gratiasque  egi.  Nego  an 
publica  impediverunt  quo  minus  juvare  mea,  ut  decet, 
potuerim.  Mone  eos  quasso  ut  aliorum  certiorem  faciant. 
Ex  Ajace  et  alijs  Sophoclis  Tragœdijs. 

{Suit  une  liste  de  corrections  à  apporter  au  texte  de  l'édition 
de  IJ70). 

{Adresse  au  verso  :)  Ornatiss.  Viro  D. 
Christophoro  Plantino 
Architypographo  Régie. 
Antverpiam  (3). 

(i)  Il  s'agit  sans  doute  de  l'édition  des  trois  tragédies  d'Euripide, 
citée  dans  la  pièce  n°  877,  note  3. 

(2)  La  nouvelle  édition  de  Sophocle  par  Ratallerus  (voir  lettre 
no  888)  ne  parut  jamais,  l'auteur  étant  mort  inopinément  dans  le  cou- 
rant de  l'année  1581. 

(3)  Cette  lettre  fut  également  trouvée  dans  l'exemplaire  annoté 
des  tragédies  de  Sophocle,  cité  antérieurement  (no  877,  note  2). 


—    227    — 

9o8,  —  Elisabeth  Fan  den  Keere  à  Plantin. 

{Archives  Tlauliuieuues,  LXXXI,  f°  457). 

50  Janvier  1581, 

Mon  Compère  pour  Respoiice  aux  vostres,  il  me  veint 
ung  peu  mal  a  poinct,  que  n'ayés  la  commodité  de  venir 
pardeça  que  ce  ne  soit  environ  les  Pasques  et  ce  a  cause 
que  ne  puis  partir  de  mes  enfans  Orphelins  jusques  a  ce 
que  j'aye  vendu  mes  poinsons,  et  pourtant  vous  prye  que 
si  le  temps  et  vostre  convalescence  peuvent  supporter  de 
le  faire  plustost,  mais  si  cela  ne  se  peult  faire  et  l'occa- 
sion ne  s'y  offre  ne  laisseray  pourtant  d'attendre  vostre 
venue,  car  ne  sors  d'intention  de  les  offrir  a  personne  si 
premièrement  je  n'aye  tasché  par  tous  moyens  d'accorder 
avecques  vous,  me  sentant  en  ce  cas  a  vous  plus  que  un 
aultre  obligé  et  redevable.  Tellement  que  vous  puis  bien 
asseurer  que  je  ne  retarde  de  les  vendre  par  faulte  d'aultre 
marchand  ains  seulement  pour  la  cause  susdicte,  vous 
promettant  au  surplus  que  n'ay  intention  que  d'y  procé- 
der a  bon  escient,  et  faire  tout  ce  que  la  raison  peult 
supporter,  attendant  le  mesme  de  vous  comme  jusques 
ores  ay  tousjours  apperceu  vostre  benevolence  envers 
moy  et  mon  defunct  mary,  dont  je  vous  remercye  vous 
pryant  me  tenir  en  vostre  bonne  grâce  (i).  De  Gand  le 
30''  de  Janvier  1581. 

Vostre  Commère  et  Amye. 
Je  vous  envoyé  cy  joinct 
le  nombre  des  poinsons  de  chacune 
lettre  comme  désirés  avoir. 

(i)  Plantin  lui  acheta,  le  15  février  de  cette  année,  au  prix  de  1500 
florins,  vingt  espèces  de  poinçons  de  lettres  et  de  notes,  et  douze 
sortes  de  matrices  de  lettres  (voir  n»  913). 


—    22»    — 

909.  —  Plantin  à  Gilles  Beys. 

{Archives  Plantiniennes ,  X,  f  23^), 

2  Février   1581. 

Gilles.  Pour  response  aux  vostres  du  12.  Janvier  (i) 
je  m'esbahi  grandement  que  ne  pouvés  comprendre  les 
raisons  qui  me  contragnent  selon  Dieu  et  la  nature  de 
n'obtempérer  a  vostre  requeste  autant  incivile  et  non 
acceptable  que  seroit  celé  d'ung  jeune  homme  fort  et 
robuste  pour  marcher  de  soymesmes  qui  voudroit  per- 
suader a  son  Père  vieil  et  caduc  de  luy  bailler  pour 
tousjours  le  baston  duquel  il  s'apuye  pour  marcher.  Car 
vous  donnant  mon  enseigne,  livres  et  affiches  celui  qui 
m'en  achapte  et  distribue  si  grand  nombre  (2)  n'en 
voudroit  plus  pour  diverses  causes  trop  longues  a  reciter 
maintenant  qui  suis  trop  occupé  a  d'autres  affaires  et 
débile.  Et  ainsi  demeurerois-je  frustré  des  moyens  et 
commodités  que  je  reçoy  de  ce  costé-la,  et  en  danger 
d'estre  ruiné  quant  au  faict  de  continuer  Timprimerie. 
Veu  mesmes  qu'escrivés  de  n'avoir  moyen  de  rien  payer 
non  pas  la  voicture  et  qu'avés  tant  emprunté  pour  vivre 
etc.  Parquoy  vous  eussiés  mieux  faict  de  m'escrire  telle 
nécessité  sans  me  mander  le  dernier  tonneau  que  je  veux 
bien  que  faciès  recevoir  par  mon  frère  Porret  ou  par  le 
Signeur  Sonnius  qui  en  payera  la  voicture  et  me  le 
gardera.  Et  j'eusse  tasché  de  vous  assister  a  mon  pouvoir 
comme  je  le  désire  de  tout  mon  cueur  et  comme  vray 
Père  doibt  estre  affectionné  de  faire  bien  tandis  qu'il  vit 
et  qu'il  peut  a  son  enfant  non  selon  que  l'enfant  ignorant 
et  outrecuide  en  son  audace  et  fantasie  le  voudroit  bien  : 
car  cela  seroit  luy  mal  faire  ainsi  qu'il  advient  a  maints 


—  229   — 

Pères  trop  légers,  crédules  et  singes  de  leurs  enfants 
qu'ils  pensent  advancer  en  leur  livrant  ce  qu'ils  deman- 
dent estant  encores  jeunes  escholiers  et  non  expérimentés 
aux  affaires  et  voulants  comme  oyseaux  encores  non 
emplumés  voler  plus  liaut  qu'ils  ne  doibvent,  en  se 
voulant  esgaler  a  ceux  qui  ont  moyen  ou  veulent  qu'on 
croye  qu'ils  l'ont,  faisants  a  la  mode  de  la  chouette 
Esopicque  et  en  fin  se  trouvant  trompés.  Ce  que  je  vous 
conseille  et  enhorte  de  laisser  et  de  vous  remectre  a 
travailler  constamment  comme  il  appartient  selon  Dieu 
et  la  raison.  Que  s'il  n'y  a  qui  vous  baille  besongne  a  ce 
que  pouvés  faire  par  delà  m'en  advertissant  je  m'effor- 
ceray  de  vous  en  bailler  ou  faire  bailler.  Que  si  vous 
pensés  ne  pouvoir  plus  tailler  et  qu'aimiés  mieux  venir 
par  deçà  je  vous  employeray  bien  volontiers  a  ordonner 
de  pendre  et  despendre  les  formes  de  l'imprimerie,  a 
bailler  les  papiers,  a  collationner,  assembler  et  a  fliire 
toutes  autres  choses  possibles  et  si  n'aurés  pis  ne  mieux 
que  nousmesmes.  Bref  je  suis  prest  de  vous  aider  selon 
ma  puissance  outre  laquelle  je  ferois  aussi  mal  de  me 
vouloir  eff^orcer  et  vous  octroyer  ce  que  demanderiés 
outre  icelle  comme  le  Père  qui  estant  pouvre  voudroit 
entreprendre  d'enrichir  son  enfant.  Labore  Constanti 
victum  et  amictum  hactenus  per  Dei  gratiam  comparavi, 
tu  quoque  fac  simile  fili,  c'est  le  plus  grand  bien  que  j'ay 
tousjours  tasché  de  vous  faire  acquérir  comme  ra3''ant 
trouvé  par  expérience  le  milleur  et  plus  asseuré  en  ce 
monde.  Et  pourtant  je  vous  prie  de  rechef  et  supplie  de 
le  vouloir  comprendre  et  le  practicquer  a  bon  escient  et 
sans  faintise,  dissimulation,  ni  fantasies  ou  opinions 
decevables  et  vaines  de  penser  qu'on  vous  doibve  la  ou 
vous  estes  redevable.  Ce  qu'espérant  que  ferés  doresen- 


230 


avant  je  prieray  Dieu  vous  en  faire  la  grâce  me  recom- 
mandant a  la  vostre  et  de  ma  fille  et  tous  vos  enfants 
ausquels  je  désire  accroissement  en  la  craincte  de  Dieu 
sans  qui  tout  est  vain  ce  que  Thomme  se  forge.  D'Anvers 
en  haste  ce  2.  Febvrier  1581. 

(1)  Voir  lettre  précédente,  n»  902. 

(2)  Michel  Sonnius. 


910.  —  Plant  in  à  Ciofano. 
(Archives  Plantinienms ,  X,  f°  24). 

2-12  Février  1581. 

(Plantin  s'est  réjoui  de  la  lettre  de  Ciofano.  11  s'engage  à  mettre 
son  ouvrage  sous  presse  aussitôt  qu'il  aura  terminé  l'impression  du 
Commentaire  de  Fulvius  Orsini  sur  les  œuvres  de  Cicéron,  c'est-à-dire 
vers  Pâques,  L'architypographe  fera  son  possible  pour  faire  paraître 
sans  interruption  les  Observations  de  Ciofano  sur  les  Offices  et  Epitres 
de  Cicéron.  Plantin  lui  envoie,  par  l'intermédiaire  de  Charles  Pesnot, 
la  liste  de  ses  éditions,  mises  en  vente  à  Francfort.) 

Herculi  Ciofanio  C.   Pi.   S.   D. 

S.  P.  Litterœ  mx,  III  Id.  Januarii  datœ  laîtitiam  mihi 
ut  decuit  maximam  attulerunt  eo  quod  legitimam  nos- 
tram  excusationem  te  accipere  testarentur,  et  tuam  in 
me  immeritum  propensam  animi  tui  voluntatem.  Id  quod 
animum  nostrum  valde  erexit  ad  tua  doctissima  scripta 
prselo  committenda  prima  occasione  quam  mihi  non 
sinam  pr^terire,  Eam  vero  me  habiturum  spero  statim 
ubi  absolvero  Fulvii  annotationes  in  opéra  Ciceronis  (i), 
quas  post  tôt  rémoras  a  temporis  difiicultatibus  nobis 
objectas  jam  nunc  primum  licuit  pra;lo  subjicere  et  circa 


—  231  — 

sanctissimas  Pasch^e  festum  me  absoluturum  spero.  Quare 
si  tuas  interea  Observationes  in  Officia  Ciceronis  et 
Epistolas  miseris,  efficiam  Deo  favente  ut  continua 
opéra  excudantur.  Et  quoniam  scribis  has  mihi  inscri- 
bendas,  rogo  et  obsecro  ne  nimium  accipe  de  me  quic- 
quam  scribas  aut  plus  tibi  de  me  poUicearis  quam  priEsiare 
queam.  Quas  jam  misisti,  curabo  fideliter  suis  iocis  addi. 
Hic  liabes  catalogum  eorum  librorum  quos  Francofurtum 
misimus  Carolo  Pesnot  aut  ejus  vicario  tradendos,  porro 
tibi  destinandos.  Addidi  quidam  qu^e  tibi  grata  esse 
percupio. 

Quoniam  vero  eheu  hinc  jam  nihil  recta,  vehementer 
abs  te  peto  lîe  tibi  molestum  sit  tuis  adjunctas  Romam 
curare  et  quicquid  solveris  ad  me  perscribere,  siquidem 
ilico  ut  tibi  repondatur  conabor  gratiamque  insuper 
habebo  (2). 

(i)  Ftilvii  Ursini  in  omnia  Ciceronis  opéra  notie.  Anvers,  Plantin, 
1581,  in-8«. 

(2)  Reproduit  par  A.  Fayen.  Lettres  plantitiiennes  (1574-1581), 
Revue  des  Bibliothèques  &  Archives  de  Belgique,  III,  fasc.  6,  p.  459. 


911.   —  Plantin  à  Fulvius  Ursinus. 
{Archives  Plantiniennes,  X,  f*  24). 

12  Février  1581. 

(Le  livre  d'Ursinus  dont  Plantin  avait  commencé  l'impression  avant 
les  Koles  sur  Cicéron,  n'a  pas  encore  pu  paraître.  Il  espère  l'achever 
vers  Pâques.  Aussitôt  qu'il  aura  reçu  les  fragments  en  question,  il 
les  mettra  sous  presse  et  finira  l'ouvrage  à  la  satisfaction  de  l'auteur 
et  du  cardinal  de  Granvelle). 


—  232  — 
Clariss.  doctissimoque  viro  D.  Fulvio  Ursino. 

Qu£e  priusquam  tuas  notas  in  Ciceronis  opéra  inchoa- 
veram  et  ante  annum  absolvere  speraveram,  ego  ne  nunc 
quidem  potui  tant^e  dificultates  tempora  nobis  pepere- 
runt  (i).  Nolui  tamen  diutius  diferre  quin  illas  praelo 
subjicerem  quarum  spécimen  primum  liic  tibi  mitto. 
Circa  festum  vero  Paschatis  spero  me  absoluturum  illas 
et  ad  te  missurum  ilico.  Fragmenta  necdum  vidi  neque 
mercator  sarcinam  suam  se  accepisse  dicit.  Ubi  recepero 
statim  magnis  typis  quantum  tibi  et  Illustriss.  Cardinali 
(2)  placet  aggrediar  et  continua  opéra  prosequar  favente 
Dno  qui  te  nobis  et  reipub.  diu  servet  incolumen.  Ant- 
verpiag  12.  Februarij  1581. 

(i)  Ursinus  doit  avoir  confié  à  Plantin,  en  même  temps  peut-être 
que  ses  Notes  sur  Cicéron  (parues  en  1581),  ses  Notes  sur  Polybe, 
dont  la  préface  est  datée  du  20  novembre  1581. 

(2)  Antoine  Perrenot,  cardinal  de  Granvelle,  à  qui  Ursinus  avait 
dédié  son  livre  de  Polybe.  Voir  P.  A.  de  Nolhac.  Lettere  inédite  del 
Card.  de  Granvelle  a  Fulvio  Orsini  e  al  Card.  Sirleto.  (Studi  e  docu- 
menti  di  storia  e  diritto.  Anno  V).  Roma,  1884,  in-f». 


912.  --  Plantin  à  Scaliger  (i). 

{^'lichives  Phintiuiennrs,  X,  f»  24). 

12  Février  1581. 

Monsigneur  Scaliger,  ayant  occasion  j'ay  prins  la  har- 
diesse de  vous  escrire  et  envoyer  ung  exemplaire  du 
Songe  Lipsian(2)et  vous  présenter  mon  affection  et  service 
en  tout  ce  que  penserés  que  je  sois  propre  de  vous  en 
faire  ou  a  qui  que  ce  soit  de  vos  amis.   Ce  pendant  je 


233 


prie  Dieu  vous  augmenter  ses  grâces  me  recommandant 
a  la  vostre.  D'Anvers  ce  12.  Febvrier  1581. 

(i)  Joseph-Juste  Scaliger,  célèbre  philologue  français  et  professeur 
à  l'université  de  Leyde  (1540-1609).  Plantin  n'a  rien  imprimé  de  lui, 
en  dehors  du  commentaire  sur  Virgile,  paru  en  appendice  à  la  grande 
édition  in-f»  de  Virgile  par  Val.  Guellius,  en  1575. 

(2)  /.  Lipsij  Satyra  Menippaa  Somnium.  Lusiis  in  noslri  avi  Criti- 
cos.  Antverpiae,  Ex  officina  Chr.  Plantini,  Architypographi  Regij. 
M.D.LXXXi.  In-40.  Avec  dédicace  de  Lipse  à  Joseph  Scaliger. 


913.  —  Pierre  Porret  à  Jean  Moretus. 
(^Archives  Plantiniennes,  XCI,  f°  121). 

Paris,  le  13  février  1581. 

Amy  Morentorf.  Par  vostre  lectre  du  24.  de  Janvier 
vous  me  mandés  que  le  seig*"  Louys  Pères  depvoit  avoyr 
la  spécification  par  le  menu  de  ce  que  j'ay  fourny  pour 
ses  nepveuz.  Ce  que  je  n'ay  encore  faict  attendant  la 
response  de  sesdictz  nepveuz  auquelz  j'ay  envoyé  les 
parties  par  le  menu  et  aussi  je  luy  envoyeray  par  mesme 
moyen  ce  qu'il  avoit  heu  a  Poictiers  de  celluy  a  quy  je 
les  ay  adressé.  Je  luy  ay  mandé  in  globo  ce  qu'ilz  ont 
despendé  despuys  qu'ilz  sont  avec  moy  jusques  au  17® 
de  Décembre  qu'ilz  sont  partis.  Par  le  premier  je  luy 
envoyeray  tout  parle  menu.  Quant  a  Manmaker,  je  croy 
qu'il  est  si  homme  de  bien  qu'il  congnoistra  combien  par 
les  payementz  qu'il  doibt  avoyr  faict  par  les  demi  années, 
comme  verres  par  ce  que  j'en  mande  dans  la  lectre  de 
mon  frère  affin  que  n'ayez  la  peine  de  le  chercher.  Au 
reste  je  vous  prie  s'il  y  a  quelque  chose  de  nouveau  de 
Paracelce  a  Francfort  (si  vous  y  allés  ou  envoyés)  me  le 


—  234  — 

vouloyr  faire  tenir  dedans  les  tonneaul'x  de  Nivelle  ou 
Jacques  du  Puys(i)  avec  un  livre  dudict  autheur  intitulé 
Quintum  esse  (2).  Ensemble  quelque  demi  dozaine  de 
rames  du  fin  papier  et  deslié  a  l'aigle.  Et  de  tout  ce  que 
m'envoyerés  vous  en  feray  rembourcer  par  delà  a  vostre 
v(olon)té.  Et  surce  me  recommandant  a  vostre  bone 
grâce,  je  prieray  Dieu  vous  donner  en  joye  et  santé 
bonne  vie  et  longue.  Escripte  a  Paris  ce  13*  de  febvrier 

1581. 

Vostre  serviable  frère 

et  amy  P.  Porret. 
Je  vous  prie  de  saluer 

Martine,  vos  frères  et  seurs  de 

ma  treshumble  recommandation. 

(Adresse  au  verso  :)  Au  Sire  Jehan  Morentorf 

marchant  libraire 

au  Compas  d'or 

A  Anvers 
par   amy    que 

Dieu  garde. 

(i)  Sébastien  Nivelle  et  Jacques  Dupuis,  libraires  à  Paris. 
(2)  Un  des  nombreux  ouvrages  de  Paracelse,  fameux  alchimiste  et 
médecin  du  XVle  siècle. 


914.   —  Plantin  à  Charles  Billohe. 
{Archives  Tlantinienms ,  X,  fo  24). 

12-15  Février  1581. 
A  Monsieur  Charles  Billohe. 
Monsieur  les  vosires  dattees  a  Madrid  le  22.  Novembre 


—  235  — 

de  l'année  passée  m'ont  esté  délivrées  le  12.  Febvrier. 
Pour  response  a  icelles  je  vous  remercie  en  premier  lieu 
de  ce  qu'il  vous  plaist  interpréter  mon  simple  debvoir 
pour  courtoisie  et  bonté.  Secondement  je  vous  certifie 
que  je  suis  comme   j'ay  tousjours  esté  singulièrement 
affectionné  de  faire  tout  humble  service  a  monsigneur 
le    docteur   Viperan,    estant   triste   que   par  je  ne   scay 
quel  desastre  j'ay  tousjours  esté  frustré  de  mon  intention 
et  bonne  volonté  de  le  luy  monstrer  aussi  tost  par  effect 
comme  il  l'eust  bien  désiré  et  moy  encores  plus  qui  ait 
faict  toute  diligence  a  moy  possible  de  luy  faire  tenir  des 
exemplaires  de  son  oeuvre  de  arte  poetica  (i)  duquel  je 
ne  faudray  de  livrer  icy  tel  nombre  que  le  porteur  voudra 
recevoir  (car  il  a  délivré  la  lectre  en  ma  bouticque  sans 
parler  ne  dire  son  nom  ne  demeure)  en  faute  de  quoy 
j'en  envoyeray  pardela  en  la  première  basle  que  je  scau- 
ray  qui  se  face  pour  envoyer  d'icy  pardela.  duant  a  ce 
que  je  n'ay  poinct  encores  imprimé  les  autres  oeuvres 
dudict  Signeur  Viperan  et  que  j'ay  continué  comme  je 
fay  d'en  imprimer  tant  d'autres  la  cause  est  que  depuis 
le  temps  que  je  fu  deceu  par  ceux  qui  soubs  le  nom  et 
auctorité  du  Roy  m'ont  faict  employer  passé  huict  ans 
plus  que  quatre  fois  autant  que  mes  facultés  ne  portoyent 
a  faire  les  préparations  pour  imprimer  les  grands  psau- 
tiers, Antiphonaires  et  Graduels  pour  tout  le  Royaume 
d'Espagne  et  puis  après  retiré  (en  autres  ouvrages  qu'ils 
m'avoyent  cependant  faict  faire)  les  dix  mille  escus  qu^ils 
m'avoyent  faict  livrer  pour  arres  des  autres  livres  sus- 
dicts  seion  nostre  accord.  Depuis  dis-je  ce  temps  la  qu'ils 
m'abusèrent  ainsi  je  fu    contrainct  de  m'assubjectir  et 
obliger  a  quelques  marchands  qui  payèrent  mes  debtes. 
A  quoy  depuis  est  survenu  le  malheur  du  sac  de  ceste 


—  236  — 

ville  ou  je  fu  derechef  si  misérablement  traicté  et  ran- 
sonné  outre   la  valeur  de   tout  mon  bien  que  sans  la 
bonté  et  amitié  des  mesmes  marchands  qui  me  rachapte- 
rent  et  mon  imprimerie  (peut  estre  pour  me  sauver  a  cause 
de  ce  que  je  leur  debvois)  je  n'eusse  jamais  eu  moyen 
de  rien  faire  (2).   Parquoy  je  fus  contrainct  de  m'assub- 
jectir  et  m'obliger  a  eux  d'imprimer  a  leur  profict  et  par 
leur  consentement  tout  ce  que  j'imprimerois  en    après 
jusques  a  ce  qu'ils  fussent  remboursés  de  leurs  deniers 
advansés   pour  les  causes  susdictes.    Or  est-il  que  leur 
ayant  faict  la  recommen(da)tion  deue  des  doctes  oeuvres 
dudict  S.  Viperan  ils  me  permirent  que  je  les  imprimasse 
pour  les  vendre  toutes  ensemble  encores  que  chaicunne 
oeuvre    eust   son    tiltre   et    fust  imprimée  a  part   ainsi 
qu'alors  je  l'escrivi   audict    Signeur    et    pour   cela   luy 
demanday-je  qu'il  luy  pleust  m'envoyer  ce  qu'il  pourroit 
avoir   observé,  corrigé,    osté   ou  adjouxté   en   ses   deux 
premiers   livres   par    moy    imprimés,   l'un    de    Rege   et 
Regno,  l'autre  de  Historia  scribenda,  surquoy  le  mesmes 
S""  m'escrivit  que  je  luy  envoyasse  des  exemplaires  des- 
dicts  livres,  par  ce  qu'il  n'en  avoit  plus  pour  y  adjouxter 
ce  que  bon  luy  sembleroit.  Ce  que  j'ay  faict  par  deux 
fois  sans  jamais  avoir  depuis  sceu  entendre  s'il  les  avoit 
receus.  De  quoy  s'est  ensuivi  que  mesdicts  Maistres  ne 
m'ont  permis  jusques  a  présent  d'imprimer  ceux  que  j'ay 
sans  les  autres  veu  que  par  la  vente  desdicts  deux  livrets 
premiers  je  leur  avois  donné  espoir  des  autres.  A  quoy 
faut  adjouxter  que  depuis  deux  ans  en  ça  nos  compa- 
gnons se  sont  tant  desbauchés  et  leur  est  survenu  tant  de 
maladies  que   je  n'ay  sceu  achever  encores  pour  ceste 
foire  de  Francfort  ce  que  je  pensois  bien  achever  ung  an 
passé,  mesmes  les  oeuvres  de  Becanus  pour  le  soulage- 


—  237  — 

ment  de  l'impression  desquelles  les  héritiers  nous  ont 
donné  en  don  cent  et  cinquante  escus  et  preste  autre 
cinq  cents  a  rendre  de  la  vente  d'icelles.  Vo3'la  les  causes 
pourquoy  je  ne  puis  ce  que  je  veux  et  la  principale  pour 
laquelle  je  n'ay  sceu  imprimer  les  oeuvres  du  susdict 
S'  Viperan,  ascavoir  pour  n'avoir  receu  de  luy  lesdicts 
exemplaires  de  Rege  et  Regno  et  de  Historia  scribenda 
ou  sa  volonté  sur  iceux  pour  imprimer  lesdictes  oeuvres 
chaicunne  a  part  :  mais  les  vendre  conjoinctement  aux 
libraires  marchands  qui  ne  font  compte  d'achapter  petits 
livres.  Parquov  je  vous  supplie  impetrer  dudict  Signeur 
qu'il  luy  plaise  m'envoyer  lesdictes  deux  copies  ou  ce 
qu'il  luy  plaira  sur  icelles  a  part.  Cependant  je  vous 
promects  qu'incontinent  ce  quaresme  fini  (car  plus  tost 
je  n'auray  le  moyen)  je  commenceray  (avec  la  grâce  de 
Dieu)  les  Oraisons  d'iceluy  et  poursuivray  les  autres 
autant  que  j'en  auray  le  pouvoir  et  le  moyen  (3).  Par- 
quoy  ce  sera  pour  l'autre  foire  ;  aussi  bien  toutes  les 
marchandises  que  debvions  envoyer  a  ceste  prochaine 
sont  elles  parties  avant  que  j'aye  receu  vostredicte  lectre. 
Que  si  elle  m'eust  esté  délivrée  en  temps  je  me  fusse 
efforcé  d'y  satisfaire  d'aussi  bon  cueur  que  je  désire  faire 
treshumble  service  a  Monsigneur  111""*,  a  Monsigneur 
Viperan,  a  vous  et  autres  vos  semblables  doctes  person- 
nages sincères  et  loyaux,  et  que  je  souhaitte  que  mes 
tresaffectueuses  recommandations  vous  soyent  a  tous 
aggreables. 

(1)  lo.  Antonii  Viptrani  De  Poetica  libri  très.  Anvers,  Plantin, 
1579,  in-80. 

(2)  Allusion  à  la  Furie  espagnole  et  à  l'intervention  de  Louis 
Ferez  qui  paya  la  rançon  de  Plantin  et  de  son  imprimerie  à  plu- 
sieurs reprises. 


—  i38  — 

(5)  lo.  Antoni:  Viperani,  Orationes  VI.  Anvers,  Plantin,  1581, 
Dans  le  même  volume  se  trouvent  réunis  d'autres  ouvrages  de 
Viperan,  ainsi  que  l'avaient  désiré  les  patrons  de  Plantin  :  lo.  Antonii 
Fiperaiii,  De  compoiwnda  oratione,  lihri  III.  lo.  Anlonii  Viperani,  In 
M.  T.  Ciceronis  de  optuno  génère  oraionuii^  commentarius  ;  avec  les 
deux  traités  De  Toetica  et  De  scribenda  hisloria,  parus  en  1579. 


915.   —  Plantin  aux  héritiers  de  Henri  Fan  den  Keere. 
(Archives  Ptantiniennes ,  X,  f»  25). 

15   Février  1581. 

Je  Christophe  Plantin  congnois  et  confesse  debvoir 
aux  héritiers  de  feu  Henrick  vanden  Keere  (i)  en  son 
vivant  demeurant  a  Gand,  tailleur  et  fondeur  de  lectres 
pour  l'imprimerie  la  somme  de  treze  cents  florins  et  ce 
pour  vingt  sortes  diverses  de  poinsons  de  lectres  et  notes 
et  douze  diverses  sortes  de  matrices  de  lectres  que  j'ay 
achaptés  d'eux.  Laquelle  somme  de  treze  cents  florins  je 
leur  promects  payer  ou  au  porteur  de  la  présente  en 
deux  termes  esgaux  ascavoir  six  cents  et  cinquante  flo- 
rins de  cejourdhuy  en  six  mois  et  les  autres  six  cents 
cinquante  florins  de  ce  jourdhuy  en  an,  a  condition  tou- 
tesfois  qu'au  cas  qu'il  ne  me  vint  a  commodité  de  payer 
lesdictes  sommes  audict  terme  que  je  leur  en  payeray  la 
rente  a  six  et  ung  quart  pour  cent  par  chaicun  an  jusques 
au  jour  que  je  leur  feray  ledict  payement.  En  tesmoing 
de  quoy  j'ay  escrit  et  soussigné  la  présente  de  ma  propre 
main  et  signe  manuel  cy  faict  en  Anvers  le  15.  jour  de 
Febvrier  1581. 


Je  Christophle  Plantin  promects  a  ma  commère  Elysa- 


—  239  — 

beth  veuvfe  de  feu  Henrick  vanden  Keere  que  en  cd'î 
que  l'un  de  ses  enfants  et  de  sondict  defunct  mari  ou 
bien  leur  serviteur  Thomas  vanden  Vechter  (2)  et  non 
autres  voulussent  cy  après  rachapter  de  moy  pour  s'en 
servir  :  mais  non  livrer  a  autre  qui  que  se  fust  les  poin- 
sons  et  matrices  que  j'ay  achaptees  ce  jourdhuy  d'elle 
soubs  le  nom  des  héritiers  dudict  defunct  vanden  Keere 
que  les  ayant  alors  sans  les  avoir  aliénés  je  les  delivreray 
au  mesmes  prix  qu'ils  m'auront  cousté  sans  quelque 
augmentation  de  prix  par  dessus  ledict  coust  et  paye- 
ments—  alors  faicts  pour  lesdicts  poinsons  et  matrices.  En 
tesmoing  de  quoy  j'ay  escrit  et  soussigné  la  présente  de 
ma  propre  main  et  signe  manuel  cy  mis  le  quinziesme 
jour  de  Febvrier  1581. 

(i)  Henri  Van  den  Keere  était  mort  avant  le  11  juillet  1580. 

(2)  Thomas  de  Vechter  travailla  encore  à  Gand,  pour  le  compte  de 
Plantin,  le  14  décembre  1581.  Il  vint  s'établir  alors  à  Anvers,  et 
fournit  à  l'officine  plantinienne  des  caractères  et  des  poinçons  jusqu'à 
la  fin  de  1584.  Il  partit  ensuite  pour  Leyde,  où  il  résida  jusqu'en 
1592  :  «  In  de  Vrouwestege  aen  de  Breestraet  ». 


916.   —  Plantin  à  Andréas  Papius. 

[Archives  Plaiitiniennes,  X,  fo  25). 

15   Février   1581. 

(La  lettre  de  Papius,  arrivée  à  Anvers  non  sans  grandes  difficultés, 
a  beaucoup  réjoui  l'imprimeur.  Plantin  est  très  satisfait  des  Heures. 
Il  envoie  maintenant  un  Diurnal,  se  déclarant  disposé  à  en  expédier 
d'autres  sur  demande.  Il  accueillera  avec  joie  le  livre  de  Papius  que 
celui-ci  voudra  lui  faire  parvenir.  Plantin  fait  hommage  d'un  exem- 
plaire du  Songe  de  Juste-Lipse  à  Papiiis  et  à  son  oncle,  Torrentius,  qu'il 


—  ±4^  — 

prie   de   prendre  patience  :   ses   Poésies  sortiront  prochainement  de 
presse.  Salutations  de  Ferez  et  de  la  famille  de  l'architypographe). 

Clariss.  doctissimoque  viro  D.  Andreae  Papio  (i). 

S.  P.  Litterse  tuse  8.  liujus  scriptas  mihi  tandem  red- 
ditse  fuerunt  easque  admodum  perterrefact^e  quod  ab 
armatis  in  porta  non  solum  acriter  primum  examinatse 
sed  postea  :td  coronatos  delatas  et  iteriim  illic  ad  rigorem 
usque  articulatim  probat^ae  et  nisi  prudentes  fuissent  non 
bene  cessisset.  Cum  vero  manibus  illas  palpare  inceperem 
rursum  ad  se  redierunt  nosque  mutuo  exhilaravimus  illae 
quod  tuam  mentem  mihi  aperirent  ego  eadem  de  causa 
et  quod  abs  te  venirent  cui  proprio  et  avunculi  (2) 
merito  nihil  non  me  debere  agnosco.  De  Horis  abunde 
mihi  satisfactum  est  cum  vel  unum  exemplar  intelligam 
avunculo  gratum  fuisse.  Diurnale  mitto  quod  tibi  etiam 
gratum  esse  percupio,  plura  si  evocaveris,  tune  pretium 
illorum  indicabo.  Interea  vero  si  tuum  opus  (3)  miseris 
iHco  auspicabor  Deo  favente.  Institorem  etenimFrancofur- 
tum  metam  (?)  Somnium  (4)  mitto  tibi  et  avunculo  cui  a 
me  salutem  dici  percupio  et  apud  illum  excusari  quod 
leniius  quam  voluissem  progressum  sit  in  imprimendis 
ejus  carminibus  (5)  quas  brevi  Deo  favente  absolventur. 
D.  Waltero  Vandersteghen  (6)  ex  me  salutem  quoque 
dicere  quasso  ne  graveris.  Ipsi  vero  quamvis  nunc  nihil 
scribam  gratias  habeo  maximas  de  sua  in  me  benevolen- 
tia  quam  declaravit  suis  litteris  qu«  si  eo  modo  que  tu^e 
fuissent  examinatae  hinc  fuisset  illi  migrandum  quem 
alioquebantur.  Salutat  illum  etiam  Perezius  et  familial 
nostrae.  Bene  vale.  Antverpi^e  18.  Feb. 

(i)  André  De  Pape  ou  Papius,   poète  et  musicien,  né  à  Gand  en 
1542,  mort  accidentellement  à  Liège,  le  15  juillet  1581.  Plantin  avait 


—  ^41  ~^ 

imprimé  de  lui,  en  1575  :  Dionysii  ^lexandrini  De  Situ  Orhis  Liber, 
Interprète  Andréa  Papio  Gandensi.  Mtis^i  Hero  et  Leander,  eodem  inter- 
prète. In-80. 

(2)  Papius,  par  sa  mère,  était  le  neveu  de  Liévin  Torrentius,  évêque 
d'Anvers.  Il  avait  été  appelé  par  ce  prélat  à  Liège,  en  qualité  de 
grand  vicaire,  avec  canonicat  à  Saint-Martin. 

(3)  Aud.  Papa  Gandensi  s  De  Consonantiis,  seu  Pro  Diatessaron  lihri 
duo.  Plantiii,  1581,  in-S».  Il  y  avait  eu  une  première  édition,  parue 
à  Anvers  en  1 568. 

(4)  /.  Lipsii  Satyra  Menippcea  Somnium.  Lusus  in  nostri  aviCriticos. 
Plantin,  1581,  in-40. 

(5)  Le  Musée  ne  possède  pas  d'édition  des  Toemata  de  Torrentius 
de  ces  années,  en  dehors  de  la  troisième,  datée  de  1579,  ^^  cqWq 
parue  en  1594. 

(6)  Censeur  des  livres  à  Anvers,  qui  approuva  entre  autres  le  livre 
de  Papius,  De  Consonantiis. 


917.  —  Plantin  à  Antoine  Caucius. 

{^Archives  Plantiniennes ,  X,  f  25^). 

17  Février  1581. 

(Plantin  a  bien  reçu  de  Caucius  le  double  ducat  de  Portugal  et  sa 
Grammaire.  L'imprimeur  lui  fera  sous  peu  savoir  à  quelles  conditions 
son  livre  pourra  paraître.  Il  envoie  à  Caucius  six  exemplaires  des 
Prodidagmata  de  Hunnaeus  tl  le  Songe  de  Juste-Lipse.  Ce  dernier  a 
fait  paraître  une  nouvelle  édition  de  Tacite,  tandis  que  son  commen- 
taire sur  le  même  auteur  est  sous  presse.  Juste-Lipse  s'étonne  de 
ne  pas  recevoir  des  nouvelles  de  Frédéric  :  il  prétend  l'avoir  pourvu 
régulièrement  d'argent  durant  tout  l'hiver). 

Cariss.  doctissimoque  Viro  D.  Antonio  Caucio  (i). 

S.  P,  Excusationem  tuam  longioris  mori£  quam  vo- 
luisses  facile  admitto.  Accepi  duplicem  ducatuni  Lusita- 

nicum et    Grammaticam   tuam  (2)  quam   primo   die 

inchoabo  Deo  favente  atque  tum  dinumerabo  quot  foliis 
illa    excudi    possit    et    inde    pretium    coUigam    tibique 


16 


—  ^±  — 

significabo  et  spécimen  una  mittam  efficiamque  quantum 
in  me  erit  ut  qu^  mones  observentur.  Hunnasi  Prodi- 
dagmatum  (3)  exempla  sex  mitto,  quibus  adjunxi  ut 
rideas  Somnium  nostri  Lipsij  a  quo  Tacitum  rursus 
emendatum  nuper  recudi,  ejus  in  eum  auctorem  com- 
mentaria  sudant  sub  praelo  (4).  Is  autem  miratur  pluri- 
mum  quod  ipsi  nihil  respondeas  maxime  de  Fredciico  (5) 
qui  pecuniam  omnem  quam  secum  tulerat  facile  ante 
mensem  postquam  illuc  appulisset  consumpsit,  adeo  ut 
ab  eo  tempore  mercator  amicus  cui  ipsum  nomine  Lipsij 
commendavi  singulis  mensibus  persolverit  hospiti  ipsius 
expensas  omnes,  dederit  aliquot  libres  et  viginti  plus 
minus  scutatos  ad  vestimenta  et  alia  necessaria  in  hyeme 
comparanda,  uti  rationes  quas  misi  ad  Lipsium  indicant 
e  quibus  priores  existimo  ipsum  ad  te  misisse.  Ego  illum 
abs  te  per  litteras  internuncias  jubebo  salvere  quampri- 
mum  ego  nuntium  invenero  qui  nunc  rari  sont  propter 
flumina  gelu  indurata.  Bene  vale.  Antverpiœ  17.  Febr. 
1581. 

(i)  Antonius  Caucius,  Gauchius  ou  Anthony  van  Cuyck,  né  à 
Utrecht  vers  15  30,  résidant  à  la  cour  du  prince  Adolphe,  duc  de 
Holstein. 

(2)  Caucius  est  l'auteur  d'une  grammaire  française  (Bâle  1570, 
Anvers  1576,  Strasbourg  1586,  in-8°)  et  d'une  grammaire  latine, 
parue  chez  Plantin  en  1371  et  1581,  Il  s'agit  sans  doute  ici  delà 
dernière  édition.  Juste- Lipse,  l'ami  de  Caucius,  écrivit  en  tête  de  cette 
grammaire  une  dédicace  à  l'auteur  en  vers  latins. 

(3)  ^iigustini  Huniiai  Trodidaginata  de  dialecticis  vociim  affectionibus 
et  proprietatibus,  à  la  suite  généralement  de  la  Dialectica  du  même 
auteur,  dont  une  nouvelle  édition  plantinienne  parut  en  1586. 

(4)  Voir  précédemment  au  sujet  de  ces  trois  ouvrages  de  Juste- 
Lipse. 

(5)  Probablement  l'ancien  serviteur  de  Juste-Lipse. 


—  243  — 

91 8.  —  Plant  in  à  Buyssetius. 

{Archives  Tlantinknnes,  X,  f»  25^). 

17-19  Février  1581. 

(Pour  plusieurs  motifs,  entre  autres  à  cause  du  manque  d'ouvriers, 
Plantin  ne  pourra  pas  envoyer  à  la  foire  de  Francfort  de  septembre 
prochain,  les  livres  qu'il  aurait  voulu  expédier  à  la  foire  de  carême. 
L'imprimeur  remercie  Buyssetius  de  ses  conseils.  Casnedo  doit  lui 
avoir  remis  certains  livres,  que  Plantin  prie  de  distribuer  à  ses  amis 
romains.  L'architypographe  fait  allusion  aux  travaux  qu'il  doit  exé- 
cuter par  ordre  dts  autorités,  souvent  à  contre-cœur.  Il  s'est  entendu 
avec  Rome  pour  imprimer  le  'Droit  canon.  Une  Bible  grand  format, 
avec  figures  sur  cuivre,  est  sous  presse.  Il  vient  d'achever  les  Notes 
sur  la  Bible,  dont  il  avait  remis  antérieurement  quelques  feuillets  au 
cardinal  Sirlet.  Plantin  voudrait  éditer  les  Homélies  des  Pères  par 
Johannes  Deus.  Il  se  permet  de  demander  à  Buyssetius  de  les  lui  faire 
parvenir  par  l'intermédiaire  de  Casnedo). 

Rev.  in  C.  P.  D.  Jo.  Buyssetio. 

Litteris  tuis  desideratissimis,  Rev.  Pater,  Id.  Jan.  datis 
quas  hodie  recepi  respoiidebo  hic  paucis.  Taies  nobis  lioc 
anno  difficuitates  obvenerunt  ut  qu«  speraveratn  ad 
nundinas  Francoford.  me  missurum  necdum  ad  lias 
proximas  omnia  mittere  queam  (i).  Nam  praeter  alia 
incommoda  paucissimi  ex  nostris  operatoribus  liberi 
fuerinit  a  variis  morbis  per  totum  annum,  obierunt 
nonnulli,  languent  adliuc  etiam  non  pauci. 

Admonitio  tua  de  iibris  inventis  gratissima  mitii. 
Asserit  autem  quem  interrogavi  niliil  prorsus  missum 
istuc  ne  prius  evocatum,  imo  neque  quicquam  illius 
Kimhi  (2)  liabuisse  sed  tum  evocanti  satisfaceret  pras- 
senti  pecunia  émisse  a  Johanne  Bellero  :  quod  non 
fecisset  nisi  omnino  crcdidisset  eum  pro  quo  evocaban- 
tur   habuisse  potestatem   liabendi  etc.  Utinam  tradiderit 


—  244  — 

tibi  Casnedus  ea  quîe  indicas  ut  mature  distributa  fuerint 
uti  spero  jam  factum.  De  Actis  (3)  cupit  fieri  qui  misit 
id  quod  expedit,  nihil  etenim  cupit  quod  displiceat  Dnis 
meis  etiam  si  necessario  cogatur  talia  imprimere  aut 
se  suaque  omnia  fisco  exponere.  Abstinet  vero  abstine- 
bitque  semper  quantum  in  se  erit.  Quod  si  sua  sine 
quibus  nec  satisfacere  creditoribus  nec  sibi  nec  suis  victum 
acquirere  posset  transferre  liceret  alio  faceret  haud  dubie. 
Cum  populo  Romano  meo  nomine  conventum  est  ut  in 
his  regionibus  mihi  liceat  Corpus  canonicum  imprimere, 
Biblia  nunc  maxima  forma  et  typis  cum  figuris  in  ^ere 
excisis  imprimo  ad  exemplar  nostrum  in  8°  et  nuper 
absolvi  notas  in  Biblia  (4)  quarum  folia  hic  aliquot  mitto. 
Mitterem  intégras  nisi  absterrerer  magnitudine  pretij  pro 
vectura.  Existimo  folia  nonnulla  antehac  reddita  Illustriss. 
C.  Sirleto  per  duos  juvenes  Brugenses  qui  hinc  istinc 
superiori  éestate  sunt  profecti,  ad  hoc  namque  ipsis  decem 
ni  fallor  folia  tum  dedi.  Cuperem  ex  omnibus  exempla- 
ribus  quîe  istic  corriguntur  ad  me  mitti  semper  unum 
opéra  D.  Casnedi  qui  etiam  illa  solveret  meo  nomine. 
Non  dubito  quin  Homiliae  Patrum  super  Epistolas  et 
Evangelia  Dominicalia  a  D.  Johanne  Dei  collectée  futurœ 
sint  utiles  concionatoribus  et  aliis  Ecclesiasticis  viris  : 
quare  ego  libentissime  illas  prœlo  committam  si  placue- 
rit  ipsi  eas  ad  nos  mittere.  Quod  etiam  fieri  posset  opéra 
dicti  Dni  Casnedi  in  aliqua  sarcina  hue  destinanda  neque 
parcum  me  prsebebo  in  dandis  auctori  aliquot  exempla- 
ribus  amicis  ipsius  donandis,  pecunia  vero  exemplaria 
nova  numquam  redemi  nec  redimere  cupio  ab  aliquo 
auctore^  neque  possem  hoc  maxime  tempore  nobis  si 
umquam  difficili.  Martyrologium  habeo  Venetiis  impres- 
sum  158.. 


—  245  — 

Queo  si  prseterea  istic  denuo  emendatum  prodeat 
percupio  mihi  exemplar  mitti.  Bene  cedat  imitatoribus 
nostris  omnibus,  nemini  siquidem  maie  cupio  etiam  si 
non  ita  mihi  cupiant  ipsi.  Facio  quas  possum  in  reipub. 
Christ.  utiHtatem  persistamque  Deo  favente  sine  invidia 
vel  amaritudine  cordis,  in  ahos  semper  Dni  est  terra,  in 
eo  confido,  per  cujus  gratiam  spero  me  nihil  (inachevé). 

(i)  La  première  foire  de  Francfort,  dite  de  carême,  avait  eu  lieu, 
en  1581,  le  12  février.  La  seconde  se  tenait  au  mois  de  septembre. 

(2)  Voir  lettre  du  !■■  janvier  1581,  à  Valverdius. 

(3)  Les  ordonnances  sans  doute  que  Plantin  devait  imprimer  par 
ordre  des  Etats  généraux. 

(4)  Les  notes  sur  la  Bible  par  François  Lucas,  dont  il  a  été  question 
dans  les  pièces  précédentes. 


919.  —  Plantin  à  Jean  Matai  Metellus. 

[Archives  Tlantiniennes,  X,  f»  26). 

17-19  Février   1580. 

(Dans  ses  deux  dernières  lettres,  Plantin  avait  signalé  de  nom- 
breuses erreurs  dans  l'édition  romaine  à'ApoUodore.  Il  imprimerait 
volontiers  cet  auteur  si  quelqu'un  voulait  lui  prêter  un  exemplaire 
corrigé.  Plantin  tient  également  à  publier  la  gravure  du  pont  sur  le 
Rhin,  avec  explication  de  Matai.  Hopperus,  de  son  vivant,  avait 
promis  à  Plantin  la  publication  de  l'ouvrage  dont  parle  Metellus. 
L'architypographe  le  remercie  de  lui  avoir  indiqué  le  plan  de  Tournai. 
Il  offre  deux  exemplaires  du  Songe  de  Juste-Lipse,  l'un  pour  Matai, 
l'autre  pour  Alexandre  Grapheus). 

Chiriss.  doctissimoque  viro  D.  Jo.  Matalio  Metello 
Sequano. 

Miror   equidem  ubi  nam   postremiç   nostrœ   perierint 
nam  dam  binas  dixi  me  sciipsisse,  inter  eas  numerabam 


—  246  — 

eas  de  quibiis  etiam  in  his  tuis  mentionem  facis,  nempe 
in  quibus  dicebam  errata  in  exemplari  Romano  me 
hactenus  deterruisse  ab  excudendo  Apollodoro,  alioqui 
me  libenter  impressurum  si  quis  euni  emendaret  (i). 
Idem  postremis  confirmabam  me  statim  submissurum 
prœlo  ubi  exemplar  correctum  ad  me  delatum  esseï,  id 
quod  commode  fieri  poterit  si  detur  Institori  nostro  dum 
redierit  a  nundinis  proximis  Francof.  Pontem  supra 
Rhenum  stratum  rogo  ut  abs  te  delineatum  nobis  mittas. 
Curabo  siquidem  excudi  et  addi  Jucundiano  (?)  quod  si 
tu  etiam  verbis  tuam  delineationem  explicare  velis 
gratus  erit. 

Hoperus  (2)  dum  viveret  mihi  significaverat  se  illud 
opus  quod  nunc  indicas  paratuni  habere  ut  ad  me  mitteret 
imprimendum.  Cum  liberalitat-e  recepi  tune  me  facturum 
meque  nunc  amici  defuncti  memoria  incitât  ad  illud 
suscipiendum.  Argumenta  libri  etiam  tum  mihi  scripserat 
et  placent  (3). 

Habeo  gratias  de  indicata  nobis  descriptione  Torna- 
censi  (4).  Conabor  eam  impetrare  nisi  jam  secunda 
parata  sit  nobis  ab  eodem  qui  ante  aliquot  septimanas 
nobis  mittebat  quam  a  nuntio  eripuerint  milites  adversœ 
partis.  Mitto  Somnii  duo  exempla,  tibi  unum  Graphaso 
unum  cui  ex  me  salutem  dici  percupio,  jam  etenim  nunc 
ipsi  respondere  non  permittunt  négocia. 

(i)  Voir  la  lettre  de  Plantin  à  Metellus  du  4  août   1580. 

(2)  Joachim  Hopperus,  membre  du  Conseil  privé,  mort  à  Madrid, 
le  1 5  décembre  1576. 

(3)  En  1590  seulement,  les  deux  ouvrages  de  Hopperus  sortirent 
des  presses  plantiniennes  :  Paraphrasis  in  Psalmos  Davidicos,  additis 
brevibiis  argutnentis  et  explanationihus..  In- 12".  Seduardus,  sive  De  Fera 
lurisprudentia^  ad  regem,  libri  XII...  ^idieclus  est  eiusdem  auctoris  De 
ifisiitutîone  Triucipis  liber  singidaris.  In-fo, 


—  247  — 

(4)  Plan  de  Tournai,  destiné  à"  la  Dcscrittione  de  Guichardin.  Le 
8  juillet  1581,  Plantin  paya  a  Pierre  Van  der  Borcht  «  pour  la  ville  de 
Tournay  taillé  et  painturé  »  la  somme  de  12  florins. 


920.  —  Plantin  à  Charles  de  Bomber ghen. 
{^4rchives  Plantiniennes,  X,  fo  26). 

21   Février  1581. 

A  Monsieur  Charles  de  Bomberghe  (i) 

Monsieur  ceste  est  pour  vous  advertir  en  premier  lieu 
que  Jacques  Grammay  a3'ant  gaigné  le  procès  contre  vous 
m'a  faict  sommer  et  traicter  tellement  que  sans  la  faveur 
de  quelques  bons  Signeurs  j'eusse  esté  réellement  exécuté 
tant  par  luv  que  par  Falckenbergh  a  qui  il  a  transporté 
son  action  depuis  l'an  1577.  Parquoy  je  vous  prie  adviser 
a  me  faire  la  raison  rabbatant  ce  que  verres  raisonnable 
pour  mes  interests  outre  le  capital  de  l'argent  d'une  année 
que  je  vous  ay  advancee  passé  quelques  années.  Et  en 
second  lieu  c'est  pour  vous  prier  et  admonester  qu'il  vous 
plaise  adviser  a  prendre  telles  sortes  de  livres  ou  autres 
choses  de  l'imprimerie  qui  soyent  en  mon  pouvoir  pour 
vous,  payer  en  temps  de  tout  ce  qui  vous  est  deu  (2).  Car 
je  désire  grandement  que  soyés  satisfait  et  les  affaires 
pressent  tellement  qu'impossible  seroit  d'y  subvenir 
autrement  de  quoy  de  pure  sincérité  accoustumee  je  vous 
ay  voulu  présentement  acertener  tandis  que  l'oportunité 
y  est  encores  libre  et  franche.  Que  si  au  reste  je  vous 
puis  faire  aucun  service  m'en  advertissant  je  m'y  em- 
ployeray  d'aussi  bon  cueur  que  me  recommandant  a  vos 


248 


bonnes  grâces  je  prie  Dieu  vous  augmenter  les  siennes 
en  bonne  santé  et  prospérité.  D'Anvers  ce  22.  jour  de 
Febvrier   1581  (3). 

(i)  Ancien  associé  de  Plantin  et  échevin  de  Bruxelles  en  1581. 
Elu  membre  du  consistoire  des  Calvinistes  à  Anvers,  il  quitta  le  pays 
lors  des  troubles  religieux. 

(2)  Le  6  avril  1 577,  Charles  de  Bomberghen  avait  avancé  à  Plantin 
la  somme  de  9.600  florins  «  pour  subvenir  a  ses  payements  a  la  foire 
de  Francfort  après  la  pillerie  d'Anvers  ». 

(3)  Est-ce  à  la  suite  de  celte  lettre  que  l'association  de  1563  fut 
dissoute  ?  La  présente  pièce  est  suivie  d'une  déclaration  ainsi  libellée  : 
Je  Christophle  Plantin,  cong(nois)  et  confesse  que  j'ay  receu  du  Sig^ 
Jaspar  van  Zurch  colonel  de  ceste  ville  d'Anvers  les  livres  de  comptes 
de  certaine  compagnie  d'imprimerie,  autrefois  faicte  entre  ledict 
Signeur  defunct  Bernuy,  Schoti,  les  Bomberghes,  defunct  Becanus  et 
moy.  Desquels  livres  je  le  promects  descharger  envers  tous  ou  bien  de 
les  exhiber  toutesfois  et  quantes  qu'il  en  sera  besoing.  Et  en  tesmoing 
de  vérité  j'ay  es(cript)  et  ,s(igné)  l(a)  p(resente)  de. ma  p(ropre)  m(ain) 
et  s(igne)  man(uel)  cy  mis  le  7.  Mars  1581. 


921.  —  Plantin  à  Catnerarius  {i) 
{archives  Plantiniennes ,  IX,  fo  93^'). 

Février  1581. 

(Plantin  se  réjouit  de  la  bonne  arrivée  du  livre  italien,  que  son  ami 
a  accepté  de  traduire.  Camerarius  lui  en  fournira  une  version  fidèle;  il 
peut  écourter  les  passages  qui  ne  lui  paraissent  pas  essentiels.  Plantin 
le  prie  cependant  de  ne  supprimer  le  nom  d'aucun  personnage,  car 
l'auteur  en  a  cité  plusieurs  à  dessein  pour  s'assurer  de  leur  amitié. 
L'architypographe  invite  Camerarius  à  lui  répondre  le  plus  vite  pos- 
sible, et  d'ajouter,  s'il  y  a  moyen,  les  feuillets  déjà  traduits  :  ils  seront 
mis  sous  presse  immédiatement,  pour  que  l'ouvrage  puisse  paraître 
avant  la  foire  prochaine). 

S.  P.  Gavisus  sum,  Vir  Doctissime,  cuin  tuae  pridie 
Cal.  Feb.   datïe  me   certiorem    redderent  partem  illam 


—  249  — 

italici  libri  (2)  ad  manii.s  tuas   perlatam  fuisse.  Paucis 
nunc  qure  ijsdem  respondendum  accipe.  Vidisti  quas  in 
hoc  libro  nova  mutata  et  auctiora  ab  ipso  authore  sunt 
reddita,  ordinem  similem  in  translatione  te  sequi  sum- 
mopere  velimus  (3).  Non  est  tamen  quod  te  moneam  ut 
tam  prolixe  aut  verbose  ut  ita  dicam  latine  singula  red- 
das,  modo   nihil  omittatnr   eorum  c[ux    ad    pr^ecipuam 
rei  materiam  pertinere  omnino  tibi  visa  fuerint.  Si  vero 
quorundam  Doctorum  Virorum  seu  privatorum  virorum 
nomina  ab  authore  sint  inserta,  causa  fortassis  non  nisi 
leviori,  idem  fiât  omnino.   Certissime  scio  me  teque  ab 
ipso   culpandos  si   quid   hujusmodi    omissum   reperiat  ; 
intelligis    quid  velim.  Utere  libertate  ac  compendio  in 
hac  versione  tua,  modo  ut  dixi  nichil  hujusmodi  preter- 
mittatur.  Author,  ni  fallor,  hujusmodi  nominibus  addendo 
gratificari  studuit  nominatis,  imo  hac  via  sibi  eorundem 
amicitiam    contrahere    cogitavit.    Quomodocunque    sit 
nobis  nec  fertur  nec  metitur.  Quod  reliquum  est,  tuo 
judicio  relinquo  in  nomen  tuum  translationi  huic  adden- 
dum.  Responde  quo  citius,  fac  etiam  in  nundinis  litteras 
tuas  habeamus,  cum  parte  quadam  libri  conscripta  qu^ 
statim    pr^lo    submittetur    ut   ante  sequentes   nundinas 
absolvatur  opus. 

(i)  Minute  non  datée,  de  k  main  de  Jean  Morelus,  sans  nom  de 
destinataire. 

(2)  Il  s'agit  de  la  Descrittione  di  tutti  i  pacsi  bassi,  de  Louis 
Guichardin,  considérablement  augmentée,  dont  Plantin  voulait  pu- 
blier en  même  temps  la  traduction  latine,  par  Joachim  Camerarius. 
Cette  version  n'a  pas  vu  le  jour.  A  différentes  reprises,  jusqu'en 
1586,  Plantin  insista  auprès  de  son  ami  pour  qu'il  achevât  son 
travail.  En  161 3  seulement,  Reinier  Telle  fit  paraître. sa  traduction 
latine  de  la  Descrittione  ;  Jean  Brant,  beau-père  de  Rubens,  en  avait 
préparé  une  autre,  restée  également  inédite.  Lodavico  Gtiicciardint... 
Bihliographischt  stiuiie  door  P.  A.  M.  Boele  van  Hensbroeck,  p.  47.  i"  : 


250 


Bijdragen  en  Mededeelingen  Historiscli  Genootschap,   Utrecht,  i  dl. 
(3)  Guillaume  Silvius  avait  fourni  en  1567  les  premières  éditions 
italienne  et  française  du  livre  de  Guicliardin. 


922.  —  Georoes  De  la  Hèle  à  Plantin. 
{archives  Tlantinicnnes,  LXXXV,  fo  353). 

12  Mars  1581. 

Monsieur  Plantin.  J'ay  receu  une  lectre  de  Monsieur 
d'Oyenbrugghe  (i)  Chantre  et  Chanoine  de  l'Eglise 
Cathedralle  de  Tournay  par  laquelle  il  me  mande  que 
luy  avez  envoyé  un  gran  plaintif  de  moy  disant  que  je 
vous  serois  redevable  la  somme  bien  de  C  livres  de  gros, 
dont  ay  esté  bien  émerveillé- d'autant  plus  queje  ne  vous 
pense  debvoir  jusques  a  présent  que  cinc  ou  pour  le  plus 
six  volumes  des  Messes  que  vous  m'avez  imprimé  (si 
i'estois  a  ma  maison  je  vous  escriveroy  le  nombre  prefix) 
qui  ne  peuvent  monter  a  la  somme  susdicte  (2).  Vray 
est  et  je  le  confesse  avoir  faict  un  contract  avec  vous  par 
lequel  me  suis  obligé  de  prendre  certain  nombre  desdicts 
volumes  bien  tost  après  qu'elles  s'achevoient  d'imprimer, 
mais  je  vous  vouldroy  bien  demander  sy  depuis  qu'ilz 
sont  imprimez  j'ay  eu  moyen  de  seurement  les  mander  ? 
Et  quant  encoire  seroit  que  je  les  cuisse  tous  eu  en  la 
ville  de  Tournay  je  n'eusse  eu  le  moyen  de  les  pouvoir 
distribuer  pour  en  retirer  l'argent  pour  vous  satisfaire, 
car  des  lors  les  dissentions  dudict  l'ournay  ont  encom- 
menchez,  de  sorte  qu'allors  vous  eussiés  eu  plus  de 
moyen  de  vous  mal  contenter  de  mo}-  que  maintenant. 
Partant  vous  prie  qu'eu  esgard  a  la  difficulté  du  tems  ne 
vous  contenter  tant  mal  de  moy  veu  la  bonne  envie  que 


—    251    — 

j'ay  de  satisfaire  a  tout,  ce  que  je  ne  veux  différer  sinonc 
a  la  première  commodité  qui  se  présentera,  que  si  ce  ne 
fut  pour  l'injure  du  tems  et  pour  les  dangiers  des  chemins 
vous  fussiez  déjà  tout  quiet  desdicts  volumes  car  ilz 
sont  tant  requis  que  si  j'en  avois  C  volumes  ou  plus  en 
Italie  je  les  scauroy  tous  venduz,  ce  que  je  scay  d'une 
lectre  que  j'ay  veu  escrite  de  Rome  d'un  des  premiers 
Musiciens  que  l'Italie  nourrit  pour  le  présent  lequel  s'eul 
en  vouldroit  bien  avoir  par  de  la  C  et  L  volumes.  Et 
quant  a  moy  comme  je  pretens  de  brief  m'acheminer 
vers  Espaigne  pour  aller  servir  nostre  Sire  le  Roy  de 
Maistre  de  sa  Chappelle  (3),  je  ne  fauldray  d'en  mander 
un  bon  nombre  de  volumes  pour  porter  par  delà  quante 
moy,  tant  pour  satisfaire  a  nostre  contract  que  pour  y 
gaigner  dessus  quelque  chose.  Au  reste  comme  le  livre 
que  j'ay  envoyé  présenter  a  sa  M*^  a  esté  si  mal  lyé 
qu'il  y  a  deux  Messes  qui  ne  se  peuvent  chanter,  je  vous 
vouldroy  bien  prier  d'en  faire  tenir  prest  un  autre  vo- 
lume du  gran  papier  afEn  de  le  faire  relier  correctement, 
car  je  le  veux  porter  quantemoy  et  le  veux  moimesme 
présenter  a  sadicte  Ma*^,  a  mon  arrivée,  partant  vous 
vouldroy  bien  prier  de  prendre  égard  qu'il  ny  entrent 
nulz  feuillez  souillez,  maculées  ou  déchirées,  ains  plustost 
en  leur  lieu  en  taire  r'imprimer  des  autres  a  mes  despens 
car  je  vouldroy  bien  présenter  le  livre  entier  et  sans 
taiche  sachant  bien  nostre  Roy  estre  curieux  de  netteté. 
En  outre  vouldroy- je  bien  avoir  un  beau  breviare  en 
grand  volume  des  plus  beaux  que  vous  avez  imprimé, 
car  j'en  vouldroy  bien  faire  un  présent  a  quelcun.  Je 
vous  escriveray  plus  amplement  lors  que  j'auray  receu 
tous  mes  despesches  de  sa  Ma*^.  Cependant  prieray  le 
Créateur  vous  donner,  Monsieur  Plantin  tresheureuse  et 


252 


longue  vie,  me  recommandant  a  voz  bonnes  grâces.  De 
Cité  d'Arras  ce  12.  de  Mars  1582. 

Vostre  bien  bon  Amis  en  service  et  plaisir 
G.  De  la  Hele. 

{Adresse  au  verso  :) 
A   Monsieur  Christophle   Plantin 
Imprimeur  du  Roy  nostre  Sire,  Mon  bon 
S'  et  amis 

En  Anvers. 

(i)  Conrard  d'Oyenbrugghe,  chantre  de  Tournai,  en  rapport 
avec  Plantin  de  1577  à  1^82. 

(2)  Voir  lettres  précédentes  à  propos  de  celte  édition  monumentale 
des  Messes  de  Georges  De  la  Hèle. 

(3)  Georges  De  la  Hèle  fut  appelé  en  Espagne  après  la  mort  de 
Gérard  de  Turnhout,  décédé  le  5  septembre  1580,  comme  maître 
de  la  chapelle  royale  de  Madrid.  De  la  Hèle  y  resta  jusqu'à  sa  mort, 
en  1589. 


923.  —  Michel  Sonnius  à  Plantin. 
[archives  Plantiniennes,  XCIII,  f"  437). 

21   Mars   1581. 

Je  Michel  Sonnius,  Libraire  juré  à  Piiris,  confesse  avoyr 
eu  et  rcceu  tous  et  chascung  les  livres  contenuz  en 
inventaire  a  moij  venduz  par  S""  Christophel  Plantin,  le 
22'  Aoust  1577,  en  la  ville  d'Anvers  comme  apert  par 
le  contraict  passé  par  devant  notaire  ledict  jour  entre 
Icdict  Plantin  et  moij  soubzsigné  (i),  duquel  contraict  et 
contenu  me  tiens  pour  bien  content  et  en  tout  satisfaict, 
comme  aussi  ledict  Plantin  s'est  tenu  pour  bien -content 


—  253  — 

et  satisfaict  dudict  contraict  comme  apert  par  sa  quitance 
a  la  fin  dudict  contraict  signé  de  sa  main,  de  sorte  et 
manière  que  demourons  quites  ensemble  de  ce  que 
dessus.  Tesmoing  mon  seing  manuel  cij  mis  ce  21' 
Mars  15  81. 

Michel  Sonnius. 

(i)  Voir,  à  la  date  du  22  août  1577,  le  texte  de  ce  contract  (n» 
774).  La  présente  pièce  est  suivie  des  comptes  détaillés  de  toutes  les 
affaires  traitées  entre  Sonnius  et  Plantin. 


924.   —   Plantin  à  Melissus. 
{archives  PlantinUtines ,  X,  f»  26^). 

22  Mars  (?)   1581. 

(Plantin  a  fait  parvenir  l'envoi  de  Melissus  à  Juste-Lipse,  dont  la 
réponse  se  trouve  jointe  à  ce  pli.  L'architypographe  remercie  Melissus 
de  lui  avoir  remis  les  oeuvres  de  Bargasus,  Il  s'excuse  toutefois  de  ne 
les  mettre  sous  presse  avant  d'y  être  sollicité  par  l'auteur  même  ou 
par  le  dernier  éditeur  de  l'ouvrage.  Il  a  agi  de  même  pour  les  Notes 
de  Ciofano  sur  Ovide,  publiées  d'abord  par  les  Aides,  Plantin  achèvera 
sous  peu  le  Commentaire  de  Tacite  par  Juste-Lipse  et  les  Notes 
d'Ursinus  sur  les  œuvres  de  Cicéron,  auxquelles  l'édition  de  Ciofano 
servira  en  quelque  sorte  de  complément). 

Illustri  viro  D.  P.  Melisso  comiti  Pal.  Equiti 
Civi  Romano  (i). 

Fasciculum  tela  cerata  et  funibus  ligatum  nomine  tuo 
ab  Institore  nostro  allatum  Francofurti  misi  ad  Lipsium 
cujus  hic  responsum  habes.  Habeo  tibi  gratias  maximas 
de  operibus  Bargœi  (2)  mihi  oblatis.  Non  etenim  libenter 
opéra  recentium  auctorum  ab  aliis  prius  impressa  recudo, 
nisi  ab  ipsis  auctoribus  vel  a  primis  impressoribus  ipsis  a 


—  254  — 

me  petaïur,  ut  qui  non  honestum,  minus  vero  Christia- 
num  judicem  alienis  laboribus  insidiari  :  neque  me 
movcnt  exempla  plurimorum  qui  ubi  quid  a  me  vel 
quovis  alio  primum  fuerit  emissum  in  lucem  plausibile 
non  habita  ratione  nostri  qui  non  sine  difficultate  et  forte 
sumptibus  majoribus  primum  ex  autographo  auctoris 
expressimus  illud  avide  imitare  conantur.  Quas  causa 
fuit  cur  primo  me  dificilem  pr^ebuerim  in  recudendis 
Annotaiionibus  Ciofanij  in  Ovidium  quas  ne  nunc  quidem 
suscepissem  recudendas  si  non  significasset  id  Aldo  non 
displicere.  duid  namque  Mélisse  prsestantissime  apibus 
cum  fucis  commercij  ?  Intra  paucissimos  dies  spero  me 
absoluturum  Commentaria  Lipsij  in  Annales  Taciti  et 
Notas  Fui.  Ursini  in  Opéra  Ciceronis  quibus  Ciofanij 
not£e  (3)  succenturiatum  iri  confido.     22.  Aprilis  1581. 

(i)  Paulus  Melissus,  Schede  ou  Schedius,  poète-lauréat  de  Vienne, 
né  à  Melrichstadt  en  1539,   mort  à  Heidelberg  en  1602. 

(2)  Peirus  Angelinus  Bargseus,  poète  toscan,  né  vers  15 16,  mort 
en  1596.  Plantin  n'a  rien  imprimé  de  lui.  La  bibliothèque  du  Musée 
possède  l'édition  de  ses  Cynegitica  et  autres  poésies,  in-40,  parues  à 
Lyon  en  1561,  chez  Séb.  Gryphius,  ses  Coninientarii  de  Obelisco,  1586, 
Rome,  ex  officina  Barth.  Grassij,  in-4'J. 

(3)  Voir  pfusicurs  lettres  précédentes,  à  propos  de  ces  différentes 
éditions. 


925.  —  Pierre  Porret  à  Jean  Moretus. 

{Archives  Plantiniennes,  XCI,  f°  123). 

Paris,  le  6  avril   1581. 

Amy  Morentorf.  J'ay  receu  vostre  lectre  que  vous  avés 
datte  du  2.  febvrier,  mays  je  croy  que  vous  voulés  dire 
mars,  vu  que  je  collige  par  le  comte  que  vous  m'avés 


—  255  — 

envoyé  commençant  le  20.  octobre  1578  jusques  a  2.  de 
mars   1581,   par  lequel  je  vous   seroys  redevable   de  la 
somme  de  49  escus  1/4  ne  comtant  que  ce  que  vous  avés 
receu.   J'entendz    beaulcop    mieux    ce   comte   reduict   a 
escus  que  je  ne  faisoys  par  florins.  Je  trouve  que  nous 
nous  somes  abusés  au  comte  de  Manmaker  pour  le  temps 
qu'il  a  esté  avec  moy  de  la  some  de  66  escus  et  36  sols. 
Je  ne  scay  d'où  peult  venir  la  faulte  et  mescomte  n'estoit 
que  vous  n'eussiés  pas  comté  les  50  escus  que  j'ay  baillié 
a  son  partement  :  si  ledict  Seig'  Manmaker  a  escrip  ce 
qu'il  vous  a  baillié,  il  trouvera  bien  la  faulte  par  le  comte 
que  je  vous  envoyé  faict  par  demies  années  (i).  Je  croy 
bien   que    ledict   Manmaker   aura    encore    pris   quelque 
argent    de    mes   parens  ausquelz   je    l'ay    recommandé, 
combien  que  je  n'en  heusse  aulcune  charge,  mays  je  l'ay 
trouvé  si  bon  enfant  et  si  modeste  que  je  luy  feray  plaisir 
par  tout  la  ou  je  pourray.  Il  m'a  escrip  que  mes  parens 
l'ont  fort  bien   receu  et  offert  plaisir  et  service  de  quoy 
je  suys  fort  joyeux.  Je  croy  que  son  père  congnoissant 
le  mescomte   ne    fera  difficulté   de   vous  rembourcer  le 
surplus.  J'ay  aussi  fourni  pour  messieurs  les  Ferez  comme 
verres  par  le  comte  que  je  luy  envoyé  la  some  de  365 
escus  29   sols  3  deniers  et  vous  n'avés   receu  que   216 
escus    1/4,    parquoy    resteroit   encoire  a   payer  la  some 
de  149  escus  14  sols.   Et  combien  que   je  aye  envoyé  a 
ses  nepveuz  les   parties,   je  vous   les  envoyé  encore  de 
nostre  façon.  Je  scay  bien  que  j'ay  assés  oblié  de  petites 
choses  estimant  qu'ilz  seroyent  diligens  a  les  escripre, 
mays  ilz  n'en  ont  rien  faict  a  ce  que  j'ay  entendu.  J'ay 
escrip  ce  de  quoy  je  me  suys  souvenu.  Je  vous  remercie 
de  ce  qu'avés  escrip  a  Francfort  pour  les  livres  nouveaulx 
de  Paracelse  et  papier,  car  c'est  pour  un  amy  qui  m'en 


—  256  — 

a  prié  et  de  tout  vous  tienJray  bon  comte.  Je  n'ay  pas 
tant  de  negotiation  a  faire  que  je  face  estime  de  tenir 
livre,  me  remettant  du  tout  au  vostre.  Je  vous  renvoyé 
encore  le  mémoire  de  Manmaker  avec  la  lectre  qui  m'a 
escrip  despuys  quelque  temps  par  laquelle  il  monstre  sa 
modestie  et  qu'il  n'est  ingrat  des  plaisirs  que  je  luy  ay 
faictz.  Au  contraire  des  aultres  (2)  a  qui  j'en  ay  faict 
davantage  et  toutesfoys  me  calumnient,  mays  la  vérité 
me  defïend,  pourquoy  je  me  donne  peu  de  peine  pourveu 
que  je  contente  l'oncle  qui  me  les  a  recommandé.  Au 
reste  advisés  si  je  puys  quelque  chose  pour  vous  et  je 
m'y  employeray  d'aussi  bon  cueur  que  je  salue  vos 
bonnes  grâces  de  ma  treshumble  recommandation,  priant 
Dieu  vous  donner  en  joye  et  santé  bonne  vie  et  longue. 
Escripte  a  Paris  ce  6.  Apvril  15  81. 

Vostre  cordial  frère 

et  amy  P.  Porret. 

(Adresse  au  verso  :) 

Au  Sire  Jehan  Morentorf 
Marchant   libraire  a 
l'enseigne  du  Compas  d'or 
A  Anvers. 

(i)  Dans  sa  lettre  à  Plantin  du  15  mars -1581  {Archives  Plant. 
LXXXVIII,  fo  63),  Christoplie  Manmaker  discute  courtoisement 
les  différents  comptes  de  Porret. 

(2)  Lopes  Ferez,  frère  de  Louis  Ferez,  le  protecteur  et  ami  de 
Plantin. 

926.   —  Plantin  à  Canicrarius. 
{archives  Tlantiniennes,  X,  f»  27). 

19  Avril   1581. 

(D'après  l'agent  de  Plantin  à  Francfort,  Camerarius  enverrait  sous 
peu  une  partie  de  sa  version  de  Guichardin.  L'imprimeur  rappelle  à 


—  ^57  — 

son  ami  de  n'oublier  aucun  des  personnages  cités  dans  la  Descrittione, 
Il  le  prie  de  remettre  à  Melissus  la  lettre  jointe  à  ce  pli.  Plantin  lui 
offre,  ainsi  qu'à  Melissus,  un  exemplaire  du  Commentaire  sur  Tacite 
par  Juste-Lipse  et  des  Notes  sur  Cicéron  par  Ursinus.  Renseignements 
au  sujet  de  l'impression  de  la  version  flamande  de  VHerhier  de  Mathias 
de  Lobel,  du  livre  sur  la  Patmonie  par  Clusius  et  de  l'édition  latine 
de  VHerhier  de  Dodoens). 

Clariss.  doctissimoque  Viro  D.  Joachimo  Camerario. 

Institor  meus  Francofurto  reversus  dixit  te  illic  fuisse 
atque  pollicitum  fuisse  versionis  Guicardini  partem  te  ad 
nos  brevi  missurum  (i).  Eam  avidissime  expecto,  voloque 
uti  antehac  gêner  meus  scripsit  meo  nomine  te  omnino 
liberum  esse  in  eo  libro  latine  faciendo,  tantum  peto  ne 
nomina  illorum  virorum  qui  in  eo  indicantur  silentio 
pr^etereas  ne  quis  ansam  calumniandi  arripiat  quod  illius 
celebritatem  impedire  voluerimus.  Inclusas  D.  Paullo 
Melisso  tradi  cupimus  ego  et  Lipsius  qui  et  tibi  Salutem 
plurimam  dicit.  Ejus  commentariorum  in  Annales  Taciti 
et  Notarum  in  Ciceronem  Fulvij  Ursini  exemplaria  bina 
curavi  vasculo  imponi  quod  ad  Doiîiinum  Guntlach 
mittimus,  quie  cupio  tibi  et  dicto  D.  Melisso  grata.  Si 
quid  haberem  prastereaquod  vobis  gratum  scirem  libenter 
mitterem. 

Absolvam  brevi  Deo  favente  Herbarium  Lobelij  sed 
hac  inferioris  Germaniae  lingua  impressum,  multo  locu- 
pletiorem  Latino  (2).  Clusium  Londini  (ubi  cogetur 
adhuc  hasrere  ad  aliquot  septimanas)  expecto  ad  desig- 
nandas  ipso  prassente  aliquot  adhuc  figuras  pro  ipsius 
Observationibus  Pannonicis  (3).  Dodon^us  scribit  fré- 
quenter se  brevi  hue  venturum  ut  ipsius  de  re  Herbaria 
opus  latinum  tandem  integrum  imprimamus  (4). 

BeneVale,  Virpraestaniiss.Antverpiae  raptim  i^.Aprilis. 


17 


^  258  -- 

(î)  Camerarius  avait  accepté  de  fournir  la  traduction  latine  du  livre 
de  Guichardin,  Descrittione  di  tutti  i  Paesi  Bassi,  paru  cette  même 
année  chez  Plantin.  Belleforest  s'occuperait  de  la  version  française. 
Au  feuillet  28"^  de  ce  même  dossier,  nous  trouvons  une  liste  de 
corrections,  apportées  par  Plantin  au  texte  de  Belleforest. 

(2)  Kruydtboeck  oft  Beschrijvinghe  Van  aller leye  Ghewassefi,  Kruyderen^ 
Hesteren  ende  Gheboomten  deur  Matthias  de  Lohel  Medecijn  der  Tritic. 
Exe"*.  T'Antwerpen,  By  Christofïel  Plantyn.  m.d.lxxxi.  In-fo. 
Edition  flamande,  revue  et  augmentée,  de  Tlantarun:  seu  stirpiiim  his- 
ioria,  publiée  en  1576  et  1581.  Beau  frontispice  gravé;  le  feuillet  sui- 
vant contient  une  grande  vignette,  avec  les  mots  «  Candore  et  Spe  t, 
par  Antoine  Van  Leest.  Des  quatre  exemplaires  que  possède  le  Musée, 
deux  ne  renferment  pas  la  dédicace  au  prince  d'Orange. 

(3  )  Caroli  Cîusii  Atrehatis  Rariortim  aliquot  Stirpium^  per  Pannotiiam, 
Atistriam^  &  vicinas  quasdam  Provincias  observatarum  Historia^  quatuor 
libris  expressa.  Anvers,  Plantin,   1583,  in- S». 

(4)  Remberti  Dodonaei  Mechliniensis  Medici  Casarei  Stirpium  Historia 
Temptades  stx.  Sive  Libri  XXX.  Anvers,  Plantin,  1583,  in-f».  Très 
belle  publication,  renfermant,  comme  les  deux  ouvrages  précédents, 
un  grand  nombre  de  figures  gravées  sur  bois. 


927.  —  Plantin  à  Fuhius  Ur sinus. 
{Archives  Plantiniennes,  X,  f»  27^). 

22  Avril  1581. 

(Plantin  fait  parvenir  à  Ursinus  un  exemplaire  unique  de  ses  Notes 
sur  Cicéron;  cinquante  autres  accompagneront  les  douze  exemplaires 
du  Commentaire  de  Tacite  par  Juste-Lipse,  pour  distribuer  à  Muret,  à 
Ciofano  et  aux  amis.  L'imprimeur  entamera  à  présent  les  Annotations 
de  Ciofano  sur  Ovide.  Toutefois,  les  circonstances  l'empêchent  de 
faire  en  un  an  la  besogne  qu'il  fournissait  autrefois  en  huit  jours.  Il 
n'a  pas  encore  reçu  la  copie  promise  par  Ursinus). 

Clariss.  doctissimoque  Viro  D.  Fui.  Ursini. 

En  exemplar  unicum  Notarum  tuarum  in  Ciceronem, 
earum   exemplaria    50.    mitto    cum    12.    exemplaribus 


—  259  — 

Commentariorum  Lipsij  ad  Annales  Taciti  tibi,  Mureto, 
Ciofano  et  aliis  nniicis  pro  tua  voluntate  tradendis. 
Utinam  ad  vos  tam  mature  perveniant  atque  cuperem. 
Nunc  in  eo  sum  ut  me  accingam  ad  dicti  Ciofanij  Adno- 
tationes  in  Ovidij  opéra  imprimendas  (i)  :  in  quarum 
impressione  pergam  sine  intermissione  quantum  in  me 
erit.  Verum  quotidianas  molestias  nos  ita  prasmunt  ut 
vix  mense  integro  ea  possimus  absolvere  qu«  ante  bas 
calamitates  spatio  unius  septimanie  poteramus.  Ego  nec- 
dumexemplar  Fragmentorum  (2)  accepi  neque  quicquam 
aliud  possum  intelligere  quam  quod  ante  menses  aliquot 
intellexi.  Bene  Vale,  Vir  pr£estantissime.  Antverpias 
raptim   22.   Aprilis   1581. 

(i)  Voir  lettres  précédentes  au  sujet  de  ces  ouvrages  de  Fulvius 
Ursinus,  de  Juste-Lipse  et  de  Ciofano. 

(2)  L'année  suivante,  un  autre  ouvrage  de  Fulvius  Ursinus  sortit 
des  presses  plantiniennes  :  Noite  in  Polybium  deUgatioiihiis  (1582). 
Il  en  a  été  question  antérieurement. 


928.  —  Plantin  à  Sambucus. 
{^Archives  Tlantiniennes,  X,  fo  27^). 

22  Avril  1581. 

(L'imprimeur  a  communiqué  à  Ortelius  la  représentation  de  cer- 
taines médailles.  Celui-ci  en  a  corrigé  quelques  inscriptions;  d'autres 
sont  retournées  à  Sambucus,  parce  que  Ortelius  n'ose  les  changer  de 
sa  propre  autorité.  De  Vulcanius,  Plantin  n'a  rien  pu  obtenir). 

Cl.  V.  D.  Johanni  Sambuco. 

Communicavi  cum  Ortelio  figuras  numismatum  (i). 
Is  quasdam  litteras   emendavit   in   nonnulis.   Has  vero 


—  26o  — ' 

suasit  ut  tibi  remitterem  ad  scripturam  examinandam  in 
qua  putat  esse  majora  vitia  quam  ut  audeat  manum 
apponere.  Nostri  Francofurto  redierunt  :  sed  libri  non 
sunt  adhuc  allati.  A  Vulcanio  nihil  potui  extorquera  (2). 
Is  hinc  discessit.  Bene-  Vale.  Antverpias  raptim  inter 
varias  occupationes  et  ditîcultates  innumeras.  Deus  nos 
sua  misericordia  conserver.  22.  Aprilis  1581. 

(i)  Il  s'agit  probablement  des  médailles  qui  devaient  paraître  dans 
une  nouvelle  édition  des  Emblemata  de  Sambucus.  Voir  sa  lettre  à 
Plantin  du  26  août  de  cette  année.  Ortelius  était  l'ami  éprouvé  du 
savant  hongrois. 

(2)  Bonaventure  Vulcanius  ou  De  Smei,  l'excellent  philologue 
classique,  né  à  Bruges,  le  30  juin  1538.  Nommé  recteur  de  la 
première  école  publique  fondée  à  Anvers,  il  n'occupa  ce  poste  que 
peu  de  temps.  Appelé  vers  1381  à  l'université  de  Leyde,  il  mourut 
en  cette  ville  en  1614.  Plantin  publia  plusieurs  de  ses  ouvrages  : 
Callimachi  Cyrenaei  Hynmi,  Epierammata  et  fragmenta,  qua  exstant.  Et 
separatim,  Moschi  Syraciisii,  et  Bionis  Smyrnaei  Idyllia.  1584,  in- 160. 
Batavia,  sive  De  antique  veroque  eius  insulte  quam  Rhenus  in  Holîandia 
facit  situ,  descriptions  &  laiidibus  ;  adversus  Gerardtan  Noviomagum, 
Libri  duo  ;  ^Auctore  Corn.  Aurelio..  Bonaventura  Vulcanii  operd,  nunc 
primvni  in  hicem  édita.  1586,  in-8°. 


929.  —  André  Schottiis  à  Plantin. 

(In  :  Pomponii  Mêla  'De  Situ  Orbis  libri  très.  And.  Schottiis.. 
Anvers,  Plantin,  1582,  p.  7). 

5  Mai   1581. 

(Schottus  caractérise  brièvement  l'œuvre  de  Corneille  Valerius,  de 
Théodore  Langius  et  de  Théodore  Poelman,  qui  viennent  de  mourir. 
Il  rappelle  les  tristes  événements  dont  sa  patrie,  depuis  plusieurs 
années,  est  le  théâtre,  et  qui  ont  éloigné  tant  d'illustres  savants  de 
l'université  de  Louvain.  Schottus  fait  l'éloge  de  cette  académie;  il 
énumère  les  célébrités  qui  y  ont  enseigné.  Plantin  a  collaboré  de  façon 


—    26l    — 

heureuse  à  l'épanouissement  des  sciences  et  des  lettres  à  Louvain 
et  dans  les  Pays-Bas  en  général.  Schottus  engage  l'imprimeur  à 
continuer  son  activité,  même  à  cette  époque  désolée.  Quant  à  ses 
propres  travaux,  il  les  lui  enverra  au  fur  et  à  mesure  de  leur  achève- 
ment, entre  autres  des  études  sur  les  auteurs  grecs  et  latins,  notam- 
ment sur  Sénèque.  Salutations  aux  gendres  de  Plantin  et  à  ses  bons 
amis  Ortelius  et  Pruynen). 

And.  Schottus  Christoph.  Plantino  omni  bono 
de  R.  P.  merito,  evrrpdTreiv. 

Ain'  verô,  Plantine,  Corn.  Valerium,  &  Theod.  Lan- 
gium  fuisse?  Nuper  etiam Theod.  Puhnannuni  ?  O  tristem 
nuncium  !  quo  ita  percussus  sum,  vix  ut  apud  me  sim  (i). 
IlHs  enini  Lovanij  Gmdiorum  in  Gr^cis  Latinisque  totum 
biennium  publicè  privatimque  operam  dedi  :  hoc  verô 
Antverpiae  meae  iucundissimè  sum  usus,  homine  in  illus- 
trandis,  &  ad  vetera  exemplaria  comparandis  poëtis 
antiquis  diu  multùmque  versato.  Quantum  enim  otij  ab 
aliis  rei  domesticas  negotiis  suppeditare  poterat,  omne  id 
ad  vitam  legendo,  scribendôque  ex  Varronis  prc^cepto, 
procudendam  conferebat.  Langius  omnem  in  Graecis 
litteris  îetatem  consumpserat,quas  BurdigalasapudGallos, 
annos  fere  decem  professus  est  ;  reliquo  tempore  in 
Gymnasio  trilingui  Busleidiano,  collega  Pe.  Nannij  viri 
doctiss.  qui  Latinae  Eloquentias  &  Philosophias  doctor 
erat  ;  Huic  Corn.  Valerius  succenturiatus,  ita  fideliter 
provinciam  subivit,  nihil  ut  purius  aut  tersius  dici,  quàm 
ab  illo,  posse  videretur.  Disciplinarum  eum  orbem,  quem 
Gr?eci  éyKVKXoTry.LSelcuv  vocant,Latinis  litteris  conscripsit  : 
quo  nihil  sanè  in  eo  génère  hactenus  prodiit  accuratius, 
ncc  aliud  puerorum  manibus  teritur,  apud  omnes  ferè 
nationes,  aut  frequentius,  aut  utilius.  lam  Comment. 
lingu;x;  Latinae  in  manibus  habebat  affectos,  &  inibi  ut 


—  262  — 

abs  te,  qui  reliqua  elegantiss.  typis  saspenumero  beasti, 
excuderentur.  Sed  hinc  scena  rerum  inversa  ;  factiones 
secessionésque  exorta^  :  hinc  finitimarum  urbium  odia, 
strages,  direptiones,  vastitas  agrorum,  belli  calamitas 
nata,  qu^,  ut  ille  ait, 

Postquam  pluris  annos  arva  calvitur  ; 
Ingens  famés  &  inedia  subsecuta  :  ex  qua,  ut  fieri  amat, 
pestilitas,    interneciones,   caedes  :    doctorum   hominum, 
quorum  semper  Lovanij  frequens  concursus  erat,  fuga(2). 
Quas  quidem  senem  quotidie  spectantem  mirificè  ange- 
bant,    ut  iam   ad    caelestem   patriam   commigrare   seriô 
optaret,  ubi  beati  sempiterno  aevo  fruantur.  Videbat  enim 
R.  P.  faciem  commutatam  ;  Galli^e  Belgic^  (quod  Deus 
*  ne   siverit)    ruinam    animo    praeceperat  :    studiorûmque 
exsilium  impendere,  quod  omen  &  Deus  avertat,  divina 
mente  cygneâque  cautione  prsesagiebat  ;  Quod  omnium 
totius  orbis  Academiarum  amœnissimumMusarum  fuerat 
domicilium,  nunc  militibus  refertum,  nihil  pr^eter  tym- 
pana   &   tubas  sonare   ex    animo   dolebat.  Equidem   de 
me  affirmare   hoc    possum,    non   mediocriter  affici    me 
(avSpû)7roç  yyp  eifil)  cùm  illorum  obitu  ;  tum    loci  illius 
interitu  ;  quibus  quantum  id  est,  quod  discendo,  docen- 
doque  sumus  consecuti,  acceptum  referimus.  Nec  intérim 
iniucunda    recordatio  Genij    illius   soli,   caslique    Lova- 
niensis  :    ut  facile  augurer  fore,    ut   nusquam  gentium 
studiis  aptiorem  locum  videnm  :  quod  &  exteri  ipsi  non 
invité  agnoscunt  :  ij  praesertim,  qui  Gallise,  Italias,  His- 
paniœ,   Germanias,    &  Britanni^e  Academias   lustrarunr, 
verum  id   esse   vi    veritatis   ingénue    confitentur.    Alibi 
quidem  collegiis  opes  affluentiores  ;  alibi  fortasse  studio- 
sorum    frequentior    numerus.    sed    otiosorum.    Est    ubi 
singulas  disciplinas  uberius  doceantur;  at  nusquam,  credo, 


—   2^3    — 

gentis  humanitas  maior,  vel  civium  in  litteratos  vehe- 
mentior  affectus.  Nusquam  cseW  clementia  salubrior  : 
nusquam  omnessimul  disciplinée  tanta  diligentia  fidéque, 
reiectis  quas  ad  inanem  ostentationem  &  Sophisticen 
pertinent,  docentur,  quàm  Lovanij  (3).  Jam  verô  mœstus 
recolo  illas  non  de  vulgo  animas,  vita,  doctrinâque 
Theologos,  Latomum,  Dorpium,  Tapperum,  Driedonem, 
Hesselium,  Alardum,  mitrique  insignes,  Sonnium,  lan- 
senium,  Lindanum,  Curtium  :  &  è  familia  DD.  Francisci 
&  Dominici,  Sasboudum,  Titelmanum,  &  Backerium  : 
quôsque  ipse  audivi,  Bayum,  Hunna^um,  Molanum, 
Baliolanum,  &  Gravium.  Recordor  luris  legûmque  peri- 
tos,  Damhouderios,  Vanderanos,  Molinasos,  Leoninos, 
Wamesios,  Ramos,  Zuerios  :  Mathematicorum  memini; 
Gemmae,  Beausardi,  &  Zeelstij.  Occurrunt  medici, 
Gemma  filius,  Tremelius,  Biesius,  Dodon^eus,  Pantinus, 
Bruhelius  :  Philosoplii  verô  acutissimi,  Beveri,  Crocardi, 
Othones,  Lyrani.  Observantur  &  Eloquentias  professores, 
linguarùmque  And.  Balenus,  Goclenius,  Nannius,  Bar- 
landus,  Ceratinus,  Paludanus,  Leopardus,  Olivarius, 
ceteri  :  nam  hi  fere  libris  editis,  in  vulgus  noti  sunt. 
Omitto  pr^stantissima  ingénia  eorum,  qui  è  Grudiis,  ut 
olim  ex  equo  Troiano  meri  heroës,  doctissimi  prodierunt; 
Lipsium,  Carrionem,  Canteros,  Giselinum,  Fruterium, 
Gifanium,  Duzam,  Torrentium,  Levineium,  Papium, 
Modium,  ceteros  :  qui  rem  litterariam  mirificè  exornant, 
&  Belgij  decus  gnaviter  tuentur,  nec,  ut  spero,  intermori 
sinent,  quin  potius  aiiô  migrantes  Musas,  tamquam  è 
fuga,  obtorto  collo  retrahent.  Aliorum  igitur  interitum 
eo  fero  constantiùs  :  cùm, 

Quod  sciani  nihil  in  vita  proprium  morîali  datiim, 
ut  ait  Lucilius  :   eàque  nobis  lege  vita;  usuram  datam, 


—    2^4   — 

non  mancupi  ;  sed  ut  depositum  nihil  cunctando  red- 
damus  :  tum  quôd  illorum  laudibus  hi  succrescani  ; 
qui  si  Reip.  tranquillitas  &  secunda  aura  afflabit,  nomen 
illorum  facile  obscurabunt.  Accedit  ad  haec  ;  te  etiam, 
Plantine,  ita  studia  libris,  elegantiss.  formulis,  &  emen- 
datissimè  edendis  provehere,  pomœriâque  quam  latissimè 
proferre,  ut  barbaries  sequioris  sa;culi  minime  metuenda 
sit,  &  publicum  dumtaxat  bonum  respicere  ipse,&  privato 
commodo  longé  anteponere  videaris.  Tôt  enim  labores 
pro  R.  P.  litteraria  exanclasti,  ut,  quod  ex  M.  Tullij 
oratione  pro  M.  Aemilio  Scauro  hud.n  Asconlus,  flagrantes 
studio  laudis,  in  spem  impideris,  posse  virtutem  sine  prce- 
sidio  Fortuna,  quô  contendisset  Labore  et  Constantia 
pervenire.  Macte  igitur,  &  perge  litterarum  studiosis  facem 
industria  tua  diligentidque  accendere  :  nec  te  à  beneme- 
rendi  officio,  rebùsque  gerundis  abduci  quorundam  im- 
probitate  aut  calumnia  patiaris.  De  me  si  forte  scire 
aves  ;  non  omnino  cessamus  :  Serimus  arbores,  quce  alteri 
saculo  prosint  :  conamur  saltem.  Observationum  libros 
è  Graecis  Latinisque  auctoribus  cudimus  (4)  :  ubi  matur- 
uerint,  ad  te  mittam,  ut  si  genio  ipsi  suo,  vel  nulla  re 
alia  ;  industria  saltem  tua  in  excudendo  commendentur, 
&  in  apertum  referantur.  Senecœ  quoque  Controversias(5) 
cum  antiquissimo  M.  S.  ex  Bibliotheca  Ant.  Covarruvi^ 
V.  C.  (6)  comparavi  :  unde  &  Grasca  omnia,  hactenus  à 
doctis  efflagitata,  &  incredibili  studio  quœsita,  quôd  in 
editis  nec  vola,  nec  vestigium  appareat,  quantum  de 
characteribus  semilatinis  coniectando  fieri  poterit,  repo- 
nemus.  Reliqua  prastereo  :  adhuc  enim  messis  in  herba 
est.  Intérim  Deum  O.  M.  precor,  veniam  petens  ut  qua  egi, 
ago,  axirn,  vcrruncet  benè,  ut  ille  ait  :  In  liac  tamen 
studiorum  peregrinatione,  more  maiorum  suscepta,  cum 


-   2é5    - 

Varronis  illo  Sesquiulysse  :  Meluo  ne  me  quoque,  cùm 
domum  iam  ab  Ilio  cessim  revertèro,  prater  canem  cognoscat 
nemo.  luvat  ramen, 

Neptunum  procul  è  terra  spectare  furentem  : 
aliorùmque  naufragia  intueri,  quàm  eâdem  navi  iactari 
malo  :  &  ut  ait  Sophocles,  Kav  vttÔ  arèyr)  irvKvà'i  ÛKoveiv 
y^cKaho'i  evZovar]  (fypevi  (7).  Sed  de  Repub.  ut  nunc  tem- 
pora  sunt,  pax.  Studia  tractemus,  &  rectum  clavum 
teneamus,  ut  nos  aliquando  vixisse  posteris  testemur. 
Vale,  vir  optime,  &  me  amare  perge.  Salutem  à  me 
Raphelengio,  &  Moreto,  generis  :  Abr.  quoque  Ortelio (8) 
&  Corn.  Pruenio  civibus  meis  carissimus.  A.  D.  III. 
Nonas  Maias.  cid.  id.  lxxxi. 


(i)  Cornélius  Valerius  était  mort  à  Louvain,  le  11  août  1578; 
Théodore  Langius,  le  8  juin  de  la  même  année;  Théodore  Poelman, 
au  commencement  de  1581. 

(2)  Schottus  lui-même,  après  les  excès  de  la  Furie  espagnole, 
s'était  enfui  à  Douai.  De  là  se  rendant  à  Paris,  il  s'était  établi  en 
Espagne,  d'où  il  écrivit  la  présente  lettre. 

(^)  Cet  éloge  des  études  supérieures  dans  nos  provinces  au  XVIe 
siècle,  et  à  l'université  de  Louvain  en  particulier,  a  d'autant  plus  de 
valeur  que  Schottus,  rappelons-le,  venait  de  quitter  les  principaux 
centres  d'érudition  de  l'Europe  occidentale.  Bon  nombre  des  profes- 
seurs et  docteurs  dont  les  noms  suivent,  ont  été  mentionnés  dans  les 
volumes  précédents  de  cette  Correspondance. 

(4)  Avant  son  édition  de  Pomponiiis  Mêla,  Schottus  avait  fait 
paraître  à  Douai,  en  1577,  Scriptortim  de  Viris  illustrihis  Nota,  in-40; 
en  1579,  chez  Plantin  :  Sex.  ^nrelii  Victoris  Historiae  Romanae 
Breviarum,  avec  Epitome,  in-80. 

(5)  De  cet  ouvrage  sur  Sénèque,  annoncé  dès  1581,  le  Musée  ne 
possède  que  l'édition  de  Heidelberg,  parue  en  1604  :  M.  Anuiri  Seneca 
Rhetoris  Suasoria,  Controversia,  Declamalionumque  Excerpta  ;  ^b 
Andréa  Schotto  ad  velerum  exemplarium  fideni  castigata,  Gracis  etiam 
hialibus  expletis,  Noiis  curisq.  seciindis  explicata;...  In  Bibliopolio 
Commeliniano,  In-f". 

(6)  Antoine  Covarruvias,  frère  de  Didier,  qui  avait  fait  nommer 


—  266  — 

Schottus  à  l'université  de  Salamanque  pour  y  enseigner  la  littérature 
grecque. 

(7)  Œdipe  à  Coîone,  307. 

(8)  Ortelius  avait  fourni  la  petite  mappemonde  qui  se  trouve  dans 
l'édition  de  Pomponius  Mêla  par  Schottus  :  Orbis  terrariun  hiinc  tijptim, 
secundum  Pomponij  Mêla  traditionem  delinedbat  Ab.  Ortelius.  i ^82. 


930.  —  Plantin  à  Ditlevus  Silvius. 

(Archives  Plantiniennes,  X,  f"  28). 

4» 

13  Mai   1581. 

(La  lettre  de  Ditlevus  du  16  mars  est  arrivée  les  premiers  jours  de 
ce  mois.  Plantin  attendra  le  reste  des  planches  promises  pour  mettre 
le  livre  de  Regius  sous  presse,  aux  conditions  stipulées  dans  la  lettre 
de  Ditlevus.  L'imprimeur  a  pu  acheter,  à  des  prix  très,  élevés,  les 
Sermones  Corn.  Dordraceni  et  les  Madr ig al i  Jacob i  de  Wert.  Par  contre, 
il  n'a  pu  mettre  la  main  sur  les  Madrigali  Johannis  Budaei. 

Clariss.  doctissimoque  Viro  D.  Ditlevo  Silvio 
Hamburghum  (i). 

Litteras  tuas  16.  Martij  datas  sub  initium  Mai)  primum 
recepi,  Vir  pr^stantissime,  et  cum  his  Delineationes 
figurarum  aliquot  reliquas  expectabo  quibus  acceptis  ego 
tu£e  et  m.  Viri  D.  Regij  praefecti  voluntati  morem  gérera 
conabor,  ejusque  librum  quainprimum  omnia  ad  hoc 
parata  habuero  imprimam  conditionibus  abs  te  mihi 
litteris  tuis  prasscriptis. 

Sermones  Corn.  Dordraceni  et  Madrigali  Jacobi  de 
Wert,  illum  redemi  stufferis  septem.  Alios  florenis  qua- 
tuor cum  decem  stufferis  quod  pretium  mihi  tam  carum 
visum  est  ut  ab  illis  Hbris  tant!  redimendis  animus  p^ne 
abhorruerit.  Is  tamen  a  quo  emi  jurât  se  nemini  hactenus 


—  267  — 

dédisse  minori  pretio  quam  quinque  florenis  neque 
posthac  ulli  se  daturum  tam  vili.  Madrigales  Johannis 
Bud^i  non  potuimus  invenire  (2).  Si  quid  praeterea  velis 
curatum  a  nobis,  indica  et  bene  vale.  Antverpiîe  raptim 
Vigilia  Pentecostes  13.  Maij  1581. 

(1)  Dethlev  Sylvius  à  Wandelsbeck  près  de  Hambourg,  au  service 
de  Henr.  Ranzovius,  gouverneur  du  Holstein.  Ses  poésies  latines 
l'avaient  fait  acquérir  une  certaine  réputation. 

(2)  Nous  n'avons  rien  pu  trouver  au  Musée  à  propos  des  œuvres 
de  Corn.  Dordracenus,  Jacobus  de  Wert  et  Joh.  Budaeus,  citées  dans 
cette  lettre. 


931.  —  Plantin  à  Guill.  Fornerius. 
{■^Archives  Plantinunnes,  X,  f**  28). 

17   Mai   1581. 

(Louis  Carrio  a  remis  à  Plantin,  au  nom  de  Fournier,  le  texte 
corrigé  du  T)roit  civil.  L'architypographe  a  immédiatement  prié  son 
collègue  Sonnius  de  faire  parvenir  à  Fournier  les  deux  exemplaires 
demandés  de  l'édition  plantinienne  du  Droit  civil.  L'imprimeur  mettra 
l'ouvrage  sous  presse  aussitôt  qu'il  en  aura  reçu  le  texte  complet  ;  il 
se  déclare  disposé  à  mettre  en  lumière  tout  ce  que  Fournier  voudrait 
lui  confier). 

Clariss.    doctissimoque    Viro    D.   Guillelnio 
Fornerio  (i)  Consiliario  Regio  et  professori 
Aurelianensi  primario. 

Ludovicus  Carrio  vir  clariss.  doctissimusque  mihi 
Textum  juris  civilis  abs  te,  Vir  prîestantissime,  correc- 
tum  tuo  nomine  detulit  imprimendum,  modo  tibi  duo 
exemplaria  nostras  editionis  curem  ad  te  deferenda.  Id 
quod  cum  mihi  gratissimum  sit  litteris  iaternuntiis  petij 


—  268  — 

a  Sonnio  nostro  ut  prima  opportunitate  illa  duo  exem- 
plaria  curet  meis  sumptibus  istuc  perferenda  et  tibi 
tradenda  neque  dubito  quin  sit  ilico  facturus.  Ego  vero 
bona  fide  polliceor  me  statim  impressurum  ubi  exemplar 
integrum  accepero.  Idemque  facio  de  omnibus  tuis 
operibus  quibus  nostram  typographiam  ornare  voles.  Si 
quid  interea  tuo  nomine  potero  indica,  efficiam  Deo 
favente  ne  tu  officium  nostrum  diu  requiras.  Bene  Vale. 
Antverpiie  ex  officina  nostra  typographica  17.  Maij  1581. 

(i)  Guillaume  Founiier,  savant  jésuite,  né  à  Paris,  docteur  régent 
à  l'université  d'Orléans,  connu  par  plusieurs  travaux  de  philologie 
et  de  droit.  Nous  n'avons  pas  trouvé  que  Plantin  ait  imprimé  le  traité 
de  Droit  civil  dont  il  est  question  dans  cette  lettre. 


932.  —  Antoine  Gassen  à  Martine  Plantin. 
{Archives  Flantiniennes ,  LXXXII,  f»  485). 

Paris,  le  26  mai  1581. 

Ma  cousynne  Martynne,  serés  avertye  que  je  vous 
ecryst  dernijeremant  et  je  vous  avoys  donné  quelque 
petyste  charje  dont  je  croys  que  Tarés  fect  sy  quand  est 
que  l'ayés  fecte  je  croys  que  Tarés  anvoyé.  Pour  le  fayre 
court  ma  cousynne  je  vous  prye  de  m'acheter  suyvant  le 
santylon  que  je  vous  anvoye  120  ft  d'asyer  moyté  un  et 
moytyé  autre.  Je  dys  des  3  esantylons  au  vyeus  marché 
au  blé  au  logys  d'un  tonnelyer  en  la  dusyeme  chanbre 
et  se  nome  gaspart,  toutes  foys  sy  luy  n'est  que  soyt  un 
autre  que  je  croys  que  par  tout  l'y  a  d'un  et  d'autre  et 
Tayent  acheté  je  vous  prye  de  me  le  voloyr  anvoyer  par 
le    premyer    a    quales    sus    le   Sr.    Charles    Grymont    a 


—  269  — 

Tanscygne  du  Lyon  d'argent  a  Quales  pour  le  fayre 
tennyr  au  Sr.  Antlioynne  Gassen  a  Parys.  Autre  choze 
je  ne  say  que  vous  mander  sy  non  que  je  croys  que  ares 
receu  la  letre  de  chanje  que  je  vous  ay  dressé  pour  moy 
et  j'espère  que  ses  jours  ysy  je  vous  poray  anvoyer 
quelque  letre  de  chanje  pour  bayller  a  bon  conte  a  sens 
que  je  doys,  toutesfoys  le  tans  n'est  pas  ancores  venneu 
Dyeu  mersy.  Toutes  foys  des  100  escus  que  je  fect 
chanje  a  Anvers  Monsr.  Porest  tour  jour  l'y  ara  byen,  de 
reste  pour  acheter  l'asyer  que  je  croys  que  ne  vaust  pas 
plus  de  27  ou  28  patz  vous  varés,  prennes  le  meur 
marché  et  la  melure  marchandyze  (i).  Autre  choze  je  ne 
vous  puys  que  ecryre  voynt  la  ate  du  mesagyer,  si  non 
que  je  vous  prye  me  recommander  a  Monsr.  vostre  père 
et  mère  et  au  cousyn  Mouranturf  et  a  tous  les  amys  de 
par  de  la  et  je  vous  prye  d'en  prendre  vostre  bonne  part 
a  Dyeu  soyés.  De  parys  ce  26=  may  1581  par  vostre 
cousyn  et  bon  amy  a  james 

A.  Gassen. 

Je  vous  prye  me  recommander  au  cousyn  père  et  a 
la  cousynne,  au  ryeste  et  que  je  n'ay  ryen  fect  de  luy 
fect  (?). 

{Adresse  au  verso  :) 

Au  Sr.  Jen  Mouranturft 
Marchant  demeurant 
anvers  au  compas  d'or 
An  la  quamestrate  anvers 

Anvers 
par  amys  que  Dyeu  garde. 


—   270  — 

(i)  Le  Grand  livre  i^y  1-1^82  fournit  des  renseignements  intéres- 
sants au  sujet  de?  relations  commerciales,  existant  entre  Antoine 
Gassen  et  Martine  Plantin.  Voici,  entre  autres,  pour  la  seule  année 
1581  (f"  411)  : 

S"^  Antoine  Gassen  Doibt  ce  io«  de  Ap.  1581,  pour  aultant  payé 
comptant  a  Ambrosius  Franque  painctre  a  bon  compte  des  45  escus  a 
54  V'î  poLir  cincq  tableaux,  pour  le  dit  Gassen.  Val.  fl.74,  st.  17,  d.  1/2. 

Adi  1 1«  ditto  pour  aultant  payé  pour  licents  2  fl.  pour  les  deux 
toiles  15  pat.  pour  l'amener  au  navire  fl.  7,  st.  6. 

Adi  28«  Ap.  1581.  Pour  aultant  que  avons  paijé  encores  a  Ambro- 
sius Francq,  pour  reste  des  45  escus  des  paintures.  Val.  fl.  50. 

Laditte  casse  avec  les  paintures  a  esté  chargée  adi  20'  Ap.  1381  en 
la  navire  de  Guillm=  Verhel. 

Pour  I  coffre  a  comptoir  achepté  pour  luy  et  envoijé  par  devant. 
Val.  fl.    15. 

Adi  12^  Junij  par  Jaspar  Haberts  pour  f^  50  de  fil  d'acier  suivant 
le  monstre  a  29  patz.  Val.  fl.  72,  st.  12. 

Item  pour  4  tonnelets  de  noix  et  de  gingembre  conficts  envoyez 
de  Francfort,    fl.  2. 

Itim  adi  18  de  Septembre  payé  a  Peeter  Mourentorf  pour  une 
bague  fl.   108.  — 

Ambroise  Francq  n'est  autre  que  le  grand  peintre  flamand  Am- 
broise  Francken,  d'Anvers  (i  544-1618). 


933.  —  Le  Conseil  des  États  de  Brabant  à  Plantin. 

[Archives  Pluntiniennes,  CXVI,  i°  )Si). 

17   Juin    1581. 

(Les  États  de  Brabant  ordonnent  à  Plantin  d'imprimer  et  d'éditer 
la  copie  des  lettres  du  duc  d'Anjou,  adressées  aux  Parlements  de 
France,  au  sujet  de  la  défense  des  Pays-Bas.  Vingt-cinq  exemplaires 
seronl  remis  aux  Etats  de  Brabant,  avec  la  copie  originale). 

Eersaeme,  Lieve,  besondere.  Wy  seynden  U  hierin 
besloten  copye  van  zekeren  brieff  vanden  doirluchtichsten 
Vorst  ende  Heere  den  Hertoch  van  Anjou  gesonden  aen 
allen   den   Parlementen    van   Vranckryck,   nopende    de 


—    271    — 

vaste  ende  loffelycke  resolutie  by  zyne  V.  H.  genomen 
totter  defensie  voii  dese  Nederlanden(i).  Octroyerende  U 
ende  ordonnerende  mits  desen  deselve  copye  te  drucken, 
ende  in  drucke  vuyt  te  gheven,  op  dat  eenyegelyck  daerafF 
kennisse  mach  hebben.  Ende  ons  alsdan  de  voirseyde 
copye  wederomme  zeynden  met  vyffventwintich  gedructe 
exemplaeren.  Hiermede 

Eersaeme,  Lieve  besundere,  zyt  den  Heere  Almachtich 
bevolen.  T'Antwerpen,  den  XVIP"  Juny  XV^LXXXI 

Uwe  goetwillige 
Die  vanden  Raede  der  Staeten  van 
Brabant. 
Ter  ordonnancie  vanden  voirseyden  Raede 
Zueraris  (?) 
1581 

{Adresse  au  verso  :) 

Eersaemen,  Lieven,  besonderen 
Christophel  Plantyn 
Boeckvercooper,  oft 
In  zyn  absentie  aen 
zynen  agent  oft  facteur. 

(1)  Copie  des  lettres  de  remonstratice,  T)u  Treshaut  &  Tresilliistre 
Seigneur,  Monseigneur  le  Duc  d'Aniou,  &c.  Envoyées  à  tous  les  Parlements 
de  France  :  coticernans  la  ferme,  &  louable  resolution  prinse  par  ledict 
Seigneur,  endroit  la  defence  &  délivrance  de  ces  Tais  bas.  A  Anvers, 
Chez  Christofle  Planiin,  m.d.lxxxi.  In-40. 


—  1^1  — 
934-   —  /^^^^  Moretus  à  Plantin. 

{archives  Tlantiniennes,  CXVI,  f"  451). 

Juin    1581    (?) 

Mon  père.  Je  viens  de  compter  avec  le  sire  P.  Bellere 
de  la  partie  des  livres  qu'il  debvoit  payer  contanti  montoit 
fl.  317.  I.  (i)  desquels  rabatant  (qu'il  dist  luy  venir  a 
cause  que  luy  avez  accordé  15.  pour  8  mois,  restent 
fl.  253  s.  13  qui  font  livres  42  s.  5  d.  6  de  gros. 

Il  m'a  payé  livres  40  et  s.  9  de  gros,  pour  tout  a  con- 
dition toutesfois  que  vous  soyez  content. 

Il  désire  scavoir  s'il  aura  les  250  concordantie  (2) 
disant  qu'il  baillera  l'argent  quand  on  les  luy  aura  livrés. 

{Réponse  de  Plantin  :) 

Je  ne  me  puis  assés  esmerveiller  de  tant  de  ruses  a 
faire  comptes  et  a  dire  et  demander  choses  impertinentes 
contre  les  pourparlers  et  accords.  Si  est-ce  que  je  ne  veux 
plus  disputer  du  passé  :  mais  bien  Dieu  aidant  me  garder 
pour  l'advenir.  Quant  aux  Concordances  je  veux  qu'ache- 
viés  tout  premièrement  de  conclure  du  passé  et  puis 
après  je  feray  ce  que  je  pourray  :  combien  que  je  ne  sois 
en  rien  tenu  de  luy  en  bailler  :  mais  je  veux  bien  bailler 
encores  pour  ceste  fois  mesure  plus  que  pleine. 

(i)  Grand  Livre  Signé  C  (1572-1589),  f»  132  :  Adi  2«  Maij  1581 
pour  divers  rouges  et  noir  qu'il  (Pierre  Bellère)  a  eu  comme  au 
Jornal  Q.,  fo  61,  montants  in  nummis  la  somme  de  fl.  317,  et  3  pat. 

(2)  Ibidem  :  Adi  23e  Junij  ce  fust  par  devant  livré  200  Concor- 
dantiae  Bibliorum  40  a  3  fl.  10  pat.  pièce.  Valeur  fl.  700.  —  Il  s'agit 
de  l'édition  plantinienne  des  Concordantice  de  1581. 


—  273  — 
935-  —  Gabriel  de  Çayas  à  Plantin.. 

(Archives  Plantiniennes,  LXXVIII,  f"  91). 

3    Juillet    1581. 

(De  Çayas  invite  Plantin  à  lui  envoyer  de  ses  nouvelles  par  Tinter, 
médiaire  de  Diego  Maldonado,  et  directement  à  Lisbonne,  où  il  restera 
quelques  mois.  Il  s'informe  de  l'édition  des  œuvres  de  S.  Jérôme  et  de  la 
grande  Bible.  Il  voudrait  voir  au  monastère  de  S.  Laurent  les  dernières 
impressions  de  l'officine  plantinienne.  Le  roi  tient  à  posséder  le  petit 
Missel  a  sine  canto  »,  publié  par  Plantin.  Sa  Majesté  a  chargé  de  Çayas 
de  régler  tous  ses  comptes  avec  l'architypographe.  Arias  Montanus  se 
plaît  à  sa  retraite  d'Aracena.  Aussitôt  que  l'édition  de  ses  Prophètes 
in-40sort  de  presse,  de  Çayas  voudrait  en  avoir  un  exemplaire,  ainsi  que 
du  TDictatum  Chn'stianum,  en  français  et  en  latin,  et  des  sermons  de 
Louis  de  Grenade.  Il  ne  sait  pas  quelle  édition  Plantin  a  fournie  du 
Calepino.  Il  le  prie  d'acheter  une  carte  de  l'Espagne,  meilleure  que  celle 
parue  en  Angleterre,  et  de  le  renseigner  à  propos  des  tapisseries  à 
acheter.  Avant  tout,  de  Çayas  désire  avoir  des  nouvelles  sur  la  situation 
politique  des  Pays-Bas). 

Sefior, 

Tengo  tan  particular  desseo  de  saber  de  V.  m.  y  de 
su  salud  y  estado  de  sus  cosas  que  recibire  particular 
contentamento  melo  escriva  por  dupplicadas,  remitiendo 
las  unas  a  Diego  Maldonado  Secretario  de  la  Embaxada 
de  su  M*^  en  Francia  y  las  otras  por  mar  en  los  navios 
que  de  ay  vienen  cada  dia  para  esta  Ciudad  pues  estare- 
mos  en  ella  algunos  dias  y  meses  y  en  ellas  me  embie 
V.  m.  memoria  de  los  libros  que  ha  imprimido,  y  senala- 
damente  si  se  acabaran  los  Hieronimos  y  una  grande 
Biblia  (i)  que  V.  m.  estava  haziendo  porque  hablando 
una  persona  de  V.  m.  con  su  M"^  esta  maiïana  me  dixo 
que  holgaria  saber  todo  esto  para  dar  orden  que  se  traygan 
aqui  alguna  quantidad  de  libros  para  su  monesterio  de 


18 


—  274  -" 

Sanct  Lorencio,  y  V.  m.  entendera  mejor  que  nosotros 
aca  los  que  seran  a  proposito  para  esto,  avisando  assi 
mismo  de  los  precios  de  cada  uno  porque  se  embie  el 
dinero  adelantado,  y  en  particular  me  dixo  su  Mag''  que 
holgaria  tener  para  su  persona  y  oratorio  un  missal  de 
los  pequenos  sin  canto  (2),  que  diz  que  los  imprimio 
V.  m.  los  dias  passades  de  que  yo  me  acuerdo  y  si  los 
ay  vengandos  uno  enquadernado  y  otro  en  papel  que 
como  arriba  digo,  remitiendo  V.  m.  el  pliego  a  Paris 
verna  con  correo  a  buen  recaudo. 

Tambien  me  embiara  V.  m.  una  memoria  de  todo 
lo  que  se  le  deva  de  las  cuentas  passadas  que  su  M*^  quiere 
se  cumpla  muy  a  su  satisfaccion.  Yo  lo  procurare  como 
si  fuera  para  mi  mismo  sin  que  en  manera  alguna  se 
dilate  mas  (3). 

Nuestro  buen  amigo  Arias  Montano  tiene  salud  y 
mucho  contentamiento  en  el  Secexco  de  su  Peiia  (4)  y  si 
es  como  se  me  ha  dicho  que  V.  m.  ha  imprimido  sus 
Prophetas  in  4°,  mucho  gusto  terna  su  M'^  de  que  vengan 
assi  mismo  con  la  brevedad  possible  y  para  mi  un  Dic- 
tatum  Christianum  en  latin  y  otro  en  frances. 

Desseo  saber  si  ha  imprimido  V.  m.  el  Calepino  (5)  y 
en  que  forma,  por  tener  uno  dellos  y  en  acabando  V.  m. 
los  sermones  de  fray  Luys  de  Granada  (6),  venga  un 
juego  para  mi  enquadernado  en  pergamino,  digo  cada 
volumen  de  porsi. 

Tomaria  assi  mismo  una  descripcion  de  Spaila  si  ha 
saUdo  alguna  mas  perfecta  que  la  que  se  hizo  en  Ingla- 
terra,  y  aviseme  V.  m.  como  se  corre  al  présente  lo  de 
la  tapiceria  que  si  es  buen  tiempo  de  comprar  embiare 
a  tomar  alguna. 

Y  sobre  todo  como  van  las  cosas  de  nuestra  Sanctis- 


—  175  — 

sima  Religion  y  del  Goviernb  y  publicia  en  essa  desdi- 

chada    Provincia,  de   que   se   apiade   Dios  y    guarde    y 

prospère  a  V.  m.  como  puede.  De  Lisboa,  a  3.  de  Julio 

1581. 

Tuus  ex  precordijs 

G.  Cayas. 

(Adresse  au  verso  :)  Al  muy  mag'^*'  Seiîor  mi  S"'  Christo- 
foro  (Plantino)  Prothotipographo  de 
su  M"^  (en  sus  Paises)  baxos    En 
Quadrupp**».  Anvers. 

fi)  Probablement  la  grande  5ïW/a  5flcra  (Theologorum  Lovanien. 
sium)  in-f»,  que  Plantin  acheva  d'imprimer  en  1583. 

(2)  Le  dernier  petit  Missel  plantinien  est  daté  de  1 577;  orné  de  nom- 
breuses gravures  sur  bois  par  Antoine  Van  Leest,  d'après  P,  Van  der 
Borght,  il  ne  contient  que  quelques  pages  de  musique. 

(3)  C'est  au  moins  la  huitième  fois  que  de  Çayas  réclama  auprès 
du  roi  le  payement  des  sommes  dues  à  Plantin. 

(4)  Arias  Montanus,  rentré  de  Rome  en  Espagne,  avait  refusé 
l'évêché  que  Philippe II  lui  aurait  offert.  Il  se  retira  dans  son  ermitage 
de  la  Pena,  près  d'Aracena  (Notre-Dame  des  Anges)  où  il  avait  vécu 
jusqu'à  ce  que  le  roi  l'invitât  à  diriger  l'édition  de  la  Polyglotte. 

(5)  Le  Musée  possède  plusieurs  dictionnaires  de  Calepinus,  du 
XVI«  siècle  ;  aucun  n'est  sorti  des  presses  plantiniennes. 

(6)  Plantin  publia,  en  1572,  un  volume  in-80  de  Ora«on«  de  Louis 
de  Grenade,  suivi  de  quatre  tomes  de  Conciones  :  les  trois  premiers  en 
1581,  le  quatrième  en  1586,  outre  Quinque  de  poenitentia  conciones 
(1584). 


936.  —  Plantin  au  Dr.  Navarro. 
(Archives  Plantiniennes,  X,  f»  29,  53-S6). 

22  Juillet  1581. 

(Par  l'intermédiaire  de  Suchet,  Plantin  a  reçu  une  lettre  du  Dr. 
Navarro  qui  l'a  beaucoup  étonné.  Sa  première  idée  était  de  ne  pas  y 


276 


répondre.  S'étant  ravisé,  il  s'efforcera  de  réfuter  les  calomnies  conte- 
nues dans  la  lettre  du  docteur.  Navarro  reproche  A  l'architypographe 
d'avoir  vendu  un  grand  nombre  de  ses  ouvrages,  notamment 
du  Manuel  pour  confesseurs,  à  l'encontre  des  privilèges  royaux  et 
pontificaux.  Plantin  déclare  qu'il  s'est  toujours  entendu  pour  la 
vente  avec  les  hommes  de  confiance  de  Navarro  ;  si  quelques  exem. 
plaires  du  Manuel  ont  pris  le  chemin  de  l'Espagne,  il  n'en  peut  rien. 
Un  éditeur  espagnol  avait  invité  Plantin  à  lui  en  expédier  un  certain 
nombre  dans  la  péninsule.  L'imprimeur  s'y  est  refusé,  après  avoir 
demandé  l'avis  de  Buyssetius.  Plantin  se  montre  d'ailleurs  disposé  à 
soumettre  l'affaire  à  des  juges  compétents). 

Ili'  admodum   Viro  Dno  Navarro. 

S.  P.  A  Domino  Antonio  Suchet  (i)  litteras  nuper  ac- 
cepi  quibus  significat  111"".  D.  V-^""  alias  ipsius  adjunctas 
nomine  vestro  mihi  scriptas  fuisse.  His  autem  perlectis 
adeo  sum  miratus,  ut  non  crediderim  a  V,  D.  profectas  : 
sed  ab  aliquo  rerum  nostrarum  ignaro  subdole  con- 
scriptas  ;  ac  proinde  niliil  prorsus  ipsis  respondendum 
prima  fronte  mihi  persuadebam.  Re  tamen  altius  animo 
perpensa  statui  tandem  paucis  ejus  argumenta  falsa 
ostendere. 

Quoniam  itaque  falso  me  accusant  maiae  fidei, 
detentionis  rei  aliène  et  ingratitudinis  credidi  ab  Ili' 
Viro  Navarro  assertore,  censore  veritatis,  et  pr^scriptore 
pietatis  justiti^que  tum  humanœ  tum  divine,  iilarum 
argumentum  non  fuisse  dictatum  :  utpote  nuUa  in  re 
veritati,  pietati  nec  justitiae  consentaneum.  Id  quod 
ut  clarius  tibi  Ili''  admodum  Dne  appareat,  Epistol^ 
supradictas  exemplar  ad  verbum  exprimam  et  in  margine 
singula  ejus  argumenta  qu«  me  pungere  conantur  reipsa 
refellam;  hoc  est  veritate  rei  gest^  instrumentis,  litteris, 
et  capitibus  ex  libro  nostrarum  rationum  bona  fide 
consciptis    rationibus     nominatis    etiam    testibus    omni 


—  277 


exceptione  majoribus  paucis,  et  quieto  animo  (ut  pote 
nuUius  omnino  fraudis  hac  in  re  sibi  conscio)  contrarium 
probabo  facile.  Rogo  itaque  imo  et  postule,  ut  tu  mi 
Domine  doctor  prasstantiss.  his  paucis  placide  lecîis 
testimonijs  receptis,  et  si  videbitur  testibus  quos  nomino 
examinatis,  pro  caus^  meas  veritate  et  sinceritate  judices, 
et  a  tantis  calumnijs  me  libères.  Quod  si  misso  brevi  ad 
me  scripto  absolutorio  non  feceris  Deura  ipsum  inspec- 
torem  cordium  summum  et  verissimum  judicem  appello 
inter  me  et  te  vel  talium  calumniarum  auctores,  Bene 
vale  et  salve  in  D.  N.  Jesu  Christo. 

Tui  studiosissimus  C.  Plantinus. 


Responsum  Plantini 

a)  Amore  tui  te  quae 
scribis  fecisse  nemo  dubi- 
tabit,  qui  cognoscet  me 
abs  te  solicitatum  fuisse 
litteris  et  ab  amicis  hic 
tuis  qui  numquam  destite- 
runt  a  me  postulare  donec 
opéra  tua  suscepissem  non 
sine  mea  insigni  jactura 
imprimenda  cum  ego  mihi 
laborare  maluissem. 

b)  Anno  D.  1575,  die 
Decemb.  2*  ego  tuis,  Simo- 
nis  Magni  Canonici  et  Ant. 
Genardi  Inquisitoris  Leo- 
diensis  litteris  Rev*^"  Patri 
Trigoso  et  D.  Paullo  Bur- 
lamachi  Bonvisiorum  In- 
stitori    (3)    procuratoribus 


Copia  litterarum  nomine 

D.  Navarri  ad  Plantinum 

missarum. 

111.    Senor. 

a)  Acuerda  se  v.  m*^  con 
quanto  Amor  caridad  y 
confiança  ruegue  a  v.  m"^ 
que  me  imprimiesse  a  mi 
Costa  mi  Manual  de  Con- 
fessores  (2)  y  otros  libros 
V  con  quanta  perdida  mia 
y  de  mi  authoridad  impri- 
mio  V.  m'* 

b)  Mas  Manuales  de  los 
que  yo  le  rueguey  conquan- 
ta  c)  liberalidad  le  deche 
los  demaziados  con  mucha 
ganança  suya  y  que  los 
essos  libros  que  me  impri- 
mio  a  mi  costa  todos  me 


—   27^   — 


tuis  probari  me  non  plura 
exemplaria  Manualis  tui 
impressisse  quam  vos  iis- 
dem  litteris  vestris  postu- 
laveratis. 

c)  Tantum  tamen  abest 
ut  tu  nec  illi  erga  me  libe- 
ralitate  usi  fueritis,  ut  im- 
portunitate  vestra  coactus 
fuerim  a  vobis  exemplaria 
(quas,    mutata    sententia, 
contra    litterarum    vestra- 
rum,  ut  dictum  est,  teno- 
rem  contendebas  non  im- 
primenda     fuisse)     pretio 
tertia  parte  majori  quam  a 
me  tibi  fuerant  computata 
redimere  et  solvere,  uti  ex 
articulis    rationum   nostra- 
rum,  ex  libro  nostro  des- 
criptis    et    his    conjunctis 
videre  licet  et  alia  quas  ad 
probationem   justc-e  causas 
nostrasfaciunt,  nempequot 
exemplaria,  et  quibus  no- 
mine    tuo    procuratoribus 
etc.  et  quo  tempore  tradi- 
derimus. 

d)  Imo  ne  cogitavi  un- 
quam  libros  ullos  a  me 
primum  cum  Privilegiis 
impressos  in  Hispaniam 
vendendos  mittere,  multo 
vero  minus  Manuale  quod 


los  deve  porque  ninguno 
dellos  me  a  entregado  a 
mi  ni  a  qui  mi  poder  tu- 
viesse  y  que  con  le  aver 
traydo  a  la  memoria  mis 
amigos  esta  deuda  dessos 
libros  nunca  me  ha  hecho 
satisfaction  alguna.  d)  Y 
que  me  scriven  que  quiere 
meter  agora  v.  m'^gran  nu- 
méro de  Manuales  impres- 
sos en  Espaiia  contra  mis 
Privilegios  Papales  y  Rea- 
ies. 

e)  Y   111'^   y   heruditiss. 
S"""  conosco   que    meresco 
y  valgo  poco,  y  que  v.  m** 
vale  y  puede  mucho.  Pero 
se  que  tenemos  Dios  qui  in 
altis  habitat  et  humilia  res- 
picit   y   quiere  que  nemo 
scandaliret  aliquem  ex  istis 
minimis,  y  que  quando  fal- 
tare  quien  haga  justitia  en 
la  tierra  el  la  hara  en  ella  y 
en  el  cielo  y  que  no  estoy 
yo    tan     desemparado    en 
essos  reinos  ni  otros  algu- 
nos  que  sus  governadores 
no  huelgan  de   gardar  mi 
justitia,   la  quai  yo  la  dc- 
mandare    a   Dios   y   a    su 
lugar  tenientes,  de  manera 
que   V.   m*^  gaiie  poco  de 


—  279  — 


si  qui  a  me  hic  emant  ali- 
quidnonest  meum  curare 
quo  missuri  sint.  Certum 
quidem  est  fuisse  quen- 
dam  Bibliopolam  in  Hispa- 
nia  qui  a  me  impressa  Ma- 
nualia  voluisset  illinc  evo- 
care,  si  abs  te  facultatem 
impetrassem.  Sed  cum  a 
Rev.  P.  D.  Buyssetio  in- 
tellexissem  hoc  tibi  non 
placiturum,  mittere  nolui, 
et  ea  qux  impressi  exem- 
plaria  hic  distraho  paulla- 
tim  privilegiorum  meorum 
authoritate  justa  fretus  non 
autem  contra  tua. 

e)  Quid  de  teipso  sentias 
meum  non  estnequede  cu- 
jusquam  conscientia  judi- 
care.  Ego  vero  a  Deo  ipso 
omnipotenti  creatore  nos- 
tro  per  Jesum  Christum 
Dominum  nostrum  filium 
ejus  unicum  in  gracia  spi- 
ritussancti  a  Deo  inquam 
trino  et  uno  humillime  et 
toto  animi  afFectu  démisse 
precibus  contendo  ut  juxla 
suam  voluntatem  me  regere 
et  gubernare  et  a  calumniis 
liberare  dignetur  :  aut  sal- 
tem  sua  uti  hactenus  sx- 
piss.  fecit  sancta  pacientia 


la  honrra  y  hazienda  tem- 
pérai. Porende  ruego  la 
mucho  por  la  antigua 
amistad  y  el  desseo  que  su 
renombre  cresca  y  no  se 
diminuiga  que  compla  con- 
migo  y  me  pague  todo  lo 
que  me  deve  de  lante  de 
dios  y  no  me  haga  mas 
dano  para  que  no  sea  yo 
forçado  de  poner  todas 
mis  fuerças  en  mostrar  al 
mundo  la  razon  que  Dios 
save  que  tengo  de  quexar 
me  de  v.  m*^  cuya  111*  per- 
sona  nro  S"'  la  conserve 
con  sus  sanctissimos  dones 
en  su  sanctissima  gratia 
para  la  gloria  eternal. 
Amen  en  Roma  y  de 
Mayo  15.  Anno  1581. 

B.  1.  M.  a  V.  m-i. 

Su  muy  antigo  Ser''"''  y 

agora  muy  olvidado. 

M.  d'Azpilcueta 
Doct.    Navarro. 


—    280   — 

fulcire  semper.  Ac  proinde  me  meaque  omnia  ipsi  per- 
libenter  hic  in  terra  et  in  cœlis  judicandum  ex  toto 
animi  desiderio  committo.  Quod  si  ne  hoc  quidem  modo 
nec  illo  supradicto  tibi  111"  admodum  et  Rev'^^Dne  Doctor 
satisfactum  putabis  ecce  me  paratum  sistere  coram  quovis 
judice  légitime  qui  ex  litteris  et  testimoniis  de  hac  causa 
et  négocie  judicet  in  quo  ne  cogitatione  quidem  peccasse 
me  agnosco  aut  umquam  in  animo  habuisse  contra  tuam 
voluntatem,  authoritatem  vel  res  tuas  quicquam  atten- 
tare  :  tantum  abest  ut  verba,  multo  minus  opère.  Proinde 
non  timeo  ut  res  tota  ob  oculos  totius  mundi  ponatur  si 
D.  T.  visum  fuerit.  Verum  ego  te  rogo  ne  quid  facias 
temere,  hoc  est  non  examinatis  ex  ^quo  et  bono  uti 
decet  testibus  a  me  prasnominatis  et  perpensis  rationibus 
a  me  prasdictis.  Bene  vale  in  Christo  Jesu  Dno  nostro 
111"  admodum  et  Rev'''  Dne  doctor.  Antverpia   raptim 

XXII,   Julij    1581. 

111'^  admodum  etRev*i==D.T. 

cliens  humillimus 

C.  Plantinus. 

(i)  Ou  Suchette,  libraire  à  Valladolid. 

(2)  Enchiridion  sive  Maniiale  confessariorian  et  poenitentium,  ïn-4^, 
paru  chez  Plantin  en  1575,  et  1 581,  et  dont  il  a  été  souvent  question 
antérieurement. 

(3)  Voir  lettres  précédentes  à  propos  de  ces  personnages. 


937.  —  Jean  Morelus  à  Gilles  Beys. 

(Archives  Tlantiniennes,  IX,  f"  94^'). 

Fin  Juillet  (?)  1581. 

Mon   frère,   aux    vostres    du   15^   n'estoit   besoing   de 
responce  si  elles  n'estoient    escriptes   d'un   qui   se    dict 


28l 


frère  au  frère,  veu  qu'elles  ne  sont  escriptes  que  pour  y 

mettre  4  ou  5  lignes  des  mots  picquants,  desquelz  si  j  en 

voulois  user,  asseurés-vous  que  je  vous  pourrois  passer 

de  beaucop  ou  pour  le   moins   estre  esgal,  mais  estant 

cela  du  tout  contraire  a  mon  naturel  si  ce  n'est  que  )e 

me  oublie  totallement  comme  je  vois  par  les  vostres  que 

vous  avés  faict;  et  avés  pris  l'advis  que  je  vous  donnais 

par  mes  dernières  (de  ce  que  nostre  père  a  sur  la  presse) 

pour   une   mocquerie.   Certes,   je  suis   joijeulx  que    vos 

lectres  sont  clairs  (?)  et  qu'ils  me  donnent  a  cognoistre 

que  tels  advis  ne  vous  sont  agréables  et  qu'une  aultre 

fois  je   m'en  garde.   Mais  triste  d'aultre  part  pour  voir 

clairement  de  plus  en   plus  qu'il  n'ij   a  plus  nul  amour 

fraternel    au  monde,  veu  que  partout  ce  que  l'un  frère 

faict   ou   dict   pour   ung    mieulx    et    a   bonne    intention 

l'aultre   le   prendt  en    mal    et  chicanes.    Croyés  que  si 

j'eusse   si    bien    cogneu    vostre    humeur    comme    je    le 

cognois  maintenant  que  j'eusse  plustost  taillé  ma  plume 

en  mille  pièces,  que  de  l'avoir  voulu  tenir  en  main  pour 

vous  advertir  chose  laquelle  (au  lieu  qu'elle  vous  deust 

estre  de  tout  agréable)   vous   prenés   pour  une  risée  et 

moquerie  comme  escripte  d'ung  qui  soit  vostre  ennemij. 

Et  mesmes  ce  n'est  pas  assés  que  vous  m'en  contristiés 

le   ceur    veu   que   voyant    ce   j'aperçoijs   vostre    tort   et 

aveuglesse  en  ce  flùct,  mais  oultre  vous  advisés  a  aultres 

que  vostre  frère   Mourentorf  ne   vous  envoyé  rien   de 

nouveau  sinon  5  ou  6  mois  après  que  Sonnius  en  a  faict 

son   proffict,    mesmes    quand    vous    demandés    quelque 

chose  qui  vous  soit  propre,   il  dit  qu'il  n'ij  eu  a  plus, 

voila  le  plaisir  qu'il  me  faict  etc.   A  ce  que  je  me  puis 

apercevoir  le  frère  Mourentorff  c'est  celluy  qui  est  seul 

qui  a  mangé  le  lard,   et  de  qui  on  se  plainct  partout  a 


—   282    — 

tous  et  pourquoi)  ?  D'aultant  qu'il  ne  veult  nij  peult  pas 
faire  toutes  choses  a  la  volonté  ou  playsir  et  a  la 
demande  de  ceulx  qui  luy  requièrent  choses  qu'il  n'a 
point  et  qu'il  respecte  celluy  qu'il  doibt  respecter.  Mais 
dictes-moij,  je  vous  prie,  mon  frère,  m'avés  vous  jamais 
escript  ou  requeru  chose  aulcunne  que  je  ne  l'aye 
exécutée  le  plus  tost  qu'il  m'a  esté  possible,  je  parle 
mesmes  de  celles  qui  me  sont  contraires  ?  Je  ne  vois 
aultre  tesmoing  que  premièrement  vous  mesmes,  et  mon 
frère  Raphelingien  auquel  avés  tousjours  envoyé  vos 
mémoires.  Si  souvent  en  avons  tenu  propos  que  quand 
avés  demandé  quelques  sortes  desquelles  ici)  avoit  pas 
ung  seul,  estants  faillies,  que  estimeriés  que  on  ne  les 
vous  vouloit  envoyer.  Mais  beaucop  de  parolles  pourray- 
je  icy  repeter  en  vain  de  ce  que  n'est  besoing  et  ce  qui- 
est  advenu  sur  la  demande  des  marchandises  que  avés 
faict.  Bien  vous  diraij  pour  la  vérité  que  quand  nostre 
frère  Raphelingien  a  eu  mémoire  de  vous,  elle  a  esté 
fornie  le  mieulx  et  plus,  qu'il  a  esté  mesmes  jusques  a 
n'en  retenir  aulcun  exemplaire  et  envoyés  par  le  premier 
marinier,  pourtant  je  scaij  bien  que  n'avés  garde  de  le 
croire,  car  vos  lectres  que  m'avés  escriptes  en  font  foij. 
Pleust  a  Dieu  mon  frère  que  cogneussiez  bien  l'intérieur 
de  mon  ceur,  vous  ne  l'eussiés  jamais  pensé  nij  songé 
d'escrire  ce  qu'avés  escript.  Si  c'est  par  une  coustume 
mauvaise  que  avés  prinse,  je  vous  prie  estudiés  a  la 
laisser;  elle  vous  pourra  estre  plus  dommageable  que  ne 
pourries  croire.  Cecy  vous  dirai-je  librement,  a  tel  aultre 
que  moij  vous  pourrés-vous  addresser  qui  ne  auroit  pas 
si  bonne  patience,  laquelle  toutesfois  avés  tousjours  en 
bouche.  Croyés  celluy  est  bien  patient  qui  a  enduré  et 
endure  tousjours  pour  ung  mieulx  et  non  pas  çeluy  qui 


—  283  — 

desgorge    son    impatience    par    mots    injurieux.    Mais 
escoutés,   vos   lectres    me  font   parler.    Si  eussiez   esté 
(peult  estre)  ung  peu  mieulx  patient,  les  marchandises  de 
nostre  Père  (desquelles  vous  parlés  tousjours  comme  si 
elles  estoyent  toutes  miennes)  ne   fussent  si  tost  venu 
entre    les    mains    d'aultruy,    et    eussions    eu   occasion 
(comme  bien  aultres  marchands  ont)  de  changer  aulcune- 
fois  de  place,  de  mesme  a  ce  que  vous  estant  icy  l'espace 
de  quelques  années  eussiés  veu  comment  les  affaires  se 
comportoyent  et  quelqu'un  de  vous  venam  en  nostre  lieu 
pareillement  allant  au  vostre.  Mais  (Dieu  soit  loué  de  tout) 
je  n'ai)  jamais  encores  sceu  avoir  cest  heur  de  pouvoir  estre 
allégé  de  ce  dur  fardeau  qui  n'est  nij  ne  me  semble  pas 
encores  le  sera  de  la  pesanteur,   duquel   en  laisse  )uger 
des  plus  clers  voyans  que  ceulx  qui  parlent  ou  escnvent 
par  passions  ou  impatience,  et  ne  scavent  que  c  est  de 
mesurer  au  poix.  Je  vous  asseure  que  je  n'eusse  enduré 
nij   sceu   endurer  ledit  fardeau  long  temps  si  je  n  eusse 
eu    bien   melieure  patience  que  ceulx  qui  escrivent  de 
leurs  Amys  et  frères  choses  toutes  contraires  a  ce  qui  en 
est    Je  vous  confesse  que  je  m'apperçoijs  que  combien 
je  face  tout  ce  qui  m'est  possible  pour  le  bien  de  ceulx 
mesmes  qui  s'en  plaignent,  que  je  n'en  auraij  pas  de  gré. 
Pourquoy,  mon  frère,  je  vous  aij  voulu  ceste  fois  escrire 
ouvertement  les  deux  ou  3   mots  scuivants.  Y  a-t-il  ou 
scavés-vous     quelque   moyen    propre    pour   vous    faire 
mieulx  ou  tout  seul  servir  des  sortes  de  nostre  père  que 
ne  avés  esté  par  cydevant.   Avisés-le,  vous  ne  Taures  si 
tost  faict  et  avisé,  que  s'il  ne  tient  que  a   moi)  et  que  )e 
sorte   la   mayson    (je    prens    Dieu    a    tesmoing)  que  )e 
m'apresteraij   dès   le   lendemain  de   la  sortir  si  tost  que 
j'auraij    entendu    vostredict    advis.    Et   si    vous    scavés 


—  284  — 

quelque  bon  compagnon  qui  pourroit  duîre  a  nostre  père 
pour  estre  icy  en  sa  maijson  et  bouticle,  je  vous  prie 
aultant  que  frère  pourroit  prier  l'auitre  que  l'advisiés  par 
le  premier  ou  bien  si  vous  scavés  quelqu'un  lequel  pour- 
roit faire  vostre  cas  pardela  en  vostre  boutique  et  que 
vous  mesmes  vinsiés  icy  en  ma  place  avec  vostre  famille, 
et  mesmes  conditions  que  je  ij  suis,  cela  me  sembleroit 
mieulx  encores,  de  quoy  ne  en  parlerai]  point  a  nostre 
père  devant  que  avoir  eu  responce  de  vous,  laquelle 
ayant  receu  j'espererois  de  obtenir  tout  envers  nostre 
dict  père  qu'il  accordast  a  ma  requeste  soit  que  ung 
aultre,  ou  vous  mesmes  se  vinse  tenir  icy  ma  place.  A 
quoy  je  vous  prie  de  me  respondre  par  le  premier  si 
rondement  et  syncerement  que  je  vous  escripts  la  pré- 
sente pour  me  pouvoir  régler  selon  ledit  advis  que  m'en 
donnerés.  Et  ce  fa37sant  si  jamais  j'aij  receu  playsir  de 
quelque  amij  et  frère  je  tiendrai]  cestuij  ung  des  plus 
grands  que  ne  receus  onques.  Surce  priant  Dieu  qu'il 
vous  conserve  en  santé  avec  vostre  compagne  nostre 
seur  Magdeleine  et  toute  vostre  famille  et  nous  doint 
la  grâce  de  nous  entre  ayder  tous  comme  frères  et  seurs 
doibvent  de  tout  tcms  de  s'entre  ayder  etc.  (r) 


(i)  Minute,  par  endroits  illisible,  de  Jean  Moretus,  sans  date. 
Cette  épître  permet  de  se  f^iire  une  idée  des  relations  tendues  qui 
existaient  entre  Gilles  Beys  et  l'officine  d'Anvers.  Plusieurs  lettres 
du  premier  sont  désobligeantes  pour  Plantin.  Les  affaires  de  Beys 
allèrent  de  mal  en  pis  ;  en  1590,  ne  possédant  plus  rien,  il  rentra 
à  Anvers  et  ouvrit  une  librairie  à  la  Cammerstrate,  presque  à  côté 
de  celle  de  Jean  Moretus. 


—  285  — 

938.   —  Melissns  à  Plantin. 
{Archives  Plantinicuncs,  LXXXVIII,  fo  365). 

20  Août   1581. 

(Melissus  remercie  l'imprimeur  de  lui  avoir  envoyé  le  Commentaire 
sur  Taciie  par  Juste-Lipse  et  les  'Notes  d'Ursinus  sur  Cicéron.  11  rap- 
pelle que  c'est  sur  ses  instances  que  Ciofano  a  entrepris  son  Com- 
mentaire d'Ovide.  Melissus  espère  toujours  que  Plantin  imprimera 
les  œuvres  poétiques  de  Bargaeus,  dont  il  lui  enverra  les  manuscrits 
qu'il  possède.  Il  a  fait  parvenir  à  Plantin  le  catalogue  de  ses  travaux. 
Lipse  et  Dousa  diront  ce  que  l'imprimeur  pourra  en  faire.  Personnel- 
lement, il  tient  surtout  à  voir  paraître  ses  Chants  pour  quatre,  cinq 
et  six  voix). 

Et  liiteras  tuas  accepi  (i),  et  commentarium  Justi 
Lipsij  ad  annales  Corn,  Taciti;  itemque  Fulvij  Ursini 
notas  in  opéra  Ciceronis.  De  ijs  tibi  gratiam  habeo, 
Plantine  doctissime  ;  quandoquidem  nunc  non  est, 
quod  referam.  Ciofano,  Romse  cum  essem,  ante  annos 
treis  hortator  et  auctor  fui,  ut  pari  cura  studioque 
omnia  Nasonis  opéra  recenseret  ;  namque  ab  aliquibus 
manum  abstinebat.  Persuasi.  Contulimus  inter  nos  multa. 
Cupio  quamprimum  videre  illas  notas  ex  officina  tua 
operosissima  in  lucem  éditas  (2).  Ad  Pétri  Angelij 
Bargtci  poëmata  quod  attinet,  spero  te  viro  eruditissimo 
eloquentissimoque  gratificaturum.  Atque  accc  tibi  ejus 
ad  me  litteras  !  Vides,  audis,  ut  te  Apollinem  Palatinum 
indigitet  ;  cupiatque  sua  poëmata  tuis  ornari  typis. 
Intérim  qu^  pênes  me  sunt  manuscripta,  denuo  exscri- 
benda  curabo,  ut  reliquis  F.  Angelianis  conjungantur  : 
modo  ea  ad  te  mitti  voles  ;  sed  voles,  sat  scio.  Indicem 
mearum  lucubratiuncularum  mitto  :  nihil  tamen  a  te 
petere  aussim.  Pro  me  Duza  et  Lipsius  loquantur  volo. 


-  28é  -- 

Mallem  cantiones  meas  harmonicas,  cum  quatuor,  quin- 
que  et  sex  vocibus  compositas,  in  hominum  pervenire 
manus  (3).  De  his  Mus^e  viderint.  Vale,  et  paucis  res- 
cribi.  Dat.  Noribergas,  xiii  Kal.  Sept.  Anno  oodxxci. 

P.  Melissus. 

Apud  Joachimum  Camerarium  Joach'  F". 

{Adresse  au  verso  :)  S.  D.  Christophoro  Plantino 

architypographo  regio, 

viro  ornatissimo. 

Antverpiam. 

(i)  Voir  la  lettre  de  Plantin  à  Melissus  du  22  mars  de  celte  année 
(no  924). 

(2)  Les  notes  de  Ciofano  sur  Ovide  parurent  en  1583. 

(3)  Plantin  n'a  rien  imprimé  de  Melissus.  A  Wittemberg,  dès  i  $66, 
avait  paru  Patili  Meïissi  Cantiones  quatuor  &  quhique  vocum.  In-40. 


939.  —  /.  Sambucus  à  Plantin. 
{Archives  Tlantiniennes,  XCIII,  f»  7). 

26  Août  1581. 

(Sambucus  a  bien  reçu  les  livres  de  Plantin.  Il  prie  le  typographe 
d'en  faire  toucher  le  montant  par  Aubri,  qui  se  chargera  également 
des  feuillets  manquants  de  la  Descrittione  de  Guichardin,  Sambucus 
s'informe  d'Ortelius  et  de  sa  carte  de  la  Grèce.  Les  reproductions  des 
anciennes  médailles  sont  envoyées  et  devront  être  ajoutées  â  la  fin 
des  Embletnata). 

Samb.  S. 

Libellos   novos,    una    cum   Belgi^e    descriptione  (i) 
accepi  :  habeo  gratiam.  Si   pretium    adscripsisses,    per 


--  287  — 

Aubrium  (2)  reciperes  :  volo  enim  hanc  benevolentiani 
et  liberalitatem  erga  me  suis  mutuo,  in  éjn^krpb^  quoque 
commeare.  Sed  in  Guicciardini  opère  P.  tomus  deest  : 
quem  Aubrio,  tuo  tamen  commodo,  dabis.  Dnm  Orte- 
lium  saluta  et  an  Graeciam  (3)  absolvent,  vellem  signi- 
ficares. 

Numismatum  antiquorum  et  ^reorum  omnium  aversas 
partes  remissi,  cum  augmente  :  addo  bas  quoque  raras  : 
quas  nuper  adeptus  sum.  Oro,  ne  pereant,  et  vel  addes 
Embiematis  continuo,  aut  salva,  et  intégra  remittes  (4). 
Verum  scio  Emblemata  fore  Italis  et  Gallis  longe  cariore 
horum  appendice.  Vale  raptim  26  Aug.  1581. 

In  primis  scito  numos,  quorum  similitudinem  in 
aceoplage  ad  te  misi,  et  mittam  forte,  si  gratum  erit, 
esse  genuinos  ^reosque  omnes  :  nullum  alius  metalli  : 
ideoque  rariores,  et  amantibus  talia,  fore  gratiores  spero, 
id.que  si  in  fronte  Numorum  admonueris,  lectorem, 
recte  faciès  (5). 

(Adresse  au  verso  '.)  Dno  Christophoro 

Plantinio  Typographo 
Regio-Amico  optimo 
Francfortum,  Sive 
Antverpiam. 

(i)  La  nouvelle  édition  de  la  Descrittione  di  tutti  i  Paesi  bassi,  par 
Guichardin  (1581). 

(2)  Jean  Aubri,  marchand-libraire,  qui  fréquentait  aussi  les  foires 
de  Francfort. 

(3)  Il  s'agit  d'une  carte  de  la  Grèce,  faite  par  Ortelius  pour  l'édi- 
tion de  son  atlas  de  1580,  qu'il  vendit  aussi  séparément  à  Plantin  : 
Gracia,  Sophiani.  Abrahamo  Ortelio  descriptore. 

(4)  L'édition  de  1584  des  Emblemata  de  Sambucus  ne  contient 
pas  d'autres  médailles  anciennes  que  l'édition  de  1576.  L'auteur  était 


288 


mort  dans  l'intervalle  et   Plantin   n'a   probablement  pas  pu  donner 
suite  au  désir,  exprimé  par  Sambucus  dans  la  présente  pièce. 
(5)  L'écriture  de  cette  pièce  est  par  endroits  illisible. 


940.   —  Plantin  à  Gabriel  de  Çayas. 

{Archives  Plantiniennes,  X,  f"'  31  et  48). 

5   Septembre   1581. 

Muy  11^  Seiior. 

La  troisiesme  et  la  4*^  des  lectres  de  V.  111^  S^  du  3* 
Juillet  (i)  m'ont  esté  délivrées  presque  a  mesme  temps 
et  heure  :  a  icelles  tant  le  temps  que  ma  santé  ne  per- 
mectent  que  je  face  longue  response  a  cause  des  difficul- 
tés présentes,  et  que  je  suis  maintenant  vexé  comme 
souvent  je  l'ay  esté  depuis  3  ans  en  ça  de  cholicque,  de 
la  gravelle  et  de  la  pierre.  Ma  famille  au  reste  est  en 
bonne  santé  grâces  a  Dieu  par  la  faveur  duquel  contre 
toutes  altérations  humaines  et  vexations  extérieures  nous 
persistons  d'esprit  rassis  et  constant  au  faict  de  nostre 
S'^  Religion  comme  V.  III.  S.  et  autres  nos  bons  Signeurs 
et  amis  nous  ont  tousjours  familièrement  congneus  par 
cy  devant.  Sans  en  rien  changer  de  poursuivre  les  seules 
impressions  des  oeuvres  accoustumees  :  ainsi  qu'il  appert 
par  le  Catalogue  des  livres  par  nous  imprimés  depuis 
deux  ou  3.  ans  en  ça,  et  de  ceux  que  présentement  nous 
avons  soubs  nos  presses  que  j'envoie  avec  la  présente  (2) 
auquel  ils  sont  tous  escrits  excepté  quelques  Placcarts 
nécessairement  imprimés  en  nostre  Imprimerie  par  le 
commandement  exprès  des  Supérieurs  ausquels  il  faut 
céder  et  obéir  pour  vivre,  demeurer  et  conserver'  etc. 


—    2\ 


Quant  a  la  grande  Bible  (3)  de  long  temps  commencée, 
je  la  poursuis  autant  que  je  puis  fournir  a  payer  les 
ouvriers.  Car  j'ay  maintenant  fort  petit  moyen  de  faire 
les  fraiz  a  imprimer  ce  que  je  desirerois  pour  le  bien 
public  :  a  cause  que  depuis  le  temps  qu'environ  cinq  ans 
passés  j'en  employé  toutes  mes  facultés  et  credict  pour 
les  Préparations  a  moy  commandées  au  nom  de  sa  S.  C. 
R.  Majesté  par  les  defuncts  Sign"  Villalva  et  Virbiesca 
pour  les  impressions  des  Usages  en  grands,  moyens  et 
petits  formats  il  m'a  convenu  non  seulement  vendre  et 
mesvendre  plusieurs  choses  :  mais  aussi  cercher  tous 
moyens  de  payer  les  Interests  de  si  grandes  sommes  et 
m'assubjectir  de  besongner  en  mon  nom  pour  autres 
libraires  tant  de  ceste  ville  que  de  Colongne,  Paris  (4) 
et  autres  lieux  :  qui  pour  leurs  deniers  ont  tiré  comme 
ils  tirent  encores  le  profict  de  nos  labeurs  assidus,  et 
lesquels  autres  libraires  ne  prennent  plaisir  comme  moy 
a  faire  tels  livres  trop  plus  utiles  a  la  postérité  qu'a  nous 
qui  les  imprimons,  ains  se  délectent  seulement  tels 
libraires  a  la  mode  commune  des  marchands  de  toucher 
incontinent  argent  de  ce  qu'ils  font  faire.  Parquoy  je 
suis  contrainct  voulant  imprimer  telles  oeuvres  d'impor- 
tance et  de  longue  vente  d'attendre  peu  a  peu  les  moyens 
de  fournir  aux  payements  que  j'y  employé.  Car  quant 
au  papier  d'icelle  Bible  que  j'ay  commencée  passé  18. 
mois,  c'est  de  celuy  qu'a  grands  et  insuportables  fraiz  et 
Interests  j'avois  gardé  dès  le  temps  que  par  Ordonnance 
des  susdicts  Sign"  au  nom  de  sadicte  M^é  j'en  avois  faict 
provision  pour  les  Usages  qu'ils  me  commandoyent 
alors  d'imprimer  pour  les  Royaumes  d'Espagne.  Desquels 
papiers  j'ay  encore  grand  nombre  qui  me  ronge  d'inte- 
rests  :   principalement  celuy  que  suivant  le  commande- 


'9 


—  290  — 

ment  desdkts  Sign"  j'avois  faict  faire  pour  imprimer  les 
moyens,  et  les  grands  Antiphonaires,  Psauttiers  et  Graduels 
pro  Choro.  Duquel  papier  j'ay  esté  contrainct  et  le  suis 
encores  par  nécessité  de  vendre  rame  a  rame  pour  m'ai- 
der  :  et  aussi  de  l'employer  comme  j'en  ay  peu  trouver 
l'occasion  :  ainsi  que  j'en  ay  faict  quelque  nombre  aux 
Messes  composées  en  Musicque  par  le  Sig""  Georges  de 
la  Helle,  jadis  maistre  de  chappelle  a  nostre  Dame  de 
Tournay  et  maintenant  (comme  nous  entendons)  appelé 
pour  l'estre  de  celle  de  Sa  Majesté  a  qui  lesdictes  Messes 
sont  aussi  dédiées.  Duquel  papier  j'ay  aussi  depuis 
employé  quelque  nombre  a  imprimer  autres  messes 
pareillement  en  musicque  de  la  composition  du  Sign""  Phi- 
lippes  de  Monte  (5)  maistre  de  la  chappelle  de  la  Majesté 
Impériale  et  du  S'  du  Gauchier  (6)  maistre  de  la  chap- 
pelle du  Sereniss.  Archiduc  d'Austriche.  Le  tout  a  mon 
grand  dommage  en  ces  temps  malheureux  etc.  ausquels 
je  me  trouve  fort  oppressé  et  chargé  du  reste  desdicts 
papiers  et  autres  préparatifs  faicts  (comme  dict  est)  par 
l'Ordonnance  desdicts  Sign"  au  nom  de  sadicte  M^é. 
Lesquels  fraiz  (comme  par  trois  diverses  fois  je  l'ay  par 
cydevant  escrit  a  V.  111.  S.  et  envoyé  particulièrement 
les  monstres  et  articles)  se  montoyent  alors  jusques  a  la 
somme  de  quarante  six  mille  neuf  cents  soixante  florins. 
Et  de  présent  il  m'en  reste  encores  (outre  tout  ce  qu'a 
vil  prix  et  grandes  pertes  j'ay  esté  contrainct  d'aliéner 
pour  subvenir  aux  grands  interests  et  autrement)  jusques 
a  la  somme  de  vingt  et  quatre  mil  florins  :  desquels  les 
Interests  par  dessus  tous  les  autres  payés  (comme  dict  est) 
a  mon  grand  dommage  me  rongent  jour  et  nuict.  Par- 
quoy  s'il  plaist  a  Sa  Majesté  me  faire  descharger  par  le 
payement  absolut   (comme  V.  111.  S.   m'escrit  qu'il  luy 


291    — 

plaist)  ce  me  sera  ung  merveilleux  soulagement  et  moyen 
de  continuer  comme  je  l'ay  tousjours  désiré  a  imprimer 
Oeuvres  notables  et  profitables  a  la  republicque  chres- 
tienne  et  treshonorables  pour  sadicte  Majesté.  A  laquelle 
des  le  commencement  j'ay  voué  les  labeurs  de  ceste 
nostre  Imprimerie.  Laquelle  j'ose  bien  acertener  qu'elle 
est  la  plus  et  la  mieux  fournie  non  seulement  de  toutes 
sortes  de  poinsons,  matrices,  characteres  et  autres  choses 
utiles  et  nécessaires  a  une  imprimerie  absolue  mais  aussi 
de  toutes  sortes  de  figures  et  autres  ornements  qu'il  y  en 
ait  oncques  eu  en  toute  l'Europe  ni  que  de  présent  il 
s'en  pourroit  trouver.  Et  pourtant  ay-je  tousjours  désiré 
et  tasché  comme  je  le  fay  encores  et  le  feray  tant  qu'il 
me  sera  possible  de  la  pouvoir  conserver  ainsi  bien  garnie 
a  l'honneur  de  sa  S,  R.  C.  Majesté  et  profict  de  la  repu- 
blicque Chrestienne.  Ce  que  je  pourray  faire  par  la  grâce 
de  Dieu  et  les  miens  après,  moy  après  que  j'auray  payé 
lesdicts  Interests  et  le  principal  restant  a  payer  pour  les- 
dictes  Préparations  faictes  comme  dict  est  par  l'Ordon- 
nance des  susdicts  Sig"  Villalva  et  Virbiesca  au  nom  de 
sadicte  Majesté.  Au  commandement  de  laquelle  S.  C.  R. 
Majesté  je  seray  tousjours  prest  d'imprimer  lesdicts 
Usages,  moyens  et  grands  Antiphonaires,  Graduels, 
Psauliiers  et  toutes  autres  choses  qu'il  luy  plaira  de  me 
commander  et  m'en  donner  le  moyen  :  ou  bien  de  livrer 
les  Instruments  que  j'ay  faict  faire  comme  dict  est  tout 
exprès  au  mesme  prix  qu'ils  m'ont  cousté.  Lesquels 
Instruments  et  papiers  m'ont  esté  comme  ils  sont  encores 
une  charge  incroyable  et  du  tout  inutiles  comme  ils  le 
sont  et  seront  tousjours  jusques  a  ce  qu'il  y  ait  moyen  de 
les  employer  aux  mesmes  ou  semblables  ouvrages  pour 
lesquels  ils  ont  esté  faicts  et  appareillés  de  si  long  temps. 


—   2^2    — 

Passés  sont  deux  ans  que  j'ay  envoyé  a  V.  111.  S.  tant 
pour  elle  que  pour  la  S.  C.  R.  Majesté  par  deux  fois  deux 
des  petits  Missels  in  8°  avec  autres  livres.  Maintenant 
j'en  envoyé  ung  relié  et  l'autre  en  blanc  de  la  deuxiesme 
Impression  en  laquelle  j'ay  adjouxté  le  chant  pour  la 
commodité  de  ceux  qui  voyagent.  J'envoye  aussi  une 
carte  d'Espagne  plus  exacte  que  celle  faicte  en  Angle- 
terre (7)  :  mais  non  encores  telle  que  nous  la  désirerions 
par  ce  que  nulluy  jusques  a  présent  n'en  a  faict  de  mil- 
leure  au  moins  que  nous  ayons  veue.  J'envoye  pareil- 
lement le  Dictatum  en  Latin  et  en  François  et  quelques 
feilles  de  la  grande  Bible  a  figures  en  cuivre  pour  une 
monstre.  J'espère  de  l'achever  devant  Pasques  et  si 
j'estois  certain  que  sa  M*^  3^  print  plaisir  je  la  mectrois 
en  lumière  soubs  son  nom  avec  telle  inscription  que  je 
scaurois  luy  estre  aggreable. 

Je  ne  faudray  Dieu  aidant  d'envoyer  B.  A.  Montanus 
in  Prophetas  et  Conciones  Granat.  incontinent  qu'ils 
seront  achevés.  Ce  que  j'espère  sera  de  bref.  Car  ce  sont 
tels  livres  pour  l'impression  desquels  (a  cause  qu'ils  sont 
de  bonne  vente  a  Colongne  et  a  Paris  on  m'advance 
facilement  argent  pour  les  imprimer  comme  dict  est 
soubs  mon  nom  :  mais  au  profict  de  ceux  qui  fournissent 
ledict  argent  pour  payer  lesdicts  ouvriers  etc.  De  laquelle 
nécessité  s'il  plaist  a  sa  M*^  me  délivrer  comme  dict  est 
par  le  payement  des  fraix  que  j'ay  faicts,  j'auray  occasion 
de  le  remercier  publicquement  et  vostre  111^  S'=  pareil- 
lement de  tel  bénéfice  qui  me  sera  faict  a  mon  extresme 
nécessité. 

La  tapisserie  est  maintenant  la  moictié  plus  chère  que 
de  coustume  comme  le  sont  aussi  toutes  autres  oeuvres 
manuaires.  La  plus  part   des  gents  (ô  grand  malheur  !) 


—  293  — 

s'occupant  et  quasi  faisant  mestier  du  maniement  des 
armes  et  a  mectre  en  exécution  tout  ce  que  sa  fantasie 
luy  suggère  et  que  la  superbité  des  armes  et  de  la  guerre 
intestine  luy  permect,  sans  autre  considération  de  Dieu 
ne  des  hommes  que  d'exécuter  chaicun  ce  que  plus  luy 
plaist  :  ainsi  que  passé  quelques  années  aucuns  ont  fort 
bien  preveu  qu'il  adviendroit  et  scay  qu'il  l'a  esté  dict  au 
S'  Diego  Maldonado  a  Paris  et  a  d'autres  pareillement 
de  telle  ou  semblable  auctorité  avec  exhortations  tant  de 
bouche  que  par  escrit  de  prendre  autre  conseil  et  resolu- 
tion que  de  rigueur  et  acharnement  des  armes.  A  quoy 
je  ne  voy  maintenant  autre  espoir  que  d'attendre  patien- 
tement  que  les  humeurs  eschauffees,  bouillonnantes  et 
escumantes  comme  ung  grand  pot  plain  de  chair  au  feu 
ou  une  mer  enflée  de  tempestes  orageuses  s'appaisent 
finalement  et  que  telles  personnes  orgueilleuses  et  enflées 
contre  Dieu  et  les  hommes  regardant  chaicun  dedans 
soymesmes,  lassés  de  travaux  et  misères  que  chaicun  se 
forge  et  donne  a  soymesmes  a  la  poursuitte  de  ses 
furieuses  opinions,  revienne  a  soy  et  qu'ainsi  considé- 
rant ses  propres  malheurs  il  se  vienne  renger  comme  ils 
doibvent  et  soubs  qui  il  convient.  Et  ce  moyennant  la 
grâce  de  Dieu  par  son  fils  Jésus  Christ  en  la  dilection  du 
Sainct  Esprit  seul  Dieu  en  trinité  saincte,  lequel  je  prie 
nous  conserver  V.  111.  S'  en  bonne  santé  et  l'augmenter 
en  la  prospérité  de  ses  dons  célestes.  D'Anvers  ce  5.  de 
Septembre  1581.  de 

V.  111=  S° 

Le  treshumble  et  tresafFectionné  servif 
C.  Plantin. 

(i)  Voir  lettre  n°  935. 

(a)  La  présente  pièce  est  en  effet  suivie  de  :  Caialogus  librorum   a 


—  294  — 

Christophoro  Tlanlino  Impressorum  anno  1^7^,  So  et  81,  de  la  main  de 
Moretus,  avec  prix  marqués,  outre  une  liste  de  livres  sous  presse 
{Nîinc  vero  sub  pralo  siint). 

(3)  'Biblia  Sacra,  de  1583,  dont  il   a  été  question  antérieurement. 

(4)  Allusion  à  Mylius  et  à  Sonnius,  ses  associés  pour  la  publication 
de  certains  grands  ouvrages. 

(5)  Plantin  avait  imprimé,  en  1579,  ^^  Philippe  de  Monte  :  Missa 
adtnodulum  Benedicta  es,  sex  voctim  (réimprimé  en    1580). 

(6)  Très  belle  impression,  devenue  rare  aujourd'hui  .  Quatuor 
Missa  qtnnqiie,  sex,  et  ocio  vocum,  auctore  Alardo  Nuceo  vulgo  du 
Gaucquier,  Insulano,  Sereniss.  Principis  Mathia  Aiistrij  Musicorum  pra- 
fecto,  jam  primnm  in  lucem  editte.  Plantin,  1581.  In-f"  max. 

(7)  Probablement  celle  qui  figure  dans  les  éditions  du  Theatrum 
d'Ortelius,  à  partir  de  1581. 


941.  —  Plantin  à  Calvete  Stella. 
{Archives  Plantiniennes,  X,  f^  32^'). 

12  Septembre  1581. 

(Poelman  a  remis  à  l'imprimeur  la  lettre  de  Calvete,  par  laquelle 
Plantin  est  invité  à  publier  les  derniers  ouvrages  de  l'historien 
espagnol.  L'architypographe  promet  d'y  mettre  toute  la  diligence 
possible.  Il  n'a  pas  reçu  les  plis  que  Stella  aurait  confiés  à  de  Çayas 
à  son  intention.  Depuis  l'impression  des  deux  travaux  de  Calvete, 
Plantin  n'a  plus  rien  appris  de  lui.  Il  rappelle  que  la  Historia  de 
Gariba}',  en  quatre  volumes,  a  été  publiée  aux  frais  de  l'auteur  et 
que  l'officine  n'en  a  gardé  aucun  exemplaire.  Les  fragments  de 
Tolybe,  avec  notes  de  Fulvius  Ursinus,  sont  sous  presse.  Salutations 
de  toute  la  famille;  quant  à  lui,  il  souffre  beaucoup  de  la  gravelle). 

Nobilitate  et  eruditione  clariss.  Viro  Dno  Christophoro 
Calvetas  Stellae  (r)  Patrono  suo  antiquo  C.  Plantinus. 

Litterae  tuas  quas  noster  Puhnannus  (2)  mihi  reddidit 
gratissimas   fuerunt  tum    quod  iUis   te  vivere   et   valere 


—  295  — 


intellexerim    tum    quod   illis    tuos    comptissimos  foetus 
optimos  nobis  offeras  suscipienda  et  in  lucem  emittenda. 
Illis  siquidem  operibus  doctissimis   gaudebo    me   posse 
officinam  nostram  typographicam  ornatiorem  reddere  et 
doctis  hac  in  re  gratiiïcari  posse.  Age  itaque,  Vir  doctiss., 
fac  qu^so   ut  brevi   exemplar  illarum   recipere  possim. 
Ego  vero   non   pr^termittam    quin    ilico    praelo    nostro 
committantur  evulganda  quamprimum  fieri  poterit.  Scri- 
bis   autem    te  qu^edam    D.    Çay^e    commisisse    ad    nos 
mittenda.  Ego  vero  nihil  prorsus  abs  te  recepi  vel  de  te 
audivi  postquam   Munuscula   tua    et  Encomium    Ducis 
Albani  recepi  quorum  tamen  exemplaria  cum  meis  littens 
ad  te  misi  eodem  tempore  nempe  ante  septem  vel  octo 
annos.  Eorum  nunc  etiam  sex  exemplaria  mitto  si  forte 
jam  nulla  ex  prioribus  habeas,  et  cum  illis  quidam  a 
nobis  impressa  quae  tibi  grata  percupio. 

Historiam  Garibay  (3)  quatuor  voluminibus  impressi 
quidem   sed  sumptibus  authoris  qui  ne   unum   quidem 
mihi  reliquit  exemplar.  Sub  praelis  varia  sudant  inter  qu^ 
fragmenta  Polybij  Dionis   etc.  eaque  Gr.çce  cum  notis 
Fulvij  Ursini  qui  ad  nos  exemplar  misit.   Si  quid  sit  in 
quo  tibi  gratificari  possim  qu^so  indica  ;  nuUius  siquidem 
hominis  causa  quicquam  libentius  susciperem  quam  tua 
ut  qui  semper  in  memoria  sim  habiturus  qu«  olim  abs 
te   receperim   bénéficia.   Familia   nostra  laus  Deo  bene 
valet  estque  prolibus  viginti   duabus  ex  quinque  nostris 
filiabus  nuptis  aucta.  Ego  vero  singulis  fere  septimanis 
calculos   parturio    et   edo   non    sine   anxietatibus.   Uxor 
valetudinaria  quoque  est.  Animo  tamen  semper  sumus 
hilares  per  gratiam  Dei  qua  te  indies  auctum  magis  ac 
magis  audire  cupimus  et  ipso  Dno  Deo  precamur.  Ant- 
verpi^  raptim  12.  Septemb.   non  sine  dolore  ex  calculo 


—  296  — 

eadem   fere   hora    enixo    magnitudinis    paullo   majoris 
cerasi  lapilli. 

(i)  Joh.  Christophoro  Calvete  de  Estrella  ou  Stella,  confesseur  de 
Charles-Quint,  historien  espagnol,  né  à  Barcelone.  Plantin  imprima 
pour  lui  les  deux  ouvrages  suivants,  en  vers,  devenus  très  rares 
aujourd'hui  :  ÏKunuscula  loannis  Christophori  Calveti  Stella  :  Ad 
Atnpliss.  et  Illustriss.  Principem  Didacum  Spinosani...  Anvers,  1569, 
in-40.  —  loannis  Christophori  Calveti  Stella  :  Ad  Excellentiss.  &  Magna- 
ntmum  Trincipem  Ferdinandum  Alvarum  Toletum  Alha  Ducem,  Enco- 
mium.  Anvers,  1573,  in-4".  Le  Musée  ne  possède  du  dernier  ouvrage 
qu'une  épreuve  corrigée. 

(2)  Jean  Poelman,  fils  de  Théodore,  libraire  à  Salamanque,  qui 
soignait  les  affaires  de  Plantin  en  Espagne. 

(5)  Il  s'agit  d'une  édition  plantinienne,  devenue  aussi  rare  que  les 
deux  précédentes  :  Compendio  historial  de  las  chronicas  y  universal 
historia  de  todos  los  reynos  d'Espana,  donde  se...  Compuesto por  Estevan 
de  Garihây  y  Çamâlloa,..  Anvers,  1571,  en  quatre  volumes  in-f». 


942.  —  Plantin  à  Fulvius   Ur sinus. 
{Archives  Plantinienties ,  X,  f»  32^). 

12-13  Septembre  1581. 

(Plantin  aurait  déjà  envoyé  des  épreuves  de  Polybe,  mais  la  maladie 
de  l'année  dernière  sévit  encore  toujours  parmi  ses  ouvriers.  Il  engage 
cependant  Ursinus  à  lui  faire  parvenir  la  dédicace  de  l'ouvrage.  L'im- 
primeur lui  enverra  les  livres  commandés  ;  plusieurs  autres  lui  sont 
offerts   à  titre  d'hommage). 

Nobilitate  et  eruditione  Viro  111'  Dno  Fulvio  Ursino. 

Spécimen  fragmentorum  Polybij  et  aliorum  historio- 
graphorum  (i)  prius  misissem  si  per  opéras  licuisset. 
Nam  uti  superiori  anno  contigit  ita  et  hoc  gravioribus 
etiam  morbis  laborarunt  et  adhuc  laborant  fere   nostri 


—  297   - 

omnes  :  adeo  ut  qu«  absolvenda  sperabam  ante  bas 
présentes  Francofordienses  nundinas  vix  ante  proximas 
perficiemus.  Ego  tamen  presus  (?)  horum  fragmentorum 
impressionem  continua  opéra  prosequi  est  animus.  Rogo 
itaque  ut  quamprimum  facere  poteris  ad  nos  dedicato- 
riam  (2)  mittas  ne  libro  absoluto  illam  vel  quid  aliud 
addendum  expectare  cogamur.  Libros  abs  te  indicatos 
Adolphum  Occonem  (3),  iEschylum  et  Sophoclem  (4) 
cum  aliis  aliquot  quos  tibi  non  ingratos  fore  confidimus 
in  prima  sarcina  quam  sciemus  istuc  mittendam  imponi 
curabimus.  Si  quid  est  prasterea  in  quo  nostrum  officium 
desideres  indica. 

(i)  Voir  lettres  précédentes  à  propos  de  cet  ouvrage  d'Ursinus, 
paru  en  1582. 

(2)  La  dédicace  d'Ursinus,  adressée  au  cardinal  de  Granvelle,  est 
datée  du  20  novembre  1581. 

(3)  Impp.  Romanorum  Numismata  a  Pompeio  Magno  ad  Heraclium: . 
Summa  diligentia  &  tnagno  lahore  collecta  ab  Adolpho  Occone  R.  P.  Ang. 
Medico,  antiquitatiun  sttidioso.  Plantin,  1579,  in-4*'. 

(4)  En  1579,  Plantin  avait  édité  les  sept  tragédies  de  Sophocle,  in- 
160  ;  en  1580,  les  sept  tragédies  d'Eschyle,  avec  notes  de  G.  Canterus. 


943.  —  Plantin  à  Ciojano. 
{Archives  Plantiniennes ,  X,  i°  33). 

13  Septembre  1581. 

(Après  les  Notes  d'Ursinus  sur  Cicêron,  Plantin  a  mis  sous  presse 
l'ouvrage  de  Ciofano  sur  Ovide.  Or,  les  typographes  chargés  de  la 
composition,  tombant  malades  l'un  après  l'autre,  les  travaux  projetés 
pour  cet  été,  ne  pourront  même  point  paraître  d'ici  un  an.  Etant  parti 
d'Anvers  pour  soigner  sa  santé,  il  espère  que  Ciofano  ne  lui  a  pas 
envoyé  de  nouvelle  copie.  Il  achèvera  toutefois  les  impressions  com- 
mencées, entre  autres  les  fragments  grecs  de  Tolyhe  et  d'autres 
historiens,  avec  commentaire  de  Fulvius  Ursinus.) 


—  298  — 

Clariss.  doctissimoque  Viro  Dno  Ciofanio. 

S.  P.  Posiquam  Notas  Fulvij  Ursini  ad  Ciceronem 
impressissem,  ego  statim  tuas  in  Ovidium  collectori 
typorum  tradidi,  qui  postquam  folia  qu^e  mitto,  ut 
vocamus,  composuisset,  in  morbum  incidit,  ex  quo  nec 
nunc  quidem  revaluit.  Non  multos  autem  post  dies  alio 
commisi  exemplar  qui  ne  folium  quidem  absolvere  potuit 
quin  etiam  morbo  corriperetur.  Hos  sequuti  sunt  plerique 
omnes  nostri,  quibus  rariora  et  manuscripta  exemplaria 
committere  soleo  non  etenim  cuivis  talia  committi  tuto 
possunt,  adeo  ut  quse  hac  iEstate  speraveram  me  posse 
perficere,  vix  nunc  ausim  sequenti,  nisi  brevi  revalescant 
nostri.  Qux  tamen  inchoavimus  prosequi  curabo  quan- 
tum in  me  situm  erit. 

Utinam  vero  non  alia  misisses,  quas  a  meis  recepta 
sunt,  dum  valetudinis  causa  in  peregrinatione  essem,  a 
qua  morbo  graviori  correptus  sanum  redii.  Ubi  variis 
langoribus  corporis  indies  vexor,  illa  tamen  quoniam 
hic  sunt  et  placent,  emittere  conabor  in  lucem  quam 
primum  tieri  poterit.  Habeo  et  fragmenta  Gra;ca  Polybij 
et  aliorum  historicorum  a  dicto  D.  Fulvio  Ursino  accepta 
.et  jam  ante  annos  aliquot  suscepta,  quse  quanta  potero 
diligentia  prosequar,  uti  debeo(i).  Rogo  itaque  et  obsecro 
ut  boni  consulas  bas  excusationes  nostras  justissimas  ut 
pote  qui  nihil  contra  possim  neque  mireris  moram  in 
respondendo  aut  in  mittendo  specimina  tuorum  operum 
et  Epistolarum  D.  Sacrati.  Totis  namque  viribus  libenter 
conabor  vobis  satisfacere.  Ultra  vero  nihil  possum  neque 
vos  exacturos  confido.  Vale,  vir  clariss.  Antverpias 
raptim  13.  Septemb.  1581  (2). 


—  299 


(1)  Voir  précédemment,  à  propos  de  ces  divers  ouvrages  d'Ursinus 

et  de  Ciofano. 

(2)  Reproduit  dans  A.  Fayen.  Lettres pîantimenncs,  in  :  Revue  des 
Bibliothèques  et  Archives  de  Belgique,  III,  fasc.  6,  p.  460. 


944.    —  Plantin  à   Turrianus. 
{Archives  Pkntiniennes,  X,  i°  33). 

13  Septembre  1581. 

(Il  y  a  plus  d'un  an,  Plantin  a  répondu  à  Turrianus,  pour  lui  faire 
savoir  qu'il  imprimerait  volontiers  la  seconde  édition  de  son  Clément, 
si  la  première  était  épuisée,  auant  au  texte  grec,  l'architypographe  _ 
lui  recommande  de  s'adresser  plutôt  à  quelque  imprimeur  de  Rome 
ou  de  Venise,  le  frais  d'expédition  et  autres  étant  trop  élevés  en 
ce  moment  à  Anvers.) 

Rev.  in  C.  P.  D.  Franc.  Turriano. 

Ante  annum  respondi  tuis  litteris  Rev.  Pater,  me 
paratum  fore  ad  recudendum  tuum  Clementum  ubi  prions 
editionis  exemplaria  distracta  forent,  nam  duplicem  illius 
libri  hoc  tempore  impressionem  facere  frustra  prorsus 
esset  (i).  Gr^ce  autem  hic  edere  sub  spe  distractionis 
future  Venetiis  oleum  et  operam  perdere.  Vecturae  si- 
quidem  chariores  sunt  multo  quam  ut  inde  hinc  evo- 
centur.  Proinde  suaderem  ut  Rev.  P.V.  ahcui  typographo 
Romano  aut  Veneto  committeret  imprimendum  ea  (2). 
Ut  intérim  taceam  quantis  proh  dolor  hic  affligamur 
miseriis  et  angustiis  arctissimis  concludamur  magis  ac 
indies  magis.  Vale  Rev.  admodum  in  C.  P.  venerande. 
Antverpi^  raptim  13.  Sept. 

(i)  La  première  édition  avait  paru  chez  Plantin  en  1578  :  ^^posto- 


—  300  — 

licarum  constitutionum  &  Catholica  doctriiice  démentis   Romani  lihri 
VIII.  In-f°. 

(2)  Nous  ne  connaissons  pas  d'édition  romaine  ou  vénitienne  du 
texte  grec  de  Clément. 


945.  —  Plantin  à  Petrus  Paullus. 
(Archives  Tlantiniennes,  X,  fo  33), 

14  Septembre  1581. 

(Petrus  Paullus  a  convaincu  Plantin  de  l'utilité  d'une  édition  in-80 
de  la  Somme  de  S.  Thomas.  L'imprimeur  ne  demande  pas  mieux  que 
de  la  fournir.  Malheureusement,  les  moyens  lui  font  défaut  et  une 
véritable  épidémie  règne  depuis  un  an  parmi  ses  ouvriers). 

Rev.  P.  D.  Petro  Paullo  canonico  regulaii 
Mediolanum. 

Litteras  tu«  mense  Julio  Mediolani  scriptas  grate  mihi 
admodum  fuerunt  pjaneque  mihi  persuaserunt  Summam 
S"  Thomas  8^  forma  esse  imprimenda  (i).  Proinde  cona- 
bor  vestris  piis  votis  satisfacere.  Quod  tamen  ut  ingénue 
fatear  id  quod  res  est  non  tam  cito  facere  potero  quam 
vellem,  idque  duabus  de  causis  quarum  prsecipua  facul- 
tates  nimis  attenuat^e  tantis  tamque  variis  calamitatibus 
nempe  spolitionis  hujus  urbis  in  qua  pras  multis  pessime 
fui  multatus  et  postea  indies  magis  ac  magis  ingraves- 
centibus  malis  bellorum  intestinorum  quorum  nullum 
finem  video  ;  ad  quas  mala  hoc  accedit  quod  nostri  fere 
omnes  operarij  morbo  in  his  regionibus  grassante  per 
multos  menses  laboraverint  et  adhuc  laborent  adeo  ut 
quas  sperabam  ante  sex  menses  absoluturum  vix  sim  ante 
alios  sex  menses  absoluturus.  BeneVale.  Raptim  Antverpias 
14.  Sept. 


ÎOI 


(i)  Plantin  publia  à  différentes  reprises  la  Somme  de  S.  Thomas, 
notamment  en  1569,  édition  in-40,  et  deux  fois  in-f«>,  en  1575  et 
en   1585. 


946.  —  Plantin  à  Viperanus. 
{.Archives  Plantiniennes,  X,  fo  33^'). 

15  Septembre  1581. 

(Plantin  s'excuse  de  ne  pas  pouvoir  publier  ou  rééditer  les  livres 
de  Viperanus  :  l'architypographe  n'a  pu  amener  ses  associés  à  les 
mettre  sous  presse.  Par  l'intermédiaire  de  Jean  Poelman,  Plantin 
enverra  vingt-cinq  exemplaires  de  ses  impressions  et  plusieurs  livres 
édités  aux  frais  d'autrui.  Il  espère  cependant,  grâce  à  l'argent  que 
de  Çayas  lui  fera  parvenir  de  la  part  du  roi,  publier  les  derniers  tra- 
vaux de  Viperanus). 

Clariss.  doctissimoque  Viro  D.  Johanni  Antonio 
Viperano. 

Scripsi  variis  temporibus  causas  quas  me  hactenus 
detinuerunt  quominus  doctissima  tua  scripta  in  lucem 
emitterem  vel  recuderem  (i).  Ego  vero  postquam  vidi 
me  illos  pro  quibus  (2)  sub  meo  nomine  cogor  necessi- 
tate  typographicam  nostram  artem  exercere  non  posse 
perducere  ut  ad  illa  imprimenda  sumptus  quoque  facere 
vellent  tandem  impetravi  tantum  libertatis  ut  illa  vel 
meis  sumptibus  subcistibus  horis  liceret.  Impressorum 
itaque  mltto  exemplaria  25.  per  nostrum  Poulmannum 
istuc  revertentem  nempe  que  sequuntur 

De  re  poetica  (3)  cujus  libri  exemplaria  ante  annum 
misi  Romam  sperans  te  illic  esse.... 

Restant  adhuc  mihi  imprimendi  De  summo  bono 
Libri  V.  et  très  laudationes  h;ibit£e   Messanas  (4).  Hos 


—  302  — 

ego  prima  quoque  occasione  favente  Domino  Deo  reçu 
dam  ante  proximum  mensem  Januarium  :  quamvis  non 
libenter  imprimam  qu^  prius  ab  alio  sunt  impressa. 
Utinam  libros  tuos  De  rege  et  Regno  et  de  Historia 
scribenda  repurgatos  vel  a  nostris  vitiis  haberem  continua 
opéra  recudendos  (5). 

Mitto  et  aliquot  alios  libellos  a  me  quidem  impressos 
sed  sumptibus  alienis.  Ex  eo  namque  die  quo  hic  post 
alias  incommoditates  plurimas  et  difficultates  mihi  partas 
ab  illis  quibus  minime  debuit,  a  militibus  etiam  fui 
misère  facultatibus  spoliatus,  privatus,  nihil  fere  mihi 
licuit  meis  sumptibus  imprimere;  ahoqui  tua  prius  emi- 
sissem  quam  quasvis  aHa.  Spes  autem  mihi  est  iterum 
injecta  ab  111'  vero  Dno  Çaya  R.  M.  mandaturam  ut  mihi 
persolvantur  sumptus  quos  ante  annos  aliquot  feci  maxi- 
mos  in  comparandis  illis  et  prasparandis  quae  ipsius 
Domine  jussa  fuerant.  Q.uod  si  fiât  potero  facile  aliquot 
e  nostris  praslis  sumptibus  propriis  exercere.  Bene  Vale. 
Antverpiae  15.  Septemb.  1581. 

(i)  Nous  avons  énuméré  au  no  708,  note  i,  les  différents  travaux 
de  Viperanus,  sortis  cette  année  des  presses  plantiniennes. 

(2)  Voir,  à  propos  des  anciens  associés  de  Plantin,  la  lettre  du  21 
février  1581  (n»  920),  note  3,  où  est  rapportée  la  liquidation  delà 
société,  composée  de  Jaspar  de  Zurich,  Bernuy,  Schoti,  les  Bom- 
berghen  et  Goropius  Becanus.  Ses  nouveaux  bailleurs  de  fonds 
étaient  des  libraires  de  Paris  et  de  Cologne,  notamment  Michel 
Sonnius  et  Arnold  Mylius. 

(3)  lo.  Antonii  Viperant  De  Poetica  lihri  très.  Anvers,  Plantin,  1579, 
in-8«>. 

(4)  Ces  ouvrages  de  Viperanus  ne  furent  plus  imprimés  chez 
Plantin  :  De  summo  bono.  —  Joannis  Antonii  Viperani  Latcdationes  très 
habitue  Messana  in  fuuere  Caroli  V.  Iinp.  —  De  scribendis  vitis  iUiistrium 
virorum  sertno.  Perusise,  1570,  in-40. 

(5)  lo.  Antonii  Viperani  de  Rege,  et  Regno  liber..  Eiusdem  lo.  Auto. 
Viperani  de  Historia  scribenda  liber.  Anvers,  Plantin,  1569,  in-8'\ 


—  303   — 

947-  —  Plant  in  à  Arias  Montanus. 
{Archives  Plantiniennes,  X,  fo  33''). 

15-18  Septembre   1581. 

(Quoiqu'il  lui  écrive  très  peu,  il  ne  se  passe  pas  d'heure  que  Plantin 
ne  pense  à  son  ami.  Sa  santé  est  précaire.  Les  difficultés  à  trouver 
des  imprimeurs  sont  telles  qu'il  doit  aider  son  gendre  Raphelingien 
à  corriger  des  épreuves.  Puisqu'il  ne  lui  est  pas  donné  de  passer 
avec  Arias  les  dernières  années  de  sa  vie,  il  attendra  au  milieu  des 
siens  la  fin  de  ses  jours,  «'absorbant  de  plus  en  plus  dans  la  vie  de 
Jésus-Christ.  Plantin  espère  fournir  sous  peu  un  témoignage  de  ses 
progrès  dans  ces  contemplations.  Le  commentaire  sur  Josué  sera 
mis°sous  presse  lorsqu'il  aura  reçu  le  reste  de  l'ouvrage.  Détails 
concernant  le  portrait  d'Ortelius  offert  à  Arias,  la  nouvelle  édition 
de  VAparatus,  le  Bréviaire  in-4",  l'affaire  Joh.  Ginsonius,  le  mariage 
d'Arnold  Mylius,  les  cartes  reçues  par  Ortelius,  les  livres  hébreux  de 
Moïse  Egyptius.  Salutations  de  la  famille  et  des  nombreux  amis). 

111'  admodum  Viro  D.  Ben.  Ari^e  Montano. 

Etiam  si   fréquentes    litteras   non  scribam,    ulla  mihi 
crede  vix  prcTterit  hora  nedum  dies  quin  animi  tui  can- 
dorem  et  sinceritatem  Christianam  osculis  internis  am- 
plectar.  Plurim^  vero  sunt  causae  cur  hoc  litteris  scnptis 
non  tester.   Valetudo  nempe  adversa,  cotidian^  occupa- 
tiones    typographie^^    hoc    maxime    tempore    nobis    ita 
difficili  ut  jam  cogar   prc^ter  morem  adjuvare   nostrum 
Franciscum  (i)  in  legendis  quod  aiunt  probis   typogra- 
phicis  et  quod  parum  la?ta  vel  utilia  queam  aperte  uti 
cuperem.    Ego   tamen  cum  tu   vel   breviss.   litteris  tibi 
satisfactum  a  me  iri  poUicearis  non  committam  posthac 
quin  toties  scribam  tibi  quoties  scribere  nuntium  hinc  ad 
vos  profecturum.   Si  Deo  ita  visum  esset  gauderem  me 
quovis  terrarum  loco  tecum  et  aliis  tuis  similibus  quod 


—  304  — 

superest  hujus  corporis  vitag  transigere.  Sed  quoniam 
aliter  Deo  visum  est  patientia  hilari  hanc  etiam  absen- 
tiam  elementalem  ferre  debemus  contenti  societate  illa 
qua  cum  Deo  et  omnibus  sanctis  ejus  per  Jesum  Christum 
D.  N.  in  vinculo  sancti  spiritus  frui  possumus  in  sancta 
Jérusalem  corde  hominis  renovati  ut  sit  habitaculum 
ipsius  divinitatis  immaculatum  et  sanctum  ut  pote  quod 
peccati  morte  propria  in  cruce  cum  Christo  libenter 
perpessa  purgatum  sit  et  sanctificatum  ab  ipsius  in- 
habitatoris  gloria  et  illa  quidem  pro  dignitate  inexplica- 
bili  et  ineffabili,  sed  cujus  tamen  mysterij  quantum 
elementaliter  et  créature  ferre  possunt  testimonium 
verum  illi  reddunt  soli  qui  vident,  sentiunt,  palpant  in 
vita  qua  jam  per  Jesum  Christum  vivunt  asterna,  cujus 
testimonij  spécimen  typis  consignatum  spero  max.  cum 
laetitia  videbitur  suo  tempore  ab  illis  qui  per  Dei  gratiam 
ejus  desiderio  tenebuntur  (2).  Idque  jam  brevi  futurum 
prîesagit  animus  fide  certissima  et  spe  solida  in  amplexi- 
bus  charitatis  aeterne  gestiens  et  inde  precatur  confiden- 
ter  ut  qui  nondum  illam  veritatis  fiduciam  sunt  adepti 
per  Dei  misericordiam  consequantur.  Neque  dubito  quin 
tu  idem  sentias  et  proceris  quo  tandem  sepositis  omnibus 
curis  mundi  hujus  Deo  conjungamur  ipsi  vivamus  et  ab 
eo  rogamur  semper  (3). 

Partem  Commentariorum  in  Josua  recepi  cum  illa 
commentatiuncula  secundo  tomo  Apparatus  sacri  sub- 
jungenda.  In  qua  scribenda  non  possum  non  laudare  quod 
abstinueris  a  prodendis  nominibus.  SuflRcit  namque  veri- 
tatem  asserere  et  testimonium  de  ipsa  proferre  studiosis 
pietatis.  Ad  quid  namque  nomina  vana  et  efficacitate  ad 
ipsius  rei  promovendam  naturam  carentia. 

Gaudeo  quod  me  monueris  de  forma  quae  tibi  commo- 


—  305  — 

dior  videtur  ad  Commentarium  supradictum  in  Josuam 
excudendum.  Ea  siquidem  et  mihi  placet  neque  ulterius 
differam  quam  donec  quod  reliquum  est  exemplaris 
accepero  (4)  neque  prorsus  debeo  cum  me  tam  liberaliter 
juves  ad  sumptus  Impressionis  ferendos  hoc  maxime 
tempore  nobis  certe  dificillimo  et  periculosissimo.  Sed 
quid  dicam  rubore  profecio  suffondor  cum  iterum  me 
tantis  muneribus  ornare  non  desinas,  pro  quibus  nihil 
promitto  nisi  meipsum  et  omnia  qu^  in  mea  sunt  et 
erunt  potestate,  id  quod  occasione  data  probare  conabor 

semper. 

Libros  abs  te  petitos  compingi  curamus.  Francofurto 
quïedam  expectamus.  Alia  tua  munera  lapidis  Bezar  mihi 
a  nostro  Perezio  tradita  distribui  (5).  Omnes  tibi  gratias 
habent  maximas  relaturi  si  possint  umquam.  Ortelius 
mihi  suam  effigiem  in  argenti  lamina  manu  Gallei 
incisam  (6)  et  deauratam  cum  inscriptione  a  tergo 
orbiculari  forma  et  ligno  ebenico  adornatam  tradidit  ad 
te  mittendam,  quod  faciam  Deo  favente  cum  libris  et 
aliis  opéra  D.  Perezij.  Utinam  possim  etiam  tum  (sed 
vix  adhuc  credo  futurum)  testimonium  illud  hic  supra 
indicatum  de  quo  ahas  etiam  ad  te  cum  illos  mihi  ducentos 
florenos  curares  dari.  Ad  hec  namque  illos  res  destinavi 
non  etenim  cujusvis  res  erit  etc.  Per  nostrum  autem  Pul- 
mannum  qui  jam  nobis  adest  et  ad  vos  primo  navigio 
cogitât  spero  me  fusius  de  rébus  nostris  scripturum.  Ipse 
vero  de  Patris  obitu  recenti  ad  te  (7). 

Q.u^  mones  quoque  addenda  secundo  tomo  Apparatus 
addentur  huic  editioni  favente  Domino.  Breviarium  in 
4^°  nuUum  a  multo  tempore  mihi  restât. 

Johannis  Ginsonij  negocium  ab  eo  mihi  commissum 
quantum  potui  et  debui  diligenter  curavi   :  sed  frustra 


20 


—  3^6  — 

rem  tentavi.  Arnoldus  Mylius  ducta  postremafilia  defuncti 
Birckmanni  senioris,  habitat  jam  Colonial  ubi  matre 
uxoris  mortua  potitur  solus  jam  domo  amplissima  et 
taberna  libraria  illic  locupletiss.  neque  id  sine  pr^diis  et 
vinetis  abundantibus  satis  qu^  illi  partitione  inter  alios 
hasredes  facta  venerunt.  Exemplaria  Descriptionum  Indi- 
carum  et  regionis  Synarum  noster  Abrahamus  ante 
menses  aliquot  recepit  gratiasque  tibi  pro  illis  agit  et 
habet  maximas  editurus  ut  sperat  brevi. 

Scripsi  jam  bis  terve  ad  amicos  Venetias  ut  libres 
hebraicos  a  Mose  ^Egyptio  (8)  concinnatos  quorum  ins- 
criptio  (terme  hébreu)  nobis  compararent  et  mitterent  sed 
hactenus  frustra  cum  illi  responderint  se  non  potuisse 
invenire.   Scripsi  tamen  iterum  iterumque  scribam. 

Uxor,  Generi,  fili^e,  nepotes  omnisque  familia  nostra 
mecura  tibi  a  Dno  Deo  felicia  precantur  omnia,  et  nobis- 
cum  Ortelius,  Gall^us,  Kikelbergij,  Clusius,  Ximenius 
aliique  plurimi  qui  calamitosis  hisce  temporibus  tuam 
pr«esentiam  desiderant  avidissime. 

(i)  François  Raphelingien,  correcteur  chez  son  beau-père  depuis 
l'année  1564. 

(2)  Par  cette  périphrase,  Plantin  annonce  la  publication  prochaine 
du  livre  fondamental  de  la  secte  de  Barrefelt  :  Le  Livre  des  Tesmoignages 
du  Thresor  caché  an  champ  [Het  Boeck  der  Ghetnygenissen  vanden  ver- 
horgeji  ^4cker-schat) ,  paru  vers  cette  époque. 

(5)  Passage  indiquant  de  nouveau  que  Arias  Montanus  était  au 
courant  des  idées  de  la  Famille  de  la  Charité. 

(4)  Le  commentaire  d'Arias  sur  les  douze  Prophètes  ne  parut 
qu'en  1583. 

(5)  Certaines  pierres  médicales  que  Montanus  avait  expédiées  de 
l'Espagne  pour  Pierre  Porrei. 

(6)  Philippe  Galle  fournit  également  le  portrait  d'Ortelius,  en 
ovale,  qui  se  trouve  en  tête  des  éditions  pjantiniennes  du  Theatriun 
orbis  terrant»!^  à  partir  de  1579. 


—  307  — 

(7)  Théodore  Poelman,  père  de  Jean,  était  mort  à  Anvers  au 
mois  de  septembre  1 581,  ou  à  peu  près. 

(8)  Moïse  l'Egyptien,  ou  Maimonide,  le  plus  célèbre  des  rabbins 
du  moyen  âge,  grand  philosophe,  médecin  et  mathématicien;  né  à 
Cordoue  en  1 139,  mort  en  1209  et  enterré  à  Tibériade. 


948.   —   PI  an  tin  à  Pierre  Porret. 
(Archives  Plantiniennes,  X,  fo  34). 

18  Septembre  1581. 

Le  18.  Septembre  1581.  A  Pierre  Porret. 

Esmerveillé  qu'il   n'ait   receu    plusieurs  miennes   par 
lesquelles   je  luy    ay   escrit  que   j'avois   receu   l'entière 
première  partie  passé  long  temps  et  par  Gassen  la  2.  et 
les  brouillats  que  je  luy  ay  envoyé  la  5.  6.  et  7"  partie. 
Que  j'ay  tousjours  respondu  a  toutes  celles  de  Sonnius, 
parquoy  je  concluds  qu'il  y  ait  de  la  faute  ou  aux  messa- 
gers ou  a  quelques  ungs  qui  espient    et  prennent  mes 
lectres.  due  je  luy  ay  envoyé  deux  de  la  Vérité  de  la 
religion  (i).  Je  luy  en  envoyé  encores  ung  de  la  partie 
8.  par  Ant.  Gassen.  Que  j'ay  envoyé  ung  placcart  contre 
le  Roy  d'Espagne.  Que  le  Secrétaire  Çayas  m'a  ordonné 
de  luy  envoyer  ce  pacquet  de  Missal  etc.  par  le  Secrétaire 
de  l'ambassade  Maldonado.  Envoyé  les   pierres  d'Arias 
Montanus(2),  graines  de  Clusius,  3.  Icônes  Herbarum  (3). 

(i)  De  la  vérité  de  la  religion  chreslienne  :  Contre  Us  Athées,  Epi- 
curiens, Payens,  Juifs,  Mahumedistes,  &  autres  Infidèles  ;  Par  Philippes 
de  Mornay,  Sieur  du  Plessis  Marly.  Anvers,  Plantin,  1581,  in-4°. 
Seconde  édition  en  1582. 

(2)  Voir  plusieurs  lettres  précédentes  à  propos  des  pierres  que  Arias 
envoya  à  Plantin  pour  Porret,  par  l'intermédiaire  de  Louis  Perez. 

(3)  Plantin  remit  ce  projet  de  lettre  à  son  gendre  Moretus,  qui 
correspondait  généralement  avec  Pierre  Porret. 


—  3o8  — 
949.  —  Plantin  à  Maldonado. 

[Archives  Plantiniennes ,  X,  fo  34^). 

19  Septembre  1581. 

A  Monsieur  Diego  Maldonado  Secrétaire 
de  L'embassade  d'Espagne  en  France. 

Monsieur.  L'Illustre  Sig''  Gabriel  de  Çayas  m'a  ordonné 
par  quatre  lectres  siennes  desquelles  j'ay  seulement  receu 
la  3*  et  la  4'  que  je  vous  envoyasse  les  livres  (i)  contenus 
en  ce  pacquet  afin  de  les  luy  faire  tenir  pour  le  service 
de  la  S.  C.  R.  M*^  et  de  peur  de  faillir  qu'il  les  reçoive 
m'a  ordonné  d'envoyer  aussi  les  mesmes  par  mer  ce  que 
j'ay  faict  par  le  moyen  d'ung  des  Signeurs  Ximenes  qui 
est  parti  es  dernières  navires.  Reste,  Monsieur,  de  vous 
offrir  mon  service  comme  je  le  fay  en  toutes  choses  a 
moy  possibles  d'aussi  bon  cueur  qu'en  me  recommandant 
a  vostre  bonne  grâce  je  prie  Dieu  qu'il  vous  donne, 
Monsieur  Maldonado,  l'augmentation  de  la  sienne  tres- 
saincte.  D'Anvers  ce  19.  Septembre  1581. 

(i)  Il  s'agit  de  Missels,  d'après  la  lettre  à  Porret  datée  de  la  veille. 


950.  —  Plantin  à  Arias  Mont  anus. 
{^rcJnves  Plantiniennes,  X,  fo  34^). 

25  Septembre  1581. 

(Plantin  se  demande  en  quoi  il  a  pu  affliger  son  ami.  Il  proteste  de 
ses  sentiments  de  profonde  amitié  et  de  sa  ferme  croyance  en  Jésus- 
Christ.  L'imprimeur  espère  publier  sous  peu  un  livre  où  seront 
exposées  les  principales  vérités  sur  l'identification  avec 'Jésus-Christ. 


—  309  — 

Il  voudrait  voir  encore  avant  sa  mort  l'achèvement  de  cette  œuvre, 
dont  il  attend  le  plus  grand  bien  pour  le  salut  des  hommes). 

111.  Viro  D.  B.  A.  Montano. 

Itane  mi  Aria  teipsum  affligerem  ad  hue  ?  Si  filii  Patris 
ieterni  non   nobis  sed  ipsi  per   Christum  et  in  Christo 
vivimus  ad  quid  imagines  amplius?  Mortuus  est  Plantinus 
cujus  intimus  alter  si  placet  ego.  Quid  erat  vel  est  Plan- 
tinus ?  Vas  in  quo  si  quid  est  aut  erit  Domini  est  non 
ipsius  nec  tuum.  Desinamus  qu^so  tandem  libenter  id 
quod  vel  necessario  debemus  desiderare  quod  alterius  est, 
acquiescemus    volontati    Patris    c:elestis   cui  per  filium 
edocti  vere  testari  debemus  :  fiât  Voluntas  tua.  Domus  si 
a  Domino  locuplete  possideatur  usui  est  familiaeque  et 
vicinis  commodo.   Si  vero  ne  vel  familia  vel  vicini  glo- 
rientur  in  ea  et  abutantur  fiducia  maie  concepta  vel  certa 
alla  de  causa  sibi  cognita  dominus  ejus    illam    diruere 
voluerit  quis  subditorum  ipsius  debebit  resistere  ?  Domini 
qu^so    simus    cujus   vita    donati    vere    serviamus    ipsi 
quamdiu   et    quo  modo   illi  placuerit   non   autem  juxta 
nostram  propriam  voluntatem  cui  mortui  prius  jam  non 
nos  sed   ipse  vivit  in  nobis  eaque  per  nos  operatur  quc^ 
ipsi  vel  omni  prudentia  et  sanctitate  hujus  mundi  répug- 
nante placent,  uti  ex  testimoniis  actionum  mirabilium  in 
sanctis  ipsius  per  ipsum  factorum  videre  fuit.  Hactenus 
estque  jam  illis  qui  oculis  spiritualibus  internis  illumi- 
nantur  ab  ipso  lumine  et  inhabitante  spiritu  divino  cujus 
rei  testimonium  notaria  manu  descriptum  brevi  conspi- 
ciendum  non  sine  lastitia  spero  exhibebitur. 

Ulinam  vero  tamdiu  mihi  liceat  servire  Domino  hoc 
elementari  corpore  et  facultatibns  mihi  concreditis  ad 
hoc  typis  perscribendum  et  perficiendum  (i)  sicuti  aliis 


—  3IO  — 

meis  litteris  nuper  scriptis  et  hoc  ipso  die  Domino  Perezio 
missis  ad  te  mittendis  priusquam  tuas  flebiles  ad  me 
misisset  legendas.  E  quarum  lectione  et  aliarum  quas  in 
istis  regionibus  scriptas  atque  Romam  et  ad  alia  loca 
missurum  intelligo  esse  adhuc  ut  olim  qui  velint  persua- 
dere  vulgo  morte  mea  frigere  officinam  aut  quid  aliud 
in  suum  commodum.  Eos  autem  omnes  bene  valere 
percupio  illisquegratias  habeo  quod  eo  modo  me  moneant 
ejus  rei  cujus  jamdiu  memor  sum  laus  Deo,  qui  te  nobis 
incolumem  servare  dignetur.  Raptim  25. 

(i)  Plantin,  comme   dans    sa  lettre  précédente  à  Arias,  fait  ici 
allusion  à  la  publication  du  livre  des  Témoignages  ou  Ghehdgenissm. 


951.  —  Matai  Metellus  à  Plantin. 
{^Archives  Tlantiniennes ,  LXXXVIII,  fo  375). 

6  Octobre  1581. 

(Metellus  a  reçu  de  Muret  des  corrections  pour  ses  Varite  Lectiones 
et  plusieurs^lettres,  à  joindre  au  livre  des  épitres.  Muret  a  fini  cinq 
autres  livres  de  Lectiones,  qui  pourraient  être  mis  sous  presse  inces- 
samment. Metellus  a  été  très  affecté  par  la  mort  de  Languet.  Il  invite 
l'imprimeur  à  lui  décrire  les  derniers  moments  de  son  ami  et  à  lui 
communiquer  son  testament.  Le  fils  de  Joachim  Hopperus  écrira  la 
préface  pour  le  livre  de  son  père). 

Metellus  Plantino.  S.  Adcepi  nunc  a  Mureto  emenda- 
tiones  quasdam  Librorum  variarum,  quas  edidisti,  et 
epistolas  aliquot,  epistolarum  libro  addendas.  Tarde 
admodum  hue  ad  me  pervenerunt.  Pollicetur  se  varias 
aucturum,  alijs  quinque  libris,  jam  a  se  conscriptis,  si 
voles  recudere  (i).  Non  mitto  scripta  ejus  illa  per  vere- 
darium,  ne  te  sumptu  gravem. 


311 


Heri  hue  adlatus  est  nuntius,  de  obitu  Langueti  nostn. 
aui  nuntius,  me  vehementer  perturbavit  ;  propter  mu- 
tuum    inter    nos    amorem,   et   singulares   ejus  virtutes. 
Itaque  cupio  scire  morbi   genus,  quo    sublatus  est,   et 
mortis  tempus,  et  qu^  praeclare  ille  disseruit,  qunleque 
testamentum   condidit,   et  qu^  reliquerit  Legata,  cete- 
raque,  qu;^  eo  pertinent.  Non  quidem  curiositate  ulla; 
s'ed  ut  petentibus,  de  his  ipse  respondeam,  et  ea  amicis, 
ad  ejus  memoriam,  quos  habet  plurimos  et  praestantissi- 
mos    perscribarn.    Scio  te  occupatum,    quominus  hisce 
rébus  vacare  possis  (2).  Da  hanc  curam  Bizarro  nostro(3), 
viro  optimo,  qui  perscrutetur,  mihi  scribat,  tibique  lit- 
teras  tradat,  ne  in  aliorum  manus  incidant.  Scripsi  lUi, 
Calendis.  Litterasque  alteri  institorum  taorum  reddendas 
tradidi.  Obsecro,  eas  ipse  ab  eo  recipe,  mihique  remitte. 
Cum  enim  sit  mortuus,  alii   dari  nolo.  Libro  Hoppen 
pr^fationem  filius  conscribit  (4).  Urgebo,  ut  cum  pri- 
mum  mittatur.  Vale.  Prid.  Non.  Octobreis  co  .  d.xxci. 
Colonia  Ubiorum. 

{Adresse  au  verso  :)  Clariss_imo  virtute  doctrinaque 

viro,  Dn.  Christophoro  Plantmo, 
Architypographo  Regio,  &c. 

Antverpiam. 

(1)  En  1586,  Plantin  publia  une  nouvelle  édition  des  quinze  livres 
de  Varia  hctiones  de  Muret. 

(2)  Voir  la  réponse  de  Plantin  à  propos  de  Languet,  note  7,  lettre 

du  11-20  octobre  1581  (nogSS)-  .        ,  .  ,^  ,^    ,- 

(0  Petrus  Bizarrus,  historien,  de  Sassoferrato,  nuis  résidant  a 
A,  V  rs  Plantin  imprima  de  lui  :  Senatus  popuîique  Genuenns  rcnm 
t;:>-.'..  .estai  mstoria  at.ue  Annales.  In  K  1579.  ^— » 
rerum  Hisioria  in  XII.  Ubros  desoipta.  In-t",  1583. 


—    3^2    — 

952.  —  Plantin  à  Arias  Montanus. 

(Archives  Plantmiennes,  X,  {°  35). 

25  Septembre  —  7  Octobre   1581. 

(Plantin  prie  de  nouveau  son  ami  de  ne  plus  s'attrister  des  événe- 
ments actuels.  Son  frère  Porret  vient  d'annoncer  le  décès  de  trois 
compatriotes  remarquables  :  Cenovillius,  Postel  et  Rassius.  Plantin 
fait  l'éloge  du  dernier,  dont  les  travaux  d'histoire  naturelle  sont 
devenus  très  rares,  mais  que  Porret  tâchera  de  faire  parvenir  à  Arias). 

111'  Viio  D.  Ben.  A.  Montano. 

S.  P.  Ecce  iterum  ad  te  scribo,  teque  per  omnem 
amicitiam  oro  ne  te  pergas  affligere  propter  ea  qu«  jam 
indies  accidunt  (i).  Creator  sit  qu^e  necessaria  sint  ac 
proinde  suos  miris  exercet  modis  ut  ad  se  fontem  vitce 
pertrahat.  A  fratre  postquam  secundas  brèves  extempo- 
raneas  ad  tuas  flebiles  nostro  Perezio  missas  respondis- 
sem,  litteras  accepi  quibus  significat  très  illustres  admo- 
dum  viros  spacio  7.  dierum  obiisse  Lutetiie  :  Cenovillium 
insignem  musicum,  Postellum  (2)  et  Nicolaum  Rassium(3) 
illum  amicum  nostrum  imo  totius  populi  et  magnatum  a 
quibus  mirum  in  modum  defletur,  desideratur  maxime  ab 
amicis  et  a  pauperioribus  quibus  non  solum  gratis  con- 
sulebat  sed  pharmaca  et  necessaria  sumptibus  propriis 
suppeditabat.  Ejus  naturalia  uti  frater  scribit  (est  namque 
viduae  quoque  familiaris)  vendentur  in  solidum  non 
separatim  adeoque  rara  esse  asserit  ut  vix  ulla  pecunia 
quae  interea  sunt  redimi  possint  vel  plurimis  annis.  Is 
tuum  esse  vellet.  Moneo  fratrem  ut  ad  nos  perscribat 
precium  tibi  indicandum.  Hic  etiam  (inachevé). 

(i)  Voir  la  deuxième  lettre  précédente.  Arias  aurait-il  regretté  la 
publication  des  Tesmoigna^es  de  Barrefelt  par  Plantin  ? 


—  313  — 

(2)  Vieil  ami  de  Pkntin  et  d'Ortelius,  dont  il  est  question  dans 
plusieurs  lettres  précédentes. 

(3)  La  bibliothèque  du  Musée  ne  possède  aucun  de  ses  ouvrages. 
Plantin  était  en  rapport  avec  lui  depuis  de  longues  années. 


953.  — Plantin  à  Georges  Buchanan. 
{archives  Plantiniennes,  X,  fo  35). 

7  Octobre  1581. 

A  Monsieur  Buchanan. 

Plusieurs  mois  sont  passés  que  Monsieur  Daniel  Rogiers 
m'escrivii  de  Londres  que  vous  estiés  bien  délibéré  de 
m'envoyer  toutes  vos  œuvres  par  vous  reveues  pour  les 
imprimer  une  fois  toutes    ensemble.    Et   premièrement 
vostre  Histoire  du  Royaume  d'Escosse  (i).  A  quoy  je 
respondi  que  je  recevrois  tel  office  pour  ung  bien  grand 
bénéfice   et  honneur.   Mais   depuis    que   ledict  Signeur 
Rogerius  (2)  a   eu    l'infortune   d'estre    prinsonnier    des 
ennemis  de  ce  Pais,  je  n'en  ay  rien  entendu  jusques  a 
cejourdhuy  qu'un  jeune  homme  françois  nommé  Guil- 
laume Bouchardon    m'a   dict    avoir    demouré    quelques 
semaines  en  vostre   maison   et   avoir  eu   charge  de  me 
déclarer  de  bouche  que  vostre  intention  est  que  j'imprmie 
vostredicte  Histoire  ;  et  que  Monsieur  M^  Pierre  Yon  (3) 
luy   avoit  baillé  lectres  pour  moy  esquelles  vostredicte 
intention  estoit  contenue  par  escrit  mais  que  quelques 
brigants  l'avoyent  pillé  et  prins  lesdictes  lectres  avec  ce 
qu'il  avoit  sur  soy,  de  quoy  je  suis  fort  triste.  Et  pourtant 
Monsigneur    j'ay  prins  la  hardiesse   de   vous  escrire  la 
présente  par  laquelle  je  vous  certifie  que  je  me  tiendray 
Grandement  honoré  et  tenu  a  vous  s'il  vous  plaist  m'en- 


314 


voyer  ];i  copie  de  vostredicte  Histoire,  et  vous  promects 
que  tout  incontinent  que  je  l'auray  receue  je  commen- 
ceray  et  continueray  de  l'imprimer  en  beau  et  bon  papier, 
de  belle  grosse  lectre  et  le  plus  correctement  qu'il  nous 
sera  possible,  et  que  nous  suivrons  en  tout  ce  qu'il  vous 
plaira  nous  faire  escrire  de  vostre  intention  et  volonté, 
non  seulement  touchant  ladicte  impression  d'Histoire 
mais  aussi  de  toutes  vos  autres  oeuvres  que  je  désire  de 
pouvoir  une  fois  imprimer  ensemble  pour  le  bien  de  la 
postérité.  Car  la  franchise  est  ores  en  ces  pais  icy  propre 
a  ne  rien  obmectre  des  matières  que  durant  le  règne 
Espagnol  on  n'eust  jamais  souffert  :  ainsi  que  pouvés  bien 
le  scavoir  et  juger  par  ce  livre  De  la  vérité  de  la  religion 
Chrestienne  que  je  vous  prie  recevoir  en  gré  avec  la 
Description  de  ces  Païs  bas  du  S'  Louis  Guicardin  et  me 
recevoir  au  nombre  de  ceux  qui  pour  vos  rares  vertus  et 
doctrine  désirent  vous  taire  tousjours  affectionné  service 
en  priant  Dieu  qu'il  luy  plaise, 

Monsigneur  Buchanan,  vous  conserver  en  sa  grâce  et 
prospérité.   D'Anvers  ce  7.  Octobre  15 81. 

Envoyé  sans  les  livres  par  Jehan  Coborne  de  petit  lict 
qui  envoyoit  en7poste  le  9.  dudict  quelque  sien  amy. 
Le  12.  Octobre  1581  envoyé  les; livres  et  autres  lectres 
par  le  mesme  Jehan  Coborne  qui  disoit  partir  par  navire. 

(i)  Plaïuin  n'imprima  pas  ce  livre  de  Buclianan,  mort'(rannée 
suivante.  Le  Musée  possède  l'édition  de  1583  dejsonjiistoire  d'Ecosse, 
parue  à  Edimbourg  :  %_erum  Scoticanim  Historia,  Auctore  Georgio 
Buchanano  Scoto.  xAd  lacobuvr^VI.  Scotoriim  Rcgetii...  Ad  exemplar 
Alexandri  Arbuthneti  edituni  Edimburgi.  In-f". 

(2)  Daniel  Rogers  ou  Rogersius,'  historien  et  homme  politique 
anglais,  très  lié  avec  Ortelius  (voir  les  Episitihe  Orteliana,  publiées 
par  J.  H.  Hessels).  Rogers  avait  été  envoyé  par  la  reine  Elisabeth  à 


—  31) 


l'empereur   Rodolphe  II  ;  il  fut   arrêté  en   route   et  resta  plusieurs 
années  en  prison. 

(3)  Dans  le  Grand  Livre  XVIII,  f°  443 >  ^P^ès  la  note  détaillée  des 
livres  envoyés  à  Buchanan  le  7  octobre  1583,  on  lit  :  Ceulx  ides 
livres)  qui  sont  doubles,  l'un  d'iceulx  est  (pour)  Mons^  De  Jong. 


554.  —  Planttn  à  Gobelius. 
(^irchives  Plantiniennes,  X,  f°  3)^'). 

II  Octobre  1581. 

(Gobelius  n'est  pas  le  seul  à  qui  l'on  avait  annoncé  la  mort  de 
Plantin.  Ce  bruit  a  circulé  à  Rome,  en  Espagne  et  en  France.  L'mi- 
primeur  se  réjouit  de  la  bonne  réception  des  figures  des  plantes 
demandées.  Une  erreur  s'étant  glissée  dans  la  dédicace,  Plantm  la 
réimprimera.  Il  n'a  plus  d'exemplaire  colorié  de  V Herbier  deDeLobel, 
et  il  faudrait  au  moins  trois  mois  pour  en  achever  un.  L'édition 
flamande  ne  contient  que  des  planches  dessinées  d'après  nature. 
Plantin  en  envoie  deux  exemplaires,  dont  un  colorié  pour  le  prince.) 

Clariss.  doctissimoque  Viro  Dno  Severino  Gobelio 
Regiomonti  lUustriss.  Ducis  Prussiie  doctori  medico. 

Non  vos  istic  soli  estis,  Vir  pntstantissime,  quibus 
Plantinum  vitam  cum  morte  commutasse  superioribus 
mensibus  narratum  sit.  Nam  Roma  nonnulli,  ab  Hispaniis 
plures  et  ex  Galliis  non  pauciores  eandem  famam  in  illis 
partibus  volasse  ad  nos  frequentibus  litteris  scriptum 
est  (i).  Utinam  vero  ita  sit  quantum  ad  humanos  affectus 
uti  cum  Deo  per  Christum  hic  jam  incipiemus  vivere 
vita  îeterna.  Gaudeo  interea  te  boni  nostrum  officium  in 
tibi  dedicandis  iconibus  Stirpium  consuluisse  tibique  ob 
id  gratias  habeo  maximas.  auoniam  vero  D.  Johannes 
ab  Achlen  (2)  retulit  nos  errasse  in  titulo  dedicatori^ 
prompms  cro  semifolium  recudere  ubi  nobis  pY.^scribere 


_  3ié  - 

placuerit  quid  velles  mutatam  additumve.  Illustratum 
vero  coloribus  nullum  nunc  habeo  neque  posset  decenter 
fieri  spacio  trium  mensium,  ad  vivum  uti  maximo  labore 
et  impensis  haud  parvis  curavi  3.  exemplaria  impressionis 
ea  qua  hic  utuntur  lingua  in  quibus  nulla  est  figura  quœ 
non  sit  ad  vivum  ex  ipsis  stirpibus  expressa,  suis  genuinis 
coloribus  depicta.  Et  quoniam  significas  Sereniss.  Régi 
placiturum  ecce  illorum  hic  unum  tibi  exemplar  mitto 
cum  altero  non  depicto  quod  tibi  tam  gratum  percupio 
quam  me  inter  amicos  tuos  adscriptum.  Bene  Vale. 
Raptim  11.  Octob.  1581  (3). 

(i)  Le  cardinal  de  Granvelle  parle  à  plusieurs  reprises  de  cette 
prétendue  mort  de  Plantin,  dans  ses  lettres  à  Fulvio  Orsini.  Voir 
P.  DE  NoLHAC,  supra,  lettres  VI,  VII,  IX  et  X.  Dès  le  mois  de  mai 
1581,  on  avait  annoncé  au  cardinal  cette  nouvelle  de  Lisbonne  et 
de  Paris  ! 

(2)  Jan  van  Achelen,  marchand  anversois  dont  Guichardin,  dans 
sa  Descriltione,  rapporte  qu'il  s'était  spécialisé  dans  le  commerce  de 
l'ambre.  Le  nom  de  Jan  van  Achelen  figure  dans  la  liste  des  Marti- 
nistes  suspects  de  1367  (Mertens  &  Torfs,  Geschiedenis  van  ^iut- 
werpen,  IV,  p.  618). 

(3)  Le  Grand  Livre  XVIII,  fu  442,  contient  le  poste  suivant  relatif 
à  Severinus  Gobelius,  médecin  du  duc  de  Prusse,  se  rapportant  à  la 
lettre  ci-dessus  : 

D.  Severinus  GobeUus  doibt  du  7=  Julij  ij8i  pour  pièces  150 
Effigies  Plantarum.  Envoyez  par  S''  Van  Acchelen..  montent  in 
nummis  fl.  270.  —  Pièces  150  Indices  avec  additamenta  pour  les 
150  Effigies  sudits  n'ayant  estes  imprimés  par  devant.  Valeur.  — 
Adi  ditto  pour  i.  Herbarium  Lobelij  Pictum  ad  vivum.  Sont  XXI'^ 
figures  a  i  pat.  Valeur  fl.  105  et  8  flor,  pour  le  livre  blancq.  Valeur 
in  nummis  fl,  115.  Item  ung  Herbarium  en  blancq  que  G.  Plantin  a 
donné  dono  audit. 

Plantin  dédia  à  Gobelius,  le  recueil  de  2. 191  figures  de  plantes, 
connu  sous  le  nom  de  :  Plantarum  seu  stirpium  Icônes,  in-40,  1581. 
Dans  l'épître  dédicatoire,  l'imprimeur  appelle  son  ami  par  erreur  : 
Sereniss.  Dania  Re^is  doctori  medico. 


—  317  — 

95  5'  —  Plantin  à  Matai  MeteUus. 
{tArclnves  Thntiniennes,  X,  1°  36  et  VIII,   °  239). 

«  11-20  Octobre  1581. 

(Plantin  attend  le  colis  de  Metellus,  avec  les  livres  de  Dodoens  et 
de  Hopperus  ;  il  en  accusera  également  la  bonne  réception  au  Dr. 
Tengnaghel.  L'imprimeur  ne  changera  pas  sa  dédicace  au  roi,  bien 
que  Philippe  II  soit  déclaré  déchu  de  ses  droits  aux  Pays-Bas.  Il  prie 
Metellus  de  ne  plus  l'appeler  dans  la  suite  «  imprimeur  du  roi  ». 
Personnellement,  l'architypographe  reste  attaché  à  Philippe  II,  quoi- 
que nul  au  monde  n'ait  des  motifs  aussi  sérieux  pour  en  vouloir  à 
ses  ministres.  Plantin  rappelle  l'histoire  de  ses  grandes  éditions 
liturgiques,  commandées  par  la  cour,  et  qui  ne  lui  ont  jamais  été 
payées.  Combien  de  fois,  de  Çayas  et  Arias  Montanus  ont  cependant 
appuyé  les  réclamations  de  Plantin  !  En  attendant,  il  continue  péni- 
blement les  travaux  commencés,  avec  l'argent  d'autrui.  Il  s'excuse 
d'ennuyer  Metellus  avec  l'histoire  de  ses  malheurs  financiers  ;  mais 
son  ami  avait  pensé,  à  tort,  qu'il  allait  fonder  une  typographie  en 
Espagne,  aux  frais  du  roi). 

Clariss.  doctissimoque  Viro  D.  Metello, 

S.  P.  Vas  nostrum  ab  institore  istic  compositum 
accepero  et  libros  in  eo  incluses  D.  Don^ei  (i)  et  pia^ 
mémorise  Hopperi  (2)  ;  de  hoc  ad  vos  tibi  et  D.  Doct. 
Tennaglio  respondebo  (3).  Interea  hoc  unum  dico  mihi 
non  videre  mutandum  esse  defuncti  sententiam  de  libro 
dedicando  Reo;i  Hisp.  quamvis  nomen  istius  ab  ilHs  qui 
gubernant  sit  porsus  interdictum  quamobrem  ilU  qui  eo 
utuntur  vel  patiuntur  appelari  nomine  Regio  suspecti 
sunt  valde.  Proinde  cupio  ut  tu  ab  eo  posthac  epitheto 
cum  ad  me  scribis  abstineas  (4).  Ego  tamen  nihilominus 
idem  sum  et  ero  quod  fui  quamdiu  vixero,  etiam  si 
neminem  in  vivis  esse  cui  facta  sit  (pro  ratione  nostras 
qualitatis)  sub  ipsius  authoritate  ab  ejus  ministris  injuria 


-  3i8  - 

quam  mihi  sit  facta  jam  ante  quinquennium  quod  longum 
esset  rem  narrare  cujus  summa  est.  Jussus  sum  nomine 
Regio  curare  confie!  punsiones  quod  vocamus  Matrices 
et  talia  varij  generis  et  papyrum  emi  ad  maximes  libros 
pro  choro  imprimendos,  missis  prius  speciminibus  magni- 
tudinis  et  formée  augustiori  modo  quam  umquam  vel 
impressi  vel  scripti  fuissent  libri.  Petij  pro  arris  ut  aiunt 
decem  milia  coronatorum  semper  apud  me  manendis 
donec  libri  fuissent  absoluti  et  ut  mihi  daretur  hic  mer- 
cator  qui  ultra  illos  decem  milia  coron,  singulis  mensibus 
persolveret  tantum  operis  quantum  illi  redderem.  Vires 
siquidem  meas  et  facultates  aliter  non  posse  ferre  (libro- 
rum  siquidem  impressorum  summa  pervenisset  ultra 
centum  milia).  Conditiones  placuerunt  Ministris,  de 
pretio  quoque  per  folia  conventum  est  inter  nos.  Nume- 
rati  sunt  mihi  decem  milia  coronati.  Curavi  qu^  neces- 
saria  erant  in  quibus  expenderam  ad  summam  plus  minus 
viginti  milium  coronatorum.  Opus  inchoavi,  spécimen 
misi,  placuit,  jusserunt  prosequi.  Respondeo  mearum 
non  esse  virium  ulterius  prosequi  nisi  aliquis  juxta 
nostram  conventionem  hic  esset  qui  opus  unius  mensis 
jam  impressum  solveret  et  ad  se  reciperet  idque  singulis 
mensibus  prosequeretur  facere.  Mihi  responderunt  se 
primo  veredario  illinc  hue  venienti  factures.  Interea 
saltem  alia  opéra  quae  illorum  quoque  jussu  impresseram 
nempe  Missalia,  Breviaria  et  talia  institori  suo  ut  traderem 
qui  mihi  prassenti  pecunia  soluturus  esset  ut  ex  ea  solu- 
tione  possem  me  juvare  ad  illa  majora  opéra  prose- 
quenda  interea  dum  de  mercatore  deligendo  qui  singulis 
mensibus  promissa  persolveret  statuèrent.  Obsecutus 
sum,  tradidi  Breviaria  et  Missalia  impressa  institori 
qui    tum    in  ea  causa  erat  hic  nomine  Regio  cui  nomen 


-  319  — 

erat  Hieronymo  de  Soto  qui  secretis  litteris  dictorum 
ministrorum  in  mandatis  habebat  ut  primo  decurtatis 
ut  ita  dicam  illis  prioribus  decem  milibus  coronatorum 
quod  reliquum  esset  mihi  curaret  ab  aliquo  mercatore 
persolvi  :  reclamavi,  docui  ex  litteris  variis  et  instru- 
mentis  quomodo  res  sese  haberet,  ostendi  sigillatim 
omnia  facta  et  impensas  qu^e  tum  ascendebant  ad  qua- 
draginta  septem  milia  florenorum.  Frustra  omnia.  Debe- 
bantur  pr^eterea  mihi  detractis  illis  lo.milib.  coronatorum 
decem  milia  florenorum,  quas  si  vellem  a  mercatoribus 
hic  recipere  oportebat  me  fidejussorem  esse  pro  dicta 
summa  in  Hispaniis  persolvenda.  Institori  siquidem 
neque  Ministris  Regiis  fidebant  dicti  mercatores.  Hanc 
etiam  ficum  (?)  me  opportuit  devorare.  Ex  ea  quoque 
summa  Ministri  dempserunt  ducentos  coronatos  pro 
Breviariis  aliquot  qui  eo  madidi  appulerunt.  Petita  sunt 
illa  Breviaria  pro  quibus  coronati  demebantur,  denegata 
sunt  quoque,  ac  proinde  ducentos  illos  coronatos  coactus 
sum  reddere  mercatori  qui  pecuniam  solverat.  Scripsi 
tum  in  Hispanias  ad  varios  amicos  ;  Arias  Montanus 
nullum  non  movit  lapidem  ut  nostram  justam  causam 
eo  promoveret  ut  saltem  persolutis  impensis  eorum 
instrumentorum  qu^  nullius  usus  esse  poterant  nisi  ad 
supradictos  libres  pro  choro  imprimendos  eosque  ad 
usum  Hispanicum.  Surdis  vero  semper  cantatum  est. 
Hactenus  quamvis  D.  Çayas  octies  ut  minimum  scripserit 
Regiam  Majestatem  petere  meas  rationes  quas  judicabat 
mihi  persolvendas  esse.  Toties  autem  eas  misi  cum 
speciminibus  eorum  qua;  jussus  fueram  ab  ejus  ministris 
comparare.  Omnia  vero  hactenus  frustra.  Postremo  etiam 
mense  Junio  idem  Çayas  iterum  ad  me  scripsit  nomine 
Regio  ut  ad  se  rursus  scriberem  qu^e  mihi  debentur  et 


—    320    — 

aliquot  libelles  a  me  impressos  petebat  pro  ipsius  Majes- 
tate  Regia  idque  ut  triplicatis  vicibus  me  vel  quadru- 
plicatis  uti  saltem  vel  sem.el  ad  manus  suas  pervenirent. 
Id  feci  scioque  certo  mea  dicto  Çay«  reddita  ante 
mensem.  Responsum  expecto  quod  vereor  ne  frustra 
expectem  ut  qui  toties  delusus  fuerim.  Expectabo  tamen 
patienterque  favente  Deo  ferre  prosequar.  Hanc  mihi 
factam  a  ministris  Regiis  injuriam  ipso  namque  Régi 
opt.  nolim  culpam  adscribere  (5).  Cogor  tamen  singulis 
annis  ultra  tria  milia  florenorum  pro  usuris  talium  im- 
pensarum  illis  persolvere  qui  me  sua  pecunia  in  talibus 
comparandis  juverunt  quc'e  res  efficit  ut  cogar  alienis 
laborare  non  nobis.  Hœc  a  me  mentio  facta  in  tuis 
litteris  de  typographia  in  Hispaniis  instituenda  impensis 
Regiis  extorsit.  Utinam  vero  Rex  in  animum  inducat 
serio  ea  mihi  persolvere  qua^  débet  et  recipere  a  nobis 
qua£  ad  illius  typographiae  ornatum  pertinent(6).  Libenter 
siquidem  typographiam  nostram  illi  cederem  vel  in  His- 
panias  mitterem  si  vellet  ut  deberet  me  a  tanto  ^ere 
alieno  liberare.  Ipsi  vero  felicia  precor  (7). 

(i)  Pour  Dodonaeus,  le  grand  botaniste  flamand,  dont  Plantin  fit 
paraître,  en  1583,  Stirpium  Historia  Tempiades  sfx.  Toute  la  première 
phrase  est  plus  claire  au  dossier  VIII,  f»  239  :  Vas  nostrum  ab  institore 
nostro  compositum  expectabimus,  Vir  praestantiss.,  quod  ubi  recepero 
de  libre  Hoperi  id  quod  hasredes  cupio  significatum  scribam. 

(2)  Voir  n"  919,  note  3  (Plantin  à  Matai,  le  17-19  février  1581). 

(3)  Georgius  Tennaghius  ou  Tengnaghel.  Voir  plus  loin  la  lettre 
que  Plantin  lui  adressa  le  18  novembre. 

(4)  Les  deux  rédactions  de  cette  pièce  offrent  des  divergences  assez 
sensibles.  Nous  avons  suivi  celle  de  VIII,  f"  239.  Dès  le  début,  les 
lignes  suivantes  de  X,  f°  36,  y  manquent  :  «  Quicquid  Mureti  miseris 
libenter  imprimam.  Apologiae  Principis  Gallicse  nullum  prorsus 
exemplar  invenire  possum.  Latinae  autem  hue  extat.  Edicta  exauc- 
torationis  Régis  mitto  quatuor  petita  exeniplaria.  Juris  Pontificij 
exemplar  necduni   accepi   Ronia   unde  illud    correctuiii   expecto   ad 


—    321    — 

recudendum.  »  Les  Edicta  exauctorationis  Régis  désignent  le  placard 
imprimé  chez  Plantin,  en  français  et  en  flamand,  qui  «  déclare  le  roij 
d'Espaigne  estre  decheu  ». 

(5)  Reg.  X,fo  36  :  Non  crederes  mi  Aletelle  quanta  versutia  mecum 
sint  usi  eo  ipso  tempore  que  mihi  nihil  non  promitterent  illi  Regii 
ministri. 

(6)  Plantin  aurait  donc  été  invité  successivement  à  s'établir  à  Paris, 
à  Turin  et  en  Espagne. 

(7)  La  rédaction  du  Reg.  X,  contient  à  la  fin  un  passage  important, 
relatif  à  Languet,  qui  montre  que  Plantin  était  à  Anvers  l'homme  de 
confiance  du  grand  polémiste  français  :  Cum  tuis  ad  me  litteras  ad 
piîe  mémorise  Languetum  reddidit  Institor  noster.  Vix  autem  dubito 
quin  vos  jam  sciatis  illum  diem  suum  penultima  mensis  Septembris 
circa  tertiam  matutinam  intestatum  obiisse.  Magistratus  vero  com- 
misit  D.  Vander  Meulen  cum  aliis  qui  quse  sunt  inventa  custodiret 
litteras  omnes  quce  ad  illum  mitterentur  aperiret.  Ego  vero  quod 
amici  nonnumquam  litterse  familiariores  sint  quam  ut  quis  velit  in 
aliorum  manus  pervenire  tuas  aperui  ut  si  quid  esset  quod  tuo  nomine 
possem  facerem,  idque  feci  confidentius  quod  defunctus  pridie  quam 
moreretur  me  jussisset  vocari  ut  ad  se  scriptas  litteras  secretiores  ipsi 
legerem.  Perlectis  autem  luis  video  qusedam  esse  quae  tu  fortasse 
noluisses  a  deputatis  legi,  quare  tibi  eas  hic  remitto  ut  de  eis  quod 
vêles  facias. 


il 


INDEX  ALPHABÉTIQUE. 


Achelen  (Jean  van),  18-9,  515-6. 

Adolphe,  duc  de  Holstein,   242. 

Aegius  (Ben.),  179. 

Aeschylus  (1580),  114,  297. 

Albe(Ducd'),  116,  164-6,  295-6. 

Alciatus,  115,  13  1-2. 

Aide.  Vide  Manuce. 

Alençon  (Duc  d'),  93,  270-1. 

Allardus,  263. 

Andronicus,  154-5. 

Anjou.  Vide  Alençon. 

Antiphonarium  (1573),  13-5,  19- 

24,  25,  41-7,  50-1,  70-4,  235, 

290-1,  318. 

Antonine  (colonne),  2,  10. 

Anvers  (Magistrat  d'),  35-7,  38- 
39,  107-10,  144,  162-4. 

Aparatus  Bibliorum.  Voir  Biblia 
Regia. 

Apollodore,  178-9,223-4,245-6. 

Arbuthnetus  (Alex.),  314. 

Arents.  Vide  Spierinck. 

Arias  Montanus(B.),  15,  37,42, 
49-55,  74-5,  85-7,  92-3,  119- 
22,  125-6,  132-3,  157,  141-3, 
155,  169-73,  183,  191-2,  197- 
8,  216-7,  273-5,  303-10,  312, 
317,  319-20. 

—  Humanje  Salutis  Monumenta 
(1571,1572, 1583),  85,  169-70. 

—  Elucidationes  in  4  Evangelia 
(1575),  216-7. 

—  Dictatum  Christianum,  67-8, 

273-4,  292. 


—  Elucidationes  in  omnia  sanct. 
apost.  scripta  (1588),  217-8. 

—  Elucidationes    in    Paulum 
(1576),  216-7. 

—  Commentaria  in  xii  prophe- 
tas  (1583),  50,  52-3,  74-5, 
169-70,    172,    191-2,    216-7, 

273-4,  292,  302,  305. 
Aristote,  159-60. 
Arsenus  (Gualterus),  169,  173. 
Ascanius  de  Renialme,  171. 
A.sconius,  264. 
Aubin,  186. 
Aubri  (Jean),  286-7. 
Augustin  (Antoine),  119. 
Augustin  (St.)  Opéra,  15,  125-6, 
138,   197-8. 
Aurelius  (Victor),  115,  265. 
Aurelius  (Corn.),  260. 
Autriche  (don  Juan  d'),  58,  107, 
109,  116,  154-5. 
Azpilcueta,  M.  ab  (Dr.  Navarro), 
275-80. 

—  Enchiridion  sive  Manuale, 
28,  58-59,  81-3,   89,   106-7, 

115,  276-80. 

Backerius,  263. 

Baissel  (Jan  Van),  218. 

Balenus,  263. 

Baliolus,  263. 

Barbatus  Sulmonensis,  181. 

Bargîeus  (P.  Ang.),  253-4,  285. 

Barlandus,  263. 

Baron.  Vide  Varon. 


3H  — 


Barrefelt  (Henri),  76-8,  90,  137, 
193-7,  207-10,  306,  310,  312. 

Bartelus.  Vide  Valentinus. 

Bazin  (Et.),  85. 

Bayus,  263. 

Beausardus,  263. 

Becanus.  Vide  Goropius. 

Belleforest,  225,  258. 

Bellère  (Jean),  104,  243. 

Beilère  (Pierre),  64,  272. 

Bernuy  (Fernando  de)  248,  302. 

Beverus,  263. 

Biesius,  263. 

Beys  (Egide  ou  Gilles),  27,  122, 

137,   202-5,  219-21,   228-30, 

280-4. 

Biblia  regia  (i  568-1 573),    17-9, 

35.  37,  73,   142,  172-3,  275, 

303,  305, 

Bible  française  (1578),  114. 

Bible  latine  (1578)  :  18,  52,  89. 

—  (1583),  169-70,  172,  191, 
243-4,    273,    275,   289,   292, 

294. 

—  (i58o),96-8, 114, 144,  197-9. 
Bible  hébraïque  (i  580),  98,  115, 

143,  169-70,  172,  197-9. 
Bille  (Ch.)  Billeus,  153. 
Billohe(Ch.),  234-7. 
Birckman  (Geoffroy),  306. 
Biset  (E.),  154-5. 
Bissy.  Voir  Pontus  de  Tyard, 
Bizarrus  (Pet.),  115,  511. 
Bladus  (Ant.),  179, 
Blosius  (Louis),  165-6. 
Blotius  (Hugo),  1,3,  12. 
Boele  van  Hensbroeck  (P. A. M.) 

249. 
Bolenius  Petronianus,  212. 

Bomberghe  (Charles  de)  247-8, 

302. 


Bonnyères  (Mich.  de),  80. 

Bonvisi,  63,  65,  277. 

BorchttP.  Vander),  17,  84,  172, 
192,  247,  275. 

Boucliardon  (G.),  31 3. 

Brant  (Jean),  249. 

Breviarium  (1577),    13-5,   20-4, 

26,   42,   52,    58.9,  73,   81-4, 

89,  114,  144,    168,  303,  305, 

318-9. 

Bringerus  (Joh.),  12. 

Brisson,  27. 

Broeck  (Crispin  Van  den),   172. 

Brughelius  (Bruhesius,  Van  Bru- 
hesen,  L.  et  P.),  263. 

Brutus,  éd.  Torrentinus,  129. 

Brutus  (Jo.  Mich.),  26,  28. 

Biichanan   (G.i,    313-5. 

—  Rerum  Scoticarum  Historia, 

313-4. 
Budasus  (Joli.),  266-7. 
Burlamachi  (Paul),  277. 
Busbeck  (Augerius  a),  148,  150. 
Busleidianus,  261. 
Buyssetius  (Buyssetus  J.),   58-9, 
81-4,   106-16,    143-5,    168, 
214-5,   243-5,   276,   279. 
Bylant,  193,  196-7. 

Caesar(J.).  Commentaire,  3,  12, 

160-1,  223-4. 
Calepinus,  273-5. 
Callimachus  Cyrenaeus,  260. 
Calvete  Stella  (Chr.)  Voir  Stella. 
Camerarius(Joach.),  17-8,48-9, 
224-5,  248-9,  256-8,  286. 
Canisius  (Pierre),  Parvus  Cate- 

chismus  (1567),  1 14. 
Canterus    (Guill.),   Sophocles 
(1579),  114,  297. 

—  Aeschylus  (1580),  114,  297. 


325 


Canterus(Théod.),  265. 
Carrion  (Lud.),  57-8,  78-9,  263, 
267. 

—  C.    Sallustii  Crispi  Operum 
nova  editio  (1579),  57-8, 61-2, 

78-9,  115,  131-2. 

Casas  (Barth.  de  las),  93. 

Casiiedo   (J.  B,),    81-4,    147-8, 
150-1,  179-80,  243-4. 

Cdssianus,édit.  deCuyckius,i  14. 

Cassiodorus,    De  arte  discipl., 
129. 

Castalion  (Séb.),  166. 

Castro  (Léon  de),  169,  172-3. 

Cauchius,     Caucius,     ou     Van 
Cuyck,  (Ant.),  241-2. 

Çayas  (Gabr.  de),    12-6,    19-24, 

38,  41-7,  50-1,  70-74,  86-90, 

91-5,  109,116,  119-20,273-5, 

288-95,    301-2,    307-8,    317, 

319-20, 

Cenovillius,  312. 

Censorinus,  De  die  Natali,  129. 

Ceratinus,  263. 

Chacon.  Voir  Ciaconus. 

Charles-Quint,  2-3,  296,  302. 

Cholin  (Materne),  223. 

Ciaconus  ou  Chacon,  90-1. 

Cicero,  264. 

—  Opéra,  par  F.  Ursinus,  24-6, 
115,  118-9,  128,   130,  178-9, 

253-4.  257,  285,  297-8. 

—  Orationes,    par   Brutus,    26, 

28,  69-70,  230-2. 

Ciniitero  (Pietro),  6. 

Ciofanus  (Herc),  90-1,    147-8, 

150-1,  160-1,  179-82,   230-1, 

253-4,  258-9,  285-6,  297-9. 

Clément.  Edition  par  Turrianus 

(1578),  80-1,  167-8,  299-300. 


Clusius  (Charles),  De  simplici- 
bus  medicamentis,  46. 

—  Stirpium  historia  per  Panno- 
niam,  257-8. 

Coborne  (J.),  3 14. 
Coecke  van  Aelst  (Peter),  34. 
Comelinus  (Heidelberg),  265. 
Concordances  (de  la  Bible),  64-5, 
115,  157-9»  272. 
Condé  (Prince  de),  175-6. 
Copus  (Alanus),  59. 
Cordier,    ou    Corderius   (Jean) 
27-8 
Cordus  (Val.),  Dispensatorium 

115 

Corpus  Canonicum,  17-8,   58-9 

64,    81-4,    106-7,    116,    145 

243-4 

Corpus  juris  civilis  (1 575),  17-8 
59,  64,  267-8 

Corrado  (Séb.),  De  claris  orato- 
ribus,  129. 

Corvinus  (Georg.),  12. 

Covarruvias  (Ant.),  264-5. 

Covarruvias  (Didacus),   20,  23, 
44-6,  265. 

Crequillon  (Th.),  17. 

Crespin  (Jean),  101. 

Crockardus,  138-9,  263. 

Cruquius  (Jacques),  52. 

—  Q..  Horatius  Flaccus  (1579), 

52-3. 
Curtius,  116,  143-5,  263. 
Cuypres  (Séb.),  65-7. 
Cuyckius  (Henri),  157-9. 

—  D.  Joanni  Cassiani..  libri  4 
(1578),  114,  157-9- 

De  Bruyne  (Abr.),  172. 

Damhouderius,  263. 

De  Jong,  ou  Yon,  315,  315. 


326  — 


De  la  Hèle  (Georges),  16-7,  47, 
83-4,  89-90,  114,  250-2,  290. 
Denellus,  216-7. 
Denise,  j  54. 
De  Pape.  Vide  Papius. 
Despauterius,  152. 
Des  Prêts  (Josquin),  17, 
De  Smet.  Vide  Vulcanius. 
Deus  (Je),  243-4. 
De  Vechter   (Thomas),    206-7, 
239. 
Diana  enamourada,  105-6. 
Diest,  gouverneur  de,  218-9. 
Diest,  Gillis  van,  34. 
Dionysius,  Alexandrinus,  241. 
Diurnale  (1579),  58-9,  83-4,  1 14, 
168,  192,  239-40. 
DodoncKus    (Rembertus),    1-12, 
30,  263,  517,  320, 

—  Stirpium     historia    (1583), 

257-8,  320. 
Donnet  (Fern.),  150. 
Dordracenus  (Corn.),  266-7. 
Dorpius,  263. 

Dousa   (Janus),    128-30,  210-4, 
263,  285. 

—  Plaute,  128. 

—  Notas  ad  C.  Sallustii  G.  hist. 

libros,  122-9,  ^61. 

—  Commentariolus  in  Q..  Ho- 
rat.,  130,  172,  214. 

—  Prascidanea  pro  Tibullo,  130, 

214. 

—  Praecidanea  pro  Gatullo,  130, 

214. 

—  Epodon,  130. 

—  Lucae  Fruterii  reliquse,   130. 
Dresseler  (Jean),  145. 
Driedonus,  263. 

Du  Gaucquier.  Vide  Nuceus. 
Dupuis  (Jac),  234. 


Du  Tour  (Henri),  Voir  Keere 
(Van  den). 

Elisabeth  (reine),  314. 
Enriques  (Emmanuel),  105-6. 
Eographius,  161. 
Epo  Boëtius,  95-5. 
Estienne  (Robert),  48. 
Etats  de  Brabant,  270-1. 
Etats  généraux,  29,  86-90,  92-3, 
102-3,  107-11,  124,  144. 
Euripides,      Edition      Rataller, 
(1581),  162,  184,  226. 

Fabricius  (Franc.),  Annotationes 
in  6  Terentii  Comœdias  (1565- 
IS74),  161. 

Falkenberg,  247. 

Farnèse  (Alexandre,  duc  de  Par- 
me), 37,  156. 

Fayen  (Arn.),9i,  148,  151,  161, 
23 [,  299. 

Ferdinand  (Empereur),   11,   12. 

Flemingus  (Arn.),  184. 

Florus,    De    Gestis  romanorum 

(1567),  61-3,  97-8,  115,  128- 

30. 

Fornerius,  ou  Fournier  (G.). 
267-8. 

Foulerus  (Jo.),  90. 

Francisco  (Lud.  a  S.),  197-9. 

Francken  (Ambr.),  270. 

François  1,  roi  de  France,  9,  12. 

Frédéric,  serviteur  de  J.  Lipse, 
241-2. 

Frobenius  (Jérôme),  27. 

Fruterius,  263. 

Frydach,  ou  Freitag,  96-7. 

Fugger,  214-5. 

Fulgence,  Saint,  Opéra,  159. 


—   32/ 


Galle  iPhil.).   i8,  ili,  3o5-6. 
Garibdy  yÇamâlloa(Esteban  de), 

294-3. 

—  Compeudio  historial  de  las 

chronicas  y  universal  historia 

de...  Espana  (1571)294,296. 

Garnier(Flam.),  148,150,214-5- 

Gassen   (Ant.),   173-3,   268-70, 

307. 

Gassen  (Jean),  i73- 
Gemma  (Cornélius),  265. 
Gemma  (Frisius),  173,  263. 
Genardus.  Voir  Gherart. 
Gheesdael  {]o.),  152-3- 
Gherart,  ou Ghenard  (Ant.),  277 

Ghetuygenissen.  Vide  Barrefelt. 

Gifanius  (Obertus),  263. 

Ginsonius  (Jo.),  503,  505- 

Giselinus  (Victor),  263. 

Glareanus  (Henri  Loritus),  12. 

Gobelius  (Sev.),  315-6- 

Goclenius,  263. 

Goltzius   (Hubert),   Numismata 

graeca,  27. 
Goossens  (Jacques),  169,  170. 

Goovaerts,  (A.),  17. 
Goropius  Becanus  []^à\\],  248, 
302. 
_  Origines  Antverpianx  (  1 569) 
154- 
_  Opéra  inedita  (1580),    ii5, 

128-30,    153-S,    182-4,    i9i> 
236. 

_  Origines  Gentium,  155. 
Gouault  (Jean\  189-90. 
Goudanus.  Voir  Reinerus. 
Graduale  Rômanum  (  1 574),  23  3 , 
290-1. 

Grammay  (jacq.),  247. 
Granada  (Louis  de),  27-8,  58-9, 
89,  114-5,273-3,  292. 


Granvelle    (Ant,    Perrenot  de), 

81-2,  93,  118-9,  231-2,297, 

316. 

Grapheus  (Alex.),  223-5,245-6- 

—  (Corn.),  223-5.  • 

Grégoire  XIII,  79- 

Grassius  ^Barth.),  254. 

Gravius  (Grave,  J.),  263. 

Grudius  (Nie),  263. 

Grymont  (Ch.),  268-9. 

Gryphius  (Ant.  &  Séb.),  254. 

Guellius  (G.  Vaillant  de),  P.Vir- 

gilius  Maro,  comment.   Ger- 

mani  Valentis  Guellii  (i575), 

233. 

Guicciardini  (Lod.),  248-9. 

_  Descrittione  di  tutti  i  Paesi 
Bassi,MO-i, 177. i9'-2, 223-3, 
247-50,236-8,286-7,314,316. 

Guise  (Henri  de),  175- 
Guntlach,  257. 
Gymnicus  (jo.),  61-2,  70. 


Haberts  (Gasparti,  268,  270. 
Hans,  messager,  131. 
Harlemius  (Jean).  Voir  WiUems. 

Henri  III,  roi  de  France,  13-5, 
38,  46,  106-10,  182-4. 
Hesselius,  263. 
Hessels   (I-  H.),  Epistulae  Orte- 

lianse,  314- 
Heures  (1578),  20-1,  58-9,192, 
239-40. 

Heyns  (Pierre),  65-8. 
Hiël.  Vide  Barrefelt. 
Hieronymus  (S.),  85. 
—  Opéra,    15-5,    20-1,    38-42, 
58-9,  125-6,  197-8,  273- 

Hille  (de),  i5  3- 

Hoboken,  163. 

Hontaneda  (Fr.),  102. 


—  328  — 


Hoogstraten   (comte  de),    35-7, 

70-1. 

Hopperus    (Joachim),     245-6, 

310.1,  317. 

Hor»ce,  Edit.  Th.  Poelman,27-8. 

172. 

—  Edit.   Lév.   Torrentius,    50, 

52-3. 

—  Edit.  Jac.  Criiquius,  52-3. 

—  Edit.  J.  Dousa,  128-30,  172. 
Hotomanus  (Fr.),  12,  loo-i. 
Hubbe,  193-4. 

Huunaïus  (Augustin),    61,    114, 
241-2,  263. 
Huys  (Pierre),  172. 

Imagines    sanctorum     omnium 

(1581),  lis. 
Isidorus,  211. 

Jansen,  ou  Jansz.  (Adr.),  210. 

Jansen,  Jansz.  ou  Jansenius  (Cor- 
neille), 207-8. 

Jansenius,  265. 

Jean  de  Constantinople,  119. 

Jensere,  174.' 

Jus  civile  (1575).  Vide  Corpus 
Juris  civilis. 

Justinianus.  Vide  Corpus  Juris 
civilis. 

Juvénal,  223-4. 

Kalendarium   romanum   (1580), 

192. 

Keere  (Elisabeth Van  den),  206-7, 

227,  238. 

Keere   (Henri  Van   den),    56-7, 

I7S-7,  206,  238-9. 

Kikelbergius,  172,  306. 

Kimchi  (David),  214-7,  222,243. 

Krai,  1 1. 


Laiquier,  Languier,  Layquier  ou 

Larguier  (Ph,),  85-6. 
Landry  (Pierre),  63-5. 
Lange  (Balduin  de),  155. 
Langius  (Théod.),   260-1,  265. 
Languet(Hub.),  178-9,310, 321. 
Lassus  (Orl.  di),  17. 
Latomus,  263. 
Lauren,  sergeant,  218. 
Laurentius,  164-6. 
Leest  (Ant.  Van)   17,  84,   258, 

275. 
Le  Grand  (Ch.),  190. 
Lenoir  (Guill.),  63. 
Leoninus  (Elb.),  263. 
Léopard  (Paul),  263. 
Le  Petit  (J.  F.),  93. 
Liesvelt  (Th.  van),  186-9. 
Lindanus  (Guill.),  évêque  de  Ru- 

remonde,  263. 
Lipse  (Juste),  48-9,  100-1,117-8, 

123-4,210-1,  213,253-4,263. 

—  Tacitus    (1574-81),    123-4, 

241-2. 

—  Comnientarius  Taciti,   115, 

253-4,  267-9,  285. 

—  Electorum  liber,  118. 

—  Satyra    Menippea,    232-3, 

239-42,   2456. 

Litterinus  ou  Littorinus  (Hub.), 

193,  195,  197,  207-10. 

Livineius  (J.  Lievens),  263. 

l'Obel  (M.  De),  Historia  Planta- 

runi  (1576),  48-9,  177,257-8. 

—  Kruydtboeck  (1581),  257-8, 

315-6. 
Lopez  ^Martin),  164.' 
Lucas  (Fr.),  191-2. 

—  Notationes  in  Sacra  Biblia, 
116,  138-9,  172,   191,  197-9, 

243-5. 


—  329  — 


—  In  sacr.  4  Jesu  Christu  Evan- 

gelia  comment.,  158-9, 
Lucilius,  263. 
Lyranus,  263. 

Madrutius    (cardinaux   Chr.    & 

Louis),  24-6. 
Macs  (Jean).  218-9. 
Magnus  (Simon),  277. 
Maimonide.  Vide  Moïse  d'Egypte. 
Maldonado  (D.),  13,  15,20,273, 

292,  307-8. 
Manassi  (Nie),  68-9. 
Manmaker  (Christ,  et  Adr,), 
186-7,  253>  255-6. 
Manriques  (Lud.),  52, 54-6,  72-4. 
Manuce  (Aide),  12,  83-4,  147-8, 

161,  253-4. 
Manuce  (Paul),  69. 

—  Cicero,    Epistol^e   familiares 
(1568),  68-9. 

Marnix   de    Sainte- Aldegonde, 

(Ph.    de^,    Oratio    legatorum 

(1578),  116. 
Martinez  (Mart.),  197-9. 
Martyrologium  (Venise),  244. 
Mathias  (Archiduc),  38-41,  93, 
107,  1 11-2,  118,  290,  294. 
Maximihen  II  (Empereur),  11. 
Mekerchius  (Ad.),  123-4. 
Mêla  (Pomponius),  De  Situ  orbis, 
265-6. 
Melissus  (Paul),  253,  257,  285-6. 
Menippea.  Satyre  par  J.  Lipse, 
232-3,  239-41,  245-6. 
Mercator  (Gérard),  98. 
Mercator  (Rumoldus),  96-8. 
Mertens  &  Torfs.  Geschiedenis 

van  Antwerpen,  316. 
Metellus    (Jean    Matai),    178-9, 

223-4,  245-6,  310-1,  317-21. 


Meulen  (Van  der),  321. 

Meyvisch  (G.),  37. 

Mignaut,    Mignault    ou    Minos, 

(Cl.)  115,   131-2. 

Missale  romanuni  in-40  &  in-fo, 

13-5,    19-24,    41-7,    s8,    73, 

81-4,  8q,    106-7,    143-3,   168, 

273-5,  292,  307-8,  318-9. 

Modius,  263. 

Moerentorf.  Voir  Moretus. 

Mofflin  (  Jean),    50,     53-6,    70, 

72-4,  1 16,  169-70. 

Moïse  d'Egypte,  75,  303,  306-7. 

Molanus  (Jean).  Voir  Vermeulen. 

Molina  (Etienne),   60-1,  200-1, 

263. 

Monardes  (Nie.),  46. 

Monaw,  ou  Monavius  i  Jacques), 

216-7. 

Monte  (Phil.  de),  83-4,  290,  294. 

Moretus   (Jean),    17-9,   29,    34, 

37,47-8,75,78,84,93,96-8. 

103-4,  124-5,  127,  157,    139, 

145,    166,    169,    171,    173-5, 

196,  203,  219,  223-4,  233-4, 

249,   254-6,   265,    269,    272, 

280-4,  294,  507. 

Moretus  (Melchior),  98. 

Moretus  (Pierre),  75,    137,  175, 

270. 

Mornay,  Sieur  du  Plessis  Marly, 

(Ph.),  307,  314. 
Muret   (Muretus)    (Ant.),   90-1, 
117-8,  159-60,  258-9,  320. 

—  Annotationes  in  6  Terentij 
Comœdias,  161. 

—  Varias  lectiones  (1580),  115, 
117-8,    125-6,    148,    159-60, 

178-80. 

Mylius    (Arnaud),    64-5,    96-8, 

138-9,  153,  294,  302-3,  306. 


330  — 


Naiinius  (P.),  261,  263. 
Navarrus  (Dr.)  Voir  Azpilcueta. 
Navarre  (Henri  de),  175. 
Niclaes  (Henri),  77,    195,    195, 

197. 

Nicotius,  224-5. 

Nivelles  (Sébastien),  254. 

Noël  le  Ducq,  98. 

Noliiac  (P.  de).   Lettere  inédite 

del  Gard,  de  Granvelle,  232, 

316. 

Nouveau  Testament  grec  et  sy- 
riaque, 52,  191. 

Noviomagus  (Ger.),  260. 

Niiceus  (Alardus),  290,  294. 

Nuno  (Jo.),  60-1,  200-1. 

Officiuni  B,  Marine  (i  375),  85-4, 
114-),  168. 

Occo  (Adolphe),  297. 

Olivarius,  263. 

Oporinus,  48. 

Orange  (Prince  d'),  29,  93,  179, 
258. 

Ortelius  (Abraham),  48-9,  73-5, 
140,  171-2,  178-9,  216-7,259- 
61,  265-6,  286-7,  303,   305-6, 

313-5. 

—  Theatrum  orbis,  74-5,  85-6, 

287,  294,  306. 

—  Synonymia    geographica 

(1578),  27. 
Osorio  de  UUoa,  50,  56,  74. 
Otho  (philosophe),  263. 
Ovide  (1 566),  27. 
Ovide  (1*575),  iOyS. 

—  Commentaire  par  Ciofanus, 
90-1,  147-8,  150-1,  160-1, 
179-82,  253-4,  258-9,  285-6, 

297-8. 


Oyenbrugghe  (Conr.  d'),  250, 
252. 

Pagninus  (Sanctes),  27. 

—  Biblia,  27. 

Palludanus,  169,  172,  263. 

Pamelius  (Jac),  78-9,  95-6,  98- 
100,  125-6,  130-2. 

Pantinus,  263. 

Papius  (Andr.),  239-41,  263. 

Paracelse,  233-4,  255. 

Paullus  (Petrus),  300-1. 

Pauwels  (Jan),   164. 

Pena  (Diego  de  la),  101-2,  122- 
123. 

Perez  (Grég.),  122. 

Perez  (Lopes),  256. 

Perez  (Louis),  49-50,  74,  90, 
92-3,  97,  120,  169-71,  186, 
233,237,240,255-6,305,307. 

Perse.  Edit.  Théod.  Poelman 
(1585),  223-5. 

Pesnot  (Charles),  63-5,  69,  230- 
231. 

Petrarca  (Fr.),  181. 

Petrus  (Suffridus),  179. 

Philippe  II,    15,  20,   22,    36-7, 

38-9,  41-7,  70-1,  79,  86-90, 

92-3,  102-3,  109-10,  1 18,  120- 

121,  131,  130,251,275,  290- 

292,  307-8,  317-20. 

Photius,  8. 

Picatrix,  8. 

Piciorius,  Dialogues,  68. 

Plantin  (Catherine),  78,  122. 

Plantin  (Henriette),  175. 

Plantin  (Madeleine),  122,  201-2, 
284. 

Plantin  (Martine),  173-5,  268- 
270. 


—  331  — 


Plantin    (Père    de    Christophe), 

202. 

Plutarque.  Moralia,  159-60,  211. 
Poelman  (Théodore).  Voir  Piil- 

mannus. 
Pol3'be,    par    Fulvius    Ursinus, 
1 18-9,  232,  259,  294-8. 
Pontus  de  Tyard,  seigneur  de 

Bissi,  37-8. 
Porret  (Pierre),  26-7,  37,  103-4, 

119-20,   142,   169,    171,   183- 

189,  228,  233-4,  254-6,  269, 

306-8,  312. 

Porta  (f.B,),MagiaNaturaHs,  68. 

Postel  (Guillaume),  312-3. 

Prunius    (Corn.    Pruynen,     ou 

Pruenen),  74-5,  164, 171,  184, 

261,  265. 

Psalterium  (i  573-4),  235,  290-1. 

Ptolémée,  géographe.  178-9. 

Pulmannus    (Jean),    120,    122, 

172,  199,  294,  296,  301,  305, 

307. 

Pulmannus  (Théodore),  28, 119- 

20,    122,    161,     172,    216-7, 

223-4,  260-1,  265,  296,  305, 
307. 

Radœus  (Eg.),  104. 

Ramus  (Pierre),  263. 

Ranzovius  (H.),  267. 

■Raphaël,  2,11. 

Raphelingien  (Christofle),  224- 
225. 

Raphelingien  (François),  37,  40, 
70-1,  75,  77-8,  93,  137,  216- 
17,  223.6,  265,  282,  303,  306. 

Rasius  ou  Rassius  (Nie),  50, 52, 
75,  119-20,  142,  171,  312-3. 

Ratallerus  (G.),  161-2,  184-5, 
225-6. 


Ratloo    Meyer    van    Limborch. 

(R.  van),  loo-i. 
Reatinus.  Vide  Victorius  Maria- 


Reinerius  ou  Reynerius  (Corné- 
lius, 171,  173. 

Renialmus  (Corn.).  Vide  Asca- 
nius. 

Rhenanus  (Beatus),  181. 

Rodolphe  II,  empereur,  11,  12, 

31S. 
Rogeis,    Rogiers    ou    Rogerius 

(Daniel),  313-5. 
Romain  (Jules),  12. 
Rooses  (Max),  57,  77,  93,  196. 
Rore  (Cypre  de),  17. 
Rubens(P.  P.),  249. 
Ruelens  (C.)  et  A.  De  Backer, 

Annales   Plantiniennes,    116, 
166. 

Sacratus,  288. 
Sadeler  (f.),  172. 
Salazarius    (Christ.),    214,    222. 
Salinis  (Jean  et  Pierre  de),  1 20- 1 . 
Salluste,  57-8,  78-9,    115,   128, 
130,  160-1,  210-4. 
Salomon  (Anneau),  8. 
Sambucus  (Jean),  259-60,286-8. 
—  Emblèmes,  260,  286-7. 
Sanderus  (Nie),  89-90,  114. 
Sasboudus,  263.  , 

Sassenus  (Servatius),  158-9. 
Savoie  (duc  de),  15. 
Scaliger  (Jos.  J,),  232-3. 
_    P.   Virgulius  Maro   (i57  3), 
233. 
Scaurus  (Aem.),  264. 
Schede,  ou  Schedius.  Vide  Me- 
lissus. 


—  332  — 


Scholiers  (Jér.),  53-4. 
Schotti  (Jacques  de),  248,  302. 
Schottus  (André),  260-6. 

—  Aurelius  Victor,  115,213. 

—  Séiièque,  261. 

—  Pomponius  Mêla,  265. 

—  Scriptorum  Not^,  265. 
Scrinius  (Mich.\  18-19. 
Ségorbe  (évêque  de).  Voir  Co- 

varruvias  (Didacus  de). 
Sendt-brieven.  Vide  Barrefelt. 
Seneca,  Edition  espagnole,  105-6. 

—  Edition  de  Schottus,  2^4-'^. -, 
Serlio  (Séb.),  9,  12,  34. 
Sichardus  (Jo.),    129. 

Silvio  (Andréa),  181. 
Silvius.  Vide  Sylvius. 
Sirlet  (Guill.),   cardinal,   125-6, 
232,  243-4. 
Sluperius  Herzelensisijac.),  104. 
Sonnius  (François),  263. 
Sonnius  (Michel),   i,  26-8,  37, 

47. 79' 97, 99-100.  130-2,186, 
188,  202,  221,  228-30,  252-3, 
267-8,  281,  294,  302,  307, 
Sophianus,  287. 

Sophocles    (1579),    ^'4,    161-2, 

184,  225-6,  265,  297. 

Soto  (Hier,  de),  14,  20,  23.  44- 

6,  101-2,  122,  3 19. 

Spierinck;(Hans),  alias'  Arents, 

78,  122,  137,   197. 

Sfinosa  (Did.),  296. 

Stadius  (Jérôme),  62-3,  97-8. 

Stadius  (Jean),  61-3,  70,  97-8, 

—  Florus,    de  gestis   Romano- 
runi  (1567),  61-3,  97-8,  115, 

128-30. 

Steghen,  (Waltherus  Van  der), 

240-1. 

Stella  (Christ.  Calvete),    294-6. 


Stephanus  (Rob.).  Vide Estiennc. 
Studlerus  (Gasp.),  184, 
Strada    (Jacques)    de    Rosberg, 
I-I2,  30-4. 
Strada  (Octavien),  12. 
Strada  (Paul),  8. 
Stuivers,  77. 

Sachet,  ou  Suchette  (Ant.),  275- 

6,  280. 

Suétone,  Commentaire  de  Tor- 

rentius,   28,    50,    52-3,    114, 

154-5,   160-1. 

Suzanne,  173. 

Sylvius  (Guill.),  125,  140-1,  145, 
162,  179,  250. 
Sylvius,  Ditlevus,  266-7. 

Tacite,  édition  J.  Lipse  et  Com- 
mentaire, 115,  223-4,  253-4, 
257-9,  285. 

Taius  (Jac),  184. 

Tapperus,  263. 

Tassis  (Léonard  de),  maître  des 
postes,  214-5. 

Telle  (Reinier),  249. 

Tennaghius,  ou  Tengnaghel, 
(G.),  317,  320. 

Térence,  114,  128,  152,  160-1. 

Tertullien,  78-9,  95-6,  98-100, 
130-2. 

Tliéodose  (colonne  de),   2,    10. 

Theologia  Germanica  (1558), 
164-6. 

Theophilus  (]o.),  166. 

Thomas  (St.),    Summa    (1569, 

1575 1,    60-1 ,     105-6,    200  I, 

300-1. 

Thucydide,  15  9-60. 

Titelmanus,  263. 

"t  Kint  (Arn.),  193,  196-7. 

Toledo  (Fr.  de),  122. 


333  — 


Toleiiare  (Anth.  de),  189. 
Tongeren    (P.    van),    169,    171, 

173. 
Torreminus,  129. 
Torrentius     (Lœvinus),     74-5, 
1)3-5,  183,191,  239-41.  263. 

—  Laevini    Torrentii  poemata 
(i 579-1 594),  240-1. 

—  Suétone    (1578),    50,   52-3, 

114. 
Trajane  (colonne),  2,  9-10. 
Tremellius  (Emmanuel),  263. 
Treterus  (Th.),  173. 
Trigoso,  277. 
Turnhout  (Gér.  de),  252. 
Turrianus    (Fr.),    80-1,    101-3, 
116,  167-8,  299-300. 
Tyard.  Voir  Pontus. 
Tyron  (Ant.),  67-8. 

Uffele  (S.  van),  164. 
Ursinus   (Fulvius),    12,    90-1, 
230-2,  258-9,  296-9,  316. 

—  Polybius,  118-9,  253-4,  285, 

294-7. 

Valentinus  (Bartelus  Car.  ),  1 3  2-7 , 

141-3,  169,  171-2. 

Valerius  (Cornélius),  49, 5 1 , 1 27, 

260-1,  265. 

—  Institutiones    grammaticae. 

(1575  et  1583),  127. 

—  Rhetorica  (1585),  127. 
Valverdius  (Barth.),  145-6,  148- 

50,  156,  214-7,  222-3,  245. 

—  Psaumes,  156,  214-7. 

—  Spoudasmaton,  214-7. 
Vanderanus,  263. 
Varon(Martin  de),  101-2,1 19-20, 

I  22. 
Varron,  261. 


Vatahle   (Franc.),    116,    138-9, 
197-8. 
Vêlez  (Marquis  de  los),  43. 
Verhel  (Guill.),  270. 
Verhulst  (Mayken),  34. 
Vermeulen  (]ean)(Molanus),263 . 
Verschaut  (André),  141. 
Victorius  (Marianus   Realinus), 

41,  59- 
Villalva  (Père),  20,  289,  291. 
Vincentius  (Père),  60. 
Viperanus    (Jo.     Ant.),     235-8, 
301-2. 

—  de  Scribenda   historia  liber 
(1569^,  236-8. 

—  de  Rege  et  Regno  liber,  236- 

237,  302. 

—  de  Re  poetica  (1579),  235-8, 

301-2. 

—  Orationes  sex  (i 581),  237-8. 
Virbiesca  (Hern.  de),  20,  289, 

291. 
Virgilius  Maro(P.),  128,  160-1. 

—  par  Val.  Guellius,  27,   115, 

233. 

—  éd.  espagnole,  105-6. 
Vives  (Louis),  65-6. 
Vlimmerius  (Jo.),  157-9. 
Vosmerus  (Mich.),  17-8. 
Vulcanius  (Bon.),  259-60. 

Waichmans  (J.),  37. 
Wamesius,  263. 
Wert  (Jac.  de),  266-7. 
Werve  (Simon  van  de),  218-9. 
Wierickx  ou  Wirikx  (J.),  172. 
Willems  (Jean),  ou  Harlemius, 
49,  51,  138,  158. 

Xénophon,  169-60. 

Ximenes  (André),  64,  306,  308. 


—  3:)4 


Ypes  (Bote).  Vide  Epo. 

Zeelstius,  263. 
Zilletus  (Jord.),  118. 
Zohar,  75. 


Zueraris,  271. 
Zuerius,  263. 
Zuingerus  (Théod.),  48. 
Zurich  (Gaspar  van),  248,  302. 


UITTREKSEL 


UIT   DE 


WeTTEN    DER    AnTWERPSCHE    BlBLIOPHILEN 


Art.    10.  De  uitgaven  der  Maatschappij  zullen  bestaan  uit  : 

a.  Prachtexemplaren  op  :^waar  getint  papier,    ter   perse  ge- 

nummerd  en  den  naam  dragende  van  het  lid,  voor 
wien  zij  bestemd  zijn,  alsook  de  handteekens  van  den 
voorzitter  en  van  den  secretaris.  Zij  u^'orden  gegeven 
aan  de  Eereleden  en  aan  de  Dienende  leden  van  het 
Bestuur. 

b.  Exemplaren  der  leden    op  :(waar  papier,    dragende   den 

naam  van  het  lid,  en   voorzien   van  de  handteekens 
van  den  voorzitter  en  van  den  secretaris. 
(Deze  exemplaren  zijn  in  den  handel  niet  verkrijgbaar) 

c.  Exemplaren  op  gewoon  papier,  voor  den  boekhandel  ge- 

trokken,  waarvan  het  getal  en  de  prijs  door  het 
bestuur  vastgesteld  worden.  (Van  de  exemplaren,  voor 
den  handel  bestemd,  worden  er  slechts  van  150  tôt 
300  voor  elk  werk  getrokken). 


50 


U  [  '1"  G  A  V  E  N 

DER 

Alaacschappij    de    Antwerpschf.    Bibliophilïïn. 

Trijs  der  exemplaren  voor  den  bandel  besîemd  : 

'     i .  Max  Rooses.  Boek  gehouden  door  Jan  Aloretus  II,  als 

deken  der  St  Lucasgilde  (1616-1617) Frs.  2 

2.  Ridder   Léo   de   Burbure.    De  Antwerpsche   Omme- 

gangen  in  de  XIV':  en  XV^  eeuw «      i 

3.  P.  Génard.    De    Gebroeders    van    der    Yoort   en   de 

volksopstand  van  1477- 1478 04 

4.  K.  Ruelens.    Refereinen,    afgeschreven    door  Jan    de 

Bruyne.  I^  deel »      5 

5.  lîidder  Gust.  van  Havre.   Chronijck   der   Stadt  Ant- 

werpen,toegescbreven  aan  notaris  Geeraard  Bertrijn.     »  > 

6.  Max  Rooses.  Kilianus'  Latijnsche  gedichten.      ...»  4 

7.  K.  Ruelens.  Refereinen,  II«  deel »  5 

8.  P.  Génard.  Biographies   d'artistes   anversois,  par  'l'h. 

Van  Lerius.  Tome  I »     ^ 

9.  K.  Ruelens.  Refereinen,  III^  deel »     5 

10.  Pli.  Ronibouts.  Certificats  délivrés  aux  imprimeurs  des 

Pays-Bas,  par  Christophe  Plantin »      4 

1 1 .  P.  Génard.  Biographies  d'artistes  anversois,  par  'l'ii. 

Van  Lerius.  Tome  II »      S 

12.  Max   Rooses.   Correspondance  de  Christophe  Plantin. 

Tome  I  . "7 

15.  Chev.    G.   van    Havre.    Marques   typographiques   des 

imprimeurs  et  libraires  anversois.  Tome  I   .     .     .  »    10 

14.  Chev.  G.  van  Havre.  Marques  typographiques.  T.  II.  »    10 

15.  Max  Rooses.  Correspondance  de  Chr.  Plantin.  Tome  II  »     7 
(6.   E.  Spanoghe.  Synonymia  latino-teutonica   ex    etymo- 

logico  C.  Kiliani  deprompta.  Latijiisch-N'ederlandsch 
woordenboek  der  XVII>^  eeuw.  I^  deel »    10 

17.  Ch.   Ruelens.     Le    Passetemps    de    [ehan    Lhermitc. 

publié  d'après  le  manuscrit  original.  Tome  I.     .      .      »      7 

18.  E.  Spanoghe.    Synonymia   latino-teutonica  ex  etymo- 

logico  C.  Kiliani  deprompta.  IL"  deel 

19.  [.  P.  N.  Land.    Van    de    Hooft-Deuchden,    de   eerstc 

tucht-verhandeling  door  Arnout  Geulincx 

20.  Ch.   Ruelens.    Le    Passetemps    do    Jehan    Lhermite, 

publié  d'après  le  manuscrit  original.  Tome  II 

21  Max    Rooses.     Icônes  veterum   aliquot  ac  recentium 

Medicorum,  Philosophorumque  elogiolis  suis  edi- 

tae,  opéra  J.  Sambuci »    30. — 

22  E.  Spanoghe  en  J.  Vercoullie.  Synonvmia  latino-teuto- 

nica ex  etymologico  C.  Kiliani  deprompta.  111=  deel      »   10. — 

23  Fernand   Donnet.  Het  Jonstich  versaem  der  Violieren     »    10. — 
24.   Eniiel    Dilis.    De   rekeningen   der   Rederijkkamer    De 

Olijftak  over  de  jaren  161  5  tôt  1629    ....      «     5. — 
2i.  J.icobus  De  Wit.    De  kerken  van  Antwerpen    (schil- 
derijen,  beeldhouvvwerken,  geschilderde  glasramen, 
enz.,  in  de  XVIIIe  eeuw) .     .     »     >. — 

26.  .Max  Rooses.  Correspondance  de  Chr.  Plantin.  Tome  111      " 

27.  Jan  Denucé.    Oud-Nederlandsche  kaartmaker.s   in   bc- 

trekking  met  Plantijn.  !«  deel » 

28.  lan  Denucé.  Kaartmakers.  11^  deel » 

29.  ].  Denucé,  Correspondance  de  Chr.  Plantin.  Tome  IV  ->     7 
50.             »                        >'                          »                      »        V 


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